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Recherche > Corrèze (19) > Chamboulive > Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 1)

Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 1)

Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964

Date : 10/02/2026

 

CHAMBOULIVE

 

Canton de Seilhac, arrondissement de Tulle, ancien archiprêtré de Vigeois (cure de 2e classe). - Superficie : 4.679 hectares ; population : 2.856 habitants ; distance du chef-lieu cantonal : 9 kilomètres.

Voici une autre vaste et populeuse paroisse, qui fut chef-lieu de canton, du district supprimé d'Uzerche, depuis 1790, jusqu'au 9 fructidor de l'an IX (27 août 1801). À cheval sur la route de Tulle à Treignac, elle a pour site un fertile plateau, soumis à quelques dépressions et accentué çà et là de quelques puys, dont celui de Saint-Damien est le plus remarquable. Le ravin de la Vézère la limite partiellement à l’ouest ; à l'est, elle regarde par-dessus Beaumont et Saint-Augustin la ligne bleue des Monédières.

C'était au XIe siècle le chef-lieu d'un pagus minor ou petit pays du Limousin : ce fut aussi celui d'une vicairie judiciaire ou viguerie, mentionnée dès 945 et même dès 930. L'église existait à une date sensiblement plus reculée. Elle fut donnée à l'abbaye de Vigeois l'an 572 par saint Yrieix et par sainte Pelagie, sa mère, en même temps que les églises de Beyssac, d'Espartignac, de Saint-Jal, etc. Les droits qu'avait sur elle en 1110 Emeric Geraldi furent abandonnés au même monastère. Vigeois fit de cette église le siège d'une prévôté qui, du moins dans les derniers siècles, ne constituait qu'un bénéfice claustral de ses religieux. Le titre en était possédé en 1463 par frère JEAN CHEVALIER (Militis) ; en 1680 par frère DOMINIQUE SIRIEIX ; en 1713, par dom FIACRE MOURY ; en 1728, par dom JEAN DAZAT ; en 1741, par dom JOSEPH CHEYROU, non prêtre, plus tard également sacristain de Saint-Vaulry.

Dans un passage des Annales du Limousin, qui d'ailleurs n'est pas très clair (p. 371), Bonaventure de Saint-Amable fait de cette prévôté une dépendance d'Uzerche. C'est une erreur ; mais une erreur qui avoisine quelque chose de vrai : la bulle d'Eugène IIl relative aux possessions de l'abbaye d'Uzerche (1145) constate que deux boisseaux de froment devaient être annuellement payés à cette maison par l'église de Chamboulive.

La cure, sous le patronage de saint Côme et de saint Damien, paraît avoir été de plus à la nomination exclusive de l'Évêque. Elle passait, d'après Legros, pour être la plus riche de l'ancien diocèse de Limoges, dont on connaît cependant l'immense étendue : elle valait, disait-on, de 10 à 12.000 livres. Un fait certain, c'est qu'elle payait 769 livres de décimes et que pas un bénéfice curial de la province n'acquittait un impôt aussi lourd. Il est permis de croire cependant à de l'exagération.

Le 19 avril 1317, Guillaume de Maurioles, qui la possédait, fut autorisé par le pape à y joindre un canonicat à Limoges, quoiqu'il eût encore une prébende à la Chapelle-Taillefer (Creuse), plus un prieuré dont le nom n'est pas facile à reconnaître dans l'altération qu'on lui a fait subir. Le 16 novembre 1331, Guy de Maurioles, parent probable et successeur du précédent, obtient aussi dispense du pape pour conserver avec cette cure l'archidiaconé de Combraille. Pierre de Chastres, vicaire général, avait le bénéfice en 1371. Les titulaires de plus tard sont : 1643, Géraud Porteyron; 16.., Jean Malaurie, docteur et professeur royal; 16.., Etienne Baluze, l’illustre érudit; 1665, Jean Lacroix, qui prit possession cette année-là de la vicairie ou chapellenie de Sainte-Catherine de Favars, n'obligeant pas à résidence : il vivait encore en 1693, mais l'année précédente, où il construisit une chapelle dont nous parlerons plus loin, l'acte l’appelle ci-devant curé de Chamboulive ; 1684, Léonard de Rabanide, qui fut aussi, plus tard, trésorier de France en la généralité de Limoges et qui avait quitté sa cure en ou avant 1739; 1739?, Antoine-Joseph de Rabanide, également trésorier de France plus tard, au bureau de Limoges, et mort à Paris en 1765, en léguant aux pauvres de Chamboulive une somme de plus de 12.000 livres : on voit, à partir de ce moment un syndic des pauvres à Chamboulive, et encore aujourd'hui, assure-t-on, le bureau de bienfaisance de l'endroit, qui jouit d'une somme annuelle de 1.800 francs, a là sa principale origine ; 1766, Martial Dufaure de la Vareille, écuyer, ancien chanoine de Brive ; 1773, Jean Deschamps, sieur de la Jugie ; 1785, Jean Guyot ; 1823, N. Amblard ; 1827, François Jougounoux; 1830, Léonard Bonnefont ; 1841, Jean-Jacques Boulle ; 1850, Jean-Baptiste Bos ; 1864, Pierre Tarrieux ; 1880, Jean Labrousse.

L'église de Chamboulive avait une communauté de prêtres qui datait au moins du XVIIe siècle.

Bien en évidence aujourd'hui, puisqu'elle forme un des côtés de la grand’place et qu'elle a son abside sur la route nationale, cette église, du XIIe siècle, n'est pas sans caractère, surtout dans son clocher. La tour, quadrangulaire, aux fenêtres supérieures géminées, s'élève sur le centre d'un édifice en croix qui eut au XVe siècle le tort de se trouver insuffisant et qu'l fallut agrandir aux depens de la régularité. Un bas-côté pratiqué au nord date de cette époque : on voit à deux des trois travées qui le composent un écu marqué d'un chevron, qu'accompagnent en chef trois étoiles et en pointe un annelet, enfermant quatre fasces ou poissons diversement tournés. Ces armes se retrouvent au centre de la nef et reparaissent au midi dans la première des deux chapelles qui la flanquent de ce côté. Ce sont évidemment celles d'un curé ou plutôt, sauf le lien du sang entre les deux, d'une famille importante, qui, non contente de se faire alors une chapelle comme beaucoup d’autres de ce temps, voulut contribuer à la réfection et à l’agrandissement de tout le corps intérieur du vaisseau. Jusqu'à nouvel ordre cette famille nous demeure inconnue. La chapelle supérieure, plus explicite, dénonce par une inscription sa date et son auteur tout à la fois. On lit sur le mur, en caractères gothiques :

 

L'AN MIL CCCC IIIIXX ET VIII (1488) MICHIEL

DU PRÉ, S DE LA BERNARDIE, FIT

FAIRE LA P[RÉSENTE CHAPELLE.

 

Cette chapelle est celle de saint Jean. M. Valette, ancien maire de Chamboulive, qui a bien voulu me renseigner particulièrement sur une chapelle extérieure dont je vais m'occuper, possède relativement à celle-ci une petite feuille intitulée : Les Estats et charges de la confrairie Monseigneur Saint Jean Baptiste [à Chamboulive], pour l'année 1678. Il n'y a là que des reinages, mais le dos du papier parle aussi d'une réparation dont ladite confrérie dut assumer la charge.

À l'angle du cimetière, autrefois l'inséparable compagnon de l'église, et en face d'une petite place qui porte encore le nom de Place de la Chapelle, s'élevait, il y a soixante ans, un oratoire dédié à Notre-Dame des Agonisants. M La Croix, curé démissionnaire, l’avait fait construire en 1692 et en avait livré la couverture en ardoise, à faire, à deux couvreurs du Verdier-Bas, paroisse d'Allassac. C'était précisément l'année où M. de Peyte, curé de Glénic-Servières, bâtissait, lui aussi, sur un autre point du Bas-Limousin le sanctuaire vénéré de Notre-Dame du Roc. A Chamboulive, la statue de la Vierge, groupe de Notre-Dame de Pitié, semblerait remonter un peu plus haut que cette date. Elle était depuis un siècle l'objet du culte public de la paroisse lorsque la tourmente révolutionnaire vint la mettre en péril. Sur la prière d'une religieuse que les événements venaient de contraindre à rentrer dans sa famille, Jeanne Romanet, jeune fille du peuple, prit entre ses mains ce groupe de pierre (de force à lasser les bras d'un homme) et l'emportant, disait-elle plus tard, « comme une quenouillée de laine », elle alla le cacher dans les combles de l'église, par l'étroit escalier tournant qu'on y connaît. Cependant la Révolution ne démolit pas la chapelle ; mais le 28 août 1828, une partie des murs s'en écroula. On venait à peu près de réparer la ruine quand éclata la nouvelle révolution de 1830.

Sous l'excitation sans doute des désordres de Paris, le 29 mai 1831, le conseil de Chamboulive prit la décision suivante : « Le local de la Chapelle, ayant 40 pieds de longueur, 18 de largeur, 30 de hauteur, sera employé à une salle d'école dans le bas et à une salle de mairie dans le haut. » Ainsi fut fait, mais la municipalité n'avait pas compté sans doute sur une autre révolution, celle de 1848. Alors la population, attristée par un orage qui avait tout dévasté l'année précédente et mécontente de ne voir pas à sa Vierge de domicile propre, alla la prendre dans l'église, où on l'avait provisoirement déposée en 1828, l'installa dans l'école et se mit à demander pour elle un nouveau sanctuaire. On ne put lui donner satisfaction que onze années après. Le 26 novembre 1859, M. Charles Valette, récemment nommé à la mairie de Chamboulive, proposa pour une autre construction religieuse le Puy Saint-Damien. Sa proposition fut d'autant mieux accueillie que, indépendamment de la beauté du site, la découverte de la statue se rattachait, d'après les traditions populaires, à cette hauteur, honorée d'ailleurs du nom d'un des patrons de la paroisse. M. Fortunade, secrétaire-général de l'évêché de Tulle et petit-fils de Jeanne Romanet, donna l'emplacement ; le budget communai s'engagea pour 5.000 francs; la population fournit les bois et prit part aux dépenses ; l'autel, la cloche, les vitraux, le bénitier, le tableau, furent des dons de familles notables, et le 13 juillet 1862 Mgr Berteaud, alors notre évêque, put aller bénir pour son diocèse de Tulle une gracieuse construction de plus.

On a écrit sur la porte d'entrée à l'intérieur de la chapelle :

 

ANNO D[OMI]NI

MDCCCLXI

ARE PUBLICO CAMBOLIVENSIUM

ERECTA EST HC CAPELLA

SUB INVOCATIONE

BEATA VIRGINIS MARIA:

MATRIS DOLOROSÆ

JOANNE-BAPTISTA-PETRO-LEONARDO

DICCECIS EPISCOPO

CAROLO-PETRO-DANIELE VALETTE

COMMUNITATIS MAJORE

(Ajouter : JOANNE-BAPTISTA BOS, PAROCHO)

 

La fête solennelle de Notre-Dame du Puy-Saint-Damien se célèbre chaque année le 8 septembre, jour de la Nativité de la T. S. Vierge, ordinairement précédée d'exercices spirituels. M. Labrousse, curé, m'écrit que les offrandes de ses paroissiens lui ont permis, cette année, de reconstruire la façade en pierre de taille et de décorer tout l'intérieur.

Il y avait au village de Vitrac, donné à Uzerchę vers la fin du XIe siècle, une autre chapelle, dont le don fut fait aussi à ce monastère par Eustorge, évêque de Limoges, l'an 1118. Le pape Eugène III la mentionne dans sa bulle de 1145, de même que l'évêque Sébrand Chabot dans son privilège de 1185. Elle avait saint Jean pour patron et se trouvait en ruine vers 1775. Le 4 mars 1514, un prêtre du nom de Martial Vitrac, dit Dufour, y avait fondé une vicairie, à laquelle l'abbé d'Uzerche nomma en 1736. La chapellenie que possédait de même Notre-Dame des Agonisants, avait pour patron laïc en 1789 Martial Borderie de Vernéjoux, baron de la Rochette.

Dans un endroit disparu, du nom de Sorden, qui existait encore en 1529 comme village de Chamboulive, les Cisterciens avaient établi une abbaye, au cours du XIIe siècle. Archambaud V de Comborn donna à ce monastère, en 1159, la partie du bois de Sorden qui se trouvait sous le chemin, ainsi que l'étang et les moulins qui en portaient le nom, plus la grange de Serre, village restant de Chamboulive, celle de Chadebec, paroisse de Bonnefont, et des vignes à Allassac. Mais la pauvreté du lieu ayant contraint les religieux de rentrer au monastère d'où ils étaient venus, l'abbé fit don à celui d'Obazine de tout ce qu'il tenait de la générosité du vicomte : par conséquent de la grange de Serre et de tout ce qui l'avoisinait dans la paroisse de Chamboulive. Je n'ai jamais su que les moines d'Obazine aient bâti de chapelle dans cette propriété, qui avait une justice et qu'ils ont gardée jusqu'à la Révolution.

La seigneurie de Chamboulive, généralement associée et soumise à celle de Beaumont, appartenait aux vicomtes de Comborn. On lit dans un mémoire du XIVe siècle (1388 ou environ) : Dans la châtellenie de Beaumont est située « la place forte de Chamboulive (fortalicium de Chamboliva) qui appartient au vicomte, ainsi que le bourg et la ville, avec des fours, des étangs, des moulins, des forêts, des domaines, des hommes taillables, des péages et nombre d'autres droits et redevances. » La maison de Comborn tenait ce fief, du moins quant aux droits de viguerie, du monastère de Saint-Martin de Tulle, et cela depuis le XIe siècle : Arcambaldus, est-il dit dans le cartulaire de l'abbaye, de monasterio isto habuit ad feudum vicariam Cambolivensem, etc. [1] ; similiter Ebalus (de Ventadour) habuit ad feudum castrum Molsedonum (Monceaux).

Le fond, d'après M. Deloche (Géographie hist. de la Gaule, 327), appartenait dans le XIe siècle, à des seigneurs particuliers, titrés comtors et comtoressa de Chamboulive : ce qui, suivant sa remarque, se rattachait, non à un office, mais à une noblesse de choix. Pour la famille des vicomtes, leurs généalogies ne semblent parler de Chamboulive qu'à la fin du XIIIe siècle.

Archambaud de Comborn, issu du second mariage du vicomte Archambaud VII, se disait seigneur de Rochefort (Sornac), Beaumont et Chamboulive, et c'est à Chamboulive qu'il fit son testament, en 1292. Bernard, son frère du premier mariage, avant de devenir vicomte de Comborn, ne portait après lui que le titre de seigneur de Beaumont et Chamboulive. On sait que les biens allèrent plus tard aux Comborn de Treignac, en sorte que Jean II, issu de cette branche et mort en 1489, était dit à la fois vicomte de Comborn, baron de Treignac, seigneur de Chamberet, de Chamboulive, de Beaumont et de Saint-Salvadour. En 1508, Amanion, son fils, se voyant sans enfants, fit une vente générale à la maison de Pompadour ; François, seigneur de Chamberet, frère d'Amanion, se trouvant de même sans famille, ratifia cette vente ; mais le seigneur de Pierrebuffière, qui avait épousé la sœur aînée de ces deux gentilshommes, protesta, leur mort venue, contre l’aliénation et prétendit à tout. Il fallut partager. Pierrebuffière eut Comborn et Cham-beret, où nous l'avons vu : Pompadour eut Treignac, Saint-Salvadour, Beaumont et Chamboulive.

Ces trois dernières terres passèrent, en 1584, par vente de Louis de Pompadour, à Jeanne de Gimel, dont la famille occupait le château de Saint-Jal; puis, au XVIIe siècle, par transmission de Jeanne, dans la maison de Lastic-Saint-Jal où elles restèrent jusqu'à la Révolution. Mais le château de Chamboulive n'attendit pas cette date pour disparaître du sol. Propriété de familles qui résidaient ailleurs, il avait sans doute succombé peu à peu à la vétusté et à la négligence, car on constate sous la date de 1785 « l'enlèvement des pierres de l'ancien château de Chamboulive, appartenant à la dame de Saint-Jal. »

Il reste à la paroisse d'autres demeures nobles, deux en particulier : Gourdon et la Faurie.

Gourdon, avec ses tourelles blanches qui dominent les prés verts et les bois, fut une possession des Limoges de Lagorse, paroisse de Seilhac. Godefroy de Lagorse, seigneur de Gourdon et beau-frère de Pierre d'Aubusson de la Villeneuve mort en 1550, avait par conséquent la seigneurie dans la première moitié du XVIe siècle. Annet de Rodorel, de la famille des marquis actuels de Seilhac, dut tenir cette terre de son mariage avec Jeanne de Lagorse, le 22 novembre 1629. Un siècle après environ, Charles de Rodorel, établi à Seilhac par son alliance avec Josèphe-Léonarde de Juyé, vendit Gourdon à la famille de Laserre de Maurioles (Chamboulive et Treignac), qui elle-même s'allia aux Grandchamp. Les Grandchamp le transmirent aux Clédat, lesquels, toujours par alliance, ont eux-mêmes transmis aux Juge de la Ferrière, de Saint-Sernin de Larche, propriétaires actuels.

La Révolution pilla Gourdon et priva de leurs charges et bénéfices les deux prêtres que la famille de Clédat comptait en ce moment. Ils étaient l'un et l'autre chapelains à la cour ; l'un d'eux fut le dernier abbé de Mégemont (Puy-de-Dôme). Mais la famille de la Ferrière, qui devait remplacer la leur, fut plus éprouvée encore dans la région méridionale qu'elle habitait : elle avait un de ses membres curé de Saint-Vincent de Paluel, au diocèse de Sarlat ; ce vénérable ecclésiastique, caché dans la paroisse, y fut arrêté en 1793, condamné à mort le 2 juillet 1794 et exécuté à Périgueux.

Le château de la Faurie, en contre-bas de Chamboulive, sur la route du Lonzac, présente à la clef de voûte de sa tour d'escalier la date de 1617 ou celle de 1627 ; mais cette date ne porte que sur un achèvement ou une réfection : l'entrée, en accolade, est d'un gothique trop pur pour ne pas remonter au moins d'un siècle en arrière. L'écusson qu'on voit au-dessus : une fasce, accompagnée de trois miroirs, 2 et 1, avec une bordure, doit être des seigneurs primitifs, dont un, époux de Charlotte de Bar, fut assassiné le 4 mars 1569 par le sieur du Bigeardel dans la garenne de son château. C'était apparemment François de la Faurie, mentionné en 1560. Un de ses aïeux, Guy de la Faurie, avait été en 1411 procureur du seigneur des Cars aux assises de Bré pour offre d'un hommage restrictif à Jean de Pompadour, comme acquéreur de cette baronnie. En 1470, « Jehan de la Fourye, escuier », se trouvait « en brigandines, vouge, espée et dague » à la fameuse montre d'Eymoutiers. Guy de la Faurie, deuxième au moins du nom, qualifié à tort ou à raison sieur de Chamboulive, fut enfin, en 1598, reconnu bon gentilhomme par les commissaires députés pour une recherche générale à cet égard. C'était l'indice d'une sûre noblesse. Les propriétaires du château qui suivirent ces La Faurie furent les La Jarrige, seigneurs aussi du Jayle, paroisse de Malemort. Ils furent suivis eux-mêmes des Meynard de la Faurie, après lesquels sont venus MM. Vialle de Tulle, et Téreygeol de Cluzac (Saint-Salvadour). La plaque de cheminée est aux armes de la maison de Fénis.

Chamboulive possède de très nombreux villages. Ce sont : Aigueperse, Andrieux, Bazaugour, les Benissoux, la Bernardie, seigneurie, avec Chalaux et Chaliac, des Dupré, que nous avons vus à propos de l'église et qui sont aujourd’hui éteints ; la Bigourie, le Bleny, le Bouchaloux, la Brousse, où Bernard de la Porcherie fit un don à l'abbaye d’Uzerche ; La Brunie, avec un petit château ayant appartenu aux Lavialle de la Meillère ; la Buge, où les Ursulines de Tulle avaient un domaine ; Chaillac, dont le rivage fut donné au XIIe siècle par Hugues de Courson, de Treignac, et Alpais, sa femme, aux moines d'Obazine, en faveur de leur étang de Sorden: les laboureurs du village ayant fait même concession, l'abbé leur promit un refuge dans sa grange de Serre, avec leurs animaux, si les incursions des Routiers leur faisaient un besoin de cet abri ; Chalaux, Champ, la Charrière, vendue, au XIIe siècle, par Boson de Courson à l'abbaye de Tulle 40 sous de monnaie de Limoges ; Chassagne, le Chassan, Les Chastroux, la Chèze, la Coste, le Coudert, Courbeix, Dignac, appelé en 1561 Dignac le pauvre, pour le distinguer de celui de Bar ; les Escures, l'Escure-Virolle, Faureix, la Faurie, Fontalarie, Foujanet, la Geneste, mentionnée, ainsi que Chassagne, au cartulaire de Vigeois dès le Xe siècle ; le Gobelet, Gourdon, les Horts, près desquels était le mas disparu des Noailles, donné en 1121 à l'abbaye de Tulle par le vicomte de Comborn ; Lespinasse, Loquet, la Maison-neuve, Maleval, dont la forêt fut donnée en fief dans le XIe siècle au vicomte de Comborn par l'abbaye de Tulle, qui la tenait d'Adémar des Echelles, et dont le château, à M. Ernest Brugère, appartenait naguère à des Maumont après avoir appartenu aux Serre de Bazaugour ; Malevialle, le Mamelon-vert, Marcilloux, le Masmorel, aux Lavialle de Masmorel ; le Meyriller, Mialet, le Mons, avec une belle résidence au commandement de Cézac ; le Moulin de la Bigourie, le Moulin de Chaillac, le Moulin de Pénicaud, le Moulin-Rieux, Orliac, appelé de Virolle, pour être distingué d'Orliac-de-Bat ; le Peuch, le Pont-Faucher, le Pont de Vernejoux, le Puy-Chalar, la Robertie, la Rue, à une ancienne famille de Leygonie de la Rue, dont la dernière représentante, Joséphine, dame de Veyrières, est morte à Beaulieu en septembre 1862 ; Rugeaux, Seigneurvieux, Serre, Lavert, Tereygeol, Terrac, Vernéjoux, la Vergnolle, ancien château des Meilhars passé aux Lentilhac de Sédières, par suite de l'alliance, au dernier siècle, d'Antoine-Armand-Régis de Lentilhac, comte de Sédières, avec Léonarde-Gabrielle de Meilhars de la Vergnolle, fille héritière d'Henri-Joseph de Meilhars et de Victoire de Lentilhac ; il est présentement à M. Valette ; la Veyssière, le Vicomte, bas et haut ; Virolle, Vitrac, Xavier.

 L'auteur de l'histoire de la Chartreuse de Glandier, dom Boutrais, exprime la conviction personnelle que l'illustre Jean Birelle, prieur de cette maison et plus tard général de son Ordre au XIVe siècle, était de Chamboulive. Ce serait pour cette paroisse une gloire bien précieuse si d'autres documents venaient la lui garantir. Jean Birelle, disions-nous à l'article BEYSSAC, écarta de sa tête, par sa prière, l'élection dont il était menacé après la mort de Clément VI pour le souverain pontificat. Éminent par son savoir et surtout par sa vertu, il dirigea le dernier Dauphin de Viennois dans la profession religieuse qui nous a valu la province du Dauphiné ; il était du reste le conseil autant que le modèle de son siècle, et « les miracles opérés après sa mort prouvèrent le crédit dont il jouissait auprès de Dieu. » Quelques ouvrages lui ont donné les épithètes de bienheureux et de saint. (V. pour plus de détails l'Hist. du Diocèse, p. 170 et suiv.)

Qui ne connaît le proverbe : A Chamboulive, où rien ne manque ? M. Champeval donne ainsi l'historique de cette locution :

L'abbé Clédat, de Gourdon, se trouvant à Paris vers 1780, envoya chercher du fil de soie de la couleur de son haut-de-chausses pour le raccommoder. Son valet de chambre, après avoir couru presque tout Paris, rentra bredouille et dit à son maître d'un ton demi dépité, demi gouailleur : « Vous vous croyez donc encore à Chamboulive où rien ne manque ? ... » Le mot passa en proverbe ; il est resté.

 

ADDITIONS ET CORRECTIONS

 

Jean Malaurie, docteur en Sorbonne, chanoine de Tulle et curé de Chamboulive (même nom en 1626 à la vicairie de Gramat, Laroche-Canillac) avait la cure pour le plus tard en 1643. Colin qui lui fait une place la chaire chrétienne depuis 1615 ; qu'il prêcha plusieurs carêmes à Paris parmi ses Limousins illustres, nous dit qu'il fleurit avec grand éclat dans Toulouse, à Bordeaux, à Limoges, et qu'à l'âge de plus de 70 ans, en 1658, il parla derechef à Bordeaux avec un grand succès. En 1651, il fit l'oraison funèbre de la remarquable abbesse de Bonnesaigne, Gabrielle de Beaufort-Canillac ; vers 1660 il n'était plus qu'ancien curé. Léonard Rabanide, héritier probablement des curés de ce nom, fonda à Chamboulive une mission à donner par les Jésuites de Tulle, en y consacrant un capital de 3.000 livres (1776). Indépendamment de sa vicairie de Vitrac, qui dut tenir ce nom que de son fondateur, Uzerche avait une prévôté de Vitrac, assise en la chapelle du village ainsi appelé, en notre paroisse, village dont a déjà parlé l'article de ce lieu. C'est un fait qui résulte de plusieurs listes annuelles de rentes, énumérant divers autres villages de Chamboulive, donnant au bénéfice le nom formel de prévôté de Virac, l'attribuant à Uzerche et précédant ou englobant 1789. Or, non seulement il n'en est pas parlé dans Nadaud, ni dans certaines listes bénéficiales du passé, mais un acte même du xv siécle l'adjuge à Vigeois, pour lequel ni Nadaud ni les dites listes n'en parlent davantage. Je vais simplement donner ce que je trouve (aux archives de la Corrèze, C, 35) : Gilles de la Tour, abbé de Vigeois, nomme en 1502 à la prévôté de Vitrac, dépendance de son abbaye, noble SIMON DES DONNEREAUX (voir plus haut, à Camps), sur résignation de frère JEAN DES DONNEREAUX, bénédictin. Le titulaire nommé est mis ensuite en possession.

 

 

[1] Rapprocher de cette inféodation le don d’Adémar des Echelles au monastèreen 930: Alodus meus in VICARIA CAMBOLIVENSI, etc.