Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964
Date : 27/03/2023
Chef-lieu de canton, arrondissement de Brive, ancien archiprêtré de Vigeois. — Superficie : 2.420 hectares ; population : 3.340 habitants ; distance du chef-lieu d'arrondissement : 10 kilomètres.
Donzenac est connu depuis au moins le Xe siècle. En 924, Imon de Chanac et son épouse Itiburge cédèrent au monastère de Saint-Martin de Tulle une vigne située in villâ DONZENAC (sic), vicairie d'Uzerche, lieu appelé la Cam.
In villâ, pour sûr, ne signifiait pas alors dans la ville, ce qui n'empêche pourtant pas que Donzenac ne soit devenu ville et ne le soit devenu depuis longtemps. Dans son testament de 1264, Aymeric de la Serre, évêque de Limoges, l'associe comme tel aux villes de Saint-Léonard, Saint-Junien, Saint-Yrieix, le Dorat, Tulle, Brive, Uzerche, Beaulieu, la Souterraine, Felletin et autres, dans le don d'une aumône à publier au prône, aumône d'environ vingt sous par pauvre en monnaie d'aujourd'hui. Si la petite cité a perdu présentement ses portes (porte de Maleguise en 1515, Porto Foussio en 1516, Portail de Laubière en 1542, etc.), ses murs du moyen-âge, avec leurs fossés transformés en jardins, dominent encore au midi la riante vallée du Maumont, juste sujet d'orgueil pour Donzenac. Gracieuse en effet autant qu'elle est féconde, la campagne de cette ville présente un mouvement varié de coteaux, de prairies, de vergers, de maisons, que la rivière égaie de ses méandres et la grand'route de ses curieux lacets. D'autre part, c'est le trésor des fruits et la limite à l'est du vignoble limousin : au-dessus de Donzenac, adieu pampres et ceps ; on n'a plus devant soi qu'un plateau monotone où tombe la châtaigne et que tapisse le blé noir.
La ville, divisée en deux régions faisant forme d'un 8, couvre la cime d'une colline dont la flèche du clocher marque le point central. Ce point central est aussi le point de jonction des deux quartiers ; ils y montent ou y descendent l'un et l'autre vers un triple rendez-vous : l'église, la grande place et la mairie. Quant au fractionnement de détail, M. Champeval le marque de la sorte : 1° l'enclos ou la ville, comprenant lui-même le fort ou castrum des Ventadour, l'hôtel noble du Monteruc et le château de la Robertie ; 2° le barry ou côté des Cordeliers ; 3° le quartier du Puy-Soubre ou Puy supérieur ; 4° celui de Fontenche ; 5° celui du Puy-Soutre ou Puy inférieur, etc.
Au temps des guerres religieuses, Donzenac, resté fidèle à la cause catholique, fut exposé aux entreprises des huguenots. Ce que sachant, Catherine de Médicis qui avait avec lui des rapports dont je parlerai bientôt, écrivit à son gouverneur, le capitaine d'Espeyruc, pour le féliciter d'avoir conservé jusqu'alors en l'obéissance du roi sa ville de Donzenac, le suppliant de « continuer tousiours de mesme en ceste bonne volunté. » La lettre était datée du 11 avril 1577. Les habitants ne se firent pas répéter le voeu de la princesse. Au 5 mai suivant, M, Dumas, président au présidial de Brive, le juge de la ville, les deux syndics, deux bourgeois, quatre marchands et deux députés de la population se réunirent pour seconder le gouverneur, de leurs subventions et de leurs règlements. Mais les forces ou les ruses de Vivans déjouèrent l'effet de tous ces actes : le capitaine protestant prit la ville par escalade et la livra au pillage.
Quelque temps après, Donzenac figurait à l'assemblée des villes closes et bourgs du Bas-Limousin qui se tint à Brive le 20 août 1580. Il avait été lui-même en 1575 un lieu de convocation. Devant les menaces des huguenots contre Tulle, Gilbert de Lévis, comte de Ventadour et gouverneur général du Limousin, avait appelé les consuls du pays d'abord à Brive, le 13 février, puis le 17 à Donzenac, qu'il venait d'acquérir. C'était pour délibérer sur la nomination d'un syndic général, la défense pouvant gagner à cette concentration de pouvoirs. Malheureusement l'assemblée n'eut pas grands résultats ; du moins fut-elle pour notre petite ville l'occasion de voir dans ses murs ce qu'elle n'avait pas, ce qu'elle ne connut jamais, des consuls. Donzenac en effet était une ville soumise, ayant pu recevoir de ses maîtres (au XIVe siècle) certaines libertés et certaines franchises, mais ne jouissant pas des institutions municipales, qui ne lui sont advenues qu'en 1790. Encore en 1725, ses deux syndics de l'époque, François Foussac et Jean Daudy, agissant au nom des habitants, reconnaissaient au duc de Rohan (Ventadour) la ville de « Donzenac, enclos, estandue d'icelle, avec tous droits de fossés, murailles et forteresses, justice haute, moyenne et basse, mere, mixte et impere, dans toute l'estendue de la baronnie de Donzenac, avec droit de taille aux « quatre cas généraux, qui sont pour réception de chevalier, mariage de « filles et soeurs, voyage d'outre-mer et prise-capture de la personne du susdit seigneur, réglé au doublement du cens pour chasque cas, droit « de banalité des fours et moulins de Sadite Altesse, lesdits habitants étant obligés de venir cuire et moudre tous leurs grains auxdits fours et moulins, droits de prélation et rétention en cas de vente, à raison de vingt deniers pour livre du prix des acquisitions, et outre ce, une livre de cire pour chascune d'icelles, etc. »
Les évêques de Limoges avaient la suzeraineté de Donzenac, mais à qui en appartint en divers temps la seigneurie directe ? Peut-être est-il bon, avant de répondre, de remonter jusqu'aux actes que vient de publier le Cartulaire de Vigeois. Ces actes sont contemporains des Croisades.
Une dame Foulquelle, mère de Pierre de la Vallade et sœur probable de l'abbé de Vigeois Pierre Alboin, puisque celui-ci est appelé quelque part son oncle par Pierre de la Valade, donne dans le premier à Dieu et à Saint-Pierre de Vigeois, pour le salut de son âme, la moitié de la dîme de tout ce qu'elle possède à l'église de Donzenac. Elle donne également une vigne sise dans la paroisse, en même temps que le fils que je viens de nommer fait présent pour elle de quatre setiers de blé sur la dîme d'une autre église, celle d'Espartignac. En faisant ces dons, la mère et le fils ont pour but de participer, de leur vivant comme après leur mort, au bénéfice de toutes les bonnes oeuvres qui s'accompliront au monastère de Vigeois.
C'est de même dans une considération de salut, pour lui-même, pour son père, pour sa mère et pour ses parents, que Guillaume Alboin, de Malemort, de la tour où il gît malade au château de ce lieu, abandonne, lui aussi, sa part de dîme et de propriété sur l'église de Donzenac. Seulement les circonstances de sa mort trahissent, paraît-il, ses intentions et la dîme passe avec la propriété à son fils Gauzbert. Mais Gauzbert achète à son oncle Pierre Alboin, qui n'est pas autre que l'abbé de Vigeois ci-dessus, un cheval dont il a besoin, pour le prix de 50 sous ne pouvant acquitter cette somme, il livre en gage la portion qui lui appartient personnellement dans la dîme susdite, en en donnant pour cautions Gauzbert de Malemort, Manuald de Trenchelion et Elie de Cornil. Il demande ensuite à son oncle de le laisser jouir, de son vivant, de la part donnée par son père à l'abbaye, promettant au digne religieux, qui n'accède du reste qu'à contre-coeur, d'unir en retour après sa mort sa portion personnelle au don de Guillaume Alboin. Vaines assurances la portion personnelle, le don paternel, le cheval acheté, les 50 sous du prix, sont également gardés par ce neveu perfide, qui se moque de son oncle comme de son père et de ses cautions. Toutefois, les succès des Croisés retentissant en Europe, Gauzbert veut aller à Jérusalem. Il demande alors pardon de sa conduite, cède à Dieu et à saint Pierre sa propre part de l'église de Donzenac, garantit celle qu'avait donnée son père, et ajoute sur le territoire de Malemort quelques offrandes personnelles, que l'abbé reconnaît même par un don manuel.
Tout ceci nous fait voir que les Alboin avaient dans le principe des droits sur Donzenac ; et comme leur maison était à Malemort et tenait sans doute aux Malemort, ce sont les Malemort que, par cette raison ou par d'autres meilleures, nous trouvons exclusivement, au XIIIe siècle, seigneurs de cette ville.
Gérald, l'un de ces barons, se titre baron même de Donzenac, et fait, lui aussi, un legs au monastère de Vigeois en 1231. Autre Gérald de Malemort, sénéchal sous saint Louis de nos contrées de Périgord, Quercy et Limousin, par son testament de 1270 institue deux héritiers par égales portions : Géraud III de Malemort, son fils, qui reçoit la ville de Donzenac avec la moitié de ses terres, et Aymeric II de Malemort, son petit-fils, qui a pour partage les terres de Saint-Hilaire, Ussac, etc. Cette disposition amène promptement l'aliénation de Donzenac. Galienne, fille du testateur et tante d'Aymeric, porte cette dot en 1290 à Ebles de Ventadour, fils d'Ebles VII et de Blanche de Châteauneuf, qui devient même ainsi co-seigneur de Malemort. Vers cette époque ont lieu entre « le vicomte de Turenne et le seigneur de Donzenac » ces « rencontres sanglantes et ces combats meurtriers » dont parle l'auteur des Miracles de saint Martial, cité à l'article CORRÈZE. C'est en ce temps-là aussi que l'évêché de Castres échoit à Hélie et l'abbaye de Saint-Martial de Limoges à Guillaume, tous deux membres de cette branche de Donzenac et fils de Galienne de Malemort.
Mais les Ventadour, pour cette fois, ne gardèrent la ville de Donzenac que l'espace d'un siècle. Géraud II, petit-fils de Galienne, la vendit avec la terre de Boussac (Orliac de Bar) à Jean, duc de Berry, peu avant 1389. Jean, à son tour, l'abandonna à sa femme Jeanne de Boulogne. Celle-ci, remariée sans doute à Georges de la Trémouille, porta les deux terres à son mari, qui en fit lui-même en 1445 la dot de sa fille Louise, le jour où il la maria à Bertrand VII de la Tour, comte d'Auvergne. Les seigneurs de la Tour en jouirent jusqu'à ce que l'une de leurs filles aussi, Anne de la Tour, duchesse d'Albany, par son testament du 16 juin 1524, les eut léguées encore à son époux Jean Stuart, duc d'Albany. Un partage de famille confirma ces terres au descendant des rois d'Ecosse et le roi de France lui-même les lui laissa en propriété, à condition toutefois que s'il n'en disposait pas de son vivant, elles reviendraient à Catherine de Médicis, duchesse d'Orléans et nièce d'Anne de la Tour. C'est ce qui eut lieu.
Catherine de Médicis, devenue donc héritière, les vendit en 1572 à Gilbert III de Lévis, comte de Ventadour, que nous avons vu convoquer à Donzenac les seigneurs du pays. Quand se produisit à Ventadour l'extinction partielle de la maison de Lévis, Hercule-Mériadec de Rohan devint seigneur du duché par son mariage du 15 février 1594 avec la dernière enfant, Anne-Geneviève de Lévis, dite précisément dame de Donzenac. C'est ce qui explique les lignes suivantes du Sommaire des archives de la Corrèze : « Bail, pour le prix annuel de trois cents livres, des dîmes des grains de la ville de Donzenac, appartenant pour les deux tiers au prince de Rohan et pour l'autre tiers au curé dudit Donzenac (1672). »
Le curé de Donzenac, à cette date de 1672, ne m'est pas encore connu. Quatre siècles auparavant, en 1270, le poste avait eu pour titulaire Me Aimeric, à qui Gérald de Malemort fit un legs : il aida de ses pieuses libéralités la construction du couvent des Dominicains de Brive, établis, comme on sait, par la maison de Malemort. — Guy de Montbrun, d'une grande famille, neveu de Pierre de Montbrun, évêque de Limoges, et chanoine de la cathédrale de cette ville, était curé de Donzenac en 1454 déjà protonotaire apostolique, il devint évêque de Condom en 1458 et conjointement abbé d'Eysse, au diocèse d'Agen, en 1461,
François Lumina, l'un de ses successeurs dans la paroisse, eut des difficultés avec le duc d'Albany, Jean Stuart, relativement aux dîmes, que les seigneurs, à son avis, n'avaient pas le droit de s'arroger. Pour justifier du sien, le seigneur de Donzenac prétendit que « pour l'aide, tuition et deffance que luy et ses prédécesseurs et autres princes du royaume de France auraient faits et impensés à l'Eglise romaine à l'encontre des hostilités des infidèles et payens, Notre saint père le pape et le concile de lad. Eglise, assemblés en un, donnèrent auxd. princes le droit de pouvoir tenir et posséder dixmes comme vassaux du Saint-Siège » (1520 ou 1521).
Vint au dernier siècle et à partir au moins de 1712, Ambroise Chambon, qui en 1732, acquitta aux dames de Saint-Bernard de Tulle et de Saint-Jean de Derses (maisons unies) les rentes qu'elles avaient sur les deux fours banaux de Donzenac. Gérald de Malemort avait en 1218 donné aux religieuses de Derses (Saint-Hilaire-Peyrou) toute la dîme du pain de seigle des fours de cette ville. — Ambroise Chambon n'était pas mort encore en 1758, qu'il était déjà remplacé par Louis David, prieur en même temps de Notre-Dame-la-Belle, de Lavaur. — Celui-ci eut à son tour pour remplaçant, Antoine Fontaine, d'une honorable famille de l'endroit, qui était au poste en 1784 et n'en fut momentanément dépossédé que par la Révolution. Arrêté et enfermé dans le couvent des Récollets de Tulle devenu prison, il fut conduit à Bordeaux, détenu au fort de Ha, puis dans la citadelle de Blaye, enfin sur le vaisseau Jeanty. Sa résistance à tant d'épreuves lui valut de retrouver sa cure, transformée en doyenné, après le Concordat ; mais il mourut en 1805, objet d'une telle vénération que le peuple, un demi-siècle après et au delà, brûlait encore des cierges sur son tombeau [1]. Successeurs depuis lors : 1806, Guillaume Coulmy, ancien titulaire de la vicairie des Albiers, que nous verrons plus loin ; 1817, Gabriel de Cueille ; 1822, Pierre Fournet ; 1844, Jean-Joseph Verdier ; 1868, Antoine Lavergne, mort retiré le 28 juillet 1882 1881, Jean-Pierre Despert ; 1890, Joseph Boutot.
La cure de Donzenac était justement dite en ville murée et se trouvait sous le patronage de saint Martin. Il y avait dans la paroisse communauté de prêtres et vicairies en certain nombre.
La plus ancienne de ces chapellenies était celle qu'avait fondée dans son hôtel ou château Gérald de Malemort, chevalier, en 1259 : moyennant un marc d'argent à prendre sur la châtellenie de Malemort, la messe devait y être dite tous les jours ; les seigneurs y nommaient et le vicaire en était amovible. Venaient ensuite les quatre vicairies fondées par le cardinal du Monteruc dans la chapelle qu'il avait fait bâtir à l'église, autel de Saint Pierre et de Saint Paul : le curé présentait, l'Evêque conférait et les vicaires, tenus à la résidence, ne pouvaient accepter d'autres bénéfices. (Cependant je trouve l'un des quatre de 1756, Pierre Blanc, dit curé de Palazinges). La vicairie de Laporte existait au milieu du XVe siècle, en même temps que vivait à Donzenac une famille noble de ce nom. Celle de Barril, fondée avant 1470, avait son siège dans une ancienne chapelle gothique qu'on voit encore au cimetière et qui est dédiée à Saint Michel, comme l'étaient le plus souvent autrefois les chapelles de cimetière. Pierre Guyonie, en 1548, fonda, lui aussi, son chapelain. On en dut un autre à Bernard Albier, prêtre ; d'autres peutêtre à quelques autres, et toutes ces vicairies, malgré leur nombre, furent trouvées debout par la Révolution.
L'église de Donzenac existait authentiquement du temps du roi Robert. A cette époque, une femme, du nom de Garsinde, fit don à l'abbaye d'Uzerche d'une borderie située au territoire d'Issandon, non loin de l'église de Donzenac. Cette église toutefois a peu gardé de ses anciennes formes ; même, bien entendu, de celles qu'elle avait reçues après l'an 1100. On l'a comme refaite de nos jours, moins le clocher. Le clocher, tour du XIVe siècle, imite, sans l'égaler, le beau clocher de Tulle : il n'a de celui-ci ni l'élévation ni la distinction de formes. La flèche surtout pèche par sa maigreur, relativement à l'ampleur du support. Aussi M. Arbellot, dans la première excursion du congrès de Brive en 1890, m'exprimait-il la conviction qu'on avait dû la refaire à la suite de quelque accident : trop de parcimonie, sans doute, avait, pensait-il, écrasé cette restauration. Ce n'est pas impossible, mais la parcimonie n'eût-elle pas pu gâter aussi l'oeuvre originelle du XIVe siècle ?
Inscription gravée sur la grand'cloche :
IHS. — SANCTE MARTINE, ORA PRO NOBIS.
FUGITE, PARTES ADVERSÆ : VICIT LEO DE TRIBU JUDA, RADIX DAVID.
CHARLES DE LÉVY, DUC DE VENTADOUR,
PAIR DE FRANCE ET BARON DE DONZENAC.
PIERRE D'ESCOVRAILLES, ESCVYER, SIEVR DE LAVAL,
LASSALLE, LAVALLADE ET MEYVIALLE, PARRAIN. — 1634.
MÀRRAINE DAMOISELLE JEANNE LAVAVD
D'ESPERVT, ESPOUSE A BARRIL, SIEVR DE LA TOVR.
SYNDICS, ANTOINE BOVTOT, NOTAIRE ROYAL,
BERTRAND BESSE, DIT TENILVM. — L'AN 1634.
Dans la sacristie sont conservés trois reliquaires. Le plus ancien est une boîte émaillée à couvercle pyramidal ou de quatre versants n'ayant pour figures que des anges, dont deux croisent leurs ailes, avec des têtes en relief (XIIIe siècle). L'autre est un hexagone sur pied, du XIVe siècle, avec champ émaillé et arcades trilobées prises dans le cuivre sous deux de ces arcades sont des bustes, que des anges encensent dans les quatre autres. Le troisième est une monstrance d'un temps postérieur à l'ogive, XVIe ou XVIIe siècle.
Il existe à Donzenac une autre église que l'église de paroisse : celle des Pénitents blancs, bâtie en 1677 : la confrérie s'était établie en 1667 ; elle a pour patron saint Jean-Baptiste (Décollation).
L'Hospice, qui est aussi pensionnat, a sa petite chapelle, dédiée au Sacré-Coeur. Je me demande si sa maison, tenue par les sœurs de Nevers depuis 1835, n'est pas l'ancien hôpital de la Cipière, connu depuis 1509. Il y en avait un autre appelé la Maison-Dieu ou l'hôpital d'en Bas, l'hôpital du Pont-Bas, qu'on trouve mentionné en 1259, 1399, et qui était prieuré en 1380. Le prieur de Saint-Gérald de Limoges y nommait à cette époque et le titulaire pourvu s'appelait JEAN DE GRANDSAIGNE, prieur aussi de Clédat dans la paroisse de son nom. Cet hôpital s'écroula le 6 février 1724 ; on a le procès-verbal d'une délibération des principaux habitants de Donzenac relativement à sa reconstruction.
L'Hôpital dit d'en Haut, par opposition au précédent, n'était pas, au sens propre du mot, un hospice mais un membre de commanderie de l'Ordre de Malte. Nadaud énonce qu'il était en 1356 uni au Temple de Magnac, lequel est, dans le livre de M. Vayssière, un membre de la commanderie de Sainte-Anne (Haute-Vienne). L'historien de l'Ordre en Bas-Limousin le rattache, lui, directement au grand-prieuré d'Auvergne, par la commanderie de Bourganeuf ; et il a raison pour les temps postérieurs à 1356. On possède en effet de 1719 un « bail des revenus de « l'hôpital supérieur de Donzenac, dépendant de la commanderie de Bourganeuf, passé pour la somme annuelle de soixante-quinze livres ». M. Vayssière écrit à son sujet
« Le membre de l'Hôpital-Saint-Jean de Donzenac était tellement éloigné de son chef-lieu qu'il avait été en quelque sorte, abandonné par les grands-prieurs. Le commandeur de Naberat le visita en venant de Saint-Bazile, qui dépendait de Bellechassagne. Il apprit que Jean Escudier, conseiller en l'élection de Brive, en jouissait depuis longtemps et se faisait payer très exactement les rentes qui en dépendaient sans acquitter le moindre fermage. Il consistait « en une place ou vieille masure de maisons dans ladite ville de Donzenac, en la rue de la Martinière, en ung carré de murailles de ladite ville, où il y a encore une cheminée dans la muraille... ; au dessus de lad. cheminée il y a la croix de Malte. » Il comprenait en outre « quelques dixmes de vin sur le territoire de Chaumont..., pouvant valoir en commune année trois ou quatre charges de vin, une rente sur le moulin du doux, qui est d'environ une charge de bled... ; aussy plusieurs belles rentes de bled et de vin. Et aultres debvoirs, suivant l'ancienne liève, lesquels n'ont été longtemps « renouveliez, qui est la cause que la plus grand part se pert. » Aussi Donzenac ne valait-il alors, paraît-il, que 24 livres.
En perdant son couvent de Cordeliers, la ville perdit une importante église : église qu'il faut regretter pour sa belle architecture du XIIIe siècle et pour l'intérêt aussi de ses souvenirs, car elle fut le Saint-Denis des barons de Donzenac [2]. Tout auprès des ruines s'élève encore, conservée mais profanée, une chapelle mystérieuse, autrefois dédiée, ce me semble, à saint Antoine de Padoue. Il est possible, en effet, que ce grand saint ait fondé le couvent de Donzenac comme il fonda celui de Brive, dans sa pérégrination de Limoges à cette ville ou peu après (1227). Ainsi le voudrait Nadaud, l'un de nos auteurs limousins, mais Waddingt, historien de l'ordre, ne parle pour Donzenac que de 1230. Ce furent, d'après cet auteur, les Comborn ou peut-être les Malemort, peut-être aussi les uns et les autres qui firent les frais de l'établissement. Le nombre régulier des religieux était de six prêtres et deux convers ; mais en 1786, il n'y avait plus qu'un prêtre. Ce couvent était de la province de la petite Aquitaine, et en 1400 le 4e de la custodie de Limoges. Deux de ses religieux, les PP. Chambon et Dideran l'avaient illustré de leur martyre ; ils avaient été en 1562 égorgés par les Huguenots. — Je ne connais que deux gardiens des Cordeliers de Donzenac, les PP. PIERRE VIVENAC, en 1595, et BERNARDIN DE GONDEAU, en 1743.
Sous les murs et sur la grand'route, si je ne me trompe, était la chapelle avec ermitage de Notre-Dame de Pitié ou des Agonisants. Mais c'est dans la campagne que se trouvait le prieuré de La Gorse, sous le patronage de Sainte-Madeleine et primitivement de Saint-Laurent. En ruine dès 1697, il avait appartenu à l'abbaye de Tulle (?), à qui le vicomte Adémar donna ou restitua dès 930 ecclesiam sancti Laurentii de Gorsa ; mais l'Artige l'eut plus tard. Urbain V, confirmant en 1362 les privilèges accordés en 1256 par Alexandre IV à ce petit chef d'ordre, parle de l'église de la Gorse (de Gorsia) comme lui appartenant. Aussi le prieur de l'Artige nomma-t-il le titulaire au moins en 1677 ; le recteur des Jésuites de Limoges, à qui avaient passé les droits de l'Artige, fit la nomination en 1758. Il y eut cette année-là deux prises de possession très rapprochées : celle de JEAN GAUTHIER-LAVECH, chanoine de Cahors, et, par décès, celle de PIERRE THUILLIER, chanoine régulier ; l'une et l'autre étaient faites « pour le prieuré de Sainte-Marie-Madeleine de la Gorse, paroisse de Donzenac, et pour celui de Sainte-Catherine de Bonnefont, paroisse d'Issandon ». JACQUES MARTIN, autre chanoine régulier de Saint-Augustin, prit possession en 1780. Antérieurement à ces trois prieurs, on connaît un PIERRE REDON, religieux, à qui le bénéfice fut conféré « pour sa vie seulement » en 1442, avec réserve de retour après la mort à la mense de l'Artige, dont on ne le détachait qu'en faveur dudit Redon ; puis, un JEAN BAYT ou BARRET, prêtre du diocèse de Limoges, qui donna procuration pour résigner et permuter en 1545 ; un MARTIAL BOS, mort en 1570 ; FRANÇOIS PHILIPPE, qui lui succéda ; frère LÉONARD DU FRAISSEIX, en 1657 ; LÉONARD MAILLARD, chanoine de Brive, en 1686, et ANTOINE DE LAVEIX en 1725. - Le prieur de la Gorse était seigneur de son village.
Sur un autre village, Mazières, était assise une prévôté, bénéfice claustral de l'abbaye de Vigeois : Garsinde, pieuse femme déjà citée, avait, entre 1031 et 1060, donné un mas à l'abbaye sur ce village. Une autre prévôté du même monastère, Brezou, s'y trouvait plus tard annexée, d'après le Pouillé de Nadaud. Mais ce dernier lieu n'est pas indiqué sur la carte, pas plus du reste que les Chassans, où serait une fontaine de dévotion autrefois fréquentée, avec des souvenirs religieux. Je donne en tout cas les deux prévôts de Mazières à moi connus, tous deux bénédictins de Vigeois : HUGUES DE LA BORIE en 1464 et JEAN DE MALEDEN en 1716 ; celui-ci, en 1728, se disait aussi prévôt de Sadroc (Sadraneix).
A propos de l'hospice, on n'a fait que mentionner précédemment le pensionnat des Sœurs de Nevers. C'est un pensionnat florissant et bien tenu, dont il faut maintenant énumérer les supérieures depuis la fondation, 1835 : sœur Joséphine Grangier, sœur Euphrasie Chambert, sœur Marcelline Clédat, sœur Madeleine Abeillé.
Les Frères du Sacré-Coeur, du Puy, ont depuis moins longtemps un autre pensionnat, uni à une école libre, dans la rue dite de la Basse-Ville, ancienne maison Serieix. Cette maison a été très notablement réparée en 1885. De ses fenêtres, de ses cours, on jouit de la perspective la plus riante sur la vallée où coule le Maumont. Une niche du XVe siècle domine un angle voisin de la porte d'entrée : là sourit une Vierge, debout, couronnée, bras ouverts, qui s'est faite sans doute la protectrice de l'école. Moyennant les rétributions mensuelles et les générosités du curé, des habitants, cette maison de 150 élèves se soutient, m'a-t-on dit, très dignement.
Un mot pour les Petites Sœurs garde-malades de Saint-Projet, qui, récemment, ont porté dans la ville leur utile secours. Elles sont au nombre de trois.
Donzenac étant un lieu de passage (c'est Turgot qui a fait sa grand'route de Toulouse à Paris), a dû voir maintes fois des personnages illustres. N'en citons que deux : 1° Louis XI, qui y passa le 28 juin 1463, vigile de saint Pierre ; Brive, où il avait couché et entendu la messe, lui offrit deux saunons et d'autres poissons ; mais comme il observait le jeûne autant que l'abstinence, il les fit porter à Donzenac pour son dîner ; de là il alla coucher à Uzerche, — 2° Pie VII, l'auguste prisonnier de Fontainebleau, qui descendait au contraire d'Uzerche et allait sur Brive, puis sur ses Etats. Il passa le 29 janvier 1814 et M. Grivel, alors maître de poste, voulut avoir l'honneur de le conduire lui-même, en faisant postillon.
A propos de ce nom de Grivel, l'article BRIVE; a fait entendre que le vice-amiral baron Grivel était originaire de Donzenac. Son père Antoine y était né en effet et avait déjà commencé l'illustration du nom en quittant sa robe d'avocat à Brive pour ceindre l'épée de commandant. A la tête des volontaires de la Corrèze, accompagné de ses deux fils, il alla rejoindre en 1792 l'armée des Pyrénées-Orientales et prit part à tous les combats jusqu'à la paix avec l'Espagne. Entré ensuite dans la magistrature, il mourut président de chambre à la cour de Limoges.
Bien avant cette date, au XIe siècle, Donzenac avait vu naître Pierre de Donzenac, abbé d'Uzerche, que la chronique de cette abbaye nous dit avoir été dans le siècle un noble personnage, de très grande richesse mais assez peu lettré. C'est sous l'habit séculier et l'éperon aux pieds, les bottes aux jambes, qu'il gouvernait d'abord son monastère ; mais on lui fit des remontrances et il prit l'habit religieux. Attaqué d'un cancer, il alla mourir à Saint-Viance, dont il avait obtenu l'église pour son abbaye. — La ville vit naître aussi, au XIIIe siècle, d'une de ses meilleures maisons, Pierre de la Sepière, chanoine d'Evreux « plein de doctrine et de bonté ». Quand mourut en 1294 son compatriote Gilbert de Malemort, évêque de Limoges, le chapitre l'élut pour lui succéder et ce fut Renaud de la Porte, d'Allassac, alors chanoine et archidiacre, plus tard archevêque de Bourges et cardinal, qui lui porta la présentation. Mais l'humble prêtre, disent les Annales de Limoges, « refusa tout à plain. Semblablement, il avoit refusé l'évesché d'Alby. Par quoy, à son refûs, fust ledit Regnault de la Porte esleu évesque de Limoges. » Pierre de la Sepière avait composé un ouvrage de théologie morale et mystique, intitulé : De oculo morali (L'oeil moral). Il mourut à Blaye en 1306.
A côté de son jardin de Donzenac se trouvait le château du Monteruc, berceau au moment de sa mort d'un enfant destiné au cardinalat. Pierre du Monteruc, neveu par sa mère du pape Innocent VI, fut fait par ce pontife en 1356 évêque de Pampelune pour le titre et presque aussitôt cardinal-prêtre du titre de Sainte-Anastasie : il reçut en 1361 la charge de vice-chancelier de l'église romaine et mourut en 1385 à la cour d'Avignon. C'était, dit son épitaphe, un ami et un défenseur des pauvres, des orphelins, des veuves et des religieux, particulièrement de ceux de l'ordre de Chartreuse. Il avait mérité après son oncle le titre de second fondateur de la chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. On lui dut aussi la fondation à Toulouse d'un collège de son nom. L'auteur contemporain de la Vie de Pierre de Luxembourg l'appelle « un homme de sainte mémoire » et parle même de miracles opérés par lui après sa mort.
Il avait pour neveux ecclésiastiques : 1° Hugues du Monteruc, évêque d'Agde en 1371 ; 2° Ramnulphe ou Renoux Gorse, « cardinal de Sisteron », qu'on a nommé à tort Renoux de Monteruc et que je crois de Sadroc plutôt que de Donzenac, aussi n'en parlerai-je que plus tard. Ses deux neveux laïcs, porteurs du nom même de Monteruc, n'eurent chacun que des filles, ce qui fit passer leur château de Donzenac à la famille de Roffignac, dans laquelle étaient entrées deux sœurs de leur maison. On appelait ce château, enfermé dans l'enceinte du fort baronial, le logis, la maison, le fort même et le château du Monteruc, ou tout simplement le Monteruc ; et il constituait lui même une enceinte de plusieurs habitations où il y avait chapelle.
Une autre demeure noble de Donzenac était la maison du Verg, occupée par les Coustin. Ils étaient à Donzenac au XVe siècle et leur branche de cette ville y demeura jusqu'au XVIIe, où Jeanne de Coustin mariée en 1622 à Jean de la Rochepot ou de la Roche-Chouvel, de SaintGermain-les-Vergnes, transmit en partie la seigneurie du Verg à Charles son fils, qui s'en qualifiait. La veuve d'Henri de la Rochepot, en 1734, possédait encore au moins deux vignes sur le terrain de la paroisse. Mais d'autre part, une sœur probable et apparemment même une sœur aînée de Jacques de Coustin, Marguerite, avait épousé en 1614 Antoine de Boussac, dont la postérité se disait aussi seigneuresse du Verg et de Mazières. Jeanne de Boussac, dernière héritière, en épousant en 1721 François VI de Lentilhac, comte de Sédières, lui porta avec le château du Verg le principal titre de sa seigneurie. Madame de Sédières était dite en 1762 propriétaire de la chapelle de l'Enfant-Jésus, dans l'église de Donzenac.
Notre petite ville fut aussi le berceau de la famille de Parel, seigneuresse d'Espeyruc, dans la paroisse, depuis le XIVe siècle ; puis de Lavaux, devenu Lavergne, et hors du canton de Donzenac, de la Chatonic et de Forsac, dans celui de Lubersac ; de Bournazel, paroisse de Saint-Jal ; de la Gane, paroisse de Saint-Exupéry ; de la Borie, paroisse de Sadroc, etc. Le premier connu de ses membres nobles est Bernard de Parel, damoiseau, témoin en 1376 du testament du cardinal Pierre de la Jugie, le 15 novembre à Livourne et le 18 à Pise. Bertrand, qui fut son fils ou son neveu et qui n'est pas mentionné au Nobiliaire, paraît en 1389 comme seigneur d'Espeyruc, château qui avait eu des seigneurs de ce nom aux XIe, XIIe et XIIIe siècles : on connaît Odon d'Espeyruc, mentionné au Cartulaire de Vigeois entre 1001 et 1031 ; Archambaud d'Espeiruc, cousin d'Hugues Armand, de Cornil, croisé entre 1111 et 1126, et Bernard d'Espeiruc, témoin en 1218 de la fondation par Géraud de Malemort du couvent de Derses, paroisse de Saint-Hilaire-Peyrou. Au XVe siècle, les Parel habitent Donzenac et ont leur tombeau dans l'église paroissiale, devant le maître-autel. En 1522, l'un d'eux élit sa sépulture dans la chapelle de Saint-Antoine de Padoue, du couvent des Cordeliers : c'est celui-là même qui, en épousant une Rageaud, de Donzenac, semble avoir recueilli pour sa maison les biens de cette autre famille, éteinte dans l'endroit. Par contre, Jeanne de Parel, en se mariant vers la fin du siècle à Jean III de Meynard de Chaussenejoux, établit à Donzenac une branche de cette famille quercynoise, celle des Meynard de Mouret, dont son fils Martial devint la souche. On a parlé plus haut du gouverneur de 1577 : c'est le cas présentement de signaler le député de la Restauration M. le vicomte de Parel d'Espeyruc. Après lui la maison tombe en quenouille et ses biens passent à celle de Montbron, châtelaine de Forsac, dans la paroisse de Benayes.
Déjà le château d'Espeyruc n'était plus de ces biens. Tout en laissant son nom à la famille, il était devenu la propriété d'une branche nouvelle des Cosnac, qui s'en qualifiait aussi. C'est par le mariage de Jeanne de Parel d'Espeyruc, dernière héritière de son rameau, et de Christophe de Cosnac, premier chef du sien, qu'avait eu lieu cette translation, le 2 mars 1624.
Je rappellerai d'un simple mot qu'au XIVe siècle la famille de Cosnac avait eu une alliance avec les Maleguise. Les Maleguise, qui ne durèrent pas longtemps, étaient une maison de Donzenac, dont une porte de ville retint longtemps le nom. La mère du cardinal de Cosnac sortait de cette famille. On la croit nièce de Guy de Maleguise, abbé de Saint-Martin de Limoges, « homme, dit le P. Bonaventure, puissant en oeuvres et en paroles. Il réconcilia et accorda le roy d'Angleterre, avec l'abbé de Saint-Martial et de Saint-Augustin de Limoges ; il présidait l'an 1275. »
Voici maintenant les villages et hameaux de Donzenac : Barboulerie, Bonny, las Borias, le Bouire, le Buisson, le Cerisier, Champagne, les Chassans (v. plus haut), avec les restes d'un oratoire marqué par un autel ; le Cloup, les Combes, Embruyat, Escudier, Espeyruc, qui avec son château avait une chapelle ; la Feuillade, Gandoulène, le Gaucher, où l'abbaye d'Obazine avait des redevances ; la Gisonnerie, la Gorse, Grand-Roche, les Horteaux, Mulecroix, les Mandaroux, Matières, Meymac-bas, Perjaneux, Puy Lachau, le Regardadour, la Rivière, la Rochette, grand village dans le vignoble, avec beau coup d'oeil : il est mentionné très fréquemment et pour de nombreux dons au Cartulaire de Vigeois, Ronds, les Saulières, avec des eaux minérales légèrement ferrugineuses ; Seille Basse, le Theil, seigneurie en 1575 de noble François du Theil, marié à Jeanne des Prés, de Chamboulive ; la Toupinerie, Travassac, grand village des plus connus du diocèse par son importante carrière d'ardoises ; enfin Vareilles, mentionné avec ses vignes dès le XIe siècle au Cartulaire de Vigeois [3].
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Jean Maurice fut curé de cette paroisse en 1266. En 1750, PIERRE GARRILH, religieux de Vigeois, était prévôt de Mazières et de Sadroc. Les Coustin devinrent seigneurs du Verg par le mariage, avant ou vers 1430, de Guillaume Coustin avec noble Marie del Vernh ; un Léonard du Bois s'en disait sieur aux derniers temps. Maleguise passa aux Vassinhac par suite de l'alliance, avant 1303, de Guillaume III, seigneur de Vassignac, d'Alvignac et de Mier, en Quercy, avec Raymonde de Maleguise, fille de feu Eblon, chevalier de Donzenac, et soeur de Pierre, damoiseau. La preuve en est qu'Eutrope de Vassinhac, en 1400, se disait seigneur de Maleguise et présentait requête en 1422 au juge de Georges de la Trémouille, seigneur de Donzenac, pour être remis en possession de divers biens et rentes dans la ville et baronnie de Donzenac, particulièrement d'un héritage nommé Maleguise. Nadaud est allé perdre dans son tome II, pp. 12-13, sous le faux nom de des Courcilles, les renseignements qu'il avait sur les d'Escorailles de Laval, renseignements intéressant à la fois Donzenac et Allassac. Pierre, dont le nom se trouve sur la cloche de 1634 et sur les registres paroissiaux de 1654, avait pour mère une Jeanne de Laval qui, en 1596, avait porté ce domaine d'Allassac à son père Martial ; il eut lui-même une fille, Renée, qui en 1681 le porta à Victor-François de Félines de la Renaudie. — Un Bellet, doctrinaire de Donzenac et professeur distingué de rhétorique à Toulouse comme à Bordeaux, se fit connaître par sa culture des belles-lettres et ses talents poétiques. Il eut une place à l'académie de Bordeaux.
[1] Il avait fallu en 1791 deux cents hommes envoyés de Brive pour imposer à coups de baïonnettes le curé constitutionnel. La ville, des plus chrétiennes du diocèse, fut même assez fidèle à son pasteur pour que le schisme de la Petite Eglise y ait trouvé quelques adhérents au début de ce siècle ; mais ce ne fut que l'affaire d'une quarantaine d'années
[2] Archamhaud VIII de Comhorn voulut lui-même y avoir sa sépulture : par le testament qui en marquait la volonté, il ordonna de mettre un drap d’or sur sa bière et cent livres de cire autour de son corps.
[3] J'ai omis par mégarde un curé du XIVe siècle, Pierre Danalays, sous qui se trouvent signalés pour la première fois les différends, anciens du reste, qui existèrent longtemps pour les dîmes entre la cure de Donzenac et les seigneurs du lieu. La décision arbitrale qui intervint le 16 mai 1316 entre Pierre Danalays et le baron Gérald de Ventadour fut portée par « le cardinal de Tulle » Hugues Roger et les évêques d'Uzès et d'Autun. Je trouve aussi un Chabrié, curé en 1691.