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Recherche > Corrèze (19) > L'Église-aux-Bois > Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 1)

Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 1)

Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964

Date : 27/03/2023

 

            Cette ancienne paroisse m'a paru, malgré son nom, avoir généralement pour assiette un plateau découvert, dont les champs et les bruyères encadrent çà et là les eaux bleues de quelques grands étangs. Peut-être, à ce titre, le singulier au Bois serait-il plus véridique que ne l'est le pluriel. La distance de Treignac est fort considérable puisqu'elle atteint jusqu'à 20 kilomètres ; mais en revanche le bourg est très rapproché de Lacelle, ce qui lui a malheureusement valu, tout en restant chef-lieu de commune, de se trouver privé du titre paroissial.

 

            Ce serait pourtant un endroit fort ancien si l'on devait croire de lui, « à défaut d'attribution plus satisfaisante », une monnaie mérovingienne portant au droit : + CLISI FIT, se fait à [L'E]glise ? et au revers : LEODENVS MONE [TARIVS] Léodène monétaire.

 

            L'église, du vocable de saint Christophe, a sa fête le 25 juillet. On en a fait reconstruire le clocher et refaire l'autel comme la chaire ; on lui a donné de même une cloche et l'on voudrait bien la doter d'un binage fixe qui suppléât, du moins partiellement, la cure supprimée. Elle jouit de ce binage à titre tout au moins provisoire, de par les bontés de M. Talamon, châtelain de la Farge, paroisse de Chamberet, qui en qualité de maire de l'Eglise-aux-Bois, fait à cette commune un bien très appréciable.

 

Guillaume Cramouzaud, dit de Faye, est le seul curé que je connaisse antérieurement à la Révolution ; ce fut aussi le dernier : on le dit doyen de Treignac en 1803. La dîme qu'il percevait était de quarante setiers de seigle estimés 105 livres. Aux moines d'Obazine revenaient vingt setiers, de 50 livres : c'était probablement de par la possession de la grange de Jeu qu'avaient dû leur céder les moines de Dalon. Il est à noter toutefois que sur ce même village de Jeu le prévôt du chapitre d'Eymoutiers percevait aussi des rentes.

 

Les seigneurs dits de l'Eglise-au-Bois avaient pour nom de famille Pichard. C'étaient d'anciens bourgeois d'Eymoutiers pourvus de leurs titres de noblesse au commencement du XVIIe siècle. Au siècle suivant, on les titrait barons de Saint-Julien-le-Châtel, dans la Marche. Marie-Victoire de l'Eglise-au-Bois de Villemontée fut prieure perpétuelle des Bernardines de Tulle en 1755.

 

Villages propres à la commune de l'Eglise-aux-Bois : la Chassagne, les Corses, le Fermigier, château aux Pichard, dont un membre se disait aussi sieur de la Chassagne : les deux résidences appartiennent aujourd'hui à M. Talamon ; la Forêt, le Fraysset, Jeu, le Martin, le Moulin de Fermigier, Neuvialle, bas et haut, où l'on place encore une demeure noble ; Peyrigeas, le Prabonaud, Roche et Villevaleix.

 

ADDITIONS ET CORRECTIONS

 

L'Eglise-aux-Bois eut pour curé en 1709 Jean-Hyacinthe de la Bachellerie. Un des villages de cette commune, LAFORET ou la Forêt-Choulière, ou encore la Forêt-Saint-Vincent, fut à la fois un prieuré ou une prévôté dépendante de l'abbaye de Meymac et une petite cure dont le chef-lieu dépendit au temporel de la prévôté d'Eymoutiers. Patron probable, saint Vincent : on  n'a dû lui en donner un autre que par confusion avec Saint-Gilles-la-Forêt, au canton d'Eymoutiers (Haute-Vienne). La paroisse fut supprimée en 1741 et annexée à l'Eglise-au-au-Bois. Je trouve en 1460 Jean de Vars curé de Laforêt.