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Recherche > Corrèze (19) > Lubersac > Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 2)

Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 2)

Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964

Date : 30/03/2023

 

Chef-lieu de canton, arrondissement de Brive, ancien chef-lieu d’archiprêtré. – Superficie : 5 745 hectares ; population : 3 905 habitants ; distance du chef-lieu d’arrondissement : 43 kilomètres.

 

Gros bourg sous la plume du Père Bonaventure de Saint-Amable en 1685, notre petite ville au Calendrier ecclésiastique et civil du Limousin en 1769, comme à l’Indicateur du diocèse et de la généralité de Limoges, en 1788, Lubersac, avant la Révolution, faisait partie du haut de la province : il était de la sénéchaussée de Limoges. C’était, au Xe siècle pour le plus tard, le chef-lieu d’une vicairie civile considérable, de laquelle on détacha dans la seconde moitié du même siècle la vicairie de Juillac. Il y eut encore autrefois dans cette localité un archiprêtré d’une grande étendue, connu dès 1071 et qui allait jusqu’aux portes de Brive. Il touchait même au Périgord par tout son flanc d’ouest et comprenait les paroisses suivantes disséminées aujourd’hui sur trois diocèses : 1° au diocèse actuel de Tulle, Arnac-Pompadour, Ayen, Beyssenac, Brignac, Chabrignac, la Chapelle-Antie (plus tard unie à Lubersac), Concèze, Cublac, Juillac, Lascaux, Louignac, Lubersac, Mansac, Objat, Perpezac-le-Blanc, Rosiers-de-Juillac, Saint-Bonnet-la-Rivière, Saint-Cyprien, Saint-Cyr-la-Roche, Saint-Eloi, Saint-Julien-le-Vendonnais, dit fort à tort le Vendomois, Saint-Maurice (présentement uni à Saint-Robert), Saint-Pantaléon de Larche, Saint-Robert, Saint-Solve, Saint-Viance, Sainte-Aulaire, Segonzac, Ségur, le Temple d’Ayen (aujourd’hui uni à Ayen même), Varetz, Vars, Vignols, Villemaux (uni de nos jours à Beyssenac) et Yssandon ; - 2° dans le diocèse actuel de Limoges, Coussac-Bonneval et Glandon ; - 3° dans le diocèse actuel de Périgueux, Boisseuil, Coubjours, Genis, Peyzac, Quinsac, Saint-Cyr-les-Champagnes, Saint-Mesmin, Saint-Trie (Saint-Trojan, qu’on a dénaturé en Sainte-Trie), Salagnac (aujourd’hui uni à Génis), Savignac et Teillols : en tout 48 églises curiales, sans parler des abbayes, prévôtés, prieurés et chapelles.

Lubersac, reculé à l’extrémité nord de cet ensemble, en était tellement à la limite que six des paroisses actuelles de son doyenneté n’ont pas été de son archiprêtré : tant il est vrai qu’on avait voulu porter sur le territoire ou pagus d’Yssandon la totalité de cette circonscription religieuse, en lui donnant pour limites exclusives les trois vicairies civiles d’Yssandon, de Lubersac et de Juillac.

Le titre archipresbytéral était attaché, du moins en dernier lieu, à l’église Saint-Etienne ; mais était-il uni à la cure ? Dans le principe, ce semble, non ; car un acte de 1236 donne Guillaume Geoffre ou Geoffroy comme chapelain sans autre titre, c’est-à-dire curé, de Saint-Etienne de Lubersac. En 1167, un Raoul signe aussi simplement chapelain et dans une lettre pontificale de 1247 Guy de Mellac paraît encore sans titre supérieur ; mais plus tard l’archiprêtré fut uni à la cure de Saint-Etienne, comme nous l’allons voir.

Voici la liste des titulaires qui nous sont parvenus : 1071, Geoffroy, cité en un acte du Cartulaire d’Uzerche que M. Champeval a exhumé à Paris des manuscrits de Baluze et de Gaignères (Gaulfredus, archipresbyter de el Loberzac) ; le même nom se retrouve en 1114 ; 1147, Etienne, qui reçoit de l’évêque de Limoges mandement de publier, lui et les curés de son ressort, l’excommunication portée contre les moines du puy Saint-Robert, coupables d’avoir enseveli contre le droit un Etienne de Terrasson, de la paroisse d’Ayen ; le même évêque informe la même année ce même archiprêtre de l’excommunication portée aussi contre Umbert de la Marche et contre ses complices, pour un sacrilège par eux commis dans l’église d’Ayen ; vers 1164, Gérald de Ségur, douteux ; 1261, Geoffroy de Laporte, pourvu, d’après un mémoire du Dr Laborderie, par le Pape Alexandre IV et précédemment chanoine de Saint-Etienne de Limoges ; 1276,  Raynaud de Laporte, neveu de Geoffroy, affirmé comme archiprêtre par la même source, pendant qu’il était encore chanoine et archidiacre de Limoges ; pas un autre auteur, à ma connaissance, ne parle de ce degré d’élévation pour celui qui fut plus tard évêque de Limoges, archevêque de Bourges et cardinal (voir Allassac) ; 1295, Gui de Laporte, frère du précédent, nommé, toujours d’après M. Laborderie par le pape Boniface VII et en même temps abbé de Vigeois ; il fut plus tard (1301) abbé de Saint-Martial de Limoges : « alors il dirigeait et jouissait l’archiprêtré de Lubersac à titre de commende » ; XIVe siècle, milieu, Elie Flamenc, d’une famille de Pompadour, qui fut aussi en Périgord ; 1541, Pierre de Monac, moine de Bénevent ; 1554, Germain de Lavergne, qui fut aussi prévôt d’Ayen et en 1558 prieur commendataire de l’Artige ; 1636, Etienne Auconsul, curé de Saint-Eloi ; 1651, Salvi ou Silvien Triviaux, « le premier titulaire auquel le titre d’archiprêtre soit annexé à celui de curé. Cette réunion des deux titres sur le même sujet fut l’oeuvre de François de Lascaris d’Urfé, évêque de Limoges, qui arrêta qu’à l’avenir ces deux dénominations bénéficiaires seraient et demeureraient réunis ; 1695, Jacques Leynia ; 1710, Bernard Guindre, ; 1741, Pierre Teytu de Villouvier, premier du nom, qui vécut longtemps retiré ; 1756, Pierre Lascoux dont Mgr d’Argentré fait cet éloge en 1763 : « Très bon sujet, le ton et le caractère fort ecclésiastiques ; très zélé pour le service de sa paroisse, généralement considéré dans son canton ; très estimable pour les attentions et les égards qu’il a pour son prédécesseur ; « il résigna en 1783 en faveur de suivant qui était son neveu, et le 19 décembre, l’évêque donna son visa à la signature de Rome « portant provision de l’archiprêtré et cure de Lubersac en faveur de M. Pierre Teytut de Villouvier, sur la résignation de M. Pierre Lascoulx. » Ce deuxième Teytut de Villouvier fut le dernier archiprêtre.

Après un Jacques Raynaud Lissac, curé constitutionnel de 1791, Saint-Etienne de Lubersac eut pour doyens : 1803, N. de la Morélie des Biars ; 1806, Martin Thomas ; 1807, Jean-Joseph Massainguiral ; 1815, Bernard ? Delfau ; 1826, Jean Sirieix ; 1830, Jean-Baptiste Spinasse, âgé de 28 ans et chanoine honoraire depuis trois ans, comme secrétaire particulier de Mgr de Mailhet ; 1850, Michel Mempontel, nommé chanoine titulaire de la cathédrale en 1877, après avoir composé à Lubersac un ou deux volumes in-12, particulièrement : Le bon sens du peuple dans la cause d’un roi (2e édition en 1862) ; 1877, Louis Duroy ; 1883, Julien Porte ; 1892, Jean-Baptiste Bessou.

 

La cure de Saint-Etienne de Lubersac était du patronat de l’évêque ; en 1777, elle payait de décimes 372 livres. Elle avait de vieille date une communauté de prêtres que nos pouillés n’ont connue qu’à partir de 1560 mais qui existait dès 1262, d’après la généalogie de la maison de Lubersac. Cette maison lui fit des legs en 1275 et 1377 ; elle lui donna pour des anniversaires en 1430, et dans une investiture qui fut en 1485 le résultat de cette fondation on trouve nommés 18 prêtres, plus 8 clercs, qui faisaient alors « la majeure et plus saine partie » de la communauté. Le 5 mars 1528, noble Antoine de Jounhac, seigneur de Monvialle dans la paroisse, écuyer du grand-maître de France et demeurant à Lubersac, faisait aussi par testament donation de la dîme qui lui appartenait en ce village aux prêtres de la communauté de Lubersac.

Une vicairie avait été fondée en 1456 à l’autel de saint Barthélémy par Barthélémy de Beaune, clerc, pour un prêtre qui ne devait avoir d’autre charge ni d’autre bénéfice ; une seconde le fut à l’autel de saint Alexis en 1661 par Jacques Brandy, curé de Beyssenac, dont les héritiers naturels en eurent la collation.

Dans des actes du XIIe siècle qui vont jusqu’au voisinage de 1164, on ne voit figurer qu’une paroisse de Lubersac : de parochia de Loberciac, in parrochia Luperciaci, est-il dit au Cartulaire de Vigeois. En 1247, suivant la bulle rappelée d’Innocent IV, Guy de Mellac était l’unique recteur des deux églises qu’enfermait dès lors Lubersac, à savoir Saint-Etienne et Saint-Hilaire. Nadaud toutefois, qui trouve encore Saint-Hilaire « uni à la cure en 1462 », parle pour lui, sous la date de 1475, d’une cure, abolie depuis, sur laquelle était un fief de la Borie possédé par la maison de Royère. Il nous dit aussi cette église succursale en 1570. N’importe : on peut croire, en somme et pour la plus grande partie du temps, qu’elle fut desservie par le clergé paroissial de Saint-Etienne. Elle avait une vicairie dite de la Géraudie, fondée à l’autel de saint Sulpice par un Etienne Géraud, lequel donna son nom à la famille et à la maison noble de la Géraudie : cette vicairie existait dès le XVe siècle. 

Historiquement connue dès le XIIIe, mais prouvée du XIIe siècle par des chapiteaux qui en restent encore, l’église de Saint-Hilaire ne s’est démolie que peu à peu, depuis la désaffectation de 1793. Elle était intacte en 1770. Je lis, par rapport à son clocher, dans la Feuille hebdomadaire de Limoges, n° du 10 juillet 1776 :

« On nous mande de Lubersac en Bas-Limousin que le 25 juin dernier le tonnerre est tombé sur le clocher de l’église-haute dudit bourg. La foudre en a renversé une partie de la charpente, et, suivant la direction de la corde d’une des cloches, elle a tué un jeune homme robuste et vigoureux qui sonnait. Elle a réduit en cendres son bonnet sans faire le moindre mal à ses cheveux ; et brûlé le dessus d’un de ses souliers, sans gâter son bas, ni faire la plus légère blessure à son pied. Plusieurs personnes étaient dans le clocher ; la commotion s’est faite sentir à une seule, mais d’une manière très violente. »

Cent-deux ans après, la tour de Saint-Hilaire, encore debout mais restée seule sur la principale place de la ville, dont elle relevait la physionomie et enfermait la grand’cloche, s’est écroulée par le fait d’un autre orage en 1878. Tout à côté se trouvait une maison à fenêtres de la Renaissance qui sert présentement de mairie et qui fut l’archiprêtré. Sa proximité de l’église a fait penser que cette dernière était avant le XVIIe siècle l’archipresbytérale, comme celle de Saint-Etienne était la paroissiale ; mais en a-t-on des preuves sûres ? Ce qui est plus certain, c’est le droit féodal des seigneurs de Lubersac sur le bâtiment de l’archiprêtré : il leur a fait hommage en 1497, 1561, et autres dates.

L’église de Saint-Hilaire était à ce que l’on appelait le bourg neuf de Lubersac : par les noms des ruelles qui l’avoisinaient, on a l’indication de fossés et de murs justifiant ce titre de bourg.

Au bourg vieux se trouvait dans le XIe siècle, une église de Saint-Gervais et de Saint-Protais que les seigneurs de Lubersac avaient bâtie tout près de leur château, alors situé en cet endroit. A quelle époque remontait-elle ? L’histoire authentique n’en dit rien. L’auteur du mémoire cité plus haut, M. Gaudeix-Laborderie, la rattache à un Aymar de Lubersac, chanoine et archidiacre de Limoges, qui, après en avoir procuré la construction, l’aurait fait consacrer par l’évêque Turpin d’Aubusson en 929 ; on l’aurait bâtie sur une église plus ancienne, de temps de Rorice II, succédant à un temps païen. Malheureusement, ces assertions, aussi piquantes que neuves, n’ont l’étaient d’aucun témoignage. Voici qui est plus sûr :

Hugues de Lubersac, n’ayant eu de sa femme Adélaïde qu’une fille destinée à mourir jeune, du consentement de sa femme et de ses chevaliers, pour reconnaître les bienfaits de Dieu à son égard, dota cette église de tous ses biens : biens allodiaux qu’il ne tenait, disait-il, que de Dieu et de ses saints, non des seigneurs mortels ; puis il la donna, ainsi dotée, aux moines de Cluny. Ce don eut lieu à une date où le seigneur de Lubersac était encore du siècle, obligé même de lutter contre les adversaires de ses possessions, avec l’aide de la Providence qui l’avait maintes fois délivré de péril. Mais peu après il renonça au monde et pris l’habit bénédictin. Sa fille étant morte sur ces entrefaites, sa femme confirma tous ses dons.

 

La date de cette importante charte est 1093. Au moment où on l’écrivit, les bénédictins de Cluny se trouvaient déjà sur les lieux, constituant un prieuré qui disparut de bonne heure et sans laisser presque de trace.

C’est pour le visiter que Pons, abbé de Cluny, vint à Lubersac en 1116. Huit ans plus tard (1124), Aimeric, évêque de Clermont, et ses clercs, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, et ses moines, se réunirent à Lubersac, en présence d’Aymar, vicomte de Limoges, et de Gérald, prieur d’Uzerche, pour mettre fin à des différends : ce qui eut lieu après avoir entendu les évêques d’Agen, de Limoges et de Périgueux, ainsi que les abbés de Saint-Martial de Limoges et de Saint-Pardoux (d’Arnac ?). Deux frères convers, évidemment du prieuré (les derniers connus peut-être), sont encore témoins en 1167 d’un acte relatif à l’église de Saint-Gervais. Dans cet acte, Geoffroy de Lubersac déclare que Hugues, son frère, deuxième du nom, a suscité des querelles à ladite église au sujet de plusieurs tènements qu’elle prétendait avoir en paisible jouissance depuis un don de Gervais de Lubersac, leur grand-père. Heureusement, dit-il, ces différends sont apaisés et lui, Geoffroy, en approuve la conclusion, de même que sa mère Béatrix et sa femme Jeanne.

De ce moment, pas plus question de l’église Saint-Gervais que du monastère lui-même. Suivant M. Gaudeix-Laborderie, Mescaders, chef de bandes au service de Richard Cœur-de-Lion contre Henri II, son père, aurait, en 1185 (nuit du 24 juin), surpris le château de Lubersac ainsi que l’église et le monastère et aurait ruiné complètement le tout. Moins explicite, ou muet sur le fait, Geoffroy de Vigeois se borne à nous apprendre que Mercaders, avec d’autres pillards, rançonna l’église de Lubersac quand il fondit sur Arnac, en octobre 1183.

Etait-elle distincte de celle de Saint-Etienne qui, à partir du XIIIe siècle, est la seule citée pour Lubersac-le-Vieux ou le vieux bourg ? M. Champeval estime que oui, mais les auteurs qui l’ont précédé disent que non. Le vocable seul aurait changé et serait le résultat d’une reconstruction suivie d’une nouvelle consécration. Saint Etienne serait ainsi devenu le titulaire, et saint Gervais et saint Protais, dont on avait ou dont on croyait, dit Nadaud, avoir l’un des chefs (voir l’Appendice qui rectifiera), n’auraient conservé que le rang des patrons.

L’histoire de l’église de Lubersac n’est pas pour contredire cette opinion : un testament de 1377 l’appelle moustier (monasterium) ; son étude, non plus. Car tandis qu’on distingue dans sa nef, élargie postérieurement, un noyau central et primitif qui doit être antérieur au XIIe siècle, le style de toute la partie orientale, absides et chœur, affirme au contraire cette époque rapprochée de sa fin. C’est là que l’on voit toute une série de chapiteaux historiés, la plus riche probablement qu’il y ait au diocèse. M. Louis de Valon l’ayant décrite et M. Rupin dessinée pour partie au Bulletin de Brive (Monographie de l’église de Lubersac), je puis me borner au signalement des sujets et c’est ce que je vais faire de dehors en dedans.

1° A l’extérieur, Lapidation de saint Etienne, le titulaire de l’église ; Invention de ses reliques dans le champ de Gamaliel ; leur Translation dans l’église de Sion ;

2° A l’intérieur, Annonciation ou, ce qui revient au même, Incarnation ; car ici les tableaux se réfèrent à Notre-Seigneur ; Proclamation de sa naissance aux bergers ; Départ des Mages pour son adoration, leur Arrivée devant la crèche, Fuite en Egypte, Présentation au Temple, Enseignement au milieu des docteurs, Libération de la femme adultère, Expulsion des marchands du Temple, Crucifiement et Descente de croix ; puis Pèsement des âmes, pour faire entrevoir l’avènement final ; et, en attendant, mission des apôtres représentés par saint Pierre et saint Paul, le premier sa clef à la main ; Témoignage enfin des martyrs, personnifiés par saint Etienne et saint Laurent, que leurs dalmatiques, leurs palmes et leurs livres ne rendent pas douteux.

Si l’on trouve nombreux ces chapiteaux, c’est que l’abside, le chœur, les absides du transept et l’inter-transept lui-même par endroits, sont revêtus, sous arcades ou arcatures, de demi-colonnes qui, dans, la maîtresse abside, parent même le dehors. Le clocher, au lieu de dominer la croix, se trouve en bas sur la nef. On reconnaît là des surhaussements du XIVe siècle, continués vers 1520 par des voûtes à nervures prismatiques dans le transept (1). Comme ces voûtes, postérieures à la construction romane, que l’on voit même au croisillon nord, exhaussée pour les recevoir, menaçaient par leur poids la solidité des murailles, on crut sage en 1625, d’appuyer celles-ci de nouveaux contreforts. Voilà pourquoi le croisillon sud, qui n’a pas reçu de ces appuis, n’a qu’un simulacre de voûte en plafond et en bois.

Lubersac possédait une chapelle de Pénitents blancs, qu’on avait fondée en 1632 sous le patronage de la Sainte Vierge, mais qui était ruinée en 1775 ; il n’en a rien gardé. Rien non plus de son hôpital maltais de Saint-Etienne, accensé en 1245 par le commandeur de Sainte-Anne dans le Haut-Limousin ; - ni de sa maladrerie, de fondation royale ; - ni de son oratoire de Notre-Dame de Bonne Nouvelle ; mais il garde amoureusement, avec sa confrérie du Saint-Sacrement qui date de 1344, sa pieuse chapelle de Notre-Dame des Rubeaux, autrefois rurale, aujourd’hui urbaine.

Cette chapelle, dite aussi Notre-Dame de la Joie, a pour fête principale l’Assomption. Elle est l’objet d’une dévotion qui touche de bien près au pèlerinage. Jeunes époux, jeunes mères, aiment particulièrement à s’y rendre, pour y faire bénir leurs unions ou leurs enfants. Le nom s’en tire incontestablement d’un ruisselet voisin : Rieu blanc ou Rieu beau (1690, 1692), déformé dès cette époque même en Rubeau et Rubeaux.

On l’a dite de 1670 et le résultat d’un vœu fait par une mère dont l’enfant allait mourir : elle existait sûrement en 1552. Avant la fin du siècle suivant, les reinages en étaient chers à la maison de Pompadour : « Vous avez bien fait, » écrivait en 1692 la Marquise d’Hautefort : dernière de la race, à François Bigorie, son homme de confiance, « de prendre la royauté de Nostre-Dame de Rieubeau pour moy et pour monsieur » ; et quelques jours auparavant, elle lui demandait tous les samedis une messe à la chapelle pour son mari. Elle ajoutait : « Le jour de Notre-Dame de septembre (une des fêtes de cet oratoire où l’on porte aussi le Mois de Marie), vous fairez habiller un petit orphelin qui ira entendre la messe que vous fairez dire ce jour-là pour monsieur ; et vous fairez distribuer un septier de bled en pain à la porte de l’église. Je veux que lui et moi ayons la royauté de Nostre-Dame de Rubeau. »

Les seigneurs de l’Audebertie paraissaient avoir, eux un droit spécial de sépulture dans cette chapelle ; on y enterra en 1645 Louis de Parel d’Espéruc, en 1697, Jean d’Espéruc, en 1776, Mathieu Authier. Quand vint la Révolution, une demoiselle Lespinas, fille d’un greffier de la ville, sauva la statue de la profanation en la cachant dans la cavité d’un noyer. M. Palem, d’autre part, acheta le petit édifice de la Nation et plus tard le rendit à la fabrique. Depuis, M. L’abbé Cueille, enfant de la ville avec le concours dévoué des habitants, a fait embellir et agrandir son enceinte, devenue trop pauvre et trop étroite ; et M. Mempontel, doyen, y a érigé, le 21 novembre 1875, une confrérie de la Cour de Marie, qui a sa fête spéciale ce jour-là. Les confréresses ne doivent laisser passer aucun jour de l’année sans que plusieurs d’entre elles représentent leurs compatriotes à l’autel des Rubeaux. Parmi les ex-votos dont brille cet autel, vous remarquerez une croix de commandeur que la Vierge-Mère tient à la main : c’est celle d’un grand-écuyer de la cour de France, M. le baron de Beaune de la Frangne.

Finissons, ou à peu près, pour l’histoire religieuse, par la Chapelle-Antie. 

 

La Chapelle-Antie, village distant de 7 kilomètres de Lubersac possède, comme son nom l’indique, une chapelle ancienne qui en 1097 dépendait de Saint-Martial de Limoges. Elle était alors sous le patronage de saint Michel ; on y fêta plus tard l’Apparition de saint Martial, au 16 juin. Nadaud en fait en cure en 1420 et 1632 ; mais pour cette attribution, il faut remonter plus haut, jusqu’en 1307.

Une transaction de Philippe le Bel avec les chanoines de Saint-Yrieix énumère en effet, à cette date, les paroisses de Troche, Benayes, Lubersac, Corbier, Sept-Pers et la Chapelle-Antie (qu’elle appelle en latin de Capella Nantiac) comme dépendances féodales du château de Bré, autrefois de Lubersac, aujourd’hui de Coussac-Bonneval. Cette cure était en 1366 un membre de la prévôté de Rosiers de Juillac, autre dépendance de Saint-Martial ; mais on l’unit plus tard au chapitre de Saint-Martial lui même et alors elle finit par perdre son titre avec son service : ce qui, au dernier siècle, amena des réclamations.

On exposa, dit Nadaud, qu’il y avait dans le village 25 feux et 160 personnes éloignées d’une grande lieue de l’église paroissiale, où elles ne pouvaient se rendre eu égard aux chemins, très difficiles, surtout en hiver et au temps des pluies : étant lesdits chemins coupés par un ruisseau considérable, sujet à de grands débordements ; que plusieurs malades pouvaient décéder sans secours spirituels, etc. Par décret du 25 août 1738, la chapelle fut érigée en succursale et annexée à la cure de Lubersac ; on y établit un vicaire amovible qui résidait et pernoctait en ce lieu pour y faire les fonctions sacrées, sous la dépendance du curé de Lubersac. »

Cet état de choses dut durer jusqu’à la Révolution. A partir du Concordat, la Chapelle-Antie n’eut plus même titre de succursale, mais resta une annexe de Lubersac : ce qui lui a valu depuis un service régulier de tous les dimanches et fêtes, payé par la maison de Lubersac. La sainte Vierge en est considérée comme la patronne.

A la fin du siècle dernier, on y avait fait des travaux de réparation ; mais on n’a pu se dispenser à notre époque d’en faire de nouveaux. Une école de sœurs institutrices de Treignac s’est même ajoutée à l’église et M. le marquis de Lubersac a pris encore sur sa bourse les frais complets de cet enseignement gratuit. Y participent, comme au service de l’église, les enfants de tous les villages qui furent autrefois de la petite paroisse. Ces mêmes villages ont également la jouissance d’un cimetière.

La maison de Lubersac, plusieurs fois nommée dans cet article, et à date antérieure aux croisades, existe donc encore malgré sa haute ancienneté, avec un titre de marquis. La splendide généalogie in-folio que lui a récemment consacrée l’un de ses membres, peut mêler à ses origines des noms qui sont d’ailleurs ; il en reste assez pour établir une filiation bien des fois séculaire, doublée, en trois provinces, d’une imposante ramification. La branche qui seule subsiste aujourd’hui est celle qui, avant et après même la Révolution, se trouvait au château de Chabrignac près Juillac. Ce manoir ayant été vendu, le marquis Pierre de Lubersac en fut très heureusement incité à se reporter vers le berceau de ses aïeux, je veux dire vers la ville de son nom.

Il y avait eu là deux châteaux de la famille. Le premier en date, représentant le bien allodial d’origine, s’élevait au vieux bourg ou au vieux Lubersac, près de l’église Saint-Gervais, plus tard Saint-Etienne. Le terrain qui séparait les deux édifices fut entre eux, dans le XIIe et XIIIe siècles, l’objet de contestations et de délimitations successives, terminées probablement en 1236. Hugues, qui avait donné son bien en 1093, par défaut d’héritier direct, avait en même temps reculé les limites du bourg pour en faciliter l’accroissement, et donné aux habitants droit d’usage dans ses eaux et forêts. Il dut laisser son château à des neveux et ce château, malgré les dévastations de la fin du XIIe siècle, existait encore en 1236 comme à dates postérieures, puisque la seigneurie du Verdier n’est connue dans la famille que depuis 1432.

C’est en ce point, tout voisin de Lubersac mais en dehors de ses enceintes, que fut bâtie la seconde résidence. La branche qui l’occupa vers le milieu du XVe siècle, après la séparation de son aînée passée en Angoumois, porta le nom de branche du Verdier. Elle conserva la seigneurie de Lubersac, mais sous la suzeraineté de la baronnie de Bré, à laquelle en rendit hommage plusieurs fois. Aussi le château n’était-il en 1517 que l’équivalent d’un repaire noble, castrum sive reparium nobile deu Verdier. Une transaction du 30 mars 1507, en maintenant Jean de Lubersac dans son droit de vigerie sur le bourg et sur la paroisse de son nom, lui défendait de faire plus ample forteresse que celle qui existait déjà en son château du Verdier.

On peut voir par là que le château primitif était alors complètement effacé. Celui du Verdier lui-même, par suite de la mort sans enfants de Pierre de Lubersac en 1721, passa dans la maison de Chasseneuil où était mariée l’héritière Charlotte de Lubersac. Il fut vendu le 5 février 1728 par le petit-fils de cette dame à Jean-Martial de Fénis, seigneur de Lacombe et de Saint-Victour, qui le revendait le 26 septembre 1756 à Jean-Louis de Lubersac-Savignac, titré marquis de Lubersac.

Bien que possessionné en Périgord, ce gentilhomme habita souvent Lubersac – « où l’on était toujours en fête, paraît-il, et où l’on se réunissait pour jouer des comédies ». Mais vint la Révolution qui transforma la scène : elle jeta dans l’émigration le seigneur du Verdier et vendit nationalement son château et ses biens. Heureusement le fond de la propriété fut sauvegardé à la famille, par une donation qu’avait faite à sa femme l’émigré en partant. Il se composait du château et des 80 hectares qui l’entourent. Pierre de Lubersac-Chabrignac l’acquit à sa branche le 12 août 1837 et le donna l’année suivante à son fils Jean-Baptiste-Antoine-Ernest, marquis de Lubersac. C’est cet héritier du nom, toutes branches éteintes, qui a fait rebâtir si gracieusement le château du Verdier en 1848.

En arrivant aujourd’hui de Pompadour par la route de terre, vous voyez s’épanouir au milieu de la verdure où s’encadre la ville, cette fleur du présent, reproduisant le style du passé. Elle offre en façade deux pavillons à la manière des XVIIe, XVIIIe, et du côté opposé deux magnifiques faisceaux de tours carrées ou rondes, forme XVe siècle, de l’effet le plus monumental.

Mais, pour le dire à leur éloge, ce n’est pas un château seulement qu’ont bâti à Lubersac les marquis de ce nom : toutes les églises et toutes les œuvres leur doivent des secours, particulièrement l’école gratuite des Frères du Sacré-Cœur, qui s’est construite et soutenue à leurs frais, sur leur propre terrain, comme l’école libre de la Chapelle-Antie. Cette maison date de 1853. Il en est de même, à deux ans près, pour le pensionnat des Sœurs du Saint-Cœur de Marie (Treignac) qui dut sa fondation à la générosité d’un certain nombre de personnes : elle possède aujourd’hui une chapelle dédiée sous le vocable de la Congrégation (2).

On a cité jusque dans les recueils de morceaux choisis la lettre si gentiment tournée qu’écrivit en 1587 le futur Henri IV à Guy de Lubersac, blessé ; je ne résiste pas, moi non plus, au plaisir d’en parer cet ouvrage :

« Monsieur de Lubersac, j’ay entendu par Boisse des nouvelles de vostre blessure, qui m’est un extresme deuil dans ces nécessités. Un bras comme le vostre n’est de trop dans la balance du bon droit. Hastez donc de l’y venir mettre et de m’envoyer le plus de vos bons parents que vous pourrez. D’Ambrugeac m’est venu joindre avecques tous les siens, chateaux en crouppe s’il eust pu. Je m’asseure que vous ne serez pas des derniers à vous mettre de la partie : il n’y manquera pas d’honneur à acquérir et je sçay vostre façon de besoigner en telle affaire.

« Addieu donc et ne tardez : voici l’heure de faire merveilles.

« Vostre plus asseuré amy,

« Henry »

 

Au prélat de la famille, dont a parlé l’article Chabrignac (Jean-Baptiste-Joseph de Lubersac, évêque de Tréguier en 1775 et de Chartres en 1780) ; à son prieur de Brive, abbé de Noirlac (Charles-François de Lubersac-Livron) dont l’article de cette ville a de même mentionné les ouvrages ; à ses autres abbés ou abbesses comme à ses officiers supérieurs, Lubersac, vers l’époque de la Révolution, unit quelques personnages d’un certain relief qui s’imposent à cet article.

 

Le premier est Souham. « Joseph Souham, disent les registres de la République, 29 ans, de Lubersac, 6 pieds : a servi huit ans dans le régiment Royal-cavalerie ; lieutenant-colonel en second le 15 août 1792, en chef le 19 septembre 1792 ; général de brigade le 20 août 1793. »

Et le tome V de la Biographie des hommes vivants, paru à la date de janvier 1819, poursuit en ces termes :

« Une taille gigantesque (il a six pieds deux pouces), une force prodigieuse, une bravoure à toute épreuve, beaucoup d’esprit naturel, quoiqu’il fût dépourvu d’instruction, lui donnèrent une certaine influence dans son pays au commencement de la Révolution, et le portèrent rapidement aux premiers grades militaires. En 1794, il fut employé à l’armée de Pichegru et y servit avec distinction. Outre un grand nombre d’occasions où il se distingua, la victoire de Mont-Cassel, la prise de Courtray, les avantages obtenus à Moëscroen, à Hooglède et à Puffech, lui furent dus en grande partie.

« Les représentants du peuple, piqués du peu d’égards qu’il leur témoignait, exigèrent pour se venger qu’on le chargeât de l’attaque de Nimègue, regardée comme très difficile ; mais il fut assez heureux pour réussir et cette place tomba en son pouvoir le 8 novembre 1794. Il continua de servir avec le même zèle, fut nommé en septembre 1796 commandant en chef des départements réunis, passa ensuite à l’armée du Rhin, et y servit encore avec succès en 1800 sous Moreau.

« En 1804, il se trouva compromis dans l’affaire de ce général et fut enfermé au Temple, où il resta pendant quelques mois. Il en sortit ensuite mais il ne fut pas employé jusqu’en 1808, époque à laquelle il fut envoyé en Espagne, battit les insurgés à Olat et s’empara de cette ville. Il se distingua encore le 20 février 1810 au combat de Vich, où il reçut un coup de feu. Après la défaite de Salamanque, il prit le commandement de l’armée du Portugal qu’il réunit à l’armée du Nord, et on lui doit en partie la levée du siège de Burgos. Envoyé en Allemagne, il passa le Rhin en janvier 1812, avec l’avant-garde du corps d’armée d’observation, se porta en avant et combattit dans les premiers jours de 1813 à Lutzen. Il fut alors nommé grand-officier de la Légion d’Honneur. Après l’échec éprouvé sous les murs de Berlin par le 3e corps, le général Souham prit le commandement et fut blessé grièvement à la bataille de Leipzig.

« Le 23 avril 1814, Monsieur (le comte d’Artois, futur Charles X), en sa qualité de lieutenant-général du royaume, nomma le général Souham commandant de la 20e division. Un an après, Bonaparte, de retour en France, disgracia de nouveau ce général, qui ne reprit son commandement qu’après le second retour du roi. Il a été nommé en 1816 inspecteur d’infanterie, et, le 12 août 1818, gouverneur de la 5e division. »

Souham prit sa retraite en 1832 et mourut en 1837. Il était comte de l’Empire.

 

Chambon, ou pour être plus complet, Aubin Bigorie du Chambon, chevalier, président-trésorier de France au bureau des finances de Limoges, né à Lubersac le 14 août 1757, appartenait par toutes ses alliances et ses traditions de famille au parti opposé à la Révolution. Mais à la suite de certaines animosités de jeunesse, il se lança dans le mouvement et crut devoir briguer pour la Convention les suffrages de ses compatriotes. Les ayant obtenus, il alla se placer dans les rangs des Girondins. Là, sa modération relative le rendait ennemi juré de la Montagne, qu’il combattit en toute occasion. Dans la condamnation de Louis XVI, il vota d’abord l’appel au peuple, puis la mort avec sursis. Au cours de ces funèbres séances, il éleva fréquemment la voix contre les violences des Jacobins et des tribunes, et reçut même un coup de pique qui déchira ses habits. Un jour que Robespierre faisait ses sanguinaires motions, il alla se placer résolument devant lui au pied de la tribune, et lui montrant un pistolet ; « Gredin, lui dit-il, tu n’as peur que de cela. » Robespierre, visiblement ému, s’embarrassa dans sa harangue. C’est assez dire qu’il ne manqua pas de comprendre Chambon dans la proscription de la Gironde, le 31 mai 1793. Notre conventionnel regagna son Limousin, traqué par des émissaires qui le cherchaient partout, bouleversant tout sur leur passage. On le prit dans une grange de sa paroisse natale, à la Maurénie : ne voulant pas se rendre, il essaya de s’esquiver les armes à la main, tira sur un de ses compatriotes et tomba sous les coups de fusil (29 novembre 1793).

 

Pierre Drapeyron de David, né comme lui à Lubersac en mars 1749 et alors curé d’Arnac-Pompadour, était un des hommes qui l’avaient poussé à la Révolution. J’ai parlé de lui à l’article d’Arnac. Devenu curé constitutionnel d’Uzerche mais ambitieux de mitre, il suivit Souham, son parent, à l’armée du Nord et en 1792 se rendit auprès de Pichegru, qu’il accompagna dans son expédition de Hollande. En 1796, il publia l’histoire des opérations des deux armées (in-8°). Plus tard (1802), compromis par une lettre de Moreau qu’il portait à Pichegru, il fut enfermé successivement au Temple et à Vincennes, acquitté en 1804, puis interné dans la Gironde en 1812 (voir ses mémoires). La Restauration le nomma aumônier d’un régiment. Parvenir aux limites de l’âge, il se retira à Lubersac et y mourut le 3 décembre 1832.

Le 4 juillet 1669, près de deux cents auparavant, était décédé au couvent des dominicains de Limoges un religieux de sa famille, Dominique Drapeyron, de Lubersac, qui laissait des souvenirs plus édifiants. « Nous pourrions dire de lui, écrit un mémorial latin de sa communauté ce que saint Paul disait des premiers chrétiens : « C’était un homme mort et qui ne gardait plus de vie que dans le Christ ; sa vie même était une mort, à force d’être immolée par la pénitence ou enfouie par l’humilité. » Maître des novices aux couvents d’Avignon, de Bordeaux et de Limoges, confesseur aussi des moniales de l’ordre, le P. Drapeyron avait laissé quelques écrits empreints de la piété la plus grande : mais ces écrits se sont perdus. Sa dernière prédication d’Avent avait été pour Lubersac.  

 

Le P. Vincent Lansade, mort trois ans après au couvent de Brive sous le même habit et en exhalant le même parfum, pouvait ne pas être de Lubersac ; mais il nous rappelle le vénérable vicaire général qui en était l’enfant : Joseph-Joachim Lansade, mort à l’aumônerie d’Obazine le 3 mai 1891. Celui-ci nous a donné la traduction de la Vie de saint Etienne et quelques opuscules de moindre importance. C’était un frère de la pieuse mère Saint-Roch, fondatrice en 1844 des Sœurs du Saint-Cœur de Marie, de Treignac. Il m’adressait, sept mois avant sa fin, les lignes suivantes qu’il souhaitait retrouver au Dictionnaire et que j’insère en effet, suivant son vœu, par des motifs divers de piété et de respect :

« J’ai connu beaucoup, puisqu’il était un grand-oncle de ma mère, un prêtre vénéré comme un saint : l’abbé de Beaune-Larivière, décédé à Lubersac en 1849 à l’âge de 90 ans. Il avait été curé de Ségur et aumônier du château de Pompadour. Lorsqu’il sentit qu’il perdait la vue, il apprit sept offices des fêtes de la très sainte Vierge dans le bréviaire de Limoges (ces offices changeaient à chaque fête de la reine du Ciel) : il en récitait un chaque jour. Il savait par cœur presque toutes les épîtres de saint Paul. Six ou sept ans avant sa mort, il se retira à Lubersac. Comme il était aveugle et infirme, il n’allait à l’église que le dimanche. Il assistait à la grand’messe chantée à onze heures et y faisait la sainte communion. Voulant assister aux vêpres, chantées à 2 h. ½, il dînait à la sacristie invariablement avec un morceau de pain et de fromage et un verre d’eau : tous les anciens vicaires de Lubersac peuvent attester qu’ils l’ont ouï dire. Pendant tous les carêmes, lorsque je l’ai connu dans cette ville, alors qu’il atteignait ses 90 ans, il ne mangeait que des légumes et de la soupe, accommodés avec de l’huile de noix.

« Il se tenait habituellement auprès d’une croisée ouverte en face de la chapelle des Rubeaux : or cet aveugle, qui ne pouvait distinguer les objets de sa chambre, ni les arbres ni les maisons, affirmait qu’il distinguait le sanctuaire de Notre-Dame des Rubeaux.

« Je souhaite que ces détails puissent trouver place dans votre si intéressante et si utile histoire des paroisses du diocèse. »

 

Terminons, pour le passé, par la mention de dom Jean Dumas, bénédictin de Solignac, qui a laissé en manuscrit un Abrégé des choses les plus remarquables arrivées en son monastère (1663) ; et pour le présent, par François Bigorie de Laschamps, mort en janvier 1885 commandeur de Saint-Grégoire le Grand et ancien premier président à la cour de Colmar. On a de lui plusieurs publications.

 

Villages et hameaux de Lubersac : L’Auliette, la Bastide, la Batizou, les Bayles, Beauclair, la Bessade, les Bois-Nouveaux, la Boissière, ancienne maison noble, à Aubin Bigorie du Chambon en 1789 ; las Bordas, Bourboulou, la Beugnie, la Borie, qui fut aux Royère, comme la Maurenie, la Reynie, etc. ; la Bousseleydie, Caramigeas, qui est à M. Dutheillet de Lamothe ; Chabanat, la Chabanotte, la Chabassière, le Chambon, qui au XVIe siècle appartint à la famille Guitard, seigneuresse aussi de Lhortolarie, paroisse de Montgibaud, passa plus tard avec ce domaine aux Amelin et appartint avant la Révolution à la famille Bigorie ; la Chapelle-Antie, Chapoulou, Chauffour, Chaux, Chareneuve, le Chatenet, qui eut château et chapelle rurale où furent mariés plusieurs demoiselles du château : celui-ci appartenait à la maison de Coux, connue dans cette résidence depuis au moins le XIVe siècle, représentée à la montre d’Eymoutiers en 1471 et maintenue dans sa noblesse en 1666 ; en 1124, Etienne de Coux, chevalier, fit à l’abbaye d’Uzerche un don qui eut pour témoins Gouffier de Lubersac et plusieurs Lastours (Pompadour) ; Cheyrac, où fut une chapelle de saint Roch en 1632, lendemain de la dernière peste ; la Douverie, Escabillon, qui après avoir appartenu aux Projet et aux Lasteyrie, fut avec la Faucherie, la Gaudie, Landrerie, etc., une des seigneuries de la maison de Beaune, connue dans la noblesse depuis le XVIIe siècle ; Escure, Faraud, à M. de Murat ; les Fargeas, la Feuillade, grande et petite ; la Faucherie, basse et haute, aux Durand dans le dernier siècle ; la Fréja, Frèjedonne, la Frangne, château aujourd’hui à Mme Surou, où la famille de Montgibaud semble avoir succédé à la famille bourgeoise de la Frangne, qui donna aux Ursulines de Beaulieu une de leur plus saintes supérieures (XVIIe siècle) ; la Frangne fut aussi aux de Beaune ; Frémont, Gandalonie, las Gatouillas, la Gaudie, Gerry, la Geneste, seigneurie des Sanzillon ; la Gorce, fief des Brachet et des Bigorie ; la Junia ; Layssene, basse et haute ; Laudebertie, l’une des terres à Lubersac de l’ancienne et noble famille du Autier, qui eut deux de ses chevaliers à la croisade de 1248 ; alliée aux Lubersac en 1462, elle était alors domiciliée dans la paroisse voisine de Coussac-Bonneval, d’où elle a rayonné sur plusieurs points du Bas-Limousin ; elle a eu aussi en Marche et en Basse-Auvergne des terres considérables qui lui ont valu, au canton d’Eygurance, des propriétés signalées en leur lieu ; Laudebertie fut aussi aux Parel d’Espéruc ; Landrerie, où les Leyris de Peyramont succédèrent aux de Beaune, par alliance de 1721 ; François de Josselin était dit vers ce temps-là sieur de Landrerie ; Longchamp, Loubriat, la Loutre, Malevie, la Malonie, Marsac, la Maurenie, Maury, le Mazaud, Mazière, Meuzac, jadis Meyzac, autrefois propriété d’une famille du nom qui, le 24 février 1445, la vendit à Olivier de Bonneval ; Foucaud de Bonneval ensuite y fit branche ; Monville, ancienne propriété des Jounhac, seigneurs de Forsac, paroisse de Benayes (comme on l’a vu plus haut), puis des Lamoureux de Chaumont (XVIIIe siècle) ; les Moulins de la Boissière, de la Douverie, de la Feuillade, de la Frangne, de la Loutre, de la Malonie, de Monville, Neuf, du Rieutort, de la Roche, de la Valénie, les Quatre-Moulins, Pampelune, la Planèterie, dont le nom vient d’un Gérald Panatarius nommé vers la fin du XIe siècle au cartulaire de Vigeois ; ce repaire noble, marqué par une tour, appartenait à la maison des Cars ; Pauillac, Peyrat, ancienne seigneurie des Josselin, que nous retrouverons ailleurs ; la Peyrouse, les Plats, la Pouije, le Puy-Merliau, Puysegui, fief acquis par Jean de Pompadour en 1660 ; la Renaudie, fief des Pompadour, avec las Tuilas : il y avait maison noble des de Coux en 1684 ; la Renaudière, la Reynie, fief de la maison de Lubersac (une partie des rentes et du repaire noble de la Reynie grande fut acquis en 1505 par Jean de Guitard, juge de le cour des appeaux de  la vicomté de Limoges et auteur des Guitard du Chambon) ; Riba, la Rivière, la Roche, la Rochette, aux Lamoureux de Chaumont (dernier siècle) ; la Rougerie, Roffignac avec un château appartenant à la famille de Corbier, après avoir appartenu à celles de Roffignac, et de Brachet ; Pierre de Bré donna, entre 1082 et 1095, à l’abbaye d’Uzerche un mas de ce village, dit dès lors in parrochia de Loberciat ; la Rue, Sarniac, la Siauve, le Suquet, le Surgeau, las Tuilas, la Tuilerie, le Tuquet, la Valenie, Vassagnac, berceau de l’importante maison de Vassignac (voir Beyssac, Collonges) ; la Vergne, une des propriétés de la famille de Parel d’Espéruc ou de la Chanonnie, que diverses alliances établirent et possessionnèrent dans la paroisse ; Viescros, où était une famille Fontvaisseix alliée au Guiny, de Pompadour, qui furent seigneurs de Priezac (Saint-Solve).

 

APPENDICE

 

Exemple de transvasement de reliques

 

Louis-Charles-Dominique d’Argentré, par la miséricorde divine et la grâce du Saint-Siège apostolique, évêque de Limoges, conseiller du roi en tous ses conseils à monsieur Lascoulx, archiprêtre et curé de Libersat en notre diocèse, salut et bénédiction.

Pour raisons à nous connues, nous vous permettons d’ôter les reliques de saint Gervais et de saint Protais des bustes où elles sont, pour les placer avec la décence et cérémonies requises dans une coupe d’argent que vous scellerez ensuite du sceau de vos armes, pour, sur le procès-verbal de ladite translation à nous rapporté, être par nous ordonné ce qu’il appartiendra.

Donné à Coussac-Bonneval, en cours de visite, ce douze septembre mi sept cent soixante-trois. – L. C., évêque de Limoges ; et plus bas ; par Monseigneur DECHET.

Nous Pierre Lascoulx, prêtre, archiprêtre et curé de Lubersac, diocèse de Limoges, en vertu d’une commission spéciale à nous adressée par Monseigneur, l’illustrissime et révérendissime Louis-Charles du Plessis d’Argentré, évêque de Limoges et datée « Coussac-Bonneval, en cours de visite, le douze septembre mil sent cent soixante-trois », laquelle dite commission nous avons reçue avec respect et nous donne la permission avec le pouvoir d’ôter les reliques de saint Gervais et de saint Protais de deux bustes de cuivre où elles sont renfermées et honorées depuis plusieurs siècles, dans l’église de Saint-Etienne de Lubersac, laquelle église a été bâtie et dédiée aux saints martyrs Gervais et Protais, comme il paraît par l’acte ci-joint de l’an mille nonante trois, très authentique (3) ; en outre ladite commission nous permet aussi de transférer lesdites reliques, avec la décence et la cérémonie requises, dans une coupe d’argent, de sceller ladite coupe du sceau de nos armes et de dresser sur cette translation un procès-verbal de tout ce que nous aurons découvert, pour ensuite ledit procès-verbal être renvoyé à mon dit seigneur évêque, qui en ordonnera ce qui appartiendra.

Sur quoi le dix-huit du susdit mois de septembre de ladite année mil sept cent soixante-trois, jour du dimanche, nous avons averti à la grand-messe les principaux habitants et tous les paroissiens de Lubersac d’assister le soir du dit jour à cette cérémonie, que nous avons fixée d’abord après les vêpres de la paroisse ; et avant de commencer le verbal de ladite translation desdites reliques, avons pris pour greffier Me Jean-Baptiste Pineau, prêtre et vicaire dudit Lubersac, de qui nous avons exigé le serment en pareil cas requis, et avons procédé comme s’ensuit :

Ledit jour, dix-huit septembre, à quatre heures du soir, revêtu des ornements sacerdotaux, accompagné de notre greffier et du clergé de Lubersac, la majeure partie de la paroisse assemblée dans ladite église de Saint-Etienne nous sommes rendus à l’armoire fermant la clef qui est placée dans la boisure du sanctuaire et enfoncée dans le mur de ladite église, du côté de l’épître ; après l’avoir ouverte, nous avons tiré les deux bustes desdites reliques de saint Gervais et de saint Protais, et les avons portées sur le maître autel, à chaque côté du tabernacle ; ensuite nous sommes descendus sur le marchepied, avons encensé le tabernacle et lesdites reliques, et avons fait chanter l’hymne de plusieurs martyrs. Durant le temps, nous avons examiné les dits bustes qui nous ont paru de cuivre doré et fort anciens, formant deux têtes portées sur chacune leur pied et tout en cuivre ; chaque pied nous a paru uni à la tête du buste par une pièce de fer plombée. Après cet examen, nous avons fait séparer lesdits pieds de leurs bustes par un serrurier qui, avec son ciseau et un marteau, a ôté le pied, le fer et le plomb qui fermaient l’entrée de chaque buste où lesdites reliques étaient placées.

Ensuite nous avons pris avec respect les deux chefs de cuivre qui contenaient lesdites reliques et, accompagné de notre greffier, nous sommes montés en chaire ; nous y avons placé avec décence lesdits chefs, à la vue de tout le peuple, auquel nous avons adressé un petit discours sur la présente cérémonie ; nous y avons béni la coupe d’argent ; après quoi nous avons appelé Me Joseph Bardicon, docteur en médecine, Jacques Drapeyron, maître en chirurgie, pour mieux connaître et désigner chaque relique, et à l’instant nous avons tiré d’un des bustes un écriteau en parchemin de deux pouces de long sur un de large qui contenait, près les avoir examinés, ces mots : Vas reliquiarum sancti Gervasii ; du même buste, nous en avons tiré un autre écriteau de la même longueur et largeur du précédent, lequel nous n’avons pu déchiffrer ni aucun des assistants, et l’avons ci-joint ; de plus nous avons tiré dudit buste de saint Gervais un linge fin et une pièce d’étoffe, moitié laine, moitié soie, tirant sur le violet, où étaient enveloppées trois reliques. La première nous a paru, selon le rapport desdits sieurs Bardicon et Drapeyron, la majeure partie du coronal ou frontal, d’environ quatre pouces de long sur deux et demi de large : laquelle relique nous avons placée avec décence sur un plat bassin couvert d’une étoffe de soie. La seconde relique est une partie du pariétal, de longueur d’environ deux pouces sur un de large ; et l’avons unie à la précédente. La troisième, de moindre longueur et largeur que la seconde, est une autre partie du pariétal jointe avec partie de l’occipital. Lesquelles reliques, toutes du chef de saint Gervais nous avons embaumées et enveloppées dans deux pièces de satin cramoisi, et les avons placées dans le haut de la coupe d’argent ; et n’avons trouvé autre chose dans la coupe de cuivre d’où nous les avons tirées.

L’instant après nous avons tiré de l’autre buste, aussi de cuivre, un écriteau en parchemin semblable au précédent où étaient écrits ces mots : vas reliquiarum sancti Protasii. De plus nous avons tiré du même buste un linge fin et une pièce de soie ou de laine, de couleur grise, où étaient enveloppées deux reliques. La première, sur le rapport desdits sieurs Bardicon et Drapeyron, nous a paru, ainsi que celles de saint Gervais, la majeure partie du coronal ou frontal, d’environ quatre pouces de long sur trois de large : de laquelle relique, en la touchant, il s’est séparé trois morceaux. Nous avons placé le tout décemment sur ledit plat bassin. La seconde relique tirée dudit buste nous a paru une partie du pariétal, de la longueur de deux pouces sur un de large ; laquelle unie aux précédentes, fait cinq parties de reliques de saint Protais aussi ; et nous les avons embaumées et enveloppées dans deux pièces de satin cramoisi, et les avons placées dans le bas de la coupe d’argent ; et n’avons trouvé autre chose dans la coupe de cuivre d’où nous les avons tirées.

Après tout ce dessus, nous avons mis de fin coton blanc centre les deux enveloppes desdites reliques ; nous avons fermé ladite coupe d’argent avec sa chaînette et l’anneau qui tient la chaîne et l’aiguille, y avons serré un cordon de soie pour qu’on ne puisse tirer ladite aiguille, et avons posé sur le cordon le sceau de nos armes en cachet volant, jusqu’à ce que, sous le bon plaisir de mondit seigneur évêque, nous puissions renfermer dans ladite coupe d’argent le présent procès-verbal, que nous avons fait écrire sur le parchemin suppliant Sa Grandeur de vouloir bien l’approuver. 

Après lesdites cérémonies nous sommes descendus de chaire, nous avons fait chanter des cantiques d’actions de grâces, nous avons posé la coupe où lesdites reliques ont été transférées sur le maître-autel, nous avons fait l’encensement comme ci-devant et les avons renfermées sous la clef dans l’endroit du sanctuaire où elles avaient toujours resté.

Et sur ces présentes est intervenu M. Pierre Guindre du Malfont, bourgeois habitant de Lubersac, ancien garde de la reine d’Espagne, lequel nous a dit avoir resté huit jours à Milan et avoir vu sous le maître-autel de l’église Ambroisine, au travers d’un vitreau, les corps de saint Gervais et de saint Protais en entier, avec leurs chefs, dont il manque une partie du front de chaque chef et quelques lambeaux aux côtés desdits chefs : ce qu’il affirme sincère et a signé. Signé : Guindre.

De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal, en présence de messire Pierre Teytu de Villouvier, ancien archiprêtre de Lubersac ; Léonard Radigon, diacre ; Guillaume de Beaune, acolythe et maître ès arts ; messires Pierre Duron, seigneur de la Faucherie, Antoine de Brachet, seigneur de la Bastide, Joseph Parel d’Espeyrut, seigneur de la Chatonnie, tous trois écuyers ; messire Antoine de Nouailles, seigneur des Bailles, trésorier de France, aussi écuyer ; MM. Etienne Lamoureux de Chaumont, seigneur de Monville, subdélégué, Pierre Bigorrie, seigneur du Chambon, juge de Bré, et autres principaux habitants qui ont signé avec nous et notre greffier, le susdit jour, mois et an. – Signé : La Faucherie, Brachet, La Chatonnie, P. de Villouvier, Nouailles des Bailles, Chaumont, de Coux, Bardicon, Laugaudie, Bigorrie, Lardoise, la Frangne, Larivière, Labennie, Lespinas, Diot, Doussaud, Chadal, Drapeyron de David, Chazelas, Radigon, diacre, de Beaune, Lascoux, archiprêtre de Lubersac, commissaire, et Pineau, prêtre, vicaire de Lubersac, greffier.

Louis-Charles du Plessis d’Argentré, par la miséricorde divine et la grâce du Saint-Siège apostolique, évêque de Limoges, conseiller du roi en tous ses conseils, vu le procès-verbal fait le dix-huit septembre dernier par le sieur Lascoulx, archiprêtre de Libersac, contenant qu’en vertu de notre commission du douze du même mois, il a transféré avec la décence requise dans une coupe d’argent qu’il a durement scellée les saintes reliques de saint Gervais et de saint Protais ci-devant placées dans deux bustes de cuivre, nous avons permis et permettons audit sieur Lascoulx d’exposer lesdites reliques de saint Gervais et de saint Protais dans l’église de saint Etienne de Libersac où elles ont toujours été honorées, pendant les ostensions, en observant les formalités et cérémonies en pareil cas requises. – donné à Limoges le douze octobre mil sept cens soixante trois. – Signé : Romanet, vicaire général ; par Monseigneur Cosse, sous-secrétaire.

 

 

                                                                                     Lascoulx, archiprêtre de Lubersac.

                                                                                     Pineau, prêtre, vic. Greffier commis.

 

- Deux minutes des présentes étant déposées l’une au greffe de l’évêché de Limoges et l’autre dans les archives de l’archiprêtré de Lubersac.

 

Le 19 juin 1772, jour de la fête de saint Gervais et saint Protais, étant dans le cours de nos villes épiscopales, nous avons fait l’ouverture de la coupe d’argent contenant les reliques de saint Gervais et saint Protais, que nous avons trouvée duement scellée du sceau du sieur Lascoulx, archiprêtré de Lubersac, et ouverture faite, nous y avons trouvé le présent procès-verbal, conforme à la vérification que nous avons faites desdites reliques ; et pour plus grande autorisation nous avons fait sceller ladite coupe du sceau de nos armes. – A Lubersac, les jour et an que dessus.

 

                                                                                     L. C. Evêque de Limoges

                                                                                     Par Monseigneur,

                                                                                     Puyferrat

 

(Archives de la Corrèze, G 20.)

 

ADDITIONS ET CORRECTIONS

 

Lire, p.126, dernier alinéa : Henri de la Morélie des Biars, Jean-Aymé Massainguiral et Pierre Delfau. – En 1171, mention du monastère de Saint-Etienne de Lubersac. – P. 133, bas, au nom de Souham, ajoutez : né le 30 mai 1760. – Villages ou hameaux de Lubersac à joindre aussi : la Béronie, le Bois de Beyne, le Grand-Bois, la Boissonnie, la Borderie, la Brunetie, le Chacal pour partie, Chez-Coderc, la Croix de Meyzac, la Durantie, la Farédie, la Fargette, la Gérétie ? Laleu, Laudrerie, las Maziéras, les Moulins du Châtenet, de Laleu, de la Peyrouse, le Moulinassou, las Pierrotas, la Porcherénie, Prédevaux, le Puy, le Puy-Fargeas, la Sepa, Tournevite, et Touvent. Supprimer la Renaudière et lire Loutre, non la Loutre ; Cheyrot, non Cheyrac, etc. Il y a lieu de distinguer les La Bonne d’Escabillon et de Loutre, nobles du dernier siècle, d’avec les de Beaune d’autres seigneuries. Le Verdier eut dès le XIe siècle une famille du nom qui donna à l’abbaye d’Uzerche la moitié du mas de Faraud. Puyseguy paraît avoir été possédé en 1568 par Jacques d’Eschizadour. Près des Quatre-Moulins, ainsi que de Monville, deux mottes ou tumuli.

 

  1. Il y eut à cette date ordre épiscopal de réparer l’église de Lubersac.
  2. Supérieurs des Frères : 1853, Hyacinthe Vial ; 1855, Marie-Michel Fabre ; 1864, Marie-Amable Pagès ; 1879, Marie-Gustave Berthet ; 1881, Rosius Moncani ; 1885, Césaire Bardarin ; 1886, Albéric Clavel ; 1892, Louis-Pierre Foury. – Supérieures des Sœurs : 1850, Marie-Thérèse Ninaud ; 1874, Saint-François Nouailles ; 1883, Saint-Louis Brunerie.
  3. Cet acte manque et je ne le donnerai pas, parce qu’il est en latin et qu’il a été publié deux fois au moins : par dom Martène et par le Bulletin de Brive (XIII, 209).