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Recherche > Corrèze (19) > Meilhards > Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 2)

Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 2)

Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964

Date : 30/03/2023

 

MEILLARS

 

Canton d'Uzerche, arrondissement de Tulle, ancien archiprêtré de la Porcherie (Haute-Vienne), cure de 2e classe. – Superficie : 4.493 hectares ; population 1.681 habitants ; distance du chef-lieu cantonal : 19 kilomètres.

Cette paroisse, comme celle de Masseré, faisait autrefois partie du Haut-Limousin et de la sénéchaussée de Limoges. Au nouvel ordre de choses de 1790, on la fit chef-lieu de canton ; ce qui ne dura guère que dix ans, mais lui valut plus tard, sur demande de la municipalité, la cure « inamovible » dont elle a l'avantage (ordonnance de Charles X, du 10 décembre 1828, enregistrée le 11).

Le patron certain en est saint Yrieix. Ainsi le constate Nadaud pour le passé ; ainsi l'établit pour notre siècle même le registre de fabrique, où j'ai pu lire il y a quatre ans :

« Le 25 août 1829, Mgr l'évêque de Tulle a accordé à perpétuité à la paroisse de Meillards la permission de faire dans le bourg la procession du Très-Saint-Sacrement le jour de la fête de saint Yrieix, fête patronale de la paroisse.

L'abbé DAVIGNAC, curé de Meillards, chanoine honoraire de la cathédrale de Tulle. »

Mais le culte de ce patron était tombé peu à peu dans l'oubli, par suite sans doute de la jonction de sa fête (26 et même 25 août, jour de sa mort) avec la fête, nationale autrefois, de saint Louis (25) ; puis, surtout, de la fondation faite en 1652 d'une chapelle dans l'église au saint roi de France, avec stipulation d'une grande solennité commémorative chaque 25 août. On verra plus loin ce dernier fait. Il avait dû déterminer à la longue substitution d'un bienheureux à l'autre puisqu'on lit au Pouillé de Nadaud (1770 environ) : Patron, saint Yrieix, aujourd’hui saint Louis.

M. Magnaval, curé actuel de la paroisse, a louablement tenu à remettre les choses dans leur ancien état. Il a rétabli sur l'autel et à son rang d'honneur le saint abbé limousin, dont Mgr Denéchau, secondant son zèle, a bien voulu lui donner des reliques. Saint Blaise et Eutrope, qui ont aussi de leurs reliques dans l'église, ont retenu le titre de patrons secondaires, et saint Louis, titulaire de l'une des deux chapelles, a pris place, à côté de sainte Radegonde, parmi les protecteurs du lieu.

Voici les noms de quelques curés de Meillars : en 1566, Jacques de Meillars, docteur ès-droit, qui résignait le bénéfice sous pension pour passer à d'autres et devenait prévôt de la Valette (Lonzac), chanoine de Saint-Germain-les-Belles (dit autrefois de Masseré), conseiller au grand-conseil, etc. ; en 1665, Léonard du Breuil de Pommier ; 1738, Pierre Lafont, prieur du Montceix (Chamberet) ; 1780, N. Cessac ; 1782, Jean-Baptiste Cournil de Lavergne, prévôt de Saint-Robert, trouvé au poste par la Révolution : un instant même trompé par ses doctrines, il se rétracta avant sa mort ; 1817, Félix-Léonard Davignac ; 1831, Jean Marque ; 1859, Jean Dubois, mort retiré le 9 décembre 1891 ; et 1890, Jean Magnaval.

Adace, abbé de Tulle, fit en 947 concession, vie durant, à Foucher, vicomte de Ségur, de certains biens de son abbaye, parmi lesquels l'église de Saint-Julien de la Porcherie, peu distante de Meillars, plus quatre mas en ce lieu même (in villa quœ dicitur Meiilars quatuor mansos) et deux autres au village de Laurière (Aureiras), qui fait partie de notre paroisse ; mais il n'est parlé nulle part alors de l'église, laquelle semble du reste avoir été toujours indépendante et à la seule nomination de l'évêque.

Cette église n'a dans ses formes rien de bien ancien. Le sanctuaire en paraît du xive siècle ; il a reçu sur ses voûtes à nervures une salle en battière qui dut avoir pour but la défense. Le portail et le clocher en pignon aigu qui le surmonte, la nef et la chapelle du nord, qui fut du château, n'accusent que le xve siècle, avec deux dates différentes. La chapelle du sud est celle qui fut faite plus tard, en 1652, à l'honneur de saint Louis, par Louis de Lachaud, propriétaire d'un autre château de la paroisse dont nous aurons à reparler. Le maître-autel est surmonté, entre les deux colonnes torses de son vieux rétable, d'un grand tableau moderne, donné par I’État sur demande du député Gauthier et portant pour inscription : C. P. CARBILLET, 1845.

On ne manquera pas de remarquer au flanc nord du sanctuaire, sous un enfoncement à cintre surbaissé le tombeau d'un marquis de Meillars, du xviie siècle. La forme, profondeur supprimée, serait assez bien celle d'un autel de ce temps. L'épitaphe en a disparu, mais les écussons restent et ce sont ceux 1° des Meillars : d'or à trois pals de gueules chargés chacun de trois étoiles d'argent, et 2° de Salagnac uni à Meillars : d'or à trois bandes de sinople. D'où la certitude que sous ce mausolée reposent Philippe de Meillars, décédé en 1653, et Julie de Salagnac, sa femme, morte en 1691, en ordonnant sa sépulture au tombeau de son mari.

Philippe de Meillars, marquis du lieu, comme l'indique la couronne de ses armes, et chevalier des ordres du roi, comme le dit également le collier passé autour de l'écu, fut un des officiers distingués de son siècle. Il fit plus de trente ans de service militaire et parut avec éclat dans une multitude d'actions. « Louis XIV l'estimait un des plus vaillants de toutes ses armées. » Il le nomma maréchal de camp et conseiller d'Etat. Dans son oraison funèbre par le Père Leau, jésuite, oraison funèbre imprimée à Tulle en 1654, on énumère au long ses exploits comme ses qualités. Constatons en passant l'empressement qu'il mit à se rendre à l'appel de Brive, menacé par les ennemis du roi, quelques mois avant sa mort en 1653 « il marcha toute la nuit, dit son panégyriste, suivi de 80 chevaux, et, par sa seule présence (?), épouvanta si fort l'ennemi qu'il prit une autre route ». Condé, dont les troupes étaient cet « ennemi » (guerres de la Fronde), lui avait offert de le faire son lieutenant-général en Guyenne, s'il voulait passer dans son parti : mais le marquis lui avait répondu « qu'un homme de bien ne doit jamais manquer ni à son Dieu, ni à son roi, ni à sa religion. » Comme il était calviniste, toutefois calviniste intègre, ferme à la fois contre lui-même dans les séductions du plaisir et contre ses troupes dans les tentations que leur donnaient les biens des monastères, Louis XIII avait fait tout ce qu'il avait pu pour l'amener à l'Eglise catholique : « Vous seriez capable, lui disait-il, des plus grandes charges du royaume, si vous étiez catholique. » Mais cette honorable pression était demeurée toujours sans résultat. A la longue, la grâce de Dieu et les instances de sa femme, elle-même revenue de l'erreur, eurent meilleur succès. Il jeûna 22 jours en ne mangeant que toutes les 24 heures, pour obtenir la lumière du Ciel, et abjura finalement entre les mains de l'évêque de Limoges, appelé tout exprès à Meillars pour y recevoir cette abjuration. Elle fit grand bruit dans toute la province. La Compagnie du Saint-Sacrement de Limoges prit, le 15 septembre 1651, la résolution suivante : « MM. les ecclésiastiques diront chacun une messe et les laïques [auront] à faire une communion pour actions de grâces de la conversion de M. de Meillars et sa famille, et chacun [est] exhorté d'en avertir les absens. » Le 7 précédent elle avait écrit dans son registre : « M. Martin rédigera par escrit ce qui s'est passé à Meillars pour en faire part à MM. de notre Compagnie de Paris. » C'est sans doute par suite d'un vœu pareil formulé dans le public que le P. Leau, jésuite de Tulle, et l'un des instruments de la grâce soit dans cette conversion, soit dans celle de la marquise, écrivit Les particularités de tout ce qui s'est fait... à la dispute et conversion de M. le marquis de Meillars... (Tulle, Dalvy, in-4°). La mort du marquis ne tarda pas à suivre et fut marquée par de grands sentiments de piété. Julie de Salagnac, sa femme, qui voulut plus tard partager sa tombe et en faire le mausolée, avait été, à l'époque de sa propre conversion, d'un courage à la hauteur de celui de son époux : elle lui avait protesté « consentir à être réduite à ne vivre que de pain de blé noir, le mendiant de porte en porte, pourvu qu'elle eût la liberté de vivre catholique ». C'est ce qui doit rendre, en dépit des commentaires d'un érudit de nos jours, ici trop peu sérieux, le tombeau de Meillars hautement cher à la piété des catholiques et souverainement recommandable au respect de l'endroit.

La famille de Meillars, confondue par Bonaventure de Saint-Amable avec celle de Meillors de Flomont (Lagleygeolle) était très ancienne en son lieu ; elle fut aussi à Chamboulive, au Lonzac, à Flomont même et ailleurs, ou par ses résidences ou par ses propriétés. Un Etienne de Melars figure comme témoin en 1044 dans un acte du Cartulaire d'Uzerche ; ainsi en est-il d'Olivier de Mellars dans ce siècle ou au siècle suivant. En 1072, Etienne de Mellars, que ce soit le même personnage ou quelque autre de son sang, pour son âme et celle de son père Lantier, pour celle aussi de sa mère Aldiarde, donne à l'abbaye la moitié de Champagnac, dans la paroisse ; son neveu Etienne de Champagnac fait de même pour sa partie. Autre (?) Etienne de Meillars, prêtre, délaisse également et dans la même année le moulin de Meillars, à l'instar sans doute d'Aymar, vicomte de Limoges, qui vient de donner étang et moulin dans la paroisse, en déliant ses vassaux pour leur permettre de faire comme lui.

Un certain temps se passe et brusquement, au cœur au moyen-âge, le nom s'éclipse pour ne reparaître qu'au xve siècle ; les seigneurs de la Porcherie sont même qualifiés en 1273, 1315 et 1390 seigneurs de Meillars. La directe du lieu appartenait vers cette époque au château local, la haute justice aux vicomtes de Limoges, ses suzerains. D'où vraisemblablement ce qu'on lit dans Marvaud : à savoir qu'un numismate distingué, dont le nom se rattache même à notre château comme on va le voir tout à l'heure, M. Maurice Ardant possédait dans sa collection des deniers d'argent du moyen-âge trouvés aux environs et « portant d'un côté : Castellum Meilharis, de l'autre la tête barbue de saint Martial ». De quelle époque étaient ces deniers ? On ne le dit pas.

Jean-Marie de Meillars, seigneur du lieu et de la Croizille (Haute-Vienne), fils cadet des deux convertis de plus haut et probablement héritier de Jacques son aîné, qui dut mourir en 1686, paraît avoir été sur place le dernier représentant de sa maison. Il en laissa les biens dans la ruine. Après deux visites faites au commencement du siècle qui suivit, une sentence des maîtres des requêtes du Palais adjugea la terre, avec celle de la Croizille, à François-Joseph de Beaupoil, marquis de Sainte Aulaire et baron de la Grénerie (1716). La petite-fille unique de ce haut personnage, Thérèse-Eulalie de Beaupoil-Sainte-Aulaire, en épousant, le 7 février 1725, Anne-Pierre d'Harcourt, marquis de Beuvron, fils d'Henri d'Harcourt, pair et maréchal de France, transporta le fief à une nouvelle famille plus illustre encore que la précédente. Mais ce ne fut pas la fin. A peine cinquante ans s'étaient-ils écoulés que Pierre Ardalit de Bréjou, riche négociant de Limoges, se trouvait l'acquéreur de Meillars, comme de la Grénerie (Salon) et d'autres terres, qu'il transmettait à son fils Siméon le jour même du mariage de celui-ci (8 octobre 1775) avec Anne-Agathe de Royère. De ce mariage ne naquit qu'une fille, « Mademoiselle de Meillars » : quatrième transmission ! Mlle de Meillars épousa M. Barbou des Places, libraire à Paris, et la maison des Places possède aujourd'hui, depuis un siècle environ, ce qui demeure encore du château de Meillars.

Je dis ce qui demeure, car, après avoir été pris, volé, saccagé par les religionnaires en 1577 et repris par les Ligueurs en 1589, le château de Meillars fut dévoré en octobre 1781 par un terrible incendie qui consuma de même une partie du bourg. Voici le récit que fait de l'événement la Feuille hebdomadaire du 31 :

« Le 24 de ce mois, l'imprudence de quelques enfans a causé dans le Bourg de Meillars, élection et généralité de Limoges, un désastre affreux. Ils avoient fait un petit feu derrière la porte du vestibule du Château, habité par un Receveur qui était alors absent. La flamme se communiqua à des débris de chanvre qu'on avait nouvellement brôyé dans ce passage, et se répandit en un moment dans toute l'étendue du château. Un vent impétueux qui malheureusement soufflait transporta le feu sur les écuries et les greniers, et de là dans les maisons contiguës. L'incendie se déclara à une heure après midi, au moment où tous les habitants étaient occupés à travailler dans les champs. Le défaut d'un prompt secours, la sécheresse de la saison et l'impétuosité du vent rendirent les progrès si rapides, qu'on ne put presque rien dérober à la vivacité des flammes ; tout fut consumé dans l'espace de quatre ou cinq heures. Cet événement est d'autant plus affligeant, qu'il est arrivé immédiatement après la récolte. Il enlève à douze familles honnêtes dont les maisons et leurs dépendances ont été incendiées, tous les moyens de subsistance. »

C'est du château, renouvelé depuis, de Meillars que vient au bourg la fondation de l'école des Sœurs de la Providence de Portieux : école libre mais unique pour les filles dans l'endroit, le Conseil municipal ayant refusé une institutrice laïque. Charles-Alix Duhail, veuve de Siméon-Edouard Barbou des Places, morte en septembre 1891 au château de Coudrières, près Châteauroux, a donné à ces Sœurs le local qu'elles habitent, (19 janvier 1877) avec une rente annuelle de 500 francs. Aussi la mémoire de cette femme charitable est-elle en bénédiction dans la paroisse, où ses restes mortels sont venus reposer.

Au château de Lachau est dû, comme on le verra par l'Appendice, la fondation de la chapelle de saint Louis, flanc sud de l'église. Nous pourrions nous demander si cette résidence n'est pas le lieu des Calm çà et là nommé au Cartulaire d'Uzerche : les érudits savent en effet que Las chalm a fini presque toujours par cette forme, ou bien par celle de Laschamps, au singulier Lachamp.

Le logis actuel, quoi qu'il en soit construit et bien placé, offre quelque part la date de 1562. Son seigneur d'alors dut avoir pour fils François de Lachau qui, par contrat de 1595, épousa une héritière du Quercy, Jeanne Dufau, et en eut Louis, le fondateur de la chapelle. De celui-ci, époux de Judith de Montroux de Peyrissac, on ne connaît qu'une fille, mariée en 1677 à Antoine-Julien du Bousquet de Saint-Pardoux, qui vint habiter Lachau et, par lui-même ou par d'autres, le transmit à sa famille ; car en 1775 Joseph du Bousquet, chevalier, dit seigneur de Saint-Pardoux, le Bousquet et Bardon, était aussi qualifié seigneur de Lachau. Ce sont maintenant d'autres mains qui ont la propriété.

Il a dans ce manoir une chapelle séparée et présentement sans culte, où le badigeon recouvre une série d'écussons de famille.

Elle rappelle un autre sanctuaire isolé de tout village qui est propriété paroissiale et qui jouit d'une grande réputation dans toute la contrée celui de Sainte-Radegonde.

Sainte-Radegonde est à 4 kilomètres du bourg, dans une châtaigneraie tranquille, près d'une fontaine à niveau du sol. La foule se presse immense les premiers dimanches de septembre, soit à cette fontaine, soit dans la chapelle parfumée de fleurs, soit dans le bois, où se dressent étalages de marchandises avec des tables à manger. On est accouru là de tous les environs, à distance considérable. S'il n'y eut jamais d’abus, les curés du pays pourraient le dire, mais celui de Meillars fait incontestablement tout ce qu'il peut pour supprimer la plainte. Il ne s’efforce pas moins d'obvier à la ruine. Autrefois la chapelle de Sainte-Radegonde eut une vicairie, à la nomination du chambrier d'Uzerche et sous la protection non seulement de la sainte mais aussi et en premier lieu même de saint Eutrope, dont j'ai dit que l'on a des reliques. On en a pareillement de sainte Radegonde, dans une petite châsse d'argent sur pied, avec verre ovale, sur la face de laquelle se lit :

Ste                                                        Pries

Rade                                                    povr

gonde                                                  novs

Et au dos : Ex-voto. Anno 1777.

Mais on n'a pu laisser ces précieux restes dans la chapelle, à raison de son état actuel, qui est des moins satisfaisants. En dehors même des jours de concours, l'autel n'y est pas plus tenu qu'à la chapelle croulante du Châtenet, près du Lonzac. Quand on fait le tour des murs, montrant encore sous le toit une litre funèbre dont la Révolution gratta soigneusement les armoiries, on aperçoit facilement deux époques, dont la seconde exhaussa et agrandit le travail de la première. Ce fut probablement le milieu du dernier siècle, M. Combet nous disant (Hist. d'Uzerche, 297) que la chapelle fut alors « restaurée et agrandie aux frais d'un paralytique guéri ». Il ne fallut pas moins s'en occuper sous la Restauration. Guillaume Rogier, curé alors de Saint-Martin-Sept-Pers et député pour la visite des réparations faites, par l'autorité diocésaine de Tulle en 1825, déclara que les travaux mettaient la chapelle dans un état décent et permettaient d'y célébrer les offices divins. On a eu depuis, en 1885, la chute du clocher avec les dégâts sensibles qui en résultèrent. Un vote de 400 francs par la municipalité fit aussitôt le plus urgent des restaurations indispensables ; mais ne cherchons pas à dissimuler que pour revenir simplement à l'état de décence il faut encore beaucoup plus.

Villages de Meillars : les Ages, la Bafferie, la Besse, Bissol, las Bordas, Boisse, le Bourliatou, le Breuil, le Burg, où mourut en 1778 un métayer âgé de 106 ans 5 mois, qui dans sa vie n'avait pris qu'un remède et dont la veuve, alors âgée de 102 ans et plus, faisait encore à pied, le dimanche, une lieue de chemin pour entendre la messe ; le Chalard, qui paraît avoir été seigneurie d'un Lesboulières en 1600 ; Champagnac, nommé plus haut ; las Charraux, où fut peut-être une chapelle de Saint-Barthélemy, annexe en 1559, détruite depuis et en 1183 dépendance de Saint-Géraud de Limoges ; le Châtenet, l'Escure-Neuve, la Feuille, la Grande-Forêt, Lachau, Lagane, Laschamps, Laurière (tumulus ? non loin d'un lieu-dit Camp de César), le Mas, le Mas-Herbout, le Malouzieux, le Masvaleix, le Mazeau, dont les cens et rentes furent vendus en 1372 par Pierre Bernard, du Breuil, à Pierre Plaisant de Masseré ; le Merle, les Moulins de la Besse, de Bissot, de Cosselier, de Laschamps du Masherbout, du Pont-la-Chèvre, le Montraire, l'Oie plumée, le Pont-la-Chèvre, la Pouge, Puyrasis, Reménieras, la Roussile, Sargueix, Sauviat, donné probablement à l'abbaye d'Uzerche en 1048 ; le Surgeol, le Temple, la Terrasse, Vareix.

 

 

 

 

PERMISSION DE BATIR UNE CHAPELLE

dans l'Eglise de Meillars

 

François de Lafayette, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, év. de Limoges, conser du Roi en ses conseils d'Etat et privé, savoir faisons que noble Louis de Lachaud, écuyer, sgr dudit lieu, nous a représenté qu'il avait dévotion de faire bâtir une chapelle hors et joignant les murs de l'Eglise paroissiale de Meillars, qui fut ouverte par une grande arcade du côté intérieur de lad. Eglise, vis-à-vis de celle du sr de Meillars, sgr de lad. paroisse, avec droit de sépulture, banc, litre et autres droits honorifiques. Sur laquelle remontrance nous avons ordonné et enjoint au Curé ou Vicaire de lad. Eglise paroissiale de publier par trois dimanches consécutifs, et faire savoir aux habitants de lad. paroisse le dessein que led. Sr de Lachaud avait de faire bâtir lad. chapelle, à quoy il aurait été satisfait, ainsi qu'il en appert par le procès-verbal de lad. publication, daté au commencement du 24e jour du mois d'août, signé Lachaud, Faye, vre et des consentans, Chassagne, Villechenours, Jammet, du Burg, Bondet, Monnot, Vitrac et du Temple, nre royal ayant ensuite le certificat du vicaire de lad. par. en date du 15e du présent mois de septembre, signé du Burgc, vicaire, Meillars, de Salaignac, Chassaigne, desd. Bondet, Villechenours, Vitrat, Magimel, Monnot, du Temple, duquel résulte lesd. publications avoir été faites, que led. Sr de Meillars et la dame de Salaignac son épouse et les autres susnommés ont consenti à la construction de lad. chapelle, et qu'aucun des habitants de lad. paroisse ni autres n'y ont fait aucune opposition, et d'autant que si lad. chapelle est faite, l'Eglise en sera rendue et plus belle et plus commode, et qu'étant agrandie de tout l'espace qui sera pris et renfermé pour faire lad. chapelle, les habitants de lad. par. qui sont en grand nombre pourront plus facilement assister aux divins offices qu'ils ne font à présent, nous avons jugé raisonnable la grâce qu'il nous a demandée. A CES CAUSES, nous avons permis et permettons aud. Sr de Lachaud de faire bâtir et construire lad. chapelle joignant et hors les murs de lad. Eglise, vis-à-vis de la chap. dud. Sr de Meillars, et à ces fins il sera fait une ouverture et une grande arcade aux murs de ladite Eglise, qui sera fermée de balustres du côté intérieur de lad. Eglise, sans qu'il puisse y avoir aucune porte hors lad. Eglise par laquelle on puisse entrer dans lad. chapelle ; et il sera fait deux clés de la porte de lad. chapelle, qui sera du côté intérieur de lad. Eglise, dont l'une demeurera aux mains du curé de ladite Eglise, et l'autre en celle dud. Sr de Lachaud et de ses héritiers à l'avenir, et sera ledit Sr de Lachaud et les siens tenu et obligé de tenir lad. chapelle en bon état et décemment ornée, et d'y faire toutes les réparations nécessaires ; et moyennant ce, nous avons accordé audit Sr de Lachaud dans lad. chapelle droit de banc, de tombeau et de sépulture pour lui et pour ceux de sa famille avec pouvoir de faire ceinture et litre dans lad. chapelle, au-dessous de celles que led. Sr de Meillars et sa famille y pourront faire mettre, et jouira led. Sr de Lachaud et les siens desd. droits et autres, appartenant aux fondateurs des chapelles ; et sera élevé un autel dans lad. chapelle sous l'invocation de Saint-Louis, et sera loisible de dire et célébrer la Sainte Messe sur un autel en marbre portatif décemment consacré, après que lad. chap. aura été bénie par nous ou par le prêtre qui sera par nous délégué pour faire la bénédiction en la forme prescrite par la Ste Eglise; et seront obligés les curés et prêtres de lad. église de dire et célébrer une messe haute dans ladite chapelle chaque année, le jour et fête de saint Louis, et une autre le jour du décès du père dudit de Lachaud, faisant lesquels offices, ils seront déchargés des autres auxquels ils sont tenus en conséquence de la fondation de la somme de 5 fr. de rente obituelle léguée auxd. Srs Curés et prêtres par ledit feu sieur de Lachaud. Voulant que le procès-verbal et certificat ci-dessus énoncé et daté, demeure entre les mains du secrétaire de notre évêché, pour être attaché et annexé à ces ptes, pour y avoir recours si besoin est. Donné dans le palais épiscopal de notre cité de Limoges, le 21e jour du mois de septembre 1652. Ainsi signé : François, év. de Limoges, et plus bas : Palays.                                     (Copie).

Nota. -- Cette fondation coïncidait avec la fin d'une église de fief protestante, qui avait duré demi-siècle, sous l'action du château, et compté deux pasteurs.

 

 

ADDITIONS ET CORRECTIONS

 

Autres curés : 1722, Jean Tournade ; 1764, N. Parel de la Chatonie. -- L'ancien château de Meillars avait en 1717 une chapelle intérieure, dans le haut de sa construction qu'entourait encore un fossé avec pont-levis : ce château n'a laissé, après son incendie de 1781, aucun bâtiment d'habitation ; les écuries sont demeurées, mais la résidence actuelle n'a été faite qu'en ce siècle et sur un autre emplacement. M. Bourgnon de Layre est le possesseur actuel de Lachau. Le Burg fut aux Personne, famille digne de signalement. Une autre famille à nommer serait celle de Cruveilher, de laquelle sortit le célèbre docteur limousin. On me parle d'une chapelle jadis au village de Malouzieux.