Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964
Date : 30/03/2023
Canton de Bugeat, arrondissement d’Ussel, ancien archiprêtré de la Porcherie (Haute-Vienne).
Pradines avait une église dès la première moitié du XIIème siècle, puisqu’un Gérald du Peuch ou du Puy donna sur cette église un muid de blé, de dîme à l’abbaye d’Uzerche. Alors ou postérieurement, il y avait dans ce sanctuaire prieuré et cure : prieuré sous la protection de la très sainte Vierge probablement (Nativité) et cure sous celle de saint Georges sûrement. Le prieuré, dépendant de la Chaise-Dieu en Auvergne, fut annexé en 1484 à celui de Vedrenne (Egletons), qui était plus important et qui se trouvait aussi de cette dépendance. Jusqu’alors c’était l’abbé de la Chaise-Dieu qui avait fait les nominations. Le prieur de Vedrenne fit à partir de l’annexion les nominations curiales, qui ne furent qu’exceptionnellement le fait de l’évêque.
Point de prieurs connus : quelques curés seulement :
L’église a sur son pignon d’ouest un clocher-mur aigu qui ne domine aucune porte. L’entrée se trouve ainsi au flanc-nord, ayant pour vis-à-vis une petite sortie du XIIème siècle sur le cimetière. Sanctuaire polygonal à nervures, de style flamboyant : chapelle également voûtée, modeste nef. Je remarque sur le seuil une ancienne maison d’un certain caractère qui frise le manoir.
« D’après une bulle d’Honorius III (1217), la chapelle et la maison de Pradines avec toutes ses dépendances appartenaient à l’hôpital Saint-Gérald de Limoges. » Une bulle antérieure datée du 1er février 1183 mentionnait aussi comme de cette dépendance Clédat et la chapelle de Pradina. Clédat se trouvant de la paroisse voisine, Grandsaigne, que Pradines a même desservie quelque temps dans ce siècle, j’en conclu qu’il s’agit bien ici d’une chapelle de notre localité quoiqu’on en voie le territoire de la dépendance également, mais pour peu, je suppose, du prieuré de Chastagnol, paroisse de Bonnefont. Il était encore dimé pour partie de la communauté des prêtres de Treignac.
Au village de Vielteil se trouvait dès le XIIème siècle une autre chapelle, mentionnée comme propriété de l’abbaye de Tulle par le pape Adrien IV en 1154 (capellam de Vetulo Tilio). Le village même, où l’on ne venait que de l’élever probablement, avait été donné vers 1112 au monastère par le vicomte de Comborn Bernard I, qui voulait faire de ce don une expiation du meurtre d’Eble II, son neveu (voir Estivaux I, 427). Il le tenait de sa mère Rotberte de Rochechouart. Celle-ci l’avait acquis elle-même de Gérald de Conros. Il semble que, pour ce territoire ou pour un autre voisin, du nom aujourd’hui disparu de Tellivart, la mère eût d’abord fait la donation (1095) et que l’acte de Bernard ne fût vers 1112 qu’une expression plus explicite de son consentement alors donné. En 1095, l’acte constate aussi le don fait, pour la part qu’il y prétendait en vertu de ses droits paternels, par un chevalier du nom de Pierre Rigaud, de Pradines, Vielteil, uni plus tard au prieuré du Bousquet, paroisse de Saint-Paul, comme dépendance de l’aumônerie de Tulle, donnait avec celui-ci la somme 2,366 livres, dont il fallait défalquer les charges.
On lit dans la liste des abbés de Bonnaigue (Saint-Fréjoux), le nom d’un Robert I de Pradinats (1299-1305) ? Etait-il de la noble famille de l’endroit ? Grand sujet d’en douter, car il y avait, dès cette époque, même, à Ussel une importante famille consulaire ainsi appelée, qui devait se rattacher au village de Pradines, dans la paroisse de cette ville.
Sont village de la nôtre : la Bretonèche, avec son château de Brédenouche, qui dut être primitivement de même nom,Masgautier (Mansus Gauterii), Mazaleyrat, Les Moulins de Mazaleyrat et de Pradines, Peyrat, où était foncier le prieur de Vedrenne, Pradines vieilles, Sénéjou et Vielteil