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Extraits du Dictionnaire Historique et Archéologique des Paroisses du diocèse de Tulle de l'Abbé J.B. POULBRIÈRE (tome 3)

Réédition de l’ouvrage de 1894 - Imprimerie CHASTRUSSE et Cie, Brive, 1964

Date : 26/11/2024

 

SAINT-YBARD

Canton d'Uzerche, arrondissement de Tulle, ancien archiprêtré de Vigeois. —- Superficie : 3004 hectares ; population : 1514 habitants ; distance du chef-lieu cantonal : 5 kilomètres.

Cette paroisse, qualifiée pendant la Révolution Union-sur-Vézère, a pour titulaire et eut pour patron naturel pendant bien des siècles saint Eparchius, prêtre reclus d'Angoulême, appelé chez nous saint Ybard, ailleurs saint Cybard. Le culte de saint Roch et une chapelle dédiée à ce bienheureux près du bourg ont donné, depuis, le pas à sa fête du 16 août sur celle du patron primitif au 1er juillet. Saint Blaise eut aussi près de l'église une chapelle ruinée en 1746, mais ne paraît pas avoir jamais été patron.

C'est au XIIIe siècle, ce me semble, que remonterait cette église. Le sanctuaire, à mur droit, s'est ajouté postérieurement à un chevet rectangulaire qui lui sert aujourd'hui de chœur et qu'éclairent au nord et au midi deux fenêtres cintrées. La nef, a murs plats, est divisée en deux grandes travées par des voûtes en bois, soutenues ou rehaussées de nervures, avec des clefs en légers pendentifs. D'après M. Combet (Hist. d'Uzerche, 363), les 9 août 1711 et 10 juin ou juillet 1719, M. Gauthier, curé de Saint-Ybars, déclare avoir reçu de Pey de Bouchiat vint livres, pour payer les ouvriers qui ont fait la voûte de l'église et neuf livres et demy pour les lambris. En ce cas, le travail était une réfection et s'inspirait dans son style d'une voûte plus ancienne en pierre qui s'écroula, paraît-il, en 1618 et qu'on avait dû faire vers le XVe siècle. Ce qui l'insinue, ce sont les formerets, les consoles et les commencements de nervures en pierre des deux chapelles latérales, complétées plus tard de la même façon. Une notice manuscrite que j'ai sous la main et qui date d'environ cinquante ans, attribue ces deux chapelles à l'année 1741 et au zèle des deux curés Gauthier et Belarbre, dont le deuxième succédait au premier sous cette date ; mais ils ne peuvent avoir fait qu'une restauration : — restauration considérable d'ailleurs et suffisante à une bénédiction ; car l'abbé de Vigeois, vicaire général de Limoges, bénit ces deux chapelles le 9 mai 1743. Le clocher, lui, a été réellement reconstruit en 1894. Quant au portail à double voussure que décorent dans la façade tores et colonnettes, il doit être de la même date que le chœur, c'est-à-dire du XIIIe siècle. Un beau Sully en ombrage l’abord.

L’Etat, en 1885, fit don A l’église de Saint-Ybard d'une grande toile : la Charité, d'Andréa del Sarto (1518), copie de Dupatys (1881). Il l’a décorée aussi d'une Assomption de la Vierge, de l'école espagnole. Depuis un siècle, on y remarquait déjà le retable du maitre-autel orné de colonnes torses. Remarquons aussi à l'extérieur, mais dans un autre ordre d'objets, quelques restes de litre funèbre des anciens seigneurs du lieu.

Des vases funéraires trouvés aux abords de l'ancien cimetière chrétien, lui-même attenant à l'église, dénotent avec leurs traces d'incinération une localité très ancienne. Mais dans l'histoire écrite du pays, Saint-Ybard n'apparait, à notre connaissance, que vers la fin du Xe siècle. Alors Gui I, vicomte de Limoges, et sa femme Emma de Ségur, par dévotion pour le prince des apôtres, « porte-clefs du royaume des cieux », et patron de l'abbaye d'Uzerche, donnent à ce monastère la moitié de l'église Sancti Eparchii [1]. Archambaud de Bouchiac, détenteur en fief de l'autre moitié, la donne de même l'an 1080, en prenant l'habit religieux. Adémar ou Aymar II, vicomte   de Limoges, consacre cette donation, déjà précédée d'autres dons de sa famille, particulièrement pour un étang et des moulins voisins de l'église elle-même, qui existent encore au sud-ouest du bourg.

Une prévôté est aussitôt fondée et peut-être même faut-il y compter, comme premier titulaire connu, cet ETIENNE, prœpositus monachus, qu'on trouve au n° 349 du Cartulaire d'Uzerche (Champeval). Ceux que j'ai pu recueillir à la suite sont : en 1371, PIERRE HÉLIE DE CHABRIGNAC ; en 1451, JEAN DE LIVRON ; en 1571, N. CHAZAL ; 1581, BENOiT BLANCART, qui résigne cette année même, bien que ce soit celle de sa provision ; vers 1601, GUILLAUME PONTIER, pourvu à la suite ; en 1602, JOSEPH MAZARD ; 1662, frère PIERRE LAGORSE ; 1730, FRANÇOIS DUMONT ; 1737, dom ANTOINE CHENAUD ; 1742, HENRI-FRANÇOIS DE LA BRIFFE, abbé aussi d'Obazine ; 1751, dom JEAN CHARPENET, qui ferma probablement la liste.

Les papes Lucius II, en 1144 ; Eugène III, en 1145 et Alexandre III, en 1178, avaient, de même que l'évêque de Limoges Sébrand Chabot, 1185, confirmé à Uzerche l'important bénéfice de l'église de Saint-Ybard. Comme siège d'une prévôté, celle-ci demeura longtemps bénéfice claustral de l'abbaye de Saint-Pierre. C'était l'abbé lui-même qui nommait à ce bénéfice, évalué 2400 livres en 1761, mais avec déduction de 600 livres pour diverses charges. Un décret du 27 novembre de cette année l'unit aux deux menses, abbatiale et capitulaire, d'Uzerche ; car Uzerche, tout en conservant un abbé, était devenu un chapitre.

A partir de cette union, l'évêque seul nomma à la cure, établie dans la même église que le titre prévôtal. C'était une simple vicairie perpétuelle ; toutefois le nombre considérable des paroissiens la rendait importante. Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, la présentation de son titulaire était ordinairement le fait de l'abbé d'Uzerche, sa nomination le droit du prévôt local ; mais celui-ci nomma seul dans les derniers temps de son bénéfice.

Connus comme titulaires de la cure : vers 1348, Gérald de Vart ou Vartz, permutant avec Etienne de Vartz pour la chapellenie de Vitrac (CHAMBOULIVE), puis recevant de nouveau, vers 1350, le poste du Saint-Siège par décès de ce même Etienne ; 1605, Geoffre Chouviac; 1618 ; François Fayole ; vers 1666, N. Montagnac ; 1673, Pierre Bussière ; 1698, Jean Gautier, qui fut enterré dans l’église le 5 novembre 1740 ; 1741, Mathieu Belarbre ; 1775, N. Tandeau ; 1778, N. Roume ; 1790, Mathieu Tandeau ; 1803, J.-B. Bordas ; 1805, Pierre Dessus ; 1822, Julien ? Romanet ; 1832, Léonard ? Badour ; 1837, Jean Brun, qui fut chanoine honoraire ; 1839, Jean-Baptiste Personne-Devaux ; 1843, Antoine-Michel Bardon ; 1881, Siméon Pasquet ; 1889, Léonard Cavert ; 1895, Jean-Baptiste Célérier, rédacteur d'un bon cahier de paroisse.

                Outre la chapelle castrale démolie dont il sera parlé plus loin à propos du château, la paroisse avait encore, au haut du bourg, un oratoire de Saint-Marc possédé par la famille Brugère, puis légèrement plus loin, une chapelle déjà signalée de Saint-Roch, qu'on avait dû bâtir à la suite des pestes du XVIIe siècle. Cette chapelle est titrée annexe dans l'Ordo diocésain. Elle porte la date de 1826, mais ce n'est que celle d'une réparation. On l'avait déjà réparée en 1722, d'après Nadaud ; peut-être aussi vers 1742, attendu qu'on la bénit l'année suivante avec les deux chapelles latérales de l'église. Dès 1706, un sieur Dupuy, seigneur de Granges du Puy (dans la paroisse), procureur du roi au sénéchal d'Uzerche, avait fait un don à cette chapelle ; elle fut pavée en 1776. — On lit sur un vieux tableau de saint Roch dressé sur son autel : DON FAIT PAR LA DAME (dom ?) CHARPENET EN FÉVRIER... Le millésime manque.

                D'autres chapelles ont disparu qui demandent au moins un souvenir : d'abord l'église de Leyrat (Aleyracus) qui, à la fin du Xe siècle, fut pour moitié, comme celle de Saint-Ybard même, l'objet d'un don à l'abbaye d'Uzerche, de la part du vicomte de Limoges et de sa femme Emma : la moitié de la « court » faisait aussi partie de la donation: — puis la chapelle de Sainte-Madeleine de Grateloube mentionnée en 1185 comme propriété de l'abbaye d'Uzerche dans le privilège de l'évêque Sebrand Chabot ; — celle que signale M. Combet sur le ruisseau de Saint-Ybard, près du moulin et de la cascade de Bialet. Ce n'est plus qu'une ruine, mais comme elle est voisine du village de Bouchiat, M. Champeval y placerait volontiers l'ancienne prévôté bénédictine de Fage-Bouchiat[2], membre de l'abbaye de Vigeois. Pour moi, je me prononcerais de préférence pour la chapelle également ruinée de Claux-Fage, qui était dédiée au bon saint Jean et près de laquelle, toujours d'après M. Combet, se trouveraient « des restes de vieilles murailles ». Une notice manuscrite du Dr Laborderie nous dit qu'en 1619 « elle fut incendiée par les troupes du duc d'Epernon, de passage à Uzerche, qui fut brûlé. Cette chapelle subit le même sort comme appartenant, de même qu'une rente sur ce village, aux moines d'Uzerche. Les habitants du village, se croyant suffisamment affranchis de la rente, refusèrent de la payer : de là un long procès devant le sénéchal de cette ville. La rente fut payée jusqu'en 1789. (M. Combet possède ce procès. »

                Puisque je suis à citer mes manuscrits, voici, relativement à l'ensemble de la paroisse, l'extrait d'un autre ayant pour titre : Estat des Paroisses de l'Eslection de Brive, vers 1666 :

                « SAINT-YBART. —  Mr le comte des Cars en est seigneur. Il demeure aux Cars, dans le Haut-Limousin, faict recevoir ses rentes par un receveur qui en use bien à présent, ayant fort incommodé les tenanciers par le passé. La rente y est forte et on paye une coupe et demye par cestier »

                « Le Sr Montagnac en est curé. Dépent de la nomination du prévost, qui lui donne 100 cestiers seigle, 6 cestiers froment, 4 cestiers avoyne, 6 agneaux, le tiers du chanvre et le casuel. Le tout peut valoir 600 livres par an. Est brave homme. Son esglise est mal tenue. Est du diocèse de Limoges. La parroisse est quasy toute en métairies appartenans à Mª Descars, à M° de la Vergnole (lire ici de La Vernouille) et aux habitans d'Uzerche. La moitié d'icelle est en assez bon pays et l'autre est ingrat. N'ensemencent les terres que de deux en deux ans. Faut 20 cesterées de terre, 15 journaux de pré et 10 cesterées de bois pour une métairie d'une paire de bœufs, qui vaut 3000 livres. Les terres produisent esgalement chasque année 3 cestiers pour un. Ont quantité de chastagnes ; font des nourrissages de bœufs et de pourceaux qu’ils vont vendre à Lubersac, Pompadour et Masseré. »

                Détachons de ces lignes ce qui concerne la seigneurie. Elle fut, comme on le voit, la propriété de cette ancienne, illustre et très riche maison de Pérusse des Cars que nous avons trouvée bien des fois sur notre chemin, à Goulles, à Juillac, à Ségur, à Saint-Bonnet-la-Rivière, à Saint-Chamant et ailleurs. A Saint-Ybard, elle eut au moins deux châteaux, dont l'un, celui de la Vernouille, indiqué ci-dessus, fut le séjour de l'une de ses branches ou sous-branches. La suzeraineté du lieu avait appartenu aux vicomtes de Limoges, fréquemment mêlés dans les hauts temps à l'histoire de Saint-Ybard pour les donations qu'ils y firent au monastère d'Uzerche. On vient d'en lire plusieurs : la liste des villages en accusera d'autres, sans les signaler toutes. Mais au XVe siècle, d'après la publication de M. Clément-Simon sur la Vicomté (p. 132), le vicomte n'avait à Saint-Ybard que le droit d'hommage et la paroisse formait « une juridiction à part soi appartenant à la famille des Cars. » L'acquisition même par cette famille n'en était pas ancienne : elle ne datait que de 1432. C'était la baronnie de Bré qui, par la veuve d'un Aubert, arrière-petit-neveu d'Innocent VI, avait cédé la terre au dernier des Audoin de Pérusse. On voit ce même Audoin faire hommage, huit ans après, en la châtellenie d'Ayen, de son château de Garebœuf, paroisse de Saint-Ybard, comme de ceux de Saint-Bonnet-la-Rivière et de Fialeix (aujourd'hui Dordogne), qui se rapprochaient davantage de la châtellenie.

                Le château de Garebœuf appartenait à sa maison avant même l'acquisition de la seigneurie de la paroisse ; et dans cette paroisse les Pérusse étaient connus de bien vieille date, car ils y furent fréquemment, dès le XIe siècle, témoins des dons des vicomtes de Limoges, quand ils n'en firent pas eux-mêmes. Le lieu de Saint-Ybard, passé à la branche cadette de Saint-Bonnet-la-Rivière, ne fut habité que conjointement avec cette paroisse et même plus rarement, mais il donna son nom à un membre de la famille : Henri des Cars, dit M. de Saint-Ybard, qui joua un petit rôle dans la Fronde. Ce fut, malheureusement pour lui, contre la cour et pas n'est besoin de dire que ce rôle ne lui réussit pas. Sa nièce, Jeanne des Cars, unique héritière de la branche, en porta les biens à celle de la Renaudie. On note de celle-ci un membre mort sans alliance qui avait titre de comte de Saint-Ybard.

                Le château de la famille, dans la localité, n'était pas au bourg même, mais à quelques centaines de mètres du bourg, sur l'étang de Garebœuf, dont il portait le nom et qui lui servait en partie de fossé. Les ruines nous en restent encore. Elles dessinent un vaste pentagone, flanqué sur trois de ses angles de grosses tours cylindriques. Le bas d'une de ses tours formait, dit-on, la chapelle intérieure ; il s'en était bâti à l'extérieur une autre qui fut sans doute celle dont nous parle Nadaud comme d'une œuvre de Jeanne de Meillars, femme de Jacques des Cars et mère de la dernière héritière de la branche : cette femme y fut ensevelie en 1650. Au-dessus de l'entrée du château, encore conservée et gardant l'indication d'un pont-levis ainsi que d'une herse, vous remarquez sur une clef de voûte les armes de la famille : de gueules au pal de vair avec le lambel de brisure de la branche cadette de Saint-Bonnet.

                Moins important mais plus heureux que celui de Garebœuf, le château de la Vernouille lui a survécu et a même eu l'avantage de transformations et d'embellissements qui en ont fait une agréable résidence. Bertrand des Cars, chef de la ramification qui s'en est nommée pendant un siècle, mourut en 1710 sans postérité et fit héritier Jean Descubes, son neveu, sieur de Verlhaguet, en Haut-Limousin, vicomte de la Laurentie, petit-fils de Jehanne des Cars, la sœur dudit Bertrand. Le nouveau venu s’appela dès lors Descubes de la Vernouille. C’est une de ses descendantes qui a porté de nos jours la terre à M. de la Roche-Sengensse, vice-président du tribunal civil de Tulle et auteur d'une monographie de la commune. Nous devons signaler sur le terrain de son village, comme sur celui de Montfumat, des tumuli dont la fouille a donné nombre d'objets curieux : M. Eugène Brugère, explorateur de ceux de Montfumat en 1889, m'a montré entre autres un bracelet en bronze de la plus grande rareté dont le musée de Saint-Germain a voulu le moulage : il est dessiné page 28 du Bulletin de Brive, t XII. Les fouilles de la Vernouille par M. de la Roche-Sengensse en 1873sont rapportées au Bulletin de Limoges (p. 260, t. XXII), avec chromolithographie des vases qui y furent découverts.

                Villages de Saint-Ybard : Baby, le Bois-la Game, le Boismarchand, Bouchiat, connu par une ancienne famille du nom et divers dons du XIIe siècle à l’abbaye de Vigeois (là roc dit des Fades, avec légende) ; las Bourdarias, sieurie d'un membre de la famille de Montgibaud, dont un autre membre habitait au XVIIe siècle le bourg de Saint-Ybard ; la Brugère, ancienne seigneurie ; le Chassaing, la Châtaigne, le Châtaignier, où fut très anciennement, parait-t ’il un prieuré cistercien disparu, de la dépendance de Dalon, signalé par M Champeval et objet de la libéralité des Pérusse ; il fut aussi au XVIIe siècle, la sieurie ou seigneurie d'une famille noble du nom de Chauviat, alliée à la maison des cars et habitant le chef-lieu de la paroisse : le Château-Gaillard, Chauffour, donné par les barons de Bré (XIIe siècle) à l'abbaye de Vigeois ; Chez-Combe, Chez-Grapazy, la Chèze, connue dès le siècle précédent ; le Clos-Fage, le Cloup (importantes substructions gallo-romaines, vase perspective) ; la Croix, la Croix de Pingrieux, la Faye, las Gardias, la Garenne de Cassère, la Gendrie, le Goumareix, les Granges du Puy, Grateloube, la Grillière, le Guo ou Gué de la Nau, la Justice, Laleu, Leyrat, la Maisonneuve, Maligne, le Masgautier, la Maurie, Meyrignac, où la famille Bertrand de Beauvoir s'est fait une gracieuse demeure, dominant la grand'route et s'y reliant par une belle avenue; le Mont et Montfumat, anciens villages mentionnés au Cartulaire d'Uzerche ; les Moulins de Bialet (cascatelles), Pierre du Diable ou Pidrot, de Brachet, de Cacau ou à noix, probablement ; du Claux, de Monsieur (l'ancien moulin banal), du Puyaumont, très pittoresque ; Pingrieux, le Pont, la Pouyade, la Prade, un autre des dons d'Aymar II à l'abbaye d'Uzerche ; le Puyaumont, le Puylavergne, le Puyvalence, la Rade, qui jouit d'un immense coup d'œil; ancienne institution secondaire tenue, mais peu de temps, par M. Pierre Dupont, auteur classique et père d'un inspecteur général des Mines, auteur lui-même en sa partie; la Raffardie, las Rengeas du Goumareix, la Ribière, la Roche, Rogère, qui eut dans des temps reculés une famille du nom; les Rosiers, Rousselet, Sadarnac, aux dépens duquel le vicomte cité tout à l'heure dota un moine d'Uzerche en faveur de l'âme de son fils Pierre, surnommé Assalit ; Saint-Roch, Sermadiras, Tous-Vents, la Valette, la Vérétie, le Vern, la Vernouille, le Viallard.

                Près de Bouchiat, où ils eurent un fief très ancien, et dans un ilot de la Vézère, les des Cars avaient établi une forge, dite batterie, dont une inondation fit curée en 1617. Pour consommer les bois du pays, en 1641, ils établirent également au Puylavergne une usine « à fondre fer et faire fil de fer » dont il n'est resté rien que le bief et quelques ruines. 

            Le pont dit des Gourgs-Noirs sur la ligne de Brive-Limoges par Uzerche est, dit-on, « l’ouvrage le plus remarquable de la ligne ». Malheureusement ceux-là seuls peuvent l’admirer qui vont le visiter par les sentiers des rives de la Vézère, en cet endroit très engorgée et très tourbillonnante. Mais la carte photographique qu’on en a mise dans le commerce, donne du monument comme du site l'idée la plus flatteuse

 

[1] On ne voit jamais que ce nom latin, écartant nettement l'hypothèse émise par M. Oscar Lacombe d'un Saint-Thibard, déformé de Saint-Théobald

[2] Quelques titulaires de cette prévôté : 1462, ALEXANDRE DE COUSTIN ; 1581 (prise de possession), JEAN PONCHIE, pourvu par l'abbé de Vigeois en 1580 ; 1592, LOUIS HOUPPIN, pourvu de même ; date incertaine, frère JEAN SENNÉ ; 1735, JOSEPH CHEYROU ; 1746 au plus tard, FRANÇOIS DE CARBONNIÈRES du Burg.