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Recherche > Creuse (23) > Bellegarde (-en-Marche) > Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 01/02/2023

 

BELLEGARDE, petite ville, chef-lieu de canton, arrondissement d’Aubusson, 706 habitants.—Bellagarda, 1285 (Baluze, Miscell., I, 287).—Cancellaria Bellagardie, 1287 (cart. de Blessac).—Castellania Bellagardie, 1336 (cart. de Bonlieu).—Prepositura Bellagardie, 1355 (idem).—1395 (D.Col. V.).—Apud Bellamgardiam, XIVe siècle (Fonds divers).—Bellegarde, 1502 (terr. d’Evaux).—Prévôté, chancellerie de Bellegarde, 1545 (ch. de Chambon).—Bellegarde, 1562 (Registres d’Evaux).

C’est à tort qu’on l’appelle Bellegarde-en-Marche. Il est vrai que depuis le XVIIe siècle, Bellegarde dépendait de la Marche pour la justice, mais elle n’en restait pas moins la capitale du Franc-Aleu. Le pays du Franc-Aleu était un district de la province d’Auvergne, régi par des coutumes particulières et situé dans les pays de Combraille, la Marche, le Bas-Limousin et l’Auvergne proprement dite. Il fut déclaré du ressort de l’Auvergne au parlement de la Chandeleur, 1274 (vieux style). Voici quelle était son étendue :

Dans le canton de Bellegarde : Saint-Silvain de Bellegarde ; partie des paroisses de Bosroger, La Chaussade et Mainsat.

Dans celui de La Courtine : partie des paroisses de La Courtine, Clairavaux, Magnat, Saint-Merd-la-Breuille.

Dans le canton de Crocq : les paroisses de Crocq, Saint-Aignant et Saint-Maurice ; partie des paroisses de La Celle-Barmontoise, Flayat, Saint-Georges-Nigremont, La Mazières-aux-Bons-Hommes, et Saint-Pardoux-d’Arnet.

Dans celui de Gentioux : partie de la paroisse de Féniers.

Bellegarde est mentionnée dans une ordonnance de Philippe-le-Long du mois de juin 1319, comme l’une des dix-huit prévôtés du bailliage d’Auvergne pour lesquelles il fixait le nombre des sergents. Elle cessa d’appartenir au présidial de Riom et passa dans le ressort du présidial de Guéret, lors de sa création par l’édit de Louis XIII, du mois de janvier 1635.

Bellegarde était une cure de l’archiprêtré d’Aubusson qui avait pour patron Saint-Silvain, solitaire, dont la fête était le 22 septembre. L’évêque y faisait les nominations dès 1482. Cette église paroissiale est située hors de ville à un kilomètre. Il en est fait mention en 1285, et il y existait une communauté de prêtres en 1564. Elle sert aujourd’hui pour la paroisse de Saint-Silvain, formée de toute la partie rurale de l’ancienne paroisse de Bellegarde. Elle fut réparée de 1624 à 1665, ses voûtes ont été reprises en 1857 ; une tour carrée à deux étages y a été ajoutée en 1861.

L’église actuelle est celle de Notre-Dame de la ville de Bellegarde, dont la fête est l’Assomption de la Sainte-Vierge. C’était une succursale de l’église de Saint-Silvain dès 1622, et a gardé ce titre jusqu’en 1810. La compagnie des Pénitents-Blancs de l’Immaculée conception y fut établie en 1681. La révolution du siècle dernier la laissa tomber en ruine. Elle a été réparée et agrandie en 1808, et on y a rajouté un bas-côté en 1844. On trouve dans cette église un bon tableau de l’adoration des Mages.

Au commencement de ce siècle, les murs de la ville de Bellegarde existaient encore ; aujourd’hui elle est entourée par ses fossés. On a aussi démoli les deux portes principales dont l’une était à l’entrée orientale, et l’autre à l’entrée occidentale. Il ne reste qu’un pan de muraille avec une vieille tour où se trouve l’horloge, sur une élévation dominant la ville. On y remarque aussi quelques maisons des XVIe et XVIIe siècles.

Bellegarde, comme Aubusson et Felletin, possédait des manufactures de tapis. Voir sur ce sujet la monographie écrite par M. Pérathon (Bull. soc.arch.Lim.,XII,206).

 

Deux villages seulement font partie de cette commune

Clermontel.

Puy-Roche.—Il y a dans ce village une chapelle, où fut fondée une vicairie par noble Austrille Vallanet, prêtre, prieur d’Aubusson, et Marie Peyrondelle, sa mère, veuve de Jacques Vallanet, écuyer,

sieur de Rozeille, le 20 novembre 1652, à l’honneur de la Sainte-Vierge, des saints Jean-Baptiste, et évangéliste, Joseph et Austrille. Cette chapelle, devenue propriété particulière, a été transformée en habitation, mais elle existe toujours.

Un menhir situé sur le bord de la route de Chénérailles a été désigné plusieurs fois sous le nom de menhir de Bellegarde. Mais le lieu où il est placé est de la commune de Champagnac.

Extraits du Dictionnaire Topographique,
 Archéologique et Historique de la Creuse.

André LECLER

Réimpression de l’édition de Limoges , 1902

Laffitte Reprints, Marseille 1994