Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 01/02/2023
BENEVENT l’ABBAYE, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Bourganeuf, 1,792 habitants. -Burgus de Segonsolas, 1080 (Gall. Christ., nov. II, intr. coll.199. – Apud Beneventum antea Secundelas, vers 1090 (cart. de Bénévent). – Monasterium Beneventi, 1106 (ch. de l’évêché de Limoges). – Beneventum, 1282 (Evêché de Limoges). – Sanctus Bartholomeus de Benevento, XIIe siècle (LABBE. Bibl. nov. mss. II. 282. – Chron. Gauf. Vos). – Canonici Beneventi, 1389 (ch. de la Souterraine). – Prior Beneventi, XIVe siècle (Pouillé). -Abbas Beneventi, 1466 (Gaign. t. 186, p. 109) – Bénévent, 1554, (Registre de Bourganeuf).
Bénévent doit son origine à une abbaye de religieux de Saint-Augustin. « En 1028, Umbert et non Robert comme l’appellent les auteurs du Gallia Christiania, Umbert, maître ou docteur de Paris, et chanoine à Limoges, préférant aux leçons des savants, les entretiens salutaires avec Dieu dans la solitude, obtint de Jourdain de Larron, évêque de Limoges, et de son Chapitre., l’autorisation de bâtir, en l’honneur de Sainte-Madeleine, une église dans la paroisse de Salagnac, province de la Marche, et en un lieu nommé Segondelas, qui est aujourd’hui une métairie à un kilomètre sud-ouest de Bénévent. Bientôt ce même évêque, qui mourut en 1051, transféra Umbert dans un autre tènement nommé Segondelétas. Là, le pieux chanoine bâtit encore une église dans laquelle on put placer, le jour de sa consécration, une relique de l’apôtre Saint-Barthélémy, et, comme ce précieux dépôt, porté de Bénévent en Italie, avait été présenté à l’évêque pendant la bénédiction de l’église, pour en perpétuer le souvenir, on nomma aussi la nouvelle abbaye Bénévent. – Les maisons groupées peu à peu autour du clocher de Bénévent ont formé la ville ».
Voici la liste des prieurs et abbés de Bénévent, dans laquelle il y a quelques dates et quelques noms douteux :
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1 Umbertus, avant 1085. 2 Gerard ou Gerald, vers 1096. 3 Petrus, 1112. 4 Isembertus, 1125, ou Petrus Isembertus, 1112 à 1125. 5 Audoin, 1129. Umbertus Folli, vers la même époque. 6 Gaufridus de Fondon, vers 1129. 7 Geraldus, 1129 à 1140. 8 Stephanus, 1158, 1160. 9 Siméon, entre 1160 et 1180. 10 Adémarus, 1184 et 1189. 11 Guido Foucaud, avant 1194. 12 Bernardus de Bosco, 1196. 13 Audoin, 1209, 1230. 14 Pierre, 1236, 1242. 15 Etienne, 1250. 16 Géraldus, 1254. 17 P…1258. |
18 Gerald de Maumont. Peut-être le même que Geraldus, 1254 ? 19 Etienne, 1273. 20 Bernard, 1277, 1282. 21 Etienne 1283, curé de Fursac. 22 Foucaud, 1294. 23 Ysarn Tacconi, 1301, 1310. 24 Ponce d’Alayrac, 1310. 25 Bernard, 1340, 1350. 26 Ramnulphe de Vassignac, 1349, 1357. 27 Hugues de Valhac, 1357, 1358. 28 Jean de Pratis, 1359. 29 Etienne Benoit, 1374. 30 Jean de Leyrits, 1377, 1378. 31 Pierre de Salignac, 1383. 32 Umbert de Malleret, 1383, 1387. 33 Elie Julien, 1405, 1412. 34 P … Daniel. |
Abbés :
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1 Ludovicus (ou Audoynus) Foucaud, 1422, fit ériger son prieuré en abbaye en 1458, mourut en 1466. 2 Pierre Foucaud, 1466, 1510. 3 Louis Foucaud, 1510. 4 Marc de Rouergue, chevalier, abbé commendataire, 1513. 5 Foucaud de Bonneval, 1522, 1540. 6 François Ricou, 1545, 1548. 7 F. Dece de Morra 1557, 1594. 8 Philippe Roussel, 1594, 1604. |
9 F. Jean de Las Luquetas, 1613, 1635. 10 F. Charles Foucaud, 1638, 1676. 11 Paul Pélisson-Fontanier, 1676 12 Jean-Baptiste de la Croix de Cherrières Saint-Vallier, 1688, 1727. 13 Louis-François de Mornay, 1728, 1733. 14 Pierre-Herman Dosquet, 1734, 1738. 15 Simon-Pierre de La Corré, 1738. 16 Mathurin-Rodolphe Lemaire, 1750. 17 Silvain-Léonard de Chabannes, 1767. |
Par sentence arbitrale de l’an 1160, le prieur était élu par les chanoines, et devait être confirmé par ceux de la cathédrale, installé dans leur chœur, et jouir d’une prébende comme un des chanoines lorsqu’il serait à Limoges.
Bénévent était un des dix-huit archiprêtrés du diocèse de Limoges ; mais ce titre était annexé à la cure de Saint-Sulpice-le-Dunois dès 1374. Les paroisses comprises dans cet archiprêtré sont les suivantes :
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Saint-Amand-Jartoudeix. Ambazac. Arrènes. Augères. Auriat. Azat-Chatenet. Bénévent. Bourganeuf. La Brionne. Bussière-Dunoise. Les Billanges. Bostmoreau. Ceyroux. Chamborant. Champroi. Chapelle-Taillefer. Chapelle Saint-Martial. Chargnac. Châtelus-Marcheix. Châtenet-en-Dognon. Saint-Christophe-aux-Bost. Saint-Christophe, près la Chapelle-Taillefer. Coulondanes. Saint-Dizier, près Peyrusse. Les Eglises-en-Dognon. Saint-Eloi. La Fa. |
Faulx, près Bourganeuf. Fleurat. La Forêt. Gartempe. Saint-Georges-la-Pouge. Saint-Gilles. Saint-Goussaud. Le Grand Bourg. Jabreilles. Janailhac. La Jonchère. Saint-Hilaire-Château. Saint-Léger-le-Guérétois. Lépinas. Magnac, près Bourganeuf. Maison-Faine. Maisonnisse. Mansac. Mareille, près Crocq. Marsac. Morterol. Saint-Martin-de-Chargnac. Saint-Martin-Terressus. Mazuras. Mérignac, près Bourganeuf. Moissannes. Montboucher. |
Montégut-le-Blanc. Mourioux. Nailhac. Le Palais. Saint-Pardoux-las-Vaux. Peyrabout. Pontarion. La Pouge. Saint-Priest-Jartoudeix. Saint-Priest-la-Plaine. Saint-Priest-Taurion. Reix, ou Aureix. Retois. Saignhac. La Salle-d’Aureil. Sardent. Sauviat. Savennes. Saint-Silvain. Soubrebost. Saint-Sulpice-le-Donzeil. Saint-Sulpice-le-Dunois. Thauron. Saint-Vaulry. Saint-Victor. Vidaillac. Villard. |
La cure de Bénévent avait pour patron Saint-Barthélémy. C’était les abbés qui y nommaient les titulaires. L’office se faisait à l’autel de Saint-Martial, puis, à partir de 1745, au grand autel du chœur.
Plusieurs vicairies y avaient été fondées par les suivants :
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Pierre Foucaud, abbé de Bénévent, Aubepierre et Varennes, le 8 mars 1509 (vieux style) dans la chapelle bâtie et fondée en 1461 par Louis Foucaud, son oncle et son prédécesseur. Jean Brachet, chevalier, seigneur de Pérusse, 1573, à l’autel de Sainte-Elisabeth. Mathieu Marchandon, prêtre, chanoine de Bénévent, 1584. Silvain de Madot, 1655, à l’autel de Sainte-Marguerite. |
Autre dite de la Madeleine. Catherine Dondaud, à l’autel de Saint-Martial et de Sainte-Croix. Jeanne de Laget, à l’autel de Sainte-Agathe. Autre dite de Malvalaise. Autre dite de Notre-Dame.
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Trois petites chapelles polygonales avaient été ménagées autour de l’abside ; il n’en reste que deux : la troisième, celle du sud-est, a été remplacée au XVe siècle par une chapelle plus vaste en style de l’époque.
Une chapelle semblable à celles de l’abside, se trouve dans chacun des bras de la croix, et l’on voit encore à l’extrémité du bras droit de cette croix, des traces d’une chapelle gothique à deux étages qu’on avait peut-être ajoutée pour servir de sacristie.
Cette église a deux tours : l’une à l’entrée de la grande nef, l’autre sur le croisillon du transept. La coupole de cette dernière à 20 mètres d’élévation intérieure, et celle de la porte 15 mètres 50 centimètres.
Cette église, classée parmi les monuments historiques, a été réparée de nos jours. Le monument y a gagné en solidité, mais a bien perdu au point de vue de l’art. Témoin le fait suivant : « Une erreur de la commission des monuments historiques menace d’être funeste aux souvenirs de l’école d’architecture romane limousine. Déjà le clocher central de Bénévent a reçu de M . Abadie une véritable flèche pictavo-périgourdine, à écailles saillantes, avec petite colonnade circulaire formant lanternon. Nous sommes à peu près certain que pas une flèche de ce genre n’a existé dans le Limousin et dans la Marche. Nous ne saurions trop adjurer nos architectes d’admettre et d’étudier cette école limousine ; ils arriveront ainsi à sauver une des variétés les plus artistiques de l’art roman national. » (Annuaire de l’archéologue français, 1879).
« Nous avions déjà remarqué à Bénévent les prétendus embellissements de M. Abadie ; mais nous nous réservions un peu plus tard, à l’occasion de la prochaine excursion de la Société, de stigmatiser comme il le mérite le sans-façon de cet architecte. Non seulement le clocher a été reconstruit dans un style différent du reste de l’édifice, mais une belle chapelle du XVe siècle, élevée par la famille de Saint-Germain, et monument historique au premier chef, a été démolie sans pitié. » (Léon Palustre, Bull. Monumental, 1878 p 793).
Un hôpital fut fondé à Bénévent en 1678 par Paul Palisson, abbé de ce lieu. Les sœurs de la charité de l’institution de Saint-Vincent-de-Paul, appelées sœurs grises, y furent établies la même année. Les anciens Pouillés signalent une maladrerie de fondation royale dont il n’est rien resté.
On a trouvé à Bénévent une médaille en argent, portant d’un côté une tête tournée à droite, et de l’autre un lion avec ce mot : MASSA. (Bull. soc. Guéret, III, 343).
Au mois de juillet 1814, un particulier de la ville de Bénévent découvrit dans son jardin un pot de terre contenant une soixantaine de médailles romaines en argent et en potin. (JOULLIETTON, I, 58).
Barthélémy Jabely, l’auteur des Commentaires sur la Coutume de la Marche (Paris, 1695), naquit à Bénévent, le 5 septembre 1632, prit l’habit ecclésiastique en 1651, fut avocat au Parlement de Paris et mourut en 1708 (JOULLIETTON, II, 94).
La commune de Bénévent comprend les villages suivants :
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Chabeau. Les Combes. La Côte. Le Grand-Murat. – Deux sépultures gallo-romaines ont été trouvées en 1862 dans un champ situé sur le bord de l’étang de la Touelle près du village du Grand-Murat. Les deux belles urnes qui en proviennent sont conservées au Musée de Guéret. M. de Cessac a publié une intéressante monographie de cette découverte. (Bull. soc. Guéret. III, 483). |
Les Granges. – Il y a un dolmen près de ce village ; il a subi plusieurs mutilations. Maison-Rouge. Le Petit-Murat. Sauzet. Sigoulet.
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Extraits du Dictionnaire Topographique,
Archéologique et Historique de la Creuse.
André LECLER
Réimpression de l’édition de Limoges , 1902
Laffitte Reprints, Marseille 1994