Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 21/11/2023
LE GRAND-BOURG est un chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Guéret comprenant les communes de Chamborand, Fleurat, Le Grand-Bourg, Lizières, Saint-Etienne-de-Fursac, Saint-Pierre-de-Fursac et Saint-Priest-la-Plaine. Sa superficie est de 19,735 hectares, et sa population de 10,460 habitants.
La commune du Grand-Bourg a une population de 3,339 habitants, et une superficie de 7,832 hectares.
Parrochia Sancti Stephani Saloniacensis, vers 1070. (d’Hozier. M. Chamborant. 92). – Parrochiani de Salamaco (sic, lege Salaniaco). 1080. (Gall. christ. nov II. Instr. col. 199). – In burgo Saleniaco 1106. (Ch. de l’Evêché de Limoges). Salaniacensis castri burgus, XIIe siècle. (Labbe Nov. Biblioth. Mss. II. 285. chron. Geof. Vos). – Villa burgi Salaniaci, 1230. (Cart. de Bénévent.) – Ecclesia beati Leoboni de Salanhac, 1302. (Arch. de la Creuse. E. fam. nobles). – Parrochia de burgo Salanhaci, 1333, de Salanhaco, 1336. (Ch. des Ternes). (Capellanus de Salanhac, XIVe siècle (Pouillé). – Parrochia de burco, 1447. (Ch. de la Chapelle-Taillefer). – Rector ecclesiarum burgi Salaniaci, 1451. (Gaignières, 186, p. 56). – Paroisse du bourg de Sallagnat, 1540 (Arch. de M. de Gartempe). – Paroisse du Bourgt de Sallagnac, 1541. (Reg. de Guarin).
Le roi Pépin donna ce lieu à la cathédrale de Limoges, en 766. (Adémar, p. 157. - Duchesne. Hist. franc. script. t. II. p 4 et t III. p 467. – Labbe : Bibl. nov.t. II p. 732). C’était une obédience de la cathédrale de Limoges, où étaient deux prévôts en 1080 (Gall. christ. nov. t. II Instr. col. 199). Il y avait deux églises en 1106. Il ne reste aucune trace de l’église dont il est parlé dans la donation de Pépin, ni de celles qui durent lui succéder et qu’on trouve mentionnées dans quelques documents ; elles étaient dédiées à saint Etienne comme la cathédrale de Limoges, de qui elles dépendaient.
Au siècle dernier, la cure du Grand-Bourg, située dans l’ancien archiprêtré de Bénévent, avait 3,800 communiants (environ 5,070 habitants). Elle avait pour fête patronale l’Assomption de la Sainte Vierge et Saint-Léobon. L’aquilaire de la cathédrale de Limoges nomma à cette cure et le chapitre conféra en 1405, 1457, 1458, 1488, 1492, 1494, 1495, 1496, 1513, 1558, 1559, 1563, 1586, 1590, 1592, 1597, 1604, 1614, 1617, 1620, 1628, 1645, 1656, 1703, 1741. Cependant l’évêque conféra en 1587. 1703.
Il y avait une communauté de prêtres en 1497, 1464.
L’église actuelle du Grand-Bourg a été construite dans la seconde moitié du XIIe siècle. « Elle a la forme d’une croix latine à nef unique divisée en cinq travées. Sa voûte ogivale est sur arcs doubleaux et nervures rondes retombant sur des colonnes groupées par trois, et coiffées d’un chapiteau orné de feuillages. Les baies sont à plein cintre, longues, étroites, entourées par une moulure à l’intérieur et à l’extérieur. Son chevet plat est percé de trois fenêtres dont celle du milieu est plus élevée. A l’intérieur, une corniche fait le tour de cette église au-dessous des baies, en cerclant au passage les colonnes engagées. Au dehors une ceinture de modillons supporte la corniche qui rampe sous le toit.
« Le portail est placé au fond de la nef sur le côté nord. Il est décoré de voussures ogivales en retraite, supportées par des colonnettes à chapiteaux couverts de personnages à droite et de crochets à gauche, comme dans beaucoup d’églises du département de la Creuse. Un trumeau partage cette porte en deux baies ogivales à l’extérieur, à plein cintre à l’intérieur.
« A côté d’une petite porte de service touchant le transept nord, et par conséquent du même côté que le portail, une arcade ogivale creuse extérieurement le mur de l’église. Cet arcosolium d’environ 1 m. 70 sur 0 m. 60 de profondeur et 0 m. 80 d ’élévation au-dessus du sol extérieur, devait contenir autrefois une statue tumulaire aujourd’hui disparue. Un arcosolium s’abaissant jusqu’au sol, sans dalle tumulaire a été construit en dehors du mur entre le précédent et la grande porte d’entrée ; il paraît de la même date que le premier ; tous deux en effet sont entourés de la même moulure qui cercle les fenêtres de l’église. Les siècles suivant ont ajouté à cette édifice deux chapelles, l’une au-dessous du transept de droite, l’autre au-dessus du transept de gauche. La première, du XVe siècle est dédiée à la Sainte-Vierge, la seconde en style ogival du commencement du XVIe, était la chapelle des seigneurs de Masgilier.
« Enfin le XVIe siècle ou XVIIe siècle a soudé à l’extrémité occidentale de la nef une grande tour carrée en moellon, un peu plus large que cette nef. Au-dessus s’élève une tour octogone en charpente très élevée, que surmonte un dôme couronné d’un lanternon plein. Sur les quatre angles de la tour carrée, de petites tourelles semblables à la grande servent de passage de la forme rectangulaire à la forme octogone.
« Au fond du transept Nord, une pierre tumulaire en calcaire posée sur une base moderne en granit, représente dans ses habits sacerdotaux maître G … curé de Salagnac, et chanoine de Limoges, mort le 13 des kalendes de décembre 1227, qui, d’après son épitaphe bâtit l’église où reposait son corps. Cette église était celle de saint-Léobon, solitaire mort en ce lieu, collatérale à la grande, déjà en ruines à la fin du siècle dernier et dont j’ai vu disparaître les derniers vestiges en 1851. » (P. de Cessac. – Le Grand-Bourg-de-Salagnac.)
L’église du Grand-Bourg est ornée d’un autel en marbre, donné par le roi Charles X en 1830.
Deux cloches pesant 4,512 livres furent prises au Grand-Bourg, en vertu de la loi du 23 juillet 1793.
Cette église possède une pièce d’orfèvrerie du XIIIe siècle, dite Reliquaire de Saint-Léobon. C’est une planchette de chêne haute de 0,32 centimètres, et large de 0,16, recouverte de plaques de cuivre, gravées au trait et incrustées de dorure. Au milieu est fixée la statue de Saint-Léobon en argent repoussé, haute de 0,20 centimètres. Il est probable que ce reliquaire est formé avec les débris d’une châsse.
Les curés dont les noms sont connus sont les suivants : G … (probablement Gérald) en 1277. Louis de Saint-Marc, 1366-1405. Martial Boyol, 1470. Léonard Boyol, 1506. Gabriel Jupille, 1740. Farne nommé en 1742. Jean-Baptiste Juge de Saint-Martin, en 1778, 1790. Etienne Jupille-Boisverd, 1803, 1814. François-Louis-Antoine-Marie de Coustin du Masnadaud, 1814, 1818. Raymond, 1818, 1828. François-Léonard Grenat, 1828, 1866. Noël, 1867, 1887. Gras, 1887.
Saint-Léobon, était une chapelle qui tombait en ruine à la fin du siècle dernier. Un document nous montre le curé du Grand-Bourg en prenant possession en 1563. Elle avait pour patron saint-Léobon, solitaire, mort en ce lieu, le 13 octobre 529. Au temps de Geoffroy du Vigeois et au siècle de Bernard Gui, on y possédait ses reliques. Un manuscrit de la cathédrale dit que son chef y était vénéré en 1405.
Cette chapelle de Saint-Léobon avait été bâtie par maître G … (probablement Gérard), curé de Salagnac, et chanoine de Limoges, mort en 1277 ; il y fut enterré, et sa pierre tumulaire se voit aujourd’hui dans l’église paroissiale. Elle est en calcaire et « représente en relief un prêtre dans l’attitude du sommeil. Sa tête appuyée sur un coussin est dominée par un dais à arcatures ogivales délicatement et profondément fouillées. Une large tonsure n’a laissé sur son front que de courts cheveux bouclés. Ses mains croisées sur sa poitrine sont gantées ; à son cou est pendue une croix à double traverse.
« La longue aube dont il est revêtu est recouverte d’une chasuble antique que ses bras relèvent des deux côtés en plis gracieux et qui se termine autour du cou par un col rabattu. L’étole et le manipule sont à peine élargis par le bas. Les pieds reposent sur un dragon dont la tête a disparu.
« Cette statue grande comme nature est d’un ciseau habile.
« Sur la tranche de la pierre se lit l’inscription suivante, gravée en gothique arrondie sur une seule ligne, et en partie cachée aujourd’hui :
HIC. JACET. MAGR. : G : CAPLLS : DE SALAN. CAN. LEM. QI. EDIFICAVIT. ECCLAM. ISTA. QI. OBIIT : XIIIo KL DECEB. AN DI MCCLXXVIIo CUJs AIA REQIESCAT. I. PACE. DICATIS, PAT. NOST.
Ci-gît maître G. curé de Salagnac, chanoine de Limoges, qui a bâti cette église et qui est mort le 13 des calendes de décembre de l’an de N. S. 1277. Que son âme repose en paix. Dîtes pour lui un Pater Noster. » (P. de Cessac. – Le Grand-Bourg de Salagnac).
En 1745, l’évêque de Limoges ordonna la destruction de l’église de Saint-Léobon, qui, trois ans auparavant, en 1741, avait été dévastée, lorsqu’on pava la grande église des dalles enlevées à celle-ci ; elle menaçait ruine et d’ailleurs était inutile. Sous l’empire on en acheva la destruction pour construire de ses pierres la maison actuellement occupée par les religieuses du Verbe incarné.
Sous un vieux et beau tilleul près du portail de l’église paroissiale on voit encore l’ancien ambon ou chaire de l’église de Saint-Léobon. C’est un bloc de granit à huit pans qui devait être surmonté d’une balustrade en fer. Aujourd’hui on y dépose les cercueils avant leur entrée dans l’église.
On a recueilli au Grand-Bourg de Salagnac et en différents endroits de la commune, quelques débris des temps préhistoriques tels que couteaux, pointes de flèche, en silex et des haches de pierre. On peut encore signaler le souterrain-refuge de Langlard, et la villa de l’époque romaine, qui a été découverte près des dernières maisons du bourg, en construisant la route de Fursac. C’est peut-être là qu’a été pris le cippe funéraire portant l’inscription :
D M ET M
CARIGO
… AE VI
VA PONEN
DVM CV
RAVIT
C’est au Grand-Bourg qu’a été trouvée une monnaie romaine en argent, qui d’un côté porte une tête radiée, à droite avec ces motifs : VALERIANVS P . F. AVG., et au revers, le soleil avec : ORIES AVG.
Le cartulaire de Bonlieu, par M. Deloche, indique le Grand-Bourg de Salagnac, comme le chef-lieu d’une vicairie. M. Thomas a montré que le mot Selabunac qui la signalait a été mal lu ; c’e st Sclabonac, et on doit placer cette localité, chef-lieu d’une simple vicairie administrative du XIIe siècle dans les environs de Bellac.
En 1549, le duc des Deux-Ponts à la tête des troupes allemandes qu’il amenait au secours des Calvinistes, passa au Grand-Bourg et en dévasta l’église.
En 1618, Jean Tiercelin, seigneur de la Chapelle-Baloue, maréchal des camps et armées du roi, dans une rixe avec les habitants du Grand-Bourg pour le logement de sa troupe, brûla quelques maisons et fit périr beaucoup de monde.
Deux localités voisines portent le nom de Salagnac. L’une sur la rive droite de la Gartempe, avait pour centre le château de Salagnac, maintenant en ruine, en dont il est parlé plus loin. L’autre sur la rive gauche, à deux kilomètres en amont de la première, est le chef-lieu de la paroisse dont nous venons de nous occuper. Une vieille borne encore debout, plantée sur le bord de la rivière, auprès d’un pont du moyen-âge détruit en 1847 servait de limites à ces deux seigneuries distinctes.
Segundelas, où l’abbaye de Bénévent fut fondée en 1028 et Segundeletas où elle fut transférée en 1051, étaient de la paroisse du Grand-Bourg, ainsi qu’à Eyglayères, où la cathédrale de Limoges permit au curé de Salagnac de bâtir une église le 5 juin 1493, et cette dernière localité est devenue en 1746 la paroisse de Lizières.
Les villages qui composent la commune du Grand-Bourg sont :
Près de La Barde, existait un tumulus de l’époque gallo-romaine qui a été détruit en 1850.
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Au siècle dernier, le manteau d’une cheminée du château de Salagnac portait l’inscription romaine suivante : … AE. SVORVM, SVLPIECT … VLPSC AVPICO APINOSSOELJI … VENILAE, AEDEN CVM SVIS DO … DIMVS. La pierre où elle était, alors brisée, a été perdue depuis. La copie de ce texte est fautive, et rend toute restitution incertaine. Il s’agit très probablement de la dédicace d’un temple avec ses ornements oedem cum suis ornamentis. Vraisemblablement l’inscription commençait par la formule pro salute sua et se terminait par celle-ci domo dat. Le dédicant portait probablement le gentilice Sulpicicus. (Florian Vallentin, Epigraphie gallo-romaine). En face des ruines du château de Salagnac, on voit de l’autre côté de la Gartempe, sur une hauteur dominant les environs, un camp parfaitement conservé. C’est un parallélogramme entouré d’un rempart de terre et d’un fossé dont les déblais ont été jetés du côté du camp pour en augmenter la défense. Ce camp ressemble de tout point à la description données par les auteurs des camps romains.
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