Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 17/02/2025
GUERET, ancienne capitale de la Haute Marche, aujourd’hui chef-lieu du département de la Creuse (1), comprend dans l’arrondissement qui porte son nom les cantons d’Ahun, Bonnat, Dun, Le Grand-Bourg, Guéret, La Souterraine et Saint-Vaulry. Sa superficie est de 166,347 hectares, et sa population de 100,087 habitants.
Le canton de Guéret se compose des communes d’Ajain, La Chapelle-Taillefer, Glénic, Guéret, Jouillat, Ladapeyre, Saint-Christophe, Sainte-Feyre, Saint-Fiel, Saint-Laurent, Saint-Victor, La Saunière et Savennes. Il a 25,011 hectares de superficie et 19,562 habitants.
La commune de Guéret compte 7,799 habitants ; sa superficie est de 5,565 hectares.
Locus qui vocatur Waractus, Warecus, VIIIe siècle (Labbe, Nov. Bibliot. Mss., II, 600. Vita Sti Pardulfi). – Castrum de Garait, vers 1150. Prior de Garait, 1180, 1200. Garac, 1189. (Cart. de Bonlieu.) – Garactum, vers 1192. (Cart. de Bénévent.) – Coenobium Garactense. Garactensis ecclesia, XIIe siècle. (Labbe, Nov. Biblioth. mss., II, 281, 285. Chron. Gauf. Vos.) – Garait, vers 1250. (D’Hozier, Généal. De Chamborant.) – Garactum, 1261. (Cart. d’Aubepierre.) – Apud Garectum, 1285. (Baluze, Miscell, I, 282.) – Castellania de Guaracto, 1299. (Ch. de la Chapelle-Taillefer.) – Guaractum, 1308, 1316 (idem). – Castellania de Garacto, 1323. (Cart. d’Aubepierre.) – Baylia de Garacto, 1323. (Ch. des Ternes.) – Baillia de Garacto, 1332. (Cart. d’Aubepierre.) – Prior de Garacto, 1336. (ch. du prieuré de Guéret.) – Guaret, 1373. (Cart. d’Aubepierre) – Prior de Garacto, XIVe siècle (Pouillé). – Capellanus, Villa de Garacto, 1402, 1424. (Ch. des Ternes.) – Garet, 1406, 1424, 1436, 1445, 1446. Guaret, 1406, 1446. (Archives de Guéret.) – Garactum, 1412, 1429. (Ch. de la Chapelle-Taillefer.) – paroisse de Garet, 1417. Terr. de Montbut.) – Garet, 1420. (Terr. de Guéret.) – Guaret, 1434. (Arch. de M. Jorand.) – Castellanus de Garecto, 1436. (Cart. d’Aubepierre.) – Garait, 1436. (Arch. de Guéret.) – Guéret, 1447, 1603. (Arch. de Guéret.) – Baylivia Guaractensis, 1447. (Ch. de la Chapelle-Taillefer.) – Guéret, 1451. (Terr. de Monbut.) – Garet, 1462. (Sénéchaussée.) – Garest , 1483. (Terr. de Monbut.) – Garet, 1509. Guéret, 1510. (Ch. de la Chapelle-Taillefer.)
Lantarius, comte de Limoges, y fonda un monastère vers l’an 700 et y mit pour premier abbé Saint-Pardoux, qui y mourut en 737 (Act. SS. Benedict.). Saint Pardoux ui donna tant de réputation avant et après sa mort, qu’il s’y est formé une ville (Mabill. Annal. An. 735 et 737).
Le prieuré régulier de Guéret avait pour patrons Saint Pierre et Saint Paul. L’abbé de Saint-Savin du diocèse de Poitiers y nommait les titulaires en 1616, 1662, 1758 ; Hugues de Ladapeyre était prieur de Guéret en 1180 ; François Barton en 1521 ; Guillaume Barton en 1560 : IL résigna en faveur de Jean de Neuville ; Jean Taquenet en 1661 ; Charles-Benigne Hervé, évêque de Gap en 1667 ; N… Couturier de Fournoue était prieur en 1783.
La cure était en ville murée, dans l’ancien archiprêtré d’Anzème. A la fin du siècle dernier, on y comptait 3,600 communiants (environ 4,800 habitants) ; elle avait pour patrons les mêmes saints que le prieuré. Le prieur de Guéret nommait les curés en 1695, 1691 ; l’abbé de Saint-Savin en 1659, 1691, 1734, 1762.
Les curés de Guéret dont les noms me sont connus sont : Jean Barton de Montbas I, qui fut évêque de Limoges, était curé de Guéret en 1443 ; J Bouchet, 1635 ; Antoine Lejeune, 1695 ; Dubreuil de Ville, 1747 ; Mornac, nommé en 1761 ; Yves-Valérie de Chatillon, qui meurt en 1786 ; Paul-Ambroise Sudre, nommé en 1786 ; Joseph Dufénieux, en 1803 ; Jarrit-du-Theil, en 1809 ; Etienne Pic, en 1829 ; Théobald Neveux, en 1852 ; Mounier, en 1871 ; Rebère de Cessac, en 1875.
Une communauté de prêtres existait dans cette paroisse en 1500.
La confrérie du Rosaire fut fondée dans l’église paroissiale, à l’autel du Rosaire, près le chœur, 1650, 1683.
Les confréries de Saint-Sacrement, de Saint-Pierre et de Saint-Paul étaient aussi dans l’église paroissiale. Un arrêt du Parlement du 3 septembre 1669 ordonnait que les officiers du présidial de Guéret marcheraient dans les processions publiques, immédiatement après le clergé, avant les consuls et les confrères du saint Sacrement et de saint Pierre et de saint Paul.
De nombreuses vicairies furent fondées dans cette église :
Hugues Le Brun, comte de la Marche et d’Angoulême en fondait une par codicille du jeudi après l’octave de Notre-Dame d’août 1302 (Bibl. nat. Ms. 6010, p. 563.)
Martial Reydier en fonda une à l’autel de Saint-Jacques. N… Reydier, marchand, y nommait un titulaire en 1514.
Jean Taquenet, une à l’autel de la Trinité à laquelle les aînés de ses héritiers devaient nommer. Ce furent : Jean Taquenet, écuyer, sieur de la Roche, élu au haut pays de la Marche en 1513, 1559, 1560. Sieur de la Motte et de la maison du Bost, premier élu au comté de la Marche, 1576. Louis, sieur de la Motte-Vilardon, Viletot et Glenic, 1602, 1613. Fiacre, 1638. Antoine, 1660. Gabriel, 1701. Jacques Rollin, écuyer, sieur de Fougères comme tuteur des enfants de Charles Taquenet, écuyer, sieur de Lavaud de Villeli, avec Jacques Tacquenet, fils dudit Charles et de Silvine Rollin du lieu du Cros, paroisse de Sain-Laurent, 1701.
Jean Taraneua en fonda une à l’autel de saint Sébastien. N… Simonneau, marchand, y nommait en 1570.
Deux fondées par Jean Barton, chevalier, seigneur de Lubignac, chancelier du Dauphiné, de Viennois et du comté de la Marche, approuvées par Pierre Barton, chevalier, vicomte de montbas, conseiller du roi et son chambellan, chancelier du comte de la Marche ; spiritualisées le 22 janvier 1490, vieux style. La première était à l’autel de saint Jean-Baptiste. Les héritiers qui y nommèrent furent : Pierre Barton, écuyer, seigneur de Montbas en 1514, 1515. Seigneur de Lubignac, paroisse d’Arnac-la-Poste. Et de Fayolle sur celle de Guéret, 1585. Chevalier de l’ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, vicomte de Montabas, Lubignac, le Deffen, 1601. Claude, chevalier, seigneur de Fayolle, 1655, 1671, 1681. Antoine de Pouthe de la Rocheaymon, écuyer, seigneur de la Ville du Bois et du Cheyroux, comme héritier de Jeanne Barton de Montbas et Catherine Doyron, sa mère, veuve de Jean-François Barton de Montbas, brigadier général de cavalerie dans les armées du roi, avec Anne Doyron, sœur de Catherine, 1734. Frogier de Villerambault, sieur de Rissac de Fayolles, 1736. Ses filles, comme seigneurs de Fayolles, 1744, Gabriel de Laval, écuyer, sieur de Muratel, paroisse d’Ars, comme marie de Jeanne-Marguerite-Hyacinthe Frogier de Villerambaud, dame de Fayolles, 1758, 1763. Pierre-claude de Pouthe, chevalier, seigneur du Chiroux, paroisse de Peyrat-l’Annonier, ancien capitaine au régiment royal Barrois, Gaspard de Pouthe, gentilhomme de Sa Majesté Polonaise, Antoine de Pouthe, frères, Marguerite de Pouthe femme de Jean-Henri de la Porte, chevalier, sieur de Peury, Orgnac, paroisse de Saint-Dizier près Chénérailles ; Agathe de Pouthe, veuve de Guillaume du Peyroux, chevalier, sieur de la Pouze, Gaspard-Amable de Ponthe, chevalier, sieur de la Ville du Bois, tous comme seigneurs de Fayolles, 1758, Marie-Anne-Marguerite Forien, comme femme de Pierre-Louis-Jean Barton, chevalier, vicomte de Montbas, baron d’Oranville, etc., de la ville de Bellac, comme descendant des fondateurs, 1758.
La seconde vicairie fondée par le même, spiritualisée le même jour, 22 janvier 1490 (1491), était dans la chapelle de saint Antoine et saint Sébastien, en l’honneur des saints Denis, Antoine, Léonard et Eutrope. Le titulaire y était nommé par Pierre Barton, chevalier, en 1557, 1561, François en 1597, Claude en 1663, 1669, 1671, Jean avec Catherine en 1700.Antoine de Pouthe, 1730. Frogier, 1736, ses filles, 1744 et quelques autres qualifiés plus haut. Gabriel de Laval, chevalier, maître particulier des eaux et forêts dans la baronie de Montégut en Combraille, 1768.
Autre dite de saint Loup, dans le cimetière.
Autre dite de saint Eutrope (supra) dans la hapelle du cimetière.
Thomas Delli ou Deaux et Marguerite Autort, sa femme, fondèrent une vicairie qui fut augmentée par Jean et autre Jean, leurs fils et petits-fils, et spiritualisée le 25 janvier 1491, vieux style. Elle était à l’autel de saint Martial alias sainte Anne. L’aîné de la famille, en ligne directe, devait y nommer. Bonniaud, procureur, prétendait nommer en vertu d’une donation à lui faite en 1715 ; il fut débouté de ce droit par arrêt du parlement de Paris du 29 juillet 1748. Raquet en 1577. Déaulx, bachelier es-lois, 1521. Seigneur de Champmillon et de Montléonard, 1514. Autre, 1570, 1577, 1580 ; marchand, 1592, 1610, 1644, 1651, 1688 ; huissiers, 1719 ; femme de Pateron, bourgeois, 1753 ; tous deux, 1762.
Autre dite de saint Barthélemy.
Une fondée par Garron à l’autel de la Sainte-vierge et saint Denis. N… Garron, femme de Paris, y nommait en 1564. Garron, notaire royal, 1564, procureur, 1598. Elle fut unie à la communauté des prêtres vers 1660.
Autre dite de sainte Berthe.
Deux, par Pardoux Victon, curé de Saint-Pardoux-des-Cars, prêtre de la ville de Guéret, le 3 février 1548.Au grand autel et à celui du Crucifix, alias de la Sainte-Vierge. Le curé, et en son absence le vicaire, conférait ce bénéfice auquel nommaient Voisin et ses successeurs les plus anciens de sa race. C’étaient : Voisin, veuve de Faure, marchand, en 1722, Voisin bourgeois du bourg de Saint-Victor, 1722, du bourg de Montégut en 1763. Vallanier, marchand du bourg de Sainte-Feyre avec sa sœur, aussi en 1763.
Autre à l’autel de saint Michel, à laquelle nommait noble Jean de Brunhac, damoiseau, en 1481 ; noble François de Guéret, avec Nicolas de Mornays, écuyer, sieur dudit Brugnac, paroisse de Sainte-Feyre et de Gorse, 1562. Jean de Mornays, écuyer, sieur dudit Brugnac, 1598, 1603.
Autre dite de saint Guillaume ou Plantadis.
Autre dans la chapelle de la Rodde, à l’autel de la Sainte-Vierge. Garron, sieur de Seglières, comme sieur de la Rodde, conseiller à Guéret, y nommait en 1600. Tourniol de la Breuille, maître particulier des eaux et forêts de la Haute et Basse-Marche, 1764.
Autre dite des saints noms de Jésus, Marie, Joseph, fondée par Isaac Chorlon, sieur de Rioux et de Cherdemont, à l’honneur de Jésus, Marie et Joseph. Le fondateur y nommait en 1666.
Autre dite les Chasdeaux.
Saint-Silvain, oratoire du temps de saint Pardoux était une simple chapelle au siècle dernier, qui avait pour patron saint Silvain d’Ahun. La confrérie de la Nativité y était en 1605 et 1609. La compagnie des pénitents noirs y était établie en 1673.
Les religieuses de la Visitation Sainte-Marie, sorties de celles de Metz, s’établirent à Guéret dans le château des Moneyroux, le 2 octobre 1636. Peu d’années après elles représentèrent qu’à raison du petit nombre d’ecclésiastiques qui eussent les qualités requises pour les assister, elles se trouvaient le plus souvent destituées des secours spirituels ; que l’air et les eaux de la ville leur étant contraires, elles étaient ordinairement malades, et ne trouvaient personne qui voulut les assister en la conduite de leurs affaires temporelles. Elles prièrent l’évêque de Limoges de les laisser aller à Périgueux, où on les avait déjà reçues, et d’emporter leurs biens. Ce qui leur fut permis le 15 décembre 1640. Elles quittèrent au mois de janvier suivant.
La chapelle de Notre-Dame, qu’occupèrent ces religieuses était attenante au château des Moneyroux. Deux vicairies y furent fondées par noble Pierre Alart, écuyer, sieur en partie de Moneyroux et de la Prugne, marié à Marie Barton, et fils de noble Antoine Alart, conseiller du roi, sieur desdits lieux, et de Marguerite Bionchaude, le 12 avril 1494. L’héritier du fondateur devait en nommer le titulaire, et, à son défaut le plus ancien de sa race. Ce furent : Philippe de Billon, secrétaire du roi en 1514 : écuyer, capitaine de la ville de Guéret, comme sieur de Moneyroux en 1555 ; sieur de la Rodde, 1565.Catherine Lescuyer, veuve de noble Jean de Billon, conseiller, maître de la chambre des comptes en 1565. Faure, élu au comté de la Marche, 1571, 1573, 1576. Noble Etienne Faure, licencié es-droits, seigneur de Prugnies, Noziers et la Chassagne, paroisse de la Dapeyre, élu et avocat, 1594, 1612. René, écuyer, sieur de la Chassagne, trésorier en la généralité de Lyon, avec noble Gilbert, son neveu, 1610. Noble Jean Vallanet, sieur de la Ribière, conseiller du roi et de la reine, lieutenant particulier à Guéret, 1612, 1625, 1630. Religieuses de la Visitation ci-dessus, 1640. Gabriel Tourniol, écuyer, sieur du Bouchet, président, 1666. Antoine, sieur du Rateau et de la Rebière, 1671. Item, 1737, 1742. Marie de Tourniol, femme de Rogier, sieur des Essards et du Buisson, lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial de Limoges, nomma à l’autre en 1727. Guillaume, écuyer, secrétaire du roi, et son avocat au présidial, comme propriétaire du château de Moneyroux, nomma à toutes deux en 1764.
Saint-Aubin était une basilique où Saint Pardoux fut enterré.
Saint-Pardoux était une annexe du prieuré en 1570, et avait pour patron saint Pardoux, abbé. La compagnie des Pénitents-Noirs, établie en 1673 à Saint Silvain, s’y retiré en …
Vicairie pour les prisonniers, dite des prisons, fondée par Catherine Jabreilhac, veuve de Jacques Chastenet, sieur de Bouissioux, le 11 mars 1647. Augmentée par la même, femme de noble Jean Garreau, sieur de PLanchaud, conseiller à l’élection, pour un prêtre de la paroisse, le 9 mai 1669.
L’évêque de Limoges y nomma en 1686, 1689. Les prêtres de la communauté en firent ensuite le service.
Saint-Cloud, dans l’ancien cimetière, puis au siècle dernier dans l’église, était une chapelle en 1474. (Gall. christ. Nov., t. II, col. 1498.)
Le Breuil-près-Guéret. – Chapelle sous le patronage de Notre Dame de Pitié, et de saint Guillaume, archevêque.
Vicairie fondée par Pierre (Guillaume) Rogier, bourgeois et marchand dans l’église paroissiale, spiritualisée le 25 ou 31 mai 1513. Les héritiers y nommaient : N…Rogier, 1513.
Vicairie fondée par Guillaume Rougier, à laquelle nommé N… Rougier, sieur de Joncel et de la Pigue en 1555 ; Giraud, sieur du Mas, paroisse de Sainte-Feyre, avec autre dame de Jouet, 1580, 1586, 1592 ; du Plantadis, avec la même ; Ducherbeyton et Fillioux, avocat, comme tuteur des enfants du sieur du Mas, 1599 ; Anne Moreaux, veuve de Jean Seiglière, écuyer, sieur du Breuil, et tutrice de Françoise, leur fille, 1656 ; Jeanne Texier, dame de Jouhet, Louchapt et Bailiers, 1660 ; du Plantadis, dame Jouhet, 1691 ; Gilbert-Timoléon de Seiglière du Plantadis, écuyer, sieur de Jouhet et de Luchat, ancien vice-sénéchal de la Marche, de Montégut et Combraille, lieutenant en la sénéchaussée générale de Bourbonnais, au département de Guéret, 1731 ; avec Françoise Bonnet, 1762 ; Etienne de la Seigliière, chevalier, sieur du Breuil, 1768.
Frères mineurs récollets, établis en 1616, de la Province de la Conception immaculée. A la fin du siècle dernier, ils étaient huit prêtres, six étudiants et deux frères.
Sœurs hospitalières de la charité, sorties de celles de Riom en Auvergne, sous la règle de Saint-Augustin. Etablies le 5 février 1665, et lettres patentes de 1667. A la fin du siècle dernier, elles étaient vingt-huit et quatre converses. La supérieure était élue tous les trois ans.
Clercs réguliers de la Congrégation de Saint-Paul, alias Barnabites, établis en 1699.
Jésuites établis par lettres patentes du mois de novembre 1710.
Sœurs de l’instruction chrétienne, dites de la Croix, sorties de celles de Limoges, établies par acte du 13 août 1722.
Compagnie des Pénitents-Blancs, établie en 1626, dans l’église de Saint-Pardoux. Ils obtinrent le 4 août 1667, du prieur de Guéret, Charles-Bénigne Hervé, évêque de Gap, l’autorisation de faire construire une chapelle attenante à Saint-Pardoux, autorisation dont ils ne profitèrent pas, car ils jetèrent, cette même année, les fondements de leur chapelle sur l’emplacement où s’élève aujourd’hui le théâtre. Elle fut bâtie en 1668. Le chapitre de la Chapelle-Taillefer s’y transporta en 1763. La fête patronale était l’Assomption de la Sainte-Vierge.
Notre-Dame-de-Lorette, aussi chapelle rurale, près de Maupuy.
Il existait une aumônerie en 1673.
La chapelle actuelle des sœurs de la Providence a été consacrée le 21 juin 1892.
Au temps de saint Pardoux, il existait à Guéret deux églises : l’oratoire de Saint-Silvain et la basilique de Saint-Aubin. Cette dernière servit d’église paroissiale. Elle fut remplacée au XIIe siècle par l’église dédiée à saint Pierre et saint Paul, dont le plan primitif était une croix latine, rendu méconnaissable par les nombreuses additions et transformations qu’il a subies dans le cours des siècles .Cette église est savamment décrite par M.P. de Cessac dans une brochure intitulée : Quelques notes sur l‘église paroissiale de Guéret, (1878, in-12). Aujourd’hui M. l’archiprêtre de Guéret fait réparer, ou plutôt reconstruire cet intéressant monument.
L’église de Guéret possède : une croix reliquaire qui semble dater des premières années du XVe siècle ; elle contient une parcelle du bois de la vraie croix ; un buste en argent qui contient quelques reliques de saint Pardoux ; un reliquaire moderne où sont des reliques des deux patrons, saint Pierre et saint Paul, obtenues de Rome en 1834.
On conserve au Musée de la ville le buste en ivoire de saint Pardoux, incrusté de pierres fines. La face qui était en argent fut enlevée en 1793 et remplacée par un masque en fer blanc. Sur la poitrine de ce buste sont deux écussons, dont un porte la date de 1510, coupée en deux par une clef à panneton en croix mise en pal; l’autre est chargé d’un lion à la reposée, appuyé sur une branche de laurier à dextre. Si les premières armes peuvent être celles du prieuré de Guéret, qui était sous l’invocation de saint Pierre, les secondes sont bien certainement celles du donateur.
Après son église paroissiale, dont M. Geay, architecte diocésain, dirige en ce moment les réparations, le seul édifice de Guéret qui frappe le visiteur est l’hôtel des Moneyroux, appelé à tort château des comtes de la Marche. Cet hôtel fut construit après 1447 par Antoine Alard, seigneur de Moneyroux, trésorier du comté de la marche. Pierre Alard y ajouta la petite chapelle qui termine l’aile de l’ouest, et y fonda en 1474 deux vicairies dont il est parlé plus haut. La seconde partie de ce château fut bâtie en 1510 et 1522 par Pierre Billon. La veuve de Jean Billon le vendit en 1568 à Louis Faure, seigneur de Prugnes. Gilbert Faure le céda en 1612 à Jean Vallenet, sieur de la Ribière. En 1636, François Vallenet le vendit aux religieuses de la Visitation dont il est parlé plus haut. Etienne Tournyol, sieur du Bouchet et du Rateau, l’acquit de ces religieuses en 1642. (Congrès archéologique de Guéret, p. 52.) Il était encore en la possession des descendants de la famille Tournyol lorsque le département en fit l’acquisition en 1892 pour y installer l’Inspection académique les Archives et le service de la voirie.
Voici la description qu’en donne M. Auguste Bosvieux dans les Mémoires de la Société des sciences naturelles de la Creuse : « L’hôtel (tel qu’il subsiste aujourd’hui) est formé de deux parties bien distinctes : un long corps de logis tourné au nord et parallèle à la rue, et une aile au couchant formant angle droit avec la façade principale. Voilà pour le plan général. L’aile occidentale, la seule vraiment monumentale, se compose de deux étages élevés au-dessus d’une galerie ouverte et recouverts d’une haute toiture en forme de pavillon. Chaque étage est éclairé par trois fenêtres rectangulaires qu’encadre un double cordon, dont l’arrête aiguë se profile vigoureusement sur les assises régulières et polies de la paroi, pour se terminer à son sommet en grappe de crochets. La galerie qui tient lieu de rez-de-chaussée s’ouvre sur la cour par trois arceaux presque cintrés ; elle sert de base à la cage de l’escalier qui occupe toute la partie antérieure du bâtiment, et qui donne accès aux chambres établies toutes sur le côté opposé. Ainsi se trouve remplacée cette inévitable tour de la vis ou de l’escalier, dont on n’avait pu se dispenser jusqu’ici et qui faisait racheter par des ascensions bien fatigantes l’aspect pittoresque et militaire à la fois que lui devaient des habitations d’ailleurs extrêmement modestes… L’œil est attiré par cette espèce de tourelle qui masque si heureusement l’angle des deux ailes et le commencement de la façade, dont la fenêtre se détache coquettement avec son pignon aigu et ses gerbes de crochets sur la masse de la toiture. »
Dans une très intéressante notice, publiée récemment dans les mêmes Mémoires par M. Fernand Autorde, archiviste, nous détachons les lignes suivantes ; « Masqué par une haute terrasse, ne se distinguant des bâtiments voisins, au niveau des toits, que par le clocheton délabré de sa chapelle et son lourd campanile, l’hôtel des Moneyroux jusqu’à ces derniers temps attirait peu l’attention des curieux ; mais, depuis qu’il apparait à distance précédé d’un élégant jardin, un changement complet s’est produit soudain et comme par enchantement dans l’opinion publique. Chacun se plaît aujourd’hui à en reconnaître la gracieuse architecture, et il n’est pas douteux, après les démarches pressantes faites par M. de Joly, préfet de la Creuse, que les intéressantes particularités de style qui distinguent cet édifice, ainsi que le mérite de l’ensemble, lui feront trouver place officiellement, sans tarder, au nombre des MONUMENTS HISTORIQUES, qui forment le patrimoine national de l’art française. »
Nous ajouterons que c’est par les soins de M. SAUVANET, architecte du département, que l’édifice a été fort heureusement approprié à sa nouvelle destination. On pourra voir dans la notice de M. Autorde deux gravures de M. Mazet, représentant l’hôtel et la chapelle, une phototypie reproduisant la belle cheminée du 1er étage, celle des Archives, et enfin des croquis de M. Belleron, reproduisant les peintures qui décorent la hotte de la cheminée du second étage, celle de l’Inspection académique.
La ville de Guéret eut une charte d’affranchissement, donnée à Montaigut-en-Combraille, le 22 juillet 1406, par Jacques II de Bourbon, comte de la Marche, moyennant 20 livres tournois de redevance annuelle. Il lui céda aussi, le 6 septembre 1424, la forêt de Chabrières pour 15 livres de rente et 200 écus d’or payés comptant. La commune de Guéret, alors constituée, prit pour armes une forêt et un cerf, que l’on blasonne aujourd’hui d’azur à trois peupliers de sinople sur une terrasse de même, au cerf d’or passant sur le tout.
En 1434, Bernard d’Armagnac au nom de son père, roi de Sicile et comte de la Marche, rend une ordonnance pour l’établissement des fossés et fortifications de Guéret.
Le roi Charles VII fut reçu deux fois à Guéret ; en 1438 (v.s.) et en 1440.
Le 27 avril 1521, Pierre de Bourbon, comte de la Marche, fit publier à Guéret les nouvelles Coutumes de la Marche.
En 1590, Guéret fut enlevé aux Ligueurs par les troupes royales qui se trouvaient dans la Marche.
Le 6 novembre 1635, eut lieu l’installation du présidial de Guéret.
Un édit de mars 1514, vérifié au Parlement le 30 avril 1516, rendit sédentaire à Guéret la sénéchaussée de la Haute-Marche, jusqu’alors ambulatoire. En 1789, cette sénéchaussée renfermait dix châtellenies.
Voici la liste des fiefs mouvants du roi dans la châtellenie de Guéret, d’après une pièce des archives de la Creuse :
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(Archives de la Creuse. – B.F. 65.) |
On a recueilli à Guéret des monnaies romaines en assez grand nombre parmi lesquelles on peut citer d’après M. Dugenest : un moyen bronze : ANTONIA AVGVSTA. Tête à droite. – Au revers : TI. CLAVDIVS CAESAR AVG P M. TR.P.IMP. L’empereur debout couvert d’un pallium. Dans le champ s.c.
Une pièce d’or : NERO CAESAR AVGVSTVS. Tête laurée à droite. Au revers : AVGVSTVS AVGVSTA. Deux personnages debout.
Un moyen bronze : T. CAESAR IMP. AVG. F.TR.P. COS. VICENSOR. Tête laurée à droite. Au revers : JVDEA CARTA. Femme assise sous un palmier, derrière elle un trophée. Dans le champ : s.c.
Une pièce d’or : D.N. ARCADIVS P.F. AVG. Tête diadémée à droite. Au revers : VICTORIA AVGGG. L’empereur debout tenant le labarum et une victoire et foulant aux pieds un captif. Dans le champ : R.V. A l’exergue : CONOB.
Une pièce d’or : D.N. SEVERVS P.F. AVG. Tête laurée à droit. Au revers : VICTORIA AVGG. La victoire debout. A l’exergue : CONOB.
Une partie de ces monnaies est conservée au Musée de Guéret, placé sous le patronage de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse. Ce Musée renferme un bel ensemble de tapisseries de la Marche, d’émaux de Limoges, de meubles, une collection zoologique, etc., etc.
On trouve dans la commune de Guéret les villages suivants :
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