LOURDOUEIX-SAINT-PIERRE, chef-lieu de commune dans le canton de Bonnat et l’arrondissement de Guéret, a une superficie de 4,457 hectares et une population de 2,177 habitants.
Parrochia de Oratorio sancti Petri en 1154, 1209, 1266, 1273, 1405, 1449. Lauradour-Saint-Pierre, 1392 (Ch. d’Aubepierre). – Prior et capella de Oratorio sancti Petri, XIVe siècle (Pouillé). – Lourdouer-Saint-Pierre, 1548, 1664. – Lourdoué-Saint-Pierre, 1720 (Ch. d’Aubepierre).
Lourdoueix, dans l’ancien archiprêté d’Auzème, avait un prieuré et une cure.
Le prieuré existait en 1318 et 1486 ; il avait pour patron Saint Pierre-es-liens. C’était l’abbesse de Saint-Hippolyte-de-Bourges qui y nommait en 1318 ; puis la Sainte-Chapelle de la même ville, lorsque ce monastère lui fut uni, en 1405. En 1516, le revenu du prieuré ne s’élevait qu’à 42 livres et 10 sols. On l’avait taxé au décime pour le diocèse de Limoges, mais le chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges fit appel de cette taxe le 6 avril 1548, parce qu’il était déjà taxé à Bourges pour ce bénéfice. Par arrêt de la cour des aides de Paris du 16 mars 1556, il fut défendu aux évêques de Limoges de le porter au rôle des décimes de leur diocèse. Tous les revenus de ce prieuré se sont perdus.
La cure de Lourdoueix, qui au siècle dernier comptait 1,800 communiants (environ 2,400 habitants), avait aussi pour patron Saint Pierre-es-liens. L’évêque de Limoges y a fait une nomination en 1679, mais c’est le trésorier de la Sainte-Chapelle du Palais à Bourges qui exerçait en droit en 1555, 1570, 1609, 1638, 1657, 1664, 1669, 1724, 1743. L’archevêque de Bourges y nomma en 1760, à cause de l’union de la trésorerie de la Sainte-Chapelle de Bourges.
Il y avait une vicairie et une chapelle rurale de Sainte Catherine.
Une vicairie, à laquelle nommaient : en 1670 Balthazard Dumond, écuyer, sieur de Fonteny-la-Lande, baron de Neuvy-Saint-Sépulcre, avec Henri Bertrand, écuyer, sieur de Villebussière, comme seigneur d’Etignières ; en 1695 , Charles Dumont, marquis de Fonteny, etc., capitaine au régiment de Brogle cavalerie ; en 1614 et 1745, l’évêque de Limoges.
En 1455 , Michel Pradolo, évêque de Nio, et auxiliaire de Pierre de Montbrun, évêque de Limoges, consacrait l’autel d’une chapelle à Lourdoueix-Saint-Pierre.
Hélie était chapelain de Lourdoueix-Saint-Pierre en 1208. Georges Dubreuil, curé de Lourdoueix-Saint-Pierre, en 1733, mourut en octobre 1760 ; son successeur N… de Châtillon fut transféré à Guéret le 25 juin 1762. Alexis Mathieu de La Loue, nommé en 1763, souffrit pour la foi pendant la Révolution ; déporté sur les pontons de Rochefort, il revint dans sa paroisse en 1802. Silvain Fradet fut nommé en 1804 ; François Jamot en 1834 ; Pierre Vincent en 1861 ; André Ramade en 1868. Silvain-Auguste Tuillier en 1869 ; Jean Fournet en 1878 ; Louis Brunet en 1886.
La seigneurie de Lourdoueix-Saint-Pierre existait certainement au XIIe siècle. Cependant, le premier seigneur connu est Podard de Vincent qui fit en 1405 une donation à l’abbaye d’Aubepierre sur sa terre de Lourdoueix et qui lui accorda de plus les dixmes, terrage et charnage sur Chatellus et Pédeon. Dès 1515, cette terre appartenait à la famille de Saint-Maur, qui la posséda plus de deux siècles. (G. Martin. Notice sur Malval).
François de Saint-Maur, sieur de Lourdoueix, épousa Gilberte de Châlus ; ils laissèrent Marie-Sylvie, dont il est parlé plus bas.
Robert de Saint-Maur, écuyer, sieur de Lourdoueix-Saint-Pierre et de Verny, épousa le 22 décembre 1676 Léonarde de La Marche. Les armes de cette famille sont : d’argent à deux cygnes de sable, vus sur l’eau, becqués et membrés de gueules.
Marie-Sylvie de Saint-Maur, dame de Lourdoueix, épousa en 1654 Etienne du Breuil et lui porta la seigneurie de Lourdoueix. Leur fils, Joseph du Breuil, seigneur de Lourdoueix, né en 1656, gendarme de la garde du roi, épousa en 1694 Anne André. Ils laissèrent : 1° François du Breuil, seigneur de Lourdoueix et la Béraudière, qui épousa en 1733, Marie Raymond de Lussat ; 2° Georges du Breuil, qui était curé de Lourdoueix en 1733. (A. Tardieu, Dictionnaire de la Marche.) Cette famille, originaire du Breuil, commune d’Ars, porte pour armes : d’azur, à l’ancre d’argent, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d’or.
En 1750, M. de Chauvelin était seigneur en partie de Lourdoueix, et M. Blondet en 1780. Chauvelin porte : d’argent, au chou sauvage à cinq branches de sinople, enroulé par la tige d’un serpent à la tête en haut.
Voici les villages de cette commune :
- Aigude-Bas.
- Aigude-Haut. – On trouve dans le cartulaire d’Aubepierre Louis d’Agude qui vivait en 1347 et 1374, et un autre du même nom en 1447.
- Arfeuille.
- Baruliat (Le).
- Beauregard.
- Bellevue.
- Bernardière (La).
- Berniquet (Le).
- Bessolles.
- Bois-Bouley.
- Bois-de-Vost.
- Bourliat.
- La Braudière ou Brodière, nommée La Berauderia en 1290.
- Cadrix.
- Cantine (La).
- Chanteranne.
- Chanvillant ou Champvillan, qui a appartenu à la famille Ajasson.
- Château-de-Vost – Vaste château dont une partie ancienne date de la fin du XIVe siècle et commencement du XVe, et une partie nouvelle de 1883.
La seigneurie de Vost possédait justice haute, moyenne et basse, qui s’étendait jusqu’aux faubourgs d’Aigurande, à la rue appelée d’Aigurande-en-Marche. En 1610, Gabriel Ajasson, seigneur de Vost, eut, au sujet de la dixme qu’il levait dans cette rue, un procès avec Mademoiselle de Montpensier, la grande Mademoiselle, dame d’Aigurande et d’Aigurandette.
Dès la fin du XIIe siècle, ces Aiaczo ou Ajassons dont le nom se trouve à chaque page de l’histoire des commencements d’Aubepierre, possédaient les seigneuries de Nouzerolles, de Vost, d’Estignières et de Champvillan. Le premier que l’on connaisse comme seigneur de Vost est Etienne Ajasson, qui vivait au milieu de XIIIe siècle. Guilgaud, son frère, signa l’acte de fondation du couvent des cordeliers de Boisferrut, en l’an 1400. Henri Ajasson, qui vivait au XVe siècle, épousa Marie de la Marche, laquelle apporta aux Ajasson la seigneurie de Grandsaigne. C’est seulement au XVIIIe siècle que Vost cessa d’appartenir à la famille Ajasson. Henri Ajasson qui avait épousé Jacqueline d’Aubusson et n’en avait point eu d’enfant, fit en 1654, donation de la terre et seigneurie de Vost à Henri Bertrand de Beaumont, son neveu et son filleul. (G. Martin, Notice sur Marval.)
Vost fut vendu à Guéret le 5 septembre 1774 à Jean Blondet, qui mourut sans enfant. Il eut pour héritiers ceux de son frère Syvain : François Blondet , seigneur de Vost, fut père de Julie qui porta Vost à Joseph Barbuat en l’épousant en 1806. Laure, fille de ces derniers, épousa en 1836 Edmond Hecquart, dont le fils Arthur est le propriétaire actuel de Vost. (A. Tardieu, Dictionnaire de la Marche).
Les armes des Ajasson sont : de sable à la fasce fuselée d’argent.
- Chaumes (Les).
- Chebrelle (La).
- Chez-du-Virly.
- Choueix. – Terra a las Chouas en 1208.
- Cluzeau.
- Combes (Les).
- Crachepot. Crochepau en 1436.
- Etinières-d’en-Bas. – Henri Bertrand, écuyer, sieur de Villebussière, était seigneur d’Etignières en 1670.
- Etinières-d’en-Haut. – Il est question d’Estignières dès 1163 dans les titres de l’abbaye d’Aubepierre.
Au siècle dernier, le château existait encore. Il se composait en 1743 d’une tour carrée et d’un grand corps de logis s’étendant jusqu’à une autre tour ronde. On y pénétrait par un pont-levis. Comme Vost, cette seigneurie appartenait de bonne heure à la famille Ajasson. En 1300, Eudes Ajasson était à la fois seigneur de Vost et d’Estignières. Guillebaut de Tinière est mentionné le 17 octobre 1386 dans la généalogie de la famille du Chamborand. Cette seigneurie passa vers le milieu du XVe siècle à la famille de Saulzay. Plus tard elle revient à la famille Ajasson. (G. Martin, Notice sur Malval.)
- Grange-de-l’Aiguille.
- Gourde ou La Gourde.
- Juge (Le) ou Les Juges.
- Lafaye.
- Lâge-du-Pin.
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- Laumeau ou Lhaumaud.
- Lignaud ou Ligiaux. – Il y avait dans ce lieu, en 1482, une chapelle rurale, prieuré ou vicairie, qui avait pour patron sainte Madeleine. Elle dépendait de Chambon-Sainte-Croix en 1297 ; mais en 1745, vu le mauvais état dans lequel elle était, outre son inutilité, il fut ordonné de la démolir. Dans le chartrier d’Aubepierre, ce lieu est appelé Plana de Linous en 1154 et 1247, Lineos en 1287, Mansus de las Lignières en 1223, Lineoux en 1548 et Ligneau en 1740. Dans l’enceinte du château de Linières il y avait une vicairie à laquelle nommait, en 1510, noble Hector de Sauzet, écuyer, sieur de Linières.
On trouve à 500 mètres au nord de Lignaud un camp romain appelé Fossés-des-Chatres ; il est de forme rectangulaire mesurant 112 mètres de long sur 90 de large. En 1859, son agger avait encore 2 mètres 50 centimètres de hauteur, en moyenne, et son fossé, comblé en partie, 8 mètres de largeur. Plus tard il a encore servi de lieu de campement, comme nous l’apprend une note de Dom de la Celle : « L’an mil cinq cent soixante-neuf, le duc des Deux-Ponts passant par cette province se fortifia au camp de Ligeau et Aubepierre, pilla cette abbaye. La majeure partie des tiltres et papiers furent consumés par le feu que les soldats mirent à la maison ; firent noyer, selon la tradition, les religieux dans l’étang de la Porte, etc. » Un casque en fer et une armure du moyen âge trouvés dans ce camp sont encore une preuve de son occupation par les Allemands en 1569.
Un souterrain de l’époque gallo-romaine a été découvert en 1882, en faisant la route de Lourdoueix à Chambon-Sainte-Croix. Il se compose d’une galerie circulaire où l’on a recueilli des poteries gauloises mêlées à des ossements d’animaux.
- Loge-de-Pun.
- Marlières (Les).
- Mersolle (La).
- Mitaine (La). – Ce lieu est appelé Le Mitant de Brosse en 1634.
- Montmartin.
- Mont-Saint-Jean.
- Moulin-de-Crachepot.
- Moulin-de-Richement.
- Moulin-du-Vost.
- Moulin-du-Gat.
- Néraud (Le) ou Le Nervaud.
- Notte (La).
- Orfeuille.
- Petit-Châtelus.
- Pin (Le).
- Piodon, appelé Péodon en 1418 et 1447.
- Point-du-Jour.
- Pollier.
- Praveix.
- Pun-d’en-Bas.
- Pun-d’en-Haut. – Le Puin en 1341, et le Puen en 1743.
- Ribondonnière (La).
- Richemont. – Il ne reste du château qui était assez vaste que des débris informes. Cette seigneurie appartint depuis le commencement du XVe siècle jusqu’au commencement du XVIe, à la famille du Boueix. Par son mariage avec Pierre de Chauvelin, chevalier, seigneur de Suzeret, qui eut lieu le 7 février 1633, Jeanne du Boueix, héritière de Richemont, apporta cette seigneurie à la famille de Chauvelin qui la posséda jusqu’au XVIIIe siècle. En 1773, elle appartenait à Georges Bertrand, marquis de Pouligny ; son fils fut le dernier seigneur de Richemont. (G.Martin :Notice sur Malval.) Boueix portait d’argent à deux fasces de gueules, et de Bertrand : Losangé d’hermine et de gueules.
- Rochelas (Les).
- Signolles (Les).
- Taille-du-Bourliat.
- Vacherie (La).
- Villechiron. – Le 15 mai 1629, Jacques de la Trémoille, écuyer, et Galienne de Saint-Julien, sa femme, vendirent à Rollin de la Celle, sieur de Bouéry, le village de Villechiron, pour la somme de 15,000 livres.
- Virly.
- Vost.
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