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Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 23/11/2023

 

              MERINCHAL est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Crocq, arrondissement d’Aubusson, qui a 4 546 hectares de superficie et 2 033 habitants. Son altitude la plus faible est 683 mètres au-dessus du niveau de la mer et la plus forte 762 mètres.

             On écrivait ce nom : Mairenchalm vers 1150 et 1221 (Cart. de Bonlieu). – Mairenchal, au XIIe siècle. (Cart. de Blessac). – Capellanus de Mayrenchalm, en 1231. (Ch. de Bonlieu). – Feodum de Merincham, en 1249, (Hist. Mais. d’Auv., II, 108).

            Avant la Révolution, Mérinchal faisait partie de l’Auvergne, et sa cure était dans l’archiprêtré d’Herment; elle fut même unie à la dignité d’archiprêtre d’Herment de 1531 à 1600, mais au temps de Joachim d’Estaing, évêque de Clermont, de 1604 à 1650, on annexa à cet archiprêtré la cure de Saint-Avit pour plus de commodité. Le patron de la paroisse est Saint-Pierre apôtre.

            Joseph Bughon était curé de Mérinchal en 1771, date à laquelle il fonda une école gratuite à Mérinchal. Cette école, qui devait avoir un instituteur choisi dans sa famille, a subsisté jusqu’à la Révolution. N … Sarsiron en 1719, N … Verdier en 1744, N … Etrade est dit prieur-curé en 1767.

            « Le curé de Mérinchal ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du clergé, un homme frappa, avec une fourche de fer, les gendarmes venus pour l’arrêter, et fut tué par eux près la croix de Villelune ». (Tardieu et Boyer, Hist. d’Auzances et de Crocq.) Ce doit être Antoine Fournet qui fut déporté à l’étranger pendant la Révolution, ainsi que Louis Védrine, son vicaire.

            Pierre Dumont fut nommé en 1803, mourut à l’âge de 83 ans en avril 1829. Joseph Boudot, nommé en 1829. N … Maury en 1857. Antoine Defournoux, 1864. Pierre Sagnardon en 1890.

            L’église de Mérinchal est du XIVe siècle. En 1755 on a refait le clocher et exhaussé la toiture. Cette église a deux chapelles : celle du nord dite de Villelune, celle du midi dite de la Mothe.

            Mérinchal avait deux châteaux féodaux. Celui de Beauvais ou Beauvoir à l’est du bourg, était entouré d’un fossé, défendu par des tours, dont il reste à peine quelques traces ; et celui de la Mothe au sud-est du bourg, qui existe encore. Originairement, le premier appartenait à la famille Le Loup, et le second à la famille de Tinières. Blain le Loup, seigneur en partie de Mérinchal, vivait en 1249. Autre Blain Le Loup, coseigneur de Mérinchal, épousa en 1380, Marie de Mérinchal, de la maison Villelune. Leur fils, autre Blain Le Loup, était sénéchal d’Auvergne en 1427. Madeleine Le Loup, dame en partie de Mérinchal,  épousa en 1530 Christophe d’Allègre, dont le fils Gaspard vendit sa portion à Louis des Aix. Ce dernier fit construire à 500 mètres du bourg de Mérinchal un château appelé Châteauneuf qui fut incendié pendant la Ligue. Il revendit ce qu’il possédait à Mérinchal à Louis du Plantadis. Le Loup porte : d’azur au loup passant d’or. – Guillaume de Ténières, était coseigneur de Mérinchal en 1370. Jacques de Ténières, chevalier, coseigneur de Mérinchal,  laissa : 1° Claude, dame en partie de Mérinchal, qui épousa en 1473 Louis II de La Rocheaymon, seigneur de Barmont et de Mainsat, dont les descendants ont conservé la coseigneurie de Mérinchal jusqu’à la Révolution ; 2°Louise, dame en partie de Mérinchal, qui épousa en 1470 Pierre de Rochefort de Châteauvert, dont les descendants furent aussi coseigneurs de Mérinchal. De Ténières porte d’or à la croix ancrée de sinople.

            Après plusieurs ventes, Mérinchal fut acheté le 28 mars 1777 par Antoine-Joseph de la Vassignet, président au bureau des finances à Riom, qui fut le dernier seigneur. (Am. Tardieu).

             On signale dans cette commune, à un kilomètre du bourg, dans le bois-taillis de Lagorsse, un tumulus de 10 à 12 mètres de hauteur, avec une circonférence de 60 mètres.

              Le territoire de la commune de Mérinchal faisait partie de l’Auvergne.

 

                                   Voici les villages qui s’y trouvent :

  • Barthoueix.
  • Beaudeix.
  • Belair, où il existait un petit château composé d’un logis avec une tour ronde au milieu. Il avait été bâti vers 1550 par Georges Sapin de Sapinière, originaire du Bourbonnais, époux de Gilberte Motier de la Fayette, détruit pendant les guerres de la Ligue en 1590. Il n’a pas été relevé ; ses pierres ont servi à bâtir le domaine de Fontavide. La tour seule existait il y a quelques années.
  • Bessède (La).
  • Biarneix.
  • Bordessoulle-le-Miépeix.
  • Bordessoulle-les-Ecuelles.
  • Brouges (Les).
  • Champeyre. – Il existait près de ce lieu un dolmen qui a été détruit en 1826. Sa table était portée par quatre pierres en forme de pyramides hautes de 1 m 50 c.
  • Chassagne (La). Jean Baptiste de Laporte était seigneur à La Chassagne et bourgeois d’Auzances en 1789.
  • Cher (Le). – La source du Cher se trouve près de ce village. C’est une rivière qui a 320 kilomètres de long, et qui donne son nom à un département.
  • Condefeix. Voir l’article : Condaufeix.
  • Farry.
  • Fontavide.
  • Fougères (Les).
  • Geoffreix.
  • Grammaze.
  • Hérault (L’), voir Lérault.
  • Jobert.
  • Jouhanneix.
  • Lac (Le), appelé le Luc en 1750, a appartenu à la famille de Bosredon de Vieuxvoisin jusqu’en 1789.
  • Lazereix, appartenait à la famille du Bois en   17.0 et 1789.
  • Lérault, qu’on écrivait aussi L’Hérault, est nommé Leyral en 1357 ; Leyraux en 1690 ; Leyraud en 1711 ; Leyrat en 1760. Il y avait une église paroissiale en 1557, dont on voit encore les vestiges ; elle est dite prieuré de Sainte-Agnès dans l’archiprêtré d’Herment. Le prévôt de l’abbaye de Chambon y faisait les nominations. Annet de Ségonzat, écuyer, était seigneur de Lérault en 1 99, et Jean-François de Bosredon, marquis de Saint-Avit en 1789.
  • Létrade, alias l’Estrade.
  • Macheptel alias Mascheptel.
  • Marlanges.
  • Marnière.
  • Mazaud.
  • Mercin, alias Mercein et Mursent. Guillaume de Tinières était seigneur de Mursent en 1335 ; Jacques de Tinières en 1472, et Louis du Plantadis vers 1660.
 
  • Miepeix.
  • Mondayrand, alias Mondeyrand ou Montdayrand.
  • Montalon.
  • Montbabut.
  • Montmerle.
  • Montourat.
  • Panery.
  • Peyrouze (La).
  • Pouyat.
  • Pruny ou Prugny.
  • Rionneix (Les). Village détruit.
  • Roche (La).
  • Rullier.
  • Saudade (La).
  • Seauve.
  • Serre.
  • Sertillanges.
  • Tras-le-Prat.
  • Truffy, appelé Tréfin en 1260. Marguerite de Villelune, dame de Truffy, épouse d’Antoine de Gimel, seigneur des Girauds et sa sœur Marguerite, épouse de Gilbert de Saint-Quintin vendirent Truffy le 26 octobre 1696 à Georges Sapin, seigneur de Belair, notaire royal, châtelain de Paneyreix. Ses descendants possèdent encore la propriété de Truffy.
  • Valette (La).
  • Vergnolle (La).
  • Vernede (La).
  • Vénerolles (Les). Village détruit.
  • Versavaud.
  • Vieux Voisin appartenait en 1609 à Antoine de Ruben qui le vendit pour 7,000 livres, en 1611, à Anne-Françoise de Bosredon. Le frère de cette dernière y fit bâtir un château qui existe encore, mais qui n’a rien de remarquable.
  • Villelune. Le château féodal de ce nom était situé sur un monticule au Nord-Ouest aujourd’hui couvert de bois, il fut détruit par les Anglais en 1357, et son propriétaire résida dès lors dans celui de Barmontet, près d’Herment. La Maison de Villelune, dont ce lieu était le berceau, l’a possédé dès l’an 1099, jusque vers 1730. C’est une famille d’illustre noblesse, dont faisait partie Guillaume de Villelune qui en 1099, escalada les murs de Jérusalem avec Godefroy de Bouillon avec une telle vigueur, que celui-ci lui donna un drapeau pris par lui sur les Musulmans, lequel portait dix besants d’argent sur azur. Ce drapeau devint les armes des de Villelune ; d’azur a dix besants d’argent posés 4, 3, 2 et 1. Il était conservé au château de Barmontet et fut brûlé en 1793. Cette famille est encore représentée de nos jours, et en particulier par la branche qui s’est fixée en Limousin). (Am. Tardieu).