Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 23/11/2023
MONTAIGUT-LE-BLANC, est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Saint-Vaury, arrondissement de Guéret, qui a 1.724 hectares de superficie et 800 habitants. Son altitude au-dessus de la mer est de 428 près l’étang de Montboucher, et de 504 près du bourg.
Voici les différentes manières dont ce nom a été écrit : Ecclesia sancti Petri de Monte acuto vers 1080. (Cart. de Bénévent). – Ecclesia de Montague, 1217. (Recueil Hist. de France, XVIII. Chron. Bern. Ithier). – Mons Acutus, 1276. (Cart. de Bénévent.) – Dominus Montis anti, 1339 et 1424. (Ch. de Ternes). – Capellanus de burgo Montis acuti, XIVe siècle. (Pouillé). Castrum de Monte acuto albo, 1451. (Archives de M. de Gartempe). – Montagu, 1522. Montaigut-le-Blanc, 1553. (Ch. de Montaigut). Le qualificatif qui accompagne le nom de Montaigut lui a été donné parce que le curé de cette paroisse, étant un religieux de Bénévent, était habillé de blanc.
L’église de Montaigut, dans l’ancien archiprêtré de Bénévent, était une succursale de la cure de Saint-Silvain en 1498. Le curé de Saint-Silvain en prenait possession, comme d’une annexe, en 1556, 1557, 1567. Elle était sous le patronage de Saint-Pierre-es-liens. Mais par décret du 8 janvier 1689 elle fut érigée en cure, « eu égard à l’éloignement de l’église de Saint-Silvain, qui d’ailleurs, à raison de sa petitesse, ne pouvait contenir les deux paroisses, l’impossibilité qu’un seul prêtre les desservit toutes deux, la difficulté des chemins, l’antipathie des paroissiens qui avait causé de grands scandales, même pendant le service divin ». Au siècle dernier cette paroisse avait 800 communiants, supposant 1.067 habitants. L’abbé de Bénévent y nommait le curé, c’est ce qu’on trouve en 1689, 1741, 1742, 1744, 1773. Une nomination fut cependant fait par l’évêque de Limoges en 1706.
N … Villars, curé de Montaigut-le-Blanc, mourut en mai 1773. Valéry Angard, fut nommé en 1773, et mourut dans la déportation maritime sur le vaisseau le Washington, au mois de septembre 1794. Pierre Viergne fut nommé en 1803. François Chersoube était curé en 1840. N … Mazet fut nommé en 1845. Sylvain Belon en 1849.
Il y avait dans l’église de Montaigut une vicairie appelée de Bar, elle était à l’honneur de Saint-Blaise. L’évêque de Limoges y nommait des titulaires en 1603 et 1606. Ce droit de nomination fut ensuite exercé par Philippe de Jumillac, écuyer, seigneur de Montaigut-le-Blanc, Lissac, en 1665. Ursule de Léonard, sa veuve, en 1682, 1688. Antoine de Léonard, écuyer, sieur de Noizières en 1734. Pierre-Joseph Chapelle, chevalier, marquis de Jumilhac, lieutenant-général des armées du roi, capitaine-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires en 1748, 1773.
L’église de Montaigut fut consacrée le 28 mars 1217, par Jean de Veyrac, évêque de Limoges, qui, la même année, partit pour la Terre-Sainte où il mourut. Guy de Laron, évêque de Limoges, mort en 1086, l’avait donné à l’abbaye de Bénévent qui venait d’être fondée en 1080.
Une cloche fut prise à cette église en 1793, et conduite à Guéret pour fondre des canons.
En 1564 une communauté de prêtres existait à Montaigut, elle avait cessé avant la fin du dernier siècle.
Le Pouillé du diocèse indique dans cette paroisse une chapelle dédiée à Saint-Gabriel qui existait au siècle dernier.
Le château de Montaigut-le-Blanc, qui est une construction du XVe siècle, et le plus curieux de toute la contrée par son mode de construction.
Voici la description qu’en donne M. P. de Cessac :
« A l’extérieur, c’est un haut donjon, carré long, flanqué aux angles de quatre tours pleines. Une porte basse, surmontée d’une ogive, y donnait accès. Cette porte était encore entière il y a quelques années. Deux rainures, ménagées dans le mur supérieur contenaient les chaînes du pont-levis extérieur. En entrant par cette porte, à peine assez large pour donner passage à un cheval, on se trouve dans une petite cour occupant toute la largeur de la forteresse et le tiers seulement de sa longueur. Les deux autres tiers, à droite et à gauche, étant occupés par deux corps de logis. A droite, une petite tour intérieure placée à l’angle formé par le mur de façade et le mur de retour du bâtiment situé de ce côté, contenait un escalier tournant et donnait accès, au premier étage, à une galerie régnant sur les écuries qui occupaient le rez-de-chaussée de ce corps de logis.
« A gauche, une autre tour, beaucoup plus considérable, construite aux deux tiers de la construction placée de ce côté, renfermait un escalier, aussi à vis, s’élevant, comme le premier, du sol aux combles du château. Aucune ouverture à l’extérieur ne donnait de jour à cette forteresse ; à peine avait-on ménagé quelques meurtrières dans ses murs épais.
« Pour pénétrer dans le corps de logis, tenant à cette tour, et réservé à l’habitation des seigneurs du château, il fallait monter par l’escalier de la tour de droite, à la galerie placée de ce côté, puis un pont-levis s’abaissait du corps de logis de gauche au-dessus de la cour intérieure et permettait de pénétrer dans les appartements d’habitation par ceux du premier étage, car il n’existait pas d’ouverture de ce côté au rez-de-chaussée. Cette partie du château avait deux pièces par étage dans toute sa hauteur, la plus vaste du côté de la façade, et de petits cabinets ménagés dans l’épaisseur du mur. De vastes cheminées en granit, admirablement sculptées, chauffaient ces appartements. Malheureusement la pierre est rare dans nos contrées et ces dernières années, Montaigut est devenu une carrière ; ses ouvertures sont éventrées, ses cheminées enlevées, ses tours et leurs escaliers démolis.
« Bâti sur un pic élevé dominant au loin la contrée, entouré de fossés du côté de la façade, la partie la plus accessible, Montaigut était à l’abri du coup de main. L’ennemi était-il parvenu à forcer cette porte étroite, en pénétrant dans la cour, il lui fallait, sous les traits des assiégés, dresser ses échelles pour atteindre les ouvertures du premier étage et parvenir ainsi à saisir ces adversaires invisibles. Deux sièges, dans des conditions défavorables, étaient donc nécessaires pour s’emparer de Montaigut.
« Quels furent les premiers possesseurs de Montaigut ? l’auteur l’ignore. A la fin du XIIe siècle, il a trouvé la puissante maison de Rochechouart en possession de ce fief ; puis il passa, par héritage à la maison de Naillac, et en 1391 à celle de Brachet.
« La deuxième moitié du XVIe siècle est pour Montaigut une époque de décadence dont il ne se relèvera plus. René Brachet démembre cette seigneurie, et son héritier, Horace de Bonneval, vend avant la mort de René, arrivée en 1576, ce qui en reste, à Claude de Villequier. Georges de Villequier, de la Guierche, gouverneur et lieutenant-général de la Haute et Basse-Marche, devint, avant 1585, seigneur de Montaigut par la mort de son père, et joua un certain rôle, dans la province, pendant les guerres de la Ligue.
« Ici commence une série de procès assez compliqués qui ne finit que vers le milieu du XVIIe siècle. Le premier paraît avoir été celui qui eut lieu entre Anne du Breuil, femme de François de Rilhac, héritière de Georges de Villequier, et la veuve de ce dernier, Louise Lejay, dame de Boissequin, remariée, en 1594, à Jacques des Cars. Un arrêt du parlement remis la propriété de la seigneurie de Montaigut entre les mains d’Anne du Breuil ; elle fut saisie réellement sur elle et adjugée, en 1612, à Léon Brachet.
« A peine rentré dans la maison de Brachet, Montaigu en sortit de nouveau par la donation qu’en fit Léon Brachet, mort en 1627, à son neveu Gabriel d’Aubusson, fils de sa sœur Isabeau et de François d’Aubusson, seigneur de la Feuillade. La donation portait, comme clause essentielle, que le donataire ajouterait à son nom d’Aubusson, celui de Brachet. Gabriel d’Aubusson, marquis de Montaigut, premier chambellan du duc d’Orléans, périt, sans avoir été marié, à l’attaque du fort de Wal, pendant le siège de Saint-Omer, en 1638. Son frère, Georges d’Aubusson, évêque de Gap, vendit, en 1649, Montaigut à Philippe Chapelle de Jumilhac, sieur de Viville. Montaigut fut revendu par les Jumilhac aux Léonard de Nozières, qui le possédèrent au moins depuis 1684 jusqu’en 1727, époque où cette seigneurie fut saisie pour le compte des héritiers de Philibert de Jumilhac, faute de payement complet du prix d’acquisition. Les Jumilhac conservèrent cette tenue jusque sous la Restauration, aujourd’hui, elle est démembrée. » (Congrès archéologiques de Guéret, 1866, p. 41).
On a signalé plusieurs fois un dolmen dans cette commune, mais il est en dehors de ses limites, et se trouve dans celle d’Aulon.
Le territoire de la commune de Montaigut était jadis mi-partie en Marche et mi-partie en Limousin.
On y trouve les villages suivants :
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