Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 28/11/2023
Peyrat la Nonière est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Chénérailles qui a 4,122 hectares de superficie et 1,638 habitants sur le bord de la Vouèze qui traverse cette commune. L’altitude est de 452 mètres, sur d’autres points elle va jusqu’à 526.
Ce lieu est nommé dans un diplôme de l’année 636 : Patriacus villa sita super fluvium Wulsie (Diplo. ch.II, 41). Cette rivière est aujourd’hui la Vouèze.—Ecclesia sancti Vincentii de Pairiaco, 1158 (Ch. d’Evaux).—Apud Pairac, 1188 et 1201. Decima de tot Pairases, 1204. Paerac, 1209. Pairac. 1228 (Cart. de Bonlieu).—Parrochia de Pairac, 1246 (Ch. de Bonlieu).—Capellanus de Peyrato, XIVe siècle (Pouillé).—Peyraci L’Anonière, 1434 (Ch. de Bonlieu).—Prioratus de Peyraco l’Asnonier, ordinis sancti Augustini, 1440 (Ch. des Ternes).—Paroisse de Peyrat, 1455 (Ch. de Beaulieu).—Paroisse de Peyrat-la-Nonnier, 1477 (Terr. de Felletin).—Christophe Barton de Massenon est seigneur de Peyrat-le-Nouger en 1500.—Payrat-Lanosnier, 1504 (Terr. de Saint-Avit).—Prieur de Peyrac, 1504 (Terr. d’Evaux).—Peyrat près du Puy-Malseignat, 1514 (Ch. de Blessac).—Peyrat-l’Anonnier, 1520 (Ch. de Bonlieu).—Paroisse de Peyrat-la-Nonnier, 1555 (Terr. de Blessac).—Peyrac l’Adnonnyer, 1557 (Terr. du Chiron).—Peyrat-la-Nonnier, 1571. Peyrat l’Anonnier, 1672. Paroisse de Peyrat ; 1628 (Ch. de Bonlieu).
Peyrat, dans l’ancien archiprêté de Combraille, était une cure régulière qui au siècle dernier avait 1,400 communiants (1,767 habitants) et payait 76 livres de décimes. Son patron était saint Vincent, martyr. Le prévôt d’Evaux y nommait les curés en 1419, 1510, 1570, 1572, 1607, 1608, 1670, 1719, 1725, 1732. Ce fut ensuite le chapitre de la Sainte-Chapelle de Riom.
Une vicairie fut fondée dans l’église de Peyrat en 1471.
Il y existait une communauté de prêtres en 1564 ; mais elle avait cessé à la fin du siècle dernier.
N. . Aubusson, meurt curé de Peyrat en juin 1759. Georges-Gilbert Aujay, né aux Arces, paroisse de Lavaud Franche en 1728, prêtre en 1753, est nommé en 1759 et meurt âgé d’environ 55 ans en février 1785. Gilbert Pailloux, prêtre du diocèse de Clermont, nommé par le chapitre de la Sainte-Chapelle de Riom le 27 février 1785.
Jacques Perdrix, né le 16 février 1762, fut nommé curé de Peyrat en 1803. N…Decourthille de Saint-Avit l’était en 1824 et 1829. N…Defournoux fut nommé en 1839, Jean-Baptiste Bouchet en 1864.
Près de la porte de l’église on voit un beau lion en granit qui est une œuvre du moyen âge.
Christophe Barton de Montbas, seigneur de Peyrat, rendit foi et hommage pour cette seigneurie, le 1er avril 1500, à Pierre de Bourbon, comte de la Marche. Son fils Jean Barton de Montbas est seigneur de Peyrat en 1543. Armes : d’azur au cerf à la reposée d’or, au chef échiqueté d’or et de gueules de trois traits.
Amelius de Chambon possédait dans la paroisse de Peyrat un tènement appelé Mazerolles, dans un vallon étroit sur les bords de la Tarde : il le donna, en 1119, à Gérard de Salés pour y fonder un monastère. Depuis l’endroit porta le nom de Bonlieu. Les religieux qui s’y étaient réunis, se soumirent à l’abbé de Dalon, et cette nouvelle abbaye devient la plus belle et la plus vaste de l’ordre de Saint-Bernard dans notre pays.
Le cartulaire manuscrit de cette abbaye, copié en 1780 par le bénédictin Dom Col, se trouve à la Bibliothèque nationale à Paris (manuscrits latins, n° 9196) et mérite d’être publié.
Les bâtiments de l’abbaye forment un trapèze et entourent une cour rectangulaire. Près de la porte s’élève une immense construction carrée, entée, au XIVe siècle, sur les deux premières travées de l’église romane. Sur la même ligne et un peu en arrière, une haute tour ronde, couronnée d’une galerie crénelée, commande l’entrée du préau. Les lieux réguliers le ferment au levant Bernard d’Armagnac, comte de la Marche, permit de fortifier cette abbaye par lettres du 18 novembre 1439. La longue ligne des fenêtres de la façade postérieure domine un jardin entouré par la Tarde. Ces vastes constructions ne sont pas antérieures au XVIIe siècle.
L’église qui a été consacrée par l’évêque Gérard en 1141 est bâtie en pierre de grand appareil, elle a la forme d’une croix latine, sans collatéraux, terminée à l’orient par trois absides circulaires. Sa longueur atteint près de 65 mètres. Des pilastres plats, alternant avec des colonnes cylindriques supportent les arcs doubleaux de la voûte en berceau.
A l’intersection de la nef et du transept s’élève une coupole sur pendentifs ; l’abside principale est pentagonale à l’extérieur et circulaire intérieurement. Deux rangs superposés de courtes fenêtres en ogive (lancettes écourtées) l’éclairent.
Dans une fenêtre centrale au-dessus de l’autel, on voit encore un reste de vitrail du XIIe siècle. Il est en verre blanc et les plombs y dessinent des ornements courants dont le motif se trouve sur les monuments de cette époque.
On trouve dans l’église une statue tumulaire d’un des abbés de la famille de Saint-Avit. Le défunt tient entre ses mains un écusson avec ses armes d’azur à trois fasces d’argent accompagnées en chef de trois besants de même. Le lien auquel est suspendu cet écusson porte cette inscription : SAVIS, c’est-à-dire Saint-Avis.
Dans le transept du midi il y avait deux chapelles ; dans l’une était les tombeaux des seigneurs de Saint-Julien, et dans l’autre ceux des seigneurs de Maleret et de Lussac ; dans le transept nord deux autres chapelles conservaient les tombeaux des seigneurs de Saint-Avit, et ceux des seigneurs de Saint-Domet étaient dans la nef.
En 1790 , l’abbaye de Bonlieu fut vendue comme bien national à M. Baudy, avocat à Aubusson, puis en 1791, à la suite d’une revente, à M. François Picon (A .Tardieu. Dict. de la Creuse). Le propriétaire actuel est M. Rogier, ancien conseiller à la cour d’appel de Limoges.
De l’église de Bonlieu il ne reste plus, à l’heure qu’il est, qu’une partie de l’abside et le transept nord. Les deux premières travées de la nef ont été préservées par bâtiment construit au XIVe siècle, mais les suivantes ont disparu récemment.
C’est ce transept nord que M. Rogier a transformé en chapelle indépendante, en fermant l’arcade qui s’ouvrait sur la nef de l’église. Il forme ainsi une chapelle complète, intérieurement assez intéressante, avec sa nef à voûte élevée, et son chœur en abside à l’entrée duquel sont deux courtes colonnes cylindriques à lourds chapiteaux. Le 1er septembre 1877 ; Mgr Duquesnay, évêque de Limoges est venu bénir et rendre au culte ce débris de la vieille basilique, dont depuis tant d’années Dieu avait été chassé.
Voici la liste des abbés de Bonlieu :
Pierre de Saint-Julien, 1121. Gérard du Montel, 1151, 1174. Jean de Comborn, 1174, 1195. Bertrand de Saint-Marc, 1195, 1200. Thomas, mort l’année de son élection, 1200. Armand, 1200, 1215. Aimeric de Saint-Hilaire, 1224, 1226. Guillaume Bertrand, 1227. Pierre de Reterre, siégea un an. Hugues , mort en 1230. Jean de Mainsac se démit en 1237. Renaud Valette, 1239, 1260. Adémar, 1263,1281. Bernard, 1282, 1296. Thomas de Beaumont , siégea dix ans. Ebolus, 1306, 1334. Guillaume de Genouilhac, 1334, 1368. Pardoux de Lyders, mourut en 1393. Jean-Marien nommé aussi de Mordet, mourut en 1402. Roger de Saint-Avit siégea 36 ans et mourut en 1438 Pierre de Saint-Avit, neveu du précédent.
Abbés commendataires : Guillaume de Saint-Avit, 1499. Jean de Saint-Avit (?), 1519. Guy de Saint-Avit, mourut en 1540. François des Greniers. Jean Damolettes. Jean de Saint-Avit, 1560, 1571.Pierre Det, 1571, 1583. Jean Buysson, 1583, 1588. Gilbert Mourelon, 1588, 1600. De Bigny. Annet de La Roche-Aymon, 1625. Renaud de La Roche-Aymon, 1643, 1646. Nicolas de La Saigne Saint-Georges, 1649, 1652. Antoine de La Saigne Saint-Georges, 1653, 1702. Antoine Siccaud ou Seiclault, 1707, 1711. Bernard Belot ou Blot ( ?), 1720. Antoine-Charles de La Roche-Aymon, 1734 , 1740. François de Vigier, 1743, 1759. Joseph Desmarais, 1759, 1776. N…d’Estrées, 1776. François de Chabans de Richemont, 1787, déporté pour avoir refusé le serment schismatique de la constitution civile du clergé, il est mort le 19 janvier 1794 sur le vaisseau les Deux-Associés.
En face de la principale façade du monastère, et sur la rive droite de la Tarde, a été placée depuis quelque temps une statue de la Sainte-Vierge, connue sous le nom de Notre-Dame de Bonlieu.
On signale près de là un vieux pont sur la Tarde.
Les villages de cette commune sont :
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