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Recherche > Creuse (23) > Puy-Malsignat > Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 28/11/2023

 

              PUY-MALSIGNAT est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Chénérailles qui a 805 hectares de superficie et 342 habitants. Son altitude est, au nord près Haute-Serre, de 502 mètres au dessus du niveau de la mer, et au sud, sur le Puy-Méric, de 615 mètres. Le territoire de cette commune a été extrait de celle de Saint-Médard en 1879.

           Apud Montem Malsenat, en 1195 et 1198 (Ch de Bonlieu). – Al Pue Mausignat. Lo peost del Poi Mausignat, au XIIe siècle (Cart. de Blessac). – Prior del Poi, en 1203. Prepositus Montis Malesignati, en  1207.  De Podio, en 1209 et 1210. – De Podio Malesignato, en 1210 et 1221 (Cart. de Bonlieu). – Apud Podium Malesignatum en 1208, 1228, 1249, 1255 et 1345 (Ch. de Bonlieu). – Lo Pui Mausegnat, en 1262 (Arch. nat. P. 461 côte 2378, n° 82). – Podium Malesignatum en 1301 (Dom Col, V). – Podium Malesynacum, en 1340 (Ch. de Moutier-Rozeille). – Dominus de Podio Malesignato, en 1359 (Seign. Div.). – Mensura de Podio, Malesignato, en 1404 (Ch. des Ternes). – Le Puy Malseignat, 1459 (Cart. d’Aubignac). Paroisse de Puy Malseignat, 1472. Le Puy Marseignat, en 1475 (Ch. des Ternes). – Le Puy  Mauseignat, en 1477 (Terr. de Felletin). – Puis Malseignat, en 1492 (Terr. des Ternes). – Le Puys-Malseignat, en 1514 (Ch. de Blessac). – Paroisse du Puy Malseignat, en 1561 (Ch. des Ternes).

           Le Puy-Malsignat, dans l’ancien archiprêtré de Combraille, était une cure en 1412 et 1481, mais en 1561 elle a seulement le titre de succursale, dans la paroisse de Saint-Médard-des Landes. Vers la fin du siècle dernier, elle avait 200 communiants (2-7 habitants). Sa fête patronale était celle de saint Thomas de Cantorbéry.

           Une vicairie, en l’honneur de sainte Catherine, avait été fondée dans cette église ; au siècle dernier elle était transférée au château de Murat, paroisse de Saint-Médard, et payait alors 11 livres de décimes. Des titulaires y furent nommés par les héritiers de noble Louis de Pracuey, sieur de Vaurene, François, Jean, Antoine, Gilberte et Léonarde, ses enfants, en 1481 ; par Léonard de Durat, écuyer, comme seigneur de Varennes, en 1568 ; par Denis, en 1599 ; par Pierre Beraud, écuyer, seigneur de Murat en 1638 ; Annet, en 1668 et 1672 ; Elie, en 1685 ; Joseph, en 1720 ; Martin, en 1743.

          Joseph Cohade fut curé de Saint-Médard et du Puy-Malsignat en 1762, et résigna en faveur du suivant, son neveu, en 1784. Joseph Cohade fut curé de Saint-Médard et du Puy-Malsignat jusqu’à la Révolution, époque à laquelle il avait pour vicaire son jeune frère Michel Cohade. Les persécuteurs le condamnèrent à la déportation au-delà des mers et le firent conduire pour cela dans les prisons de Bordeaux. Il fut embarqué le 24 novembre 1794 sur le Dunkerque qui passa l’hiver sur les côtes de la Charente-Inférieure, puis conduit à Brouage le 26 avril 1795, il n’en partit qu’après seize mois de détention. Revenu dans sa famille, la persécution l’obligea encore à fuir en Espagne, d’où il ne revint qu’en 1815.

            Au rétablissement du culte le premier curé, qui l’était aussi de Saint-Médard, fut François-Gilbert Mergoux, ancien curé de La Chaussade, qui le fut plus tard de Vallières. Il fut remplacé en 1804 par N … Duranton. Michel Cohade, l’ancien vicaire, fut nommé en 1810 et mourut en 1835. N … Mazet en 1835. Sur la généreuse initiative de M. Midre, curé de Saint-Médard, le Puy-Malsignat fut érigé en paroisse séparée par une ordonnance royale du 16 août 1844.

             N …Roudier fut nommé curé du Puy-Malsignat en 1845. N … Vincent en 1857. Antoine Renard en 1863. Jean Rougier en 1869. De 1887 à 1892, le service de la paroisse fut fait par Léonard Mondon, curé de Saint-Médard. Paul Sourioux fut nommé en 1892. Louis Forneron en 1895.

           L’église du Puy-Malsignat, de même que la plupart de celles de l’ancien archiprêtré de Combraille, qui ont entre elles les plus grands caractères de ressemblance, date du XIIIe siècle. C’est un carré long, ayant à chacun de ses angles deux contreforts en équerre, reposant sur un piédestal peu saillant et qui se terminent supérieurement par une retraite en larmier. L’édifice est construit en pierre de grand appareil. Les fenêtres à ogive, longues et étroites, s’ouvrent au midi ; celle du chevet a été murée ; au nord on ne trouve qu’une petite porte ogivale. Cette église a subi de maladroites restaurations : une large fenêtre ouverte dans le chœur et un lourd contrefort établi au côté méridional en altèrent la régularité primitive.

             Elle n’a qu’une seule nef ; à trois travées, que ne sépare aucune colonne. Sa longueur à l’intérieur est de 17 m. 83, et sa largeur de 5 m. 88, et seulement de 5 m. 60 dans la travée qui forme le sanctuaire. Sa voûte, à nervures prismatiques, est élevée de 7 m. 74 sous clef. L’ogive du portail est légèrement surbaissée. Sa décoration, très simple, se compose de tores qui délimitent son archivolte et qui s’appuient sur des pilastres dont le chapiteau est décoré de feuilles recourbées.

              Les seigneurs du Puy-Malsignat possédaient un tombeau dans cette église. Il n’en subsiste actuellement aucune trace.

             Le Puy-Malsignat était une dépendance de la vicomté d’Aubusson. Alengarde d’Aubusson, fille de Gui II, était dame de Puy-Malsignat lorsqu’elle épousa, vers 1262, Eric de Beaujeu et, vers, 1271, Guillaume de Rochedagou. La famille de ce dernier le possédait encore vers 1460.

             Au siècle suivant, François de Combelles était seigneur du Puy-Malsignat, et en 1584 Françoise de Vichy, dame du Puy-Malsignat, le porta par son mariage à François de Lauzanne, seigneur de l’Etang, dans la famille duquel il est constamment resté. Elle porte : d’azur au croissant d’argent accompagné de deux étoiles d’or, l’une en chef et l’autre en pointe.

             Henriette-Rose de Lauzanne, veuve de Charles de Magnac, conserva pendant la Révolution la terre du Puy-Malsignat. Sa fille, Marie-Joséphine de Magnac, épousa en 1804 le comte Alexandre-François de Panérinon de Marsat, qui vendit le château en 1808 à Pierre-Médard Guy, dont la famille le possède actuellement.

             Ce château, qui tombait en ruines, fut démoli en 18.0 et remplacé par une maison moderne. Il était construit sur un promontoire rocheux, dominant une pittoresque vallée. Sa façade, au midi, était flanquée de deux grosses tours rondes du XVe siècle. On voit encore le soubassement de la tour du levant. Celle du nord est à peu près intacte ; sa hauteur est de 20 mètres environ, son diamètre est de 4 m. 20. Elle est divisée en cinq étages ornés de vastes cheminées délicatement sculptées.

             Le Puy-Malsignat avait sa mesure particulière pour les grains. On voit encore cette mesure, près l’église, creusée sur une petite colonne de granit qui a été mutilée.

             Ce lieu était le siège d’une justice seigneuriale. On trouve Etienne Redon, châtelain et juge ordinaire en la châtellenie du Puy-Malsignat, en 1680 et 1720. Le sieur Petit était procureur d’office, et Babille, greffier en 1680 et 1696. Le sieur Pillat, sergent royal en 1695, et Pierre Parsavent, sergent ordinaire en 1741.

             On rapporte que le Puy-Malsignat élisait autrefois deux consuls. Le seul document où il en soit parlé est une reconnaissance par laquelle Gilberte de Rochedragon déclare tenir en fief du comte de la Marche, à cause de son château d’Ahun, « le lieu noble, castel et maison forte du Puy-Malsignat ». Dans une copie qu’en fit faire, le 12 janvier 1545, Antoine de Lausanne, chevalier, seigneur du Puy-Malsignat, on lit : « Laquelle ville du Puy-Malsignat se  régit et gouverne par consuls, prévôt, vigier, lequel prévôt est constitué  par madicte dame, laquelle a droict de prendre sur la dicte ville et habitants de la dicte ville, à cause de leurs héritages et possessions, la somme de vingt-cinq livres tournois de rente et taille franche, payables un chascun an, à chacune feste de Notre Dame d’aoust, laquelle est repartie par les consuls de la dicte ville et par le prévost vigier d’icelle.

            En 1790, Puy-Malsignat s’érigea en commune, nomma des agents et des adjoints qui prirent voix délibérative dans les administrations municipales du canton. Cet état cessa en 1797 et il fut de nouveau réuni à Saint-Médard, et il n’a recouvré son autonomie que par la loi du 18 juillet 1879.

             On remarque dans la traversée du Puy-Malsignat une grande quantité de scories ferrugineuses, débris de forges primitives, et comme on a employé de semblables matériaux pour le pavage de quelques voies romaines, elles indiquent peut-être ici celle qui conduisait d’Aubusson à Néris, passant par Peyrat-la-Nonière et Evaux.

             En 1883 on a découvert, à 50 mètres de la tour du Puy-Malsignat, un souterrain-refuge, composé d’une chambre à laquelle deux couloirs aboutissaient. Un autre, situé entre le Puy-Malsignat et le village du Boueix, est connu depuis 1848. Il comprend une chambre de 3 mètres de long sur 2 de profondeur, ayant à son pourtour une banquette taillée dans le tuf. A droite et à gauche, cette pièce communiquait à des galeries qui n’ont pas été visitées. Voir dans les Mémoires de la Société des sciences de la Creuse, tome V, page 195, une intéressante publication sur le Puy-Malsignat par M. C. Pérathon, où sont puisés plusieurs renseignements reproduits ici.

 

                                  Les villages cette commune sont :

  • Bernardeau (Le). – On voyait autrefois en ce lieu une petite chapelle ou oratoire dont une modeste croix de pierre indique aujourd’hui l’emplacement.
  • Boueix (Le). – Entre le Boueix et La Vergne, on trouve de nombreux débris de constructions de l’époque gallo-romaine. On y a aussi déterré plusieurs réceptacles funéraires en granit avec un couvercle conique, renfermant des urnes cinéraires. Le Boueix était un fief appartenant à la famille de Lauzanne.
  • Cata (La).
  • Chez-Cohade. – Michel Cohade, originaire d’Aubusson, curé de Saint-Médard et du Puy-Malsignat en 1810, acquit différents héritages dans cette dernière localité. En 1812, il fit bâtir son habitation avec des bâtiments d’exploitation sur un terrain appelé le Creux, en patois Crouau. Depuis cette époque, cette localité porte le nom de Chez-Cohade.
  • Domaine-de-Bas.
  • Gausannet.
  • Haute-Serre.
  • Margeleix est une petite et élégante construction du XVIIe siècle. On y remarque des peintures encadrées dans les boiseries. Une chapelle s’élevait à l’entrée de la cour d’honneur du château. On la reconnaît encore quoiqu’elle ait perdu sa destination primitive.
 

      Laurent Foureton, écuyer, gentilhomme de la manche du roi, était seigneur de Margeleix en 1684. N … Foureton, garde du corps, possédait Margeleix en 1770. Il fut le précepteur du jeune marquis de Lafayette, et d’après la tradition locale, le futur héros de la guerre de l’indépendance américaine a passé une partie de son enfance au château de Margeleix.

     La famille Foureton porte : « d’argent à trois hérissons de sable ». Melle Foureton a porté les biens de sa famille à M. le comte d’Agoust en l’épousant, et leur fille est devenue, en 1860, Mme de Chabrillaux.

  • Margoux. – La seigneurie de Margoux, qui appartenait avant 1545 à Gilbert de Rochedragon, passa aux de Lauzanne de l’Etang et du Puy-Malsignat. Près du village de Margoux, sur la pente orientale du Puy de Merc, est une fontaine dédiée à sainte Valérie ; elle est soigneusement maçonnée et surmontée d’une croix de fer. Immédiatement au-dessous de la fontaine surgit une haute falaise granitique de 40 mètres de longueur sur 4 m de hauteur. Le suintement qui se produit entre les fissures de cette roche lui a fait donner le nom de Pierre qui pleure.
  • Sillade (La).
  • Vergnaud (Les).
  • Vergne (La) était un fief de la famille de Lauzanne. – Près du village, le sous-sol d’un terrain est pavé de larges dalles en pierre calcaire. On y a aussi trouvé une hache en bronze et un chapiteau de colonne de granit qui est actuellement placé sur un mur de jardin.