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Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 02/12/2023

 

              ROUGNAC est une commune du canton d’Auzances, qui a 1,983 habitants, et une superficie de 4,145 hectares. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 521 mètres vers le nord-est, et de 633 à l’ouest.

           On écrivait jadis son nom : Ecclesia de Ruinac, 1106. (Bull. Or-de Pascal II. – Arch. de la Haute-Vienne). – Ecclesia de Ruinac, 1106. (Ch. de l’évêché de Limoges). – Ecclesia sancti Johannis et sancti Laurentii de Runiaco, 1158. (Ch. d’Evaux). – Ruinac, 1217. (Cart de Bonlieu). – Parrochia de Rugnac, 1249. (Hist. de la Maison d’Auv. II, 107). – Ruygnac, 1285. (Baluze, Miscell, I, 283.). – Prior de Runhac, XIVe siècle (Pouillé). – Rugnat, 1441 (Arch. du marquis de Bonneval). – Rougnhat, 1500. – Rouhac, 1504, (Terr. d’Evaux).

            Rougnac était un prieuré-cure de l’ancien archiprêtre de Combraille, qui au siècle dernier avait 2 000 communiants, ce qui suppose 2,670 habitants. Il payait 102 livres de décimes ; son patron était et est encore saint Laurent, martyr. Le prieuré-cure de Rougnat est indiqué comme annexe d’Evaux en 1441, 1476, 1478,et 1569. Le prévôt d’Evaux y faisait des nominations en 1558, 1559, 1681, 1722. Lorsque le chapitre de la Sainte-Chapelle de Riom eut obtenu l’union d’Evaux en 1731, le droit de nomination passa à l’évêque de Limoges.

           Il y avait dans le bourg de Rougnac en 1158, une église paroissiale dédiée à Saint-Jean-Baptiste ; elle n’était plus qu’une annexe en 1436.

           L’église actuelle de Rougnac est une construction ogivale avec abside et absidioles romanes. On y remarque un arceau tumulaire du XVe siècle, dont les arêtes sont soutenues par des anges agenouillés ; des fonts baptismaux, sous un cintre roman à chapiteaux très curieux ; des tableaux représentant des scènes de la vie de Jésus-Christ, peints en 1751 par le chevalier italien Lombardi.

          Les curés de Rougnac qui me sont connus sont : Michel de Chateaubodeau, 1627. François Pannier, nommé en 1722, mort en 1779. Fleury Courtois, nommé en 1779, confesseur de la foi pendant la Révolution, il réussit à se soustraire aux persécuteurs, pendant que son vicaire Antoine Chapelle, fut obligé de prendre le chemin de l’exil. Jacques de Queyraux, nommé en 1803. N… Picaud, était curé en 1823 en 1828. Michel-Mathieu Blancheton fut nommé en 1838. Annet Jallat, en 1862. René Rigaud, en 1883. Antoine Renard, en 1884. Michel Giron, en 1897.

         Pierre de Montbrun, évêque de Limoges, visitait l’église de Rougnac le 30 juillet 1436. Pendant la messe, Hugues de Bonneval, Jean de Peyros, le bâtard de Peyros et autres prirent ses chevaux et les mirent en arrêt dans la forteresse. Bonneval vint dans l’église prier l’évêque de lui pardonner, parce qu’il avait agit par ordre de son oncle le chevalier Troulhard de Montverd, du lieu de Martro, et qu’il n’avait pu lui désobéir. Troulhard cherchait à se venger de ce que l’évêque et ses gens avaient tenu siège ou cour à Magnac, dans la justice de ce gentilhomme. L’évêque, après avoir fait l’absoute des morts, admonesta quatre fois, sous peine d’excommunication, de lui rendre ses chevaux, et comme on ne voulait pas lui obéir, il mit l’interdit sur les églises de Rougnac, Magnac et Chastaing, terres de ce gentilhomme, et défendit aux chapelains de faire aucun service divin jusqu’à  ce que l’outrage fait à l’Eglise et à sa personne fut réparé et l’interdit levé. L’évêque se retira ensuite à Auzances. Le soir, Troulhard se soumit par écrit à l’ordonnance du conseil du prélat. Il ne voulut pas comparaître à la procédure qui fut instruite, et les arbitres le condamnèrent par sentence du 29 avril 1437,à venir le 3 août suivant, à la cathédrale de Limoges, où il demanderait pardon à l’évêque, en présence du chapitre ; de plus, lorsque l’évêque passerait à Felletin ou autre lieu plus près de celui où l’offense avait été commise, Troulhard viendrait pareillement lui requérir pardon. Outre cette amende honorable, le gentilhomme fut condamné à 1,000 écus d’or et aux dépens. (Nobiliaire du Limousin).

           On signale sur la place publique de Rougnac, sous le nom de Tumulus, un monticule qui est probablement une motte ayant porté une tour ou petit château vers l’époque mérovingienne.

 

                              Les villages de cette commune sont :

  • Bartouéras.
  • Beaufret (Le). Appelé Le Boffret et Le Bouffret en 1503. C’est le berceau de la famille du Beaufret, qui a ensuite habité Le Montély et Le Magnanon, puis s’est fixée à Auzances, où elle est encore représentée aujourd’hui. Ses armes sont d’or fretté d’azur, au chef du même chargé d’un renard passant au naturel.
  • Beauretour.
  • Betz (Le).
  • Boueix (Le).
  • Bussière (La).
  • Casimobert.
  • Chabouteix.
  • Chamassergue.
  • Charousseix.
  • Château-Bodeau.
  • Chaumeix.
  • Chaux-Bourdu (La).
  • Chaux-Fonty (La).
  • Cheizet
  • Courtioux (Le).
  • Coutignolles (Les).
  • Cujasseix.
  • Douleaux.
  • Etrade (L’). – Dans une lande près de ce village, quelques pierres naturelles ont été indiquées à tort comme étant des dolmens.

 

 
  • Fraux (Le). Alias Le Faux.
  • Jassoux.
  • Lépinard.
  • Magnanon.
  • Marcillat-Calamy.
  • Mas (Le). 
  • Mazière (La).
  • Monteillis (Le). Alias Le Montely.
  • Montfumat (Le).
  • Moulin de la Mane (Le).
  • Moulin-Neuf (Le). 
  • Péget (Le).
  • Porte (La).
  • Puyrigaud (Le).
  • Rassade (La).
  • Saillant (Le).
  • Soup (Le).
  • Trapas.
  • Vergnes (Les).
  • Vialleix.
  • Villebesseix.
  • Villechereix.