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Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 08/02/2024

 

            SAINTE-FEYRE est une commune du canton de Guéret, qui a 1,619 habitants. Sa superficie est de 3,094 hectares, et son altitude, qui, à côté du village des Bains, au Puy de Gaudy, atteint 651 mètres au-dessus du niveau de la mer, s'abaisse jusqu'à 355 mètres sur le bord de la Gartempe.

            Son nom, Saint-Symphorien, a subi, en latin, en français et en patois, les transformations suivantes : Capellanus sancti Symphoriani, XIVe siècle (PouiIIé). – Sanctus Symphorianus, 1332, 1380, 1430. (Cart. et ch. des Ternes.) – Paroisse de Saint-Affeirain, 1417, (Terr. de Monbut.) – Saint-Affeyrain, 1420. (Terr. de Guéret) – Sancta Fera, 1437. – Parrochia sancti Simphoriani, 1442 (Ch. de la Chapelle-Taillefer.) Sainte-Feyre, 1453 (ibidem), 1471. – (Terr. des Ternes.) – Sgrie de Saint-Afferain, 1475. (Terr. des Ternes.) – Saint-Symphorian, 1478. (Ch. des Ternes.) - Dominus de sancto Symphoriano, 1512. (Gaignières, 186, p. 135.) – Sainct-Affeyre, 1513, 1515. – Sainct-Afférau, 1519. (Cart. de la cure de Guéret.) – Sainct-Affeire, 1549. – Sainctoffere, 1599. – Saincte-Feyre, Sainct-Afaire, Afeyre, 1601. (Terr. de Blessac.) – Saincte-Fere, 1553, 1611. (Arch. du château de Sainte-Feyre.) – Sainct-Affaire, 1663. – Saint-Symphorien. – Sainte-Feyre. (Reg. par.)

           Sainte-Feyre était une cure de l'ancien archiprêtré d'Anzême, où il y avait au XVIIIe siècle 1 600 communiants, chiffre qui indique une population de 2 133 habitants. Le patron était saint Symphorien d'Autun. L'évêque de Limoges y a nommé le curé en 1575, 1589, 1590, 1640, 1647, 1722, 1753, 1763.

             Il existait dans cette paroisse une communauté de prêtres au moins dès 1564.

           Une vicairie avait été fondée dans cette église à l'autel de la Sainte-Vierge ; le curé de la paroisse la conférait au sujet nommé par les seigneurs de Sainte-Feyre : Antoine de Sainte-Feyre, écuyer, seigneur du dit lieu, nommait en 1577. Hélie, chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, seigneur de Blancafort, en 1599. Marie Dumont, veuve de François Mérigot, chevalier, seigneur de Sainte-Feyre, sénéchal de la Marche, comme administrateur de ses enfants, en 1701. François Mérigot, chevalier, seigneur de Sainte-. Feyre, Chantemille, la Tour-Saint-Austrille, l'Age-Rideau, paroisse de Razès, et sénéchal de la Marche, en 1733.

           Saint-Hubert, dans le bourg et près le cimetière, était une chapelle rurale que noble Pierre de Saint-Symphorien, damoiseau, seigneur du dit lieu, avait fait construire (ou peut-être reconstruire) avec permission du 2 août 1512 ; son patron était saint Hubert que l'on fêtait le 3 novembre. Il y avait dans cette chapelle et dans celle de Sainte-Catherine une vicairie à laquelle nomma le curé en 1572 ; mais ensuite il conféra le titre au sujet nommé par Elie de Sainte-Feyre, ci-dessus, en 1599. Marie Dumont, en 1701. François Mérigot, en 1733. Alexandre-Philippe-François Mérigot, écuyer, marquis de Sainte-Feyre, Chantemille, la Tour-Saint-Austrille, sénéchal de la Haute-Marche, grand bailli d'épée de cette province, en 1768. Dans un aveu et dénombrement de 1729, cette chapelle est dite dans l'enceinte du parc. Mais on lit dans un autre aveu et démembrement de 1478 que l'église paroissiale et la maison presbytérale sont renfermées dans l'enceinte des fossés, ainsi qu'une chapelle « en l'honneur de M. Saint-Hubert ».

          Saint-Germain du Puy-de-Gaudy était une chapelle rurale en ruine au XVIIIe siècle, située sur la montagne appelée le Puy-de-Gaudy, et dans laquelle existait une vicairie ou commission de messes, sous le titre et invocation de Saint-Barthélémy. M. J.-B.-Alexis Chorlon, président au présidial de Guéret, écrivait en 1675 : « J'ai vu ladite chapelle en son entier, et y ai vu dire la messe ; et on n'a cessé que depuis quelques années qu'elle est en ruine et presque toute par terre ». Elle était entourée d'un cimetière où l'on trouve des tombes de pierre en forme d'auge, remontant au XIIe et au XIIIe siècle. Elle était sous le patronage de la Sainte Vierge et de saint Barthélérny. Le prieur de Saint-Victour, en Marche, y nomma un titulaire en 1612, 1616, 1638 et 1687. Le 8 janvier 1786, Léonard Laboureys, prêtre du diocèse de Limoges, chanoine-trésorier du chapitre de Châtillon-sur-Loing, diocèse de Sens, y nomma Léonard Fougères pour remplacer Pierre de Plaigne, communaliste de Guéret, décédé.

         Pierre de Fontanis était curé de Sainte-Feyre en 1388. N… Rousseau mourut curé de Sainte-Feyre en avril 1753. N... Moussard mourut en janvier 1763. Jean-Baptiste Dauryat meurt en mai 1781. N... Decoux, nommé en 1781. Jean Vedrine, en 1804. N... Dalby était curé en 1823 et 1829. Joseph Belot-Ducher, en 1836 et 1840. François Delavalade fut nommé en 1845. Joseph Salon en 1848. Charles Crépiat en 1899.

        L'église de Sainte-Feyre possède un fer à hosties de la fin du XVe siècle, remarquable par l'élégance de son dessin. Les deux grandes hosties représentent la crucifixion.

        Les seigneurs de Sainte-Feyre avaient leur sépulture dans l'église, dans la chapelle du Rosaire, à laquelle ils accédaient par une porte aujourd'hui masquée par la maçonnerie.

        Antoine de Sainte-Feyre nous dit, dans son Livre de raison : « Le 25 septembre 1572 furent fondues trois cloches en ce bourg, et furent bénites le dimanche d'après ; dont ma mère fut marraine de la grosse. Les fondeurs étaient de Chambon, qui ne firent rien qui vaille. »

        C'est à Sainte-Feyre qu'est né Pierre Neveu, chanoine de Narbonne et de Clermont, doyen de la Chapelle-Taillefer, puis évêque de Lavaur et d'Alby. En faisant des réparations dans la cathédrale d'Alby en 1895, on a trouvé la pierre tombale sous laquelle il fut enseveli ; elle porte cette inscription : « Hic Jacet Reverendissimus in Christo pater et dominus, dominus P. Nepotis, quondam episcopus Albiencis, loci sancti Simphoriani, diocesis Lemovicensis oriundus, qui obiit anno Domini m cccc xxxiiii et die iii mensis marcii. Cujus anima requiescat in pace. Amen. » Il y est représenté avec les vêtements sacerdotaux, et accompagné de l'écusson de ses armes : un lion rampant.

         François Dareau, jurisconsulte et poète, est né à Sainte-Feyre en 1736.

         Outre le château proprement dit de Sainte-Feyre dont il est parlé ci-après, il est bon de remarquer qu'en 1439 la communauté des habitants de cette paroisse possédait une forteresse lui appartenant et bâtie par elle. Lorsque Jacques de Bourbon, roi de Hongrie, de Jérusalem et de Sicile, comte de la Marche, accorda, en 1428, trois foires aux habitants de Sainte-Feyre, sujets du comté de la Marche, il dit dans l'acte de concession que c'est « en considération des grandes pertes, dommages, dépenses et frais faits par lesdits habitants... pour les bastions et fortifications d'une petite forteresse qu'ils avaient faite audit lieu, pour y retraire eux et leurs biens, laquelle étant tombée en partie, il leur convenait réédifier, refaire et réparer ».

         L'ancien château féodal de Sainte-Feyre était sur l'emplacement de celui qu'on y voit aujourd'hui. En 1518, ce château se composait « d'un grand corps de maison, autour duquel, en chaque coing, a une grosse tour au milieu des deux tours ; derrier, a une aultre tour carrée, en laquelle était l'ancien aduis, et entre les deux grosses tours d'avant, une autre tour en laquelle est le grand aduis par lequel on entre dans ledict chastel, et en toutes les chambres dudit chastel, lequel est beau et noble et mascollé par tous endroits. A l'entrée de ce chasteau était la basse-cour où se trouvait le grand portail défendu par deux tours. Le château et la basse-cour qui étaient entourés de fossés, occupaient un emplacement d'environ quinze arpens ».

         C'est dans ce château que logea, en 1439, le dauphin, plus tard Louis XI, pendant que son père Charles VII restait à Guéret. Il appartenait alors à maître Guillaume Piédieu. Il fut rebâti au XVIIe siècle. Vers le milieu du XVIIIe siècle, le fief de Sainte-Feyre fut érigé en marquisat.

         La famille Piédieu, qui change son nom en celui de Sainte-Feyre, posséda ce lieu jusqu'au commencement du XVIIe siècle. Hélie de Sainte-Feyre, sieur dudit lieu et de Blanquafort, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, du consentement de demoiselle Anne de Sainte-Feyre sa sœur, le vendit, le 23 octobre 1609, à noble homme Mathurin Mérigot, sieur de la Tour-Saint-Austrille, juge châtelain d'Ahun, pour la somme de 11,000 livres.

         Le dernier marquis de Sainte-Feyre, « haut et puissant seigneur messire Alexandre-Philippe-François Mérigot, chevalier, marquis de Sainte-Feyre, seigneur dudit lieu, Chameyrat, Lâge-Rideaux, Chantemille et autres places, sénéchal, grand bailli d'épée de cette province », présida en cette qualité l'assemblée générale des délégués des trois ordres de la Haute-Marche, convoquée à Guéret, le 16 mars 1789, pour l'élection des députés aux Etats-Généraux. Les armes des Mérigot de Sainte-Feyre sont : d'azur au chevron d'or, chargé de trois coquilles de gueules, et accompagné de trois molettes d'éperon d'argent.

          M. le marquis Arthur de Ligondès possède aujourd'hui le château de Sainte-Feyre, qu'il a acheté vers 1860.

          Il y avait jadis un autre château dans la paroisse de Sainte-Feyre ; il était appelé le château de Las-Peiras, et situé au pied de la montagne du Puy-de-Gaudy. En 1647, il était en ruines, et il n'existait plus qu'une grosse tour à moitié démolie et un corps de logis carré tout ruiné. Les pierres de taille des degrés, des portes, des fenêtres furent prises pour bâtir le couvent des Récollets de Guéret en 1627.

         Sur la montagne du Puy-de-Gaudy, on trouve les restes d'un oppidum gaulois. Des haches en pierres polies ont été amassées en grand nombre dans ses environs, et au milieu de son enceinte existe le seul polissoir qui soit connu dans le département. On y a également trouvé une hache en bronze. Le sommet de cet oppidum, du côté du village des Bains, présente les assises de cinq ou six cases, bâties en grosses pierres brutes, dans le talus extérieur desquelles on a recueilli de nombreux débris de vases, les uns en terre grossière, quoique faits au tour, les autres en terre rouge et fine. Des retranchements moitié en pierre, moitié en terre, entourent cet oppidum qui doit avoir été habité jusqu'après les invasions des barbares. De nombreux débris de poteries gallo-romaines se rencontrent sur son sommet et près des remparts les plus élevés. Il est surtout essentiel de noter qu'on rencontre ici des murs vitrifiés, comme à Châteauvieux, près Jarnage, et à Thauron. Enfin, le moyen-âge y bâtit une chapelle dont il est parlé plus haut, et la tradition conservée dans ce lieu rapporte qu'il a existé sur cette montagne une ville importante nommée Ribandelle

 

                       Les villages de cette commune sont :

 

  • Bains (Les). - En 1873, on a découvert, dans ce village, près des remparts du Puy-de-Gaudy, une inscription tumulaire chrétienne portant un seul mot : X CHUINDO. - C'est probablement un nom germanique d'un défunt, car la racine de ce mot se trouve dans d'autres noms germaniques aux VIIe et VIIIe siècle.
  • Banassat.- - En 1717, Etienne de Nesmond était seigneur de Banassat.
  • Bordessoule.
  • Breuil Le).
  • Brugnat.
  • Changon.
  • Charsat.
  • Châtres (Les).
  • Chaulet.
  • Cherpont.
  • Combette (La).
  • Couret (Le).
  • Couteilles (Les).
  • Gare (La).
  • Gorce (La).
  • Lafaye.
  • Laprade. – Une fabrique de papier existait au moulin de la Prade en 1519 ; elle était exploitée par Georges Michaud ; elle n'a pas laissé une trace bien longue ni bien profonde.
  • Laspigris.
  • Lasvaud.
  • Meyrat.
 
  • Moulin des Vergnes.
  • Moulin du Cher.
  • Neuville.
  • Nouziére (La).
  • Ossequeux.
  • Panche (La).
  • Peuplat.
  • Pont-à-la-Dauge.
  • Puychavaux.
  • Ribière (La).
  • Salles (Les). – Louis-Armand-François de Seiglière, chevalier, était seigneur des Salles en 1760.- Le château des Salles est ruiné.
  • Theil (Le).
  • Vallades (Les).
  • Valette (La).
  • Verger (Le).
  • Villasmeillas.
  • Villasproues.
  • Villatte (La).       -
  • Villecorbet.
  • Villecusson.
  • Villedard.
  • Villemeaux.
  • Villepetout. – Deux haches en pierre ont été recueillies dans ce village en 1843.
  • Villesservines.
  • Voust.