Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 08/02/2024
SAINT-GOUSSAUD est une commune du canton de Bénévent qui a 1,089 habitants. Sa superficie est de 2,428 hectares, et son altitude au-dessus du niveau de la mer atteint 697 mètres au Puy-de-Jouer.
Saint-Goussaud, Gonsaldus, auquel ce lieu doit son nom, naquit, dans les Gaules, d’une famille noble. Après avoir terminé ses études, il quitta le monde et sa famille pour se mettre sous la conduite de saint Priest, évêque de Clermont, dont il devint le commensal. Lorsque ce dernier eut terminé sa vie par le martyre, en 674, saint Goussaud se retira dans les montagnes du Limousin pour y mener la vie de solitaire. Il mourut le 5 novembre 689 et fut enterré dans le lieu qui porte aujourd’hui son nom.
Ce nom a peu varié ; dans les actes anciens on trouve : Podium sancti Gonsaldi, XIIe siècle. (Labbe, Nov. Bibl., ms. II, 285 ; Chron. Gauf. Voz.) – Parrochia sancti Guonsaldi, 1248 (Evêché de Limoges)- Parrochia sancti Gonsaldi, 1314. – Sancti Guolsandi, 1332 (Terr. des Ternes.) – Capellanus sancti Gonsaldi, XIVe siècle. (Pouillé.)
La cure de Saint-Goussaud était dans l’ancien archiprêtré de Bénévent. En 1158, Itier, abbé de Lesterps, donnait cette église à l’évêque de Limoges. Le chanoine aquilaire de la cathédrale y nomma un titulaire, et le chapitre ratifia cette nomination aux dates suivantes : 1505, 1513, 1585, 1586, 1667, 1668, 1701, 1707, 1719, 1753, 1762. Le patron fut toujours saint Goussaud. A la fin du siècle dernier, il y avait dans cette paroisse 980 communiants, ce qui suppose une population de 1,307 habitants.
Jean Romanet était curé de Saint-Goussaud en 1711. N.. Embaud fut nommé en 1762. N… Ardent en 1775. Pierre Mortesaigne en 1804, jusqu’en 1824. N… Blanchon en 1825. Jacques Vaulx, nommé en 1838. François Verier en 1875. Jules Vallot en 1878. Augustin Vallanet, 1884. Luicen Bénédech, 1892. Pierre Dercier, 1897.
L’église de Saint-Goussaud a une nef romane ; l’abside et deux chapelles sont gothiques. On y remarque sous une arcade, réservée dans l’épaisseur de la muraille, une sépulture qu’on croit être celle de saint Goussaud. C’est toutefois le but d’un pèlerinage, peut-être le plus fréquenté de la Creuse, surtout pour obtenir la conservation des bestiaux.
Cette église possède un élégant reliquaire en argent provenant de l’abbaye de Grandmont. Sa tige, couverte de filigranes et coupée au milieu par un nœud de cristal, porte sur les quatre côtés de sa base les symboles des évangélistes Sur un plateau supérieur de forme carrée se dresse un cylindre en cristal contenant une relique de saint Léobon.
Sur la place de Saint-Goussaud, qui était anciennement le cimetière, se trouve une lanterne des morts du XIIIe siècle. Elle est de forme carrée, conserve encore son autel, élevé d’un mètre au-dessus d’une marche qui l’accompagne, et à son sommet quatre fenêtres plein-cintre forment la lanterne recouverte d’un toit conique.
Les villages de cette commune sont :
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Il se trouve à 14 lieues gauloises d’Augustorium (Limoges) et à 18 d’Acitodunum (Ahun). De là partait aussi un embranchement allant à Argentomagus (Argenton en Berri). On trouve sur ce sommet, où l’on a recueilli quelques monnaies romaines, une assez grande quantité de pierres et de briques provenant d’anciennes constructions romaines. En 1865, j’y ai relevé le plan d’un bâtiment carré à double enceinte, constaté l’existence d’un puits de la même époque et suivi la voie romaine, alors très apparente, descendant du sommet de la montagne, et se dirigeant en ligne droite sur le village de Séjoux.
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