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Extraits du Dictionnaire Topographique, Archéologique et Historique de la Creuse d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1902 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 11/02/2024

 

             Saint-Pierre-de-Fursac, est une commune du canton du Grand-Bourg, qui a 1,608 habitants ; sa superficie est de 2,735 hectares, et son altitude au-dessus du niveau de la mer de 431 mètres.

           Ce lieu a été désigné de la manière suivante : Ecclesia sancti Petri de Furciaco vers 1125 (Cart. de Bénévent). – Vicus qui dicitur Fursacus, XIIe siècle (Labbe. Nov. Bibl. mss. II. 285. Chron. Gauf. V., I.). – Capellanus sancti Petri de Fursac, XIVe siècle (Pouillé). – Burgus de Fursaco, 1457 (d’Hozier, général. Chamborant). – 1526 (Ch. de la Souterraine). – Saint-Pierre-de-Fursac, 1539. 1542 (Reg. de Guarin).

            Saint-Pierre-de-Fursac était une cure de l’ancien archiprêtré de Rancon, qui vers la fin du XVIIIe siècle avait 980 communiants (environ 1,307 habitants). En 1184, elle appartenait aux moines de La Souterraine. En 1239, Géraud, prévôt de La Souterraine, et ses religieux, lui donnaient quelques terres situées dans la paroisse de Marsac. Ensuite l’évêque de Limoges y a toujours nommé les titulaires, ce que l’on constate depuis 1570.

             Les curés dont le nom est connu sont : Pierre de Tranchecerf en 1606. – N… Conchard en 1692. – N… Delcayre en 1710 et 1721. – N… Rocherolles en 1751 et 1764. – Vincent Dubrac-de-Villaudran, nommé en 1770, fut déporté en Suisse pendant la Révolution. Il revient à Fursac au commencement d’avril 1803. – Jean Tanchon nommé en 1803. – N… Bohier était curé en 1823, 1829. – N… Lavaud en 1837, 1839. – Joseph Guimbaud nommé en 1839. – Louis Dubreuil en 1891 ; il a publié en 1900 une Notice sur la paroisse de Saint-Pierre-de-Fursac.

          En 1786 deux cloches furent fondues pour l’église de Saint-Pierre-de-Fursac. Au moment de la Révolution elle en possédait trois car d’après la loi du 23 juillet 1793 on lui en prit deux qui pesaient 809 livres, et il lui en resta une qu’on y voit encore aujourd’hui. Elle porte cette inscription : « Parrain Mre André de Gartempe, seigneur des Taillades ; marraine demoiselle Marie Savy de la Villauber. 1786 ».

         Une de celles qui lui furent prises avait pour parrain Mre Vincent de Vénassier, notable habitant de Saint-Pierre-de-Fursac, et pour marraine Marie de Vénassier, sa fille.

         L’église de Saint-Pierre-de-Fursac était totalement rebâtie en 1492, nous dit le Pouillé de Nadaud, qui donne la même indication pour l’église de Saint-Etienne-de-Fursac. Ici, le chœur est du XIVe siècle, la nef est du XVe. La voûte du chœur est couverte de fresques du XVe siècle représentant des sujets de l’Apocalypse.

          Vers le milieu du XVIe siècle cette église s’accrut d’une chapelle destinée à la sépulture des seigneurs de Chabannes. Une fenêtre percée au Levant reçut, à la même époque, un vitrail aujourd’hui à moitié détruit. Il représente un calvaire. Les saintes femmes éplorées entourent la vierge évanouie. Les soldats romains, couverts de splendides armures de la renaissance, se pressent autour de la croix ; des inscriptions se lisent sur leurs ceintures, et celle-ci entre autres : Imperator Romanorum. Les personnages, entassés les uns sur les autres, sont d’ailleurs bien dessinés. Le verrier a heureusement varié le ton de chair de toutes ces têtes, trop rapprochées. Au sommet, des anges, chérubins et séraphins à faces rouges, bleues et jaunes tiennent un rollet sur lequel on lit ces mots écrits en caractères gothiques : Angeli pacis amare flebunt. Isaï.

         Il y avait à Saint-Pierre-de-Fursac une chapelle rurale dédiée à sainte Rufine et à sainte Justine, vierges et martyres, dont on possédait les reliques. Cette chapelle fut démolie en 1744 parce qu’elle menaçait ruine. Leur culte était établi en ce lieu en 1184, comme l’atteste Geoffroy de Vigeois et on y faisait leur fête le 23 juin. Le Martyrologue romain, édition de Benoît XIV, la place au 19 juillet, pendant que Bernard Guidonis rapporte que les Frères Prêcheurs de Limoges, possédant quelques-uns de leurs ossements, font leur fête le 14 août.

        Cette chapelle était située près du village de La Croix. On y fait encore tous les ans une procession ; il y a une belle croix de pierre ombragée par un vieux tilleul.

          Dans une notice sur Saint-Pierre-de-Fursac, M. Yves Fesneau a raconté avec beaucoup d’imagination, et plusieurs l’ont répété après lui, la destruction de Fursac par les Vandales et le martyre de ces deux saintes aussi à Fursac, en 406. Peut-être une phrase mal interprétée de Bernard Guidonis est-elle le seul fondement de toute cette légende. Le saint évêque a écrit : Sancta Justina et sancta Rufina virgines et martyres apud Fursacum secus flumen Gartampoe quiescunt, quoe apud Hispalim civitaten Hispanioe martirisatoe leguntur. (Bull. soc. Arch. Lim., XL, page 298). Même en ne prenant que la première partie de ce texte, comme semble l’avoir fait l’auteur cité plus haut, il ne dit pas que sainte Justine et sainte Rufine, vierges, ont été martyrisées à Fursac, mais que les reliques de sainte Justine et de sainte Rufine, martyres, sont conservées à Fursac, et il ajoute qu’elles ont été martyrisées à Hispalis, ville d’Espagne. On sait qu’Hispalis fut détruite et sur son emplacement on a élevé Séville.

          La légende, fruit de l’imagination des écrivains de la contrée, doit être remplacée par l’histoire. La voici telle qu’on la trouve dans la Vie des Saints, par Godescard : « Juste et Rufine étaient deux femmes chrétiennes de Séville en Espagne, qui trouvaient dans leur commerce de quoi vivre et assister les pauvres. Elles saisissaient toutes les occasions que leur présentait leur état de pratiquer plusieurs vertus héroïques, et savaient faire de toutes leurs actions autant de sacrifices agréables à Dieu. Des dispositions aussi saintes leur méritèrent la gloire du martyre.

          « Ayant refusé, dans la crainte de se rendre coupables de superstitions, de vendre aux payens certains choses dont ils avaient besoin pour leurs sacrifices, ceux-ci résolurent de s’en venger ; et comme les édits de Dioclétien renouvelaient la persécution, ils enfoncèrent la boutique des deux chrétiennes et les menèrent devant le gouverneur. Le juge voyant qu’elles confessaient généreusement Jésus-Christ, ordonna qu’on les étendit sur le chevalet et qu’on leur déchirât les côtes avec les ongles de fer. Auprès de l’instrument de leur supplice était une idole avec de l’encens, afin que la facilité de sacrifier les portât à se délivrer des tourments ; mais rien ne put ébranler leur constance. Juste expira sur le chevalet. Le juge assuré de sa mort fit étrangler Rufine, après quoi les corps des deux saintes furent brûlés. Elles souffrirent en 304.

         « Voyez leurs actes, publiés par Maldonat, ainsi qu’Adon, Usnard, etc. »

         Le Martyrologue romain en parle en ces termes : « A Séville en Espagne, martyre de sainte Juste et de sainte Rufine, vierges, qui ayant été arrêtées par le président Diogénien, furent d’abord étendues sur le chevalet et déchirées avec des ongles de fer, ensuite souffrirent la prison, la faim et diverses tortures. Enfin Juste mourut dans sa prison. Quand à Rufine, persévérant dans la confession de la foi du Seigneur, elle eut la tête écrasée. »

 

                                On trouve dans cette commune les villages suivants :

 

  • Chabannes. – Voir ce qui a déjà été dit à l’article Chabannes-Guergui. La famille de ce nom, originaire de cette contrée, est différente de la famille Chabannes-la-Palisse. Le château de Chabannes fut démoli pendant la Révolution, et les habitants du village y ont ensuite puisé tous les matériaux de construction dont ils avaient besoin. Deux cloches pesant 198 livres furent prises à Chabannes en vertu de la loi du 23 juillet 1793.
  • Chabannes-Judaud. La seigneurie de Chabannes-Judaud appartienait en 1470 à Jean de Pontville, écuyer, chevalier, conseiller et chambellan du duc de Guyenne, seigneur de Montbason, Torcy, Saint-Léger-la-Montagne, etc., époux d’Anne, vicomtesse de Rochechouart ; ses armes sont : de gueules au pont d’or.
    En 1557 Jean de Biais était seigneur de Chabannes-Judaud. Cette seigneurie passa peu de temps après, probablement par acquisition, dans la famille Guérin, du bourg de Saint-Etienne-de-Fursac. Les Guérin de Chabannes-Judaud s’éteignirent en la personne de Louise Guérin, fille de Léonard, seigneur dudit lieu, qui épousa en 1739 Léonard Rogues, bourgeois de la Jonchère. Ce dernier devient seigneur de Chabannes-Judaud, de la châtellenie de Saint-Etienne-de-Fursac et du fief de Nouhâtre. Les armes des Guérin de Chabannes-Judaud sont d’argent à trois fasces de gueules.
    Léonard Rogues, fils des précédents, conseiller du roi à Poitiers, fut seigneur de Chabannes-Judaud jusqu’à la Révolution.
  • Chabannette.
  • Chassagne (La).
  • Chiroux (Le) – Léonard Cujas de Ribes était seigneur du Chiroux en 1784.
  • Coudert (Le).
  • Créchat.
  • Croix (La). – C’est près de ce village qu’était la chapelle de Sainte-Rufine et de Sainte-Justine.
  • Cros. – Il y avait au château de Cros une chapelle dédiée à Saint-Jean. Une vicairie y avait été fondée. Le titulaire en fut nommé par Henri de Pot, seigneur de Rhodes et vicomte de Bridiers, en 1653 ; par Charles,
 
  • baron de Cros, en 1705 ; et par Claude-Léon de Bouthillier, seigneur des mêmes lieux, en 1744. Le dernier titulaire de cette vicairie fut, en 1790, messire Bonnet de Châteaurenaud, docteur de Sorbonne, chanoine théologal de l’église de Meaux, âgé de soixante-dix ans. Le château de Cros est détruit, il n’en reste que quelques murailles.
  • Dauges (Les).
  • Follasseau.
  • Galateau (Le).
  • Gouanet.
  • Granges (Les).
  • Laforest.
  • Lavaud-Barraud.
  • Mailletard.
  • Montbraud.
  • Montoy.
  • Moulin de Cloptet.
  • Moulin de Graulières.
  • Moulins (Les). – Près de ce village se trouve un tumulus, peut être une motte mesurant dix-sept mètres de long sur treize de larges, qui semble avoir été entouré d’un fossé ; il est placé près d’une fontaine dite du Châtelot.
  • Peux (Le).
  • Puy de Cros.
  • Ribes appartenait au XVIIIe siècle à la famille Cujas, seigneurs de Ribes, du Chiroux et autres lieux. Près de ce village, et à trois cents mètres des ruines du château du Cros, on trouve un dolmen dont la table mesure 3m46 cent. de longueur sur 2m63 cent.
  • Sainte-Catherine.
  • Sainte-Marie.
  • Sibioux (Les).
  • Tancognaguet.
  • Verdoix (Le).