Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 08/01/2023
AIXE est le chef-lieu d'un canton qui a 19 405 hectares d'étendue et 13 057 habitants. Il comprend les communes d'Aixe, Beynac, Bosmie, Burgnac, Jourgnac, Saint-Martin-le-Vieux, Saint-Priest-sous-Aixe, Saint-Yrieix-sous-Aixe, Séreilhac et Verneuil-sur-Vienne.
La commune d'Aixe a 2 285 hectares d'étendue et 3 615 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer qui est de 221 m auprès de la Vienne, s'élève jusqu'à 283 m à la limite sud et à 307 m à la limite nord.
Le chef-lieu de cette commune est une petite ville fort industrieuse, placée au confluent de la Vienne et de l'Aixette, à 13 kilomètres de Limoges. Elle était entourée de murailles qui finissent de disparaître de nos jours, ainsi que les nombreuses maisons à portes et fenêtres ogivales et les curieuses charpentes en saillies sur les rues.
Le nom d'Aixe se rencontre pour la première fois vers 982. A cette époque, Bernard de Comborn, abbé de Solignac, du consentement d'Hildegarius, évêque de Limoges, y fit construire des chapelles qui, en 1150, furent données à l'abbé de Saint-Martial.
La tradition locale rapporte qu'un pèlerin revenant de Jérusalem, vers l'an 1106, s'arrêta à l'endroit où est aujourd'hui l'église pour s'y reposer. Comme il avait un fragment de la Vraie Croix soigneusement enveloppé, lorsqu'il voulu repartir, il lui fut impossible d'emporter le paquet dans lequel était la précieuse relique : il était attaché par une force invisible à l'endroit où il l'avait déposée. Au comble de l'étonnement, il alla chercher le curé de la paroisse qui n'éprouva aucune peine à relever cette relique et à la porter dans l'église. Ce serait à la suite de ce miracle que l'Eglise de Sainte-Croix d'Aixe aurait été bâtie sur l'emplacement où il s'était accompli.
En 1410, l'église d'Aixe était succursale de celle de Tarn. Elle faisait partie de l'ancien archiprêtré de la Meyze et avait pour fête patronale celle de l'Exaltation de la Sainte-Croix. Aussi de nos jours, voulant faire graver un sceau pour la paroisse, on a eu raison d'y mettre une croix vairée d'or dans un champ de sable.
Cette église, aujourd'hui paroissiale est un édifice roman. Son plan est carré et ses trois nefs d'égale hauteur. Quatre piliers ronds et un peu lourds soutiennent une voûte ogivale renforcée de nervures. Au midi sont accolées trois chapelles latérales en style flamboyant du XVe siècle. Elle conservait il y a peu de temps, le souvenir des époques orageuses qu'elle a traversées, car elle avait été fortifiée. Sa porte est surmontée d'une galerie couverte en machicoulis, ornée de deux pierres sculptées, l'une représentant le buste de Saint-Alpinien accosté des lettres S.A. (c'est le patron de la paroisse de Tarn), l'autre un écusson de gueules au pal de vair avec la date de 1599 (ce sont les armes de la famille des Cars, seigneurs d'Aixe). Ces restes de fortifications ont disparu dans la dernière restauration. L'inscription suivante est gravée sur le linteau de la porte pour perpétuer le souvenir de sa nouvelle consécration : Hanc Santoe Crucis ecclesiam, parietibus instauratis, ara maxima coeteris que renovatis D. D. Petrus, Eugenius Rougeri, episc. Appamien. Anno dni MDCCCLXXXIV, die XI octobris, solemni ritu consecravit.
Les armes de la famille des Cars sont à une clef de voûte de la nef principale, celles de la famille Chantois se voient dans la nef de gauche, elles sont d'argent au chevron de gueules accompagné de trois tourteaux de même et d'un lambel en chef. En 1620, celles de la famille Mandat sont aussi signalées à une clef de voûte, elles étaient d'azur au lion d'or, au chef d'argent chargé d'une hure de sanglier de sable, défendue d'argent, accostée de deux roses de gueules.
Le clocher est une tour carrée à trois étages, surmontés d'un octogone qu'éclairent huit baies légèrement ogivales ; il se termine par une flèche couverte en ardoise. Il est placé dans l'axe de la nef principale et une de ses ouvertures porte la date de 1706. On y trouve trois cloches, une de 1813 pesant 840 kilos et donnant la note mi, une de 1886 de 670 kilos et donnant la note fa, et une de 1828 pesant 500 kilos et donnant la note sol. Voici les inscriptions qu'elles portent :
Ad majorem Dei gloriam. — J'ai été fondue le 3 juillet 1813 pour l'église de Sainte-Croix-d'Aixe. Ont été parrain M. Jean-Baptiste-François Boni de Lavergne, maire de la ville d'Aixe, et marraine dame Marie-Radegonde Londeix, épouse de M. Durand de La Saigne. — Syndics-fabriciens, MM. Durant de La Saigne, Massaloux, Châtenet, La Besse, Rougerie, Jayac et Bramaud, curé. - Bernard et Aléxis Martin, fondeurs.
En 1828, j'ai été bénite par M. Roche, curé d'Aixe. — Parrain, M. Gicquet de Pressac. Marraine, Mme Marie-Charlotte Balatier, comtesse de Villelume, dame de l'Aumônerie. — Le chevalier Malnuit Petitfour, fondeur.
J'ai été bénite le 12 septembre 1886 par M. Bonnaud, curé-doyen de Sainte-Croix d'Aixe. Je porte les noms de Marguerite-Pierre-Ambroise. J'ai eu pour parrain M. Pierre-Xavier David, ancien notaire et président du conseil de fabrique, représenté par son petit-fils M. Pierre-François-Etienne David, et pour marraine Mme Marguerite-Julie Gicquet de Pressac, née Limousin.— Fondue par M. G. Bollée, d'Orléans. Je pèse 670 kilos et je chante : O Crux ave.
Au siècle dernier, on voyait dans l'église d'Aixe la représentation de la mise au tombeau avec des personnages de grandeur naturelle. Cette scène que la piété de nos pères avait reproduite dans plusieurs de nos églises au XVe siècle, était connue sous le nom de Monument. Il n'en reste ici aucune trace. On croit que c'était une fondation de Jean Mosnier, car, en 1516, Anne Chantois fonda aussi une vicairie dans la chapelle de Mosnier, son mari, et depuis cette époque, les prêtres de la communauté d'Aixe célébraient à la chapelle du Monument un grand nombre de messes pour lui.
Plusieurs vicairies ou commissions de messes existaient dans l'église d'Aixe. Voici les noms des principaux fondateurs et la date de la fondation : Adémar Bardaud, à l'autel de Saint-Nicolas, avant 1482. — Mariotte Lapine, veuve de Pierre Neyre, dit Bardaud, à l'autel de Saint-Michel, en 1499. — Michel Telhol, de Boschia, maître ès-arts de la ville d'Aixe, en 1503. — Guillaume Chatard, alias de Mazeriis, avant 1405. — Martin Treilhard et Catherine, sa femme, avant 1475. — Pierre Boulhet, prêtre, en 1515. — Anne Chantois, dans la chapelle de Monier, son mari, en 1516. — Guy Lapine, curé de Tarn, à l'autel de N.-D.-de Pitié, le 3 juin 1519. — Jean du Blas, prêtre, à l'autel de Saint-Jacques et de Saint-Philippe, avant 1580. — François Mandat, sieur de La Forest, en 1669, etc …
Il y avait à Aixe, en 1499, une communauté de prêtres dont pouvaient faire partie tous ceux qui étaient nés dans la paroisse. Ses membres remplissaient toutes les fonctions du ministère, si l'un d'eux était curé d'Aixe et de Tarn. Ils firent imprimer à Limoges, en 1761, chez Pierre Chapoulaud, l'Etat des fondations faites en faveur de la communauté de MM. les curés et les prêtres de l'église de Sainte-Croix d'Aixe, et la manière de les acquitter. Le 23 octobre 1781, cette communauté se composait de MM. Jean-Baptiste Bramaud, bachelier en droit, curé de la paroisse ; Jean-Baptiste Duverger, prieur-aumônier de l'hôpital ; Pierre Boyssou, Jean-Baptiste Meytadier, Léonard Duverger, Guillaume Meytadier, Pierre-Moyse Gicquet de Pressac, syndic, Léonard Meytadier, Jean-Baptiste Demorilheras. Cette communauté exista jusqu'à la Révolution.
Voici les noms des curés d'Aixe et de Tarn qui me sont connus : Aymericus Vilas, capellanus de Axia, avant 1308. — Petrus Moscerii (Mossier), capellenus de Essa, en 1390. — Jacques Lagasne, curé en 1412. — Guy Lapine, 1505 et 1531. — Louis Savary, 1538. — François Moreilheras, 1626. — Dumonteil, 1636. — Gaudet, 1636 et 1645. — François Mandat, 1652. — Martial Noualhier, 1680 et 1701. — Auvray de Saint-Rémy, 1705 et 1720. — Pierre Chastaignac, depuis le 14 mars 1739. Il fit en février 1751 le recensement de sa paroisse, où il y avait alors 1 447 habitants, et la communauté comptait 11 prêtres. — Duverger, 1757. — Rougerie, 1768 ? — François Brousse, 1753 et 1779. — Jean-Baptiste Bramaud du Boucheron, né à Aixe, le 11 juillet 1749, ordonné prêtre en 1773, fut curé d'Aixe en 1779. Chassé par la Révolution, il se réfugia en Espagne. Au retour de l'exil, il fut de nouveau curé d'Aixe, où il mourut le 16 octobre 1818. — Pierre Roche qui souffrit pour la foi, fut transporté sur les pontons de Rochefort, curé d'Aixe de 1818 à 1856. — François Chapelle, 1856-1873. — Pierre Bonnaud, 1874.
L'église d'Aixe possède de nombreuses reliques. C'est d'abord une croix en vermeil renfermant une parcelle de la Vraie Croix. Ce n'est plus celle qui fut rapportée de Jérusalem, selon la tradition, elle a été perdue pendant la Révolution, mais elle a été remplacée par une parcelle de celle de la cathédrale de Limoges. Une châsse émaillée du XIIe siècle qui contient des reliques de saint Blaise. Un reliquaire en forme de bras avec une relique de saint Alpinien, patron de la paroisse. Deux coupes en métal gardent le chef de saint Victor, et celui d'une des compagnes de sainte Ursule. Différentes châsses en bois contiennent des reliques de saint Alpinien et de saint Austriclinien, de saint Hyacinthe, martyr ; saint Vincent, martyr, saint Guy, martyr et saint Fidèle, martyr. Enfin un reliquaire en forme de calendrier sur lequel est placé une petite relique à chacun des jours de l'année ; ce dernier est un don du R. P. Rouard de Card.
Il y avait dans la ville d'Aixe et dans ses faubourgs plusieurs chapelles dont il ne reste plus que le souvenir. Ce sont : la chapelle de N.-D. du Pont, appelée quelquefois prieuré ou aumônerie, et même hôpital en 1556.
La maison de l'Aumônerie d'Aixe, où il y avait un recteur en 1250 ; c'est peut-être la même que la suivante.
La Maison-Dieu de la ville d'Aixe, qui existait en 1304, était située au bas du faubourg d'Outre-Vienne, tout près du pont. Elle était qualifiée prieuré ou aumônerie. Son patron était saint Martial, et primitivement la sainte Vierge. L'abbé de Saint-Martial y faisait les nominations en 1586 ; ce furent ensuite les seigneurs d'Aixe qui jouirent de ce droit, et, enfin par arrêté du Grand Conseil, ce fut le grand aumônier de France. En 1770 et en 1783, Jean Duverger était aumônier de l'hôpital d'Aixe. On sait d'ailleurs que pendant tout le XVIIIe siècle c'était toujours le curé, ou son vicaire, qui avait ce titre d'aumônier.
L'église des lépreux existait en 1260 ; elle était aussi appelée infirmerie ou malatie de Sainte-Madeleine en 1492. Catherine Bernard, avant 1761, avait fondé des messes dans la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine qui doit être celle-ci ou la suivante.
La maladrerie appelée de Chambouret en 1634 ; sa chapelle dédiée à sainte Madeleine et à saint Jacques, fut démolie en 1741. Elle était située au lieu des Casseaux, entre Aixe et Tarn.
N. D. d'Abondance était une chapelle rurale dans laquelle il y avait, en 1761, une fondation de messes par Jean Bourdeaux. Cette chapelle n'existe plus ; elle a été détruite pendant la Révolution, mais on connaît encore la fontaine dite de N. D. d'Abondance. La statue qui était vénérée dans ce petit sanctuaire fut sauvée par un membre de la famille Bourdeaux, et depuis a été placée dans la chapelle du couvent des Soeurs-du-Sauveur à Aixe, où elle est en grande vénération.
La chapelle des Pénitents-Noirs est une construction moderne qui appartenait à la Compagnie dont elle porte le nom. Elle fut bénite en 1830 par Mgr de Tournefort. Précédemment le chapelle de Saint-Georges, dans le château, avait servi d'oratoire à cette Compagnie.
Une importante communauté des Sœurs-du-Sauveur a été établie à Aixe en 1837, pour l'instruction et l'éducation des jeunes filles et la visite des malades. On doit cette fondation à la générosité de la famille Desproges. C'est la plus ancienne de celles que la R. Mère du Bourg a fondées dans le diocèse.
L'école libre de Saint-Alpinien, dirigée par les frères des écoles chrétiennes, a été bénite et inaugurée le 23 décembre 1888 par Mgr Renouard, évêque de Limoges.
Le château d'Aixe était placé sur un rocher dominant le confluent de la Vienne et de l'Aixette. Son donjon carré, qui avait été construit en 1206, a été péniblement démoli en 1809 pour en tirer de la pierre à bâtir. Ce château, qui appartenait aux vicomtes de Limoges, a supporté bien des sièges. En 1082, Guillaume d'Aquitaine l'assiégea inutilement. En 1180, Aymard V, vicomte de Limoges, prend la ville et le château d'Aixe, et y place une garnison de 1200 basques. En 1206, Guy, vicomte de Limoges, en rebâtit les murailles et le donjon. Jean-sans-Terre s'en empara en 1214 ; Guy le reprend après neuf semaines de siège. En 1265, les habitants d'Aixe y assiègent deux fois Adhémar de Maumont qui en était gouverneur et cela à cause des vexations dont ils prétendaient avoir à se plaindre. En 1274, nouveau siège par Guillaume de Valence, oncle du roi d'Angleterre. En 1370, ce château est pris par les troupes françaises. En 1427, le sieur de l'Aigle s'y fortifie et fait la guerre aux habitants de Limoges.
Après toutes ces guerres, la baronnie d'Aixe sortit de la maison des vicomtes de Limoges par la session qu'en fit, un peu avant 1550, Antoine de Vendomois et de Bourbon, tant en son nom qu'en celui de Jeanne de Navarre, sa femme, à Claude, vicomte de Rochechouart. Louis, vicomte de Rochechouart, fils du précédent, vendit la terre d'Aixe à François de Pérusse, comte des Cars, dans la famille duquel elle était encore au moment de la Révolution.
« La terre d'Aixe est la plus vaste et la plus honorifique de la sénéchaussée de Limoges, dit, en 1778, le juge d'Aixe Sandraud-Desisles. Elle est composée de neuf paroisses en leur entier, d'une ville et quelque partie de plusieurs autres paroisses ; savoir, la paroisse de Tarn et la ville d'Aixe, son annexe, Saint-Priest-sous-Aixe, Sainte-Marie-de-Vaux, Beynac, Saint-Martin-le-Vieux, Burgnac, Nexon, Lavignac ; les trois quarts de la paroisse d'Isle, la moitié de la paroisse de Jourgnac et Meilhac, une partie de celle de Verneuil, de Séreilhac et du Vigen. Il y a quantité de fiefs qui en relèvent, et une forêt qui vaut plus de 600 000 livres. »
Près du château d'Aixe, et peut-être dans la même enceinte, se trouvaient une chapelle dédiée à saint Georges, connue dès 1245, et plusieurs fiefs, tels que ceux du Barry, de Maumont, de Brie.
Le fief du Barry est probablement le plus ancien. On trouve en 1445, Ithier de Barry, qualifié seigneur d'Aixe. Ce fief a été possédé plus tard par la famille Beaupoil de Sainte-Aulaire qui porte de gueules à trois couples de chiens d'argent, mis en pal, deux et un.
Le fief de Maumont appartenait à la famille de ce nom. Gérard de Maumont, par son testament de 1299, donna sa terre d'Aixe, qu'il tenait de la vicomtesse, à ses neveux, Pierre et Guillaume de Maumont. En 1306, ces derniers échangèrent pour d'autres possessions, à Philippe IV, leur château-fort d'Aixe. Les armes des Maumont sont : d'azur au sautoir d'or accompagné de quatre tours d'argent.
Le fief de Brie a été possédé par différentes familles : Simon de Croizant, seigneur de Brie, se mariait en 1595 ; il avait pour armes : d'azur à la croix d'argent. François Paignon, baron de Brie, en 1653 portait : d'argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux croisettes de même et en pointe d'un arbre de sinople. Pierre Paignon partagea, en 1676, le fief de Brie avec Pierre et Jean Londeix. Ces derniers portaient : d'azur au chevron d'or, surmonté d'un croissant d'argent, accompagné de trois mains au doigt majeur levé de même.
Le pont qui unit Aixe au faubourg d'outre-Vienne est du XIIIe siècle ; il est composé de sept arcades et ressemblait aux ponts de Saint-Martial et de Saint-Etienne de Limoges. Il a été élargi au moyen d'arceaux qui en masquent les deux fasces ; mais le cintre en ogive paraît néanmoins au-dessous des arcades. En 1884, pour l'élargir encore, on a reculé son parapet jusqu'à l'extrémité des éperons de ses piles. Il est animé d'une circulation très active. Le pont sur l'Aixette lui fait suite. Un peu plus en amont, on trouve aussi sur cette petite rivière le pont du Malassert, dont il ne reste qu'une pittoresque arcade ogivale.
Parmi les hommes remarquables nés à Aixe, on cite : Pierre du Barry, abbé de Saint-Martial, qui succéda à Pierre de Cluny et mourut en 1174. Il était frère d'Ithier, chevalier du château d'Aixe. Il administra avec une grande sagesse l'abbaye de Saint-Martial, et laissa quelques livres d'histoire qui, à son époque, étaient fort estimés.
Victorin Tarneau, récollet, provincial de Toulouse en 1659, auteur d'un ouvrage de controverse intitulé : Le Glaive-Bouclier des catholiques.
Salomon Goyrand, autre récollet, auteur de plusieurs ouvrages, né vers 1680, mort en 1746.
François de Villoutreix, médecin d'un certain renom, mort le 3 juin 1633, et enterré dans la chapelle des Cordeliers de Limoges, où l'on voyait son épitaphe avec ses armes : un chevron accompagné de trois étoiles en chef et d'un château en pointe.
François-Joseph Beaupoil de Sainte-Aulaire, poète académicien, né au château du Barry, et mort à Paris le 17 décembre 1742.
Les villages de la commune d'Aixe sont :
Arliquet. — Une chapelle située en ce lieu sur le bord de l'Aurence est connue depuis 1602. Sa fête est celle de la Nativité de la Sainte-Vierge. Cette modeste chapelle qui était en mauvais état, a été remplacée par celle qu'on y voit aujourd'hui. Elle est toute en brique, avec des arêtes en pierre calcaire. C'est une construction ogivale à une seule nef et deux chapelles latérales. Sa façade est formée de deux clochers, unis au premier étage par une tribune extérieure où l'on célèbre la messe les jours de grand pèlerinage. A l'intérieur on voit des vitraux et des autels remarquables. Quatre corps saints, retirés des catacombes de Rome, et obtenus de Rome par le R. P. Rouard de Card sont placés des deux côtés de la nef : ce sont saint Fulgence, saint Honoré, saint Antime, martyrs, sainte Cornélie, vierge et martyre. A l'extrémité de la nef, un marbre porte cette inscription : « François Chapelle, né en 1809 à Villefourneix-Rempnat, curé d'Aixe en 1856, décédé le 16 décembre 1873, restaura le pèlerinage de N. D. d'Arliquet et érigea le sanctuaire. » La première fête célébrée dans cette nouvelle église fut celle du 8 décembre 1868. La statue de N. D. d'Arliquet a été solennellement couronnée au nom de Sa Sainteté Léon XIII, le 27 septembre 1892, et à cette occasion ont eu lieu de magnifiques fêtes sous la présidence des évêques de Limoges, Cahors, Clermont, Tulle et Pamiers. Un fort beau calvaire a été aussi élevé sur la montagne près de la chapelle ; deux chemins y conduisent : par celui de gauche on arrive à une grotte où est représentée l'agonie de Notre-Seigneur au jardin des Oliviers ; celui de droite est orné de quatorze stations du chemin de la Croix.
La chapelle d'Arliquet possède quatre cloches nouvelles sur lesquelles on lit les inscriptions suivantes :
1° Bénite par Mgr Rougerie, évêque de Pamiers, le 16 juillet 1889. — M. P. Bonnaud étant curé d'Aixe et M. D. Prunier, son vicaire. — Parrain, M. Jean-Frédéric-Charles de Pressac. — Marraine, Mme P. Eugène Cheyroux, née Marguerite-Elise Gicquet de Pressac. — Marguerite-Marie. Je sonne le do et pèse 180 kilos. — G. Bolée, fondeur, Orléans 1889.
2° Offerte par M. et Mme Desproges-Gotteron. — Bénite par Mgr Rougerie, évêque de Pamiers, le 16 juillet 1889. — Parrain, M. Marie-Joseph-Jean-Baptiste Desproges-Gotteron. — Marraine, Mlle Thérèse-Marie-Pie Rouard de Card. — Je me nomme Jeanne-Marie-Pie. Je sonne le ré et pèse 125 kilos. — G. Bolée, Orléans.
3° Offerte par M. et Mme Gustave David-Defaye et leurs enfants. — Bénite par Mgr Rougerie, évêque de Pamiers, le 16 juillet 1889. — Parrain, M. Alpinien-André David … — Marraine, Mme veuve Léopold Marsicat, née Françoise-Fanny Mourier de Lalande. — Je me nomme Marie-Catherine. Je sonne le mi et pèse 88 kilos. — G. Bolée, Orléans.
4° Offerte par Mmes Agustine-Marie et Elise Gicquet de Pressac. — Bénite par Mgr Rougerie, évêque de Pamiers, le 16 juillet 1889. — Parrain, M. Marie-Joseph-Paul-Etienne de Villelume. — Marraine, Mme Louis de Veyvialle, née Anne-François du Boucheron. — Je me nomme Anne-Marie. Je sonne le sol et pèse 65 kilos. — G. Bolée, Orléans.
L'Aumônerie. — Château sur la rive droite de la Vienne. En 1386, Plaisance de l'Aumônerie, reconnaît à l'aumônier de Saint-Martial de Limoges une rente sur le Mas de L'Aumônerie. Au siècle suivant on construisit le château composé d'un corps de logis avec façade sur la Vienne, et du côté opposé, une tour ronde renfermant l'escalier. D'autres bâtiments vinrent s'adjoindre au premier et des galeries en style de la Renaissance les mirent en communication. Jean Chantois était seigneur de l'Aumônerie, de Cieux et de Reignefort au XVIe siècle. Ses armes sont : d'argent au chevron de gueules, accompagné de trois tourteaux du même, deux en chef et un en pointe. Sa fille, Charlotte Chantois, épousa le 25 juillet 1617, Jean de Lubersac qui devint seigneur de l'Aumônerie et dont les armes sont : de gueules au loup d'or. Le 14 août 1688, Jean-Baptiste Texandier acheta l'Aumônerie à Pierre de Lubersac. Ses armes sont : d'azur à une tour d'argent accompagnée en chef d'une fleur de lis d'or et de trois étoiles de même posées deux aux flancs et une en pointe. En 1786, Catherine-Joséphine Texandier épousa le comte Louis de Villelume qui devint seigneur de l'Aumônerie, que ses descendants possèdent encore. Armes : d'azur à dix besants d'argent, posés quatre, trois, deux et un.
Beaubona.
Boucheron (Le).
Bouchie (La).
Buisson (Le).
Casaque (La).
Chandeau.
Chantegreau ou Chantegreux. — Ce lieu semble avoir été acquis par l'Artige en 1249. C'était un prieuré en dépendant en 1390. Le prieur de l'Artige y nommait un titulaire en 1399. Les bâtiments tombaient en ruine en 1403. Il fut uni au collège des Jésuites de Limoges.
Colombier (Le). — Le comte Jean-Baptiste de Bony de La Vergne, dont les armes sont : de gueules à trois besants d'argent, vendit le Colombier, le 3 juin 1340, à Jean-Baptiste Auvray de Saint-Rémy, écuyer, qui porte : d'argent à la fasce de gueules, chargée de deux têtes de bélier d'argent.
Cote (La).
Chez-Derre.
Dognon (Le). — Ce lieu appartenait à l'hôpital en 1295. Il y avait, en 1330, une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste ; elle était entourée d'un cimetière en 1330. Depuis la Révolution, cette chapelle avait perdu sa destination ; elle a été démolie il y a peu d'années. Jean Chauveron, chevalier en 1370, était seigneur de Ris-Chauveron, du Dognon et de Jourgnac. Ses armes sont : d'argent au pal bandé d'or et de sable de six pièces.
Fargeas.
Gaittaud.
Goubertie (La).
Grange (La).
Grangeneuve.
Lajaud. — Où l'on trouve un magnifique chêne dont le tronc a cinq mètres de circonférence à un mètre du sol.
Larboissaud.
Maison-Blanche.
Maigre (Le).
Malasser (Moulin de), sur l'Aixette, près du pont de ce nom.
Mas-du-Bost.
Mas-Pataud.
Moulin-David.
Moulin-de-Fer, sur la rive droite de l'Aixette.
Moulin-de-l'Ermite, sur la rive gauche de la Vienne. Il y avait peut-être un ermitage en ce lieu, comme il en existait auprès de plusieurs autres villes du diocèse. Toutefois, on connaît à Tarn et à Aixe une vicairie dite de La Recluse qui était à la nomination de l'évêque de Limoges en 1703.
Nadaud.
Nephle (La).
Pagnade. — Pierre Mandat, était seigneur de Payade en 1620.
Paignon.
Portail (Le).
Préteuraud. — Jean de Montalhier était seigneur de Préteyraud en 1691.
Puy-de-Mont.
Puy-Faucon.
Puy-Némard.
Puy-Panard.
Rignac.
Rivauds (Les).
Roche (La).
Tabaillon.
Tarn, Tarnum. — On croit que primitivement il y avait à Tarn un monastère occupé par des enfants de Saint-Benoit. L'abbaye de Saint-Martial de Limoges y avait des droits en 1097. Le monastère fut repeuplé en 1202 par quatre moines qui y établirent un prieuré dépendant de Saint-Martial. Leur premier supérieur fut Aymericus Martellus. En 1725, l'abbé de Saint-Martial consentit à l'union de ce prieuré à la mense capitulaire de son monastère. Le patron du prieuré de Tarn était saint Alpinien, compagnon de saint Martial. Quelques vieilles sculptures le représentent entre une croix et un marteau ; c'est qu'il était le patron de la confrérie des maçons de cette paroisse, et les ouvriers de cet état n'ont pas cessé de l'invoquer comme leur protecteur.
Les prieurs de Tarn furent nommés par l'abbé de Saint-Martial jusqu'en 1791. Voici les noms de ceux qui me sont connus : Hélie, 1189. — Aymeric Martellus, 1202-1203. — P. de Mananc, mort en 1216. — Albert Foschier, vers 1300. — Etienne Gayaud, en 1388. — Joseph Desmaisons de Bonnefond possédait ce prieuré en 1738 ; il résigna le 23 octobre 1788 en faveur de Joseph de Brugière de Farsat. C'est l'abbé de Saint-Martial qui les nommait ; il fit des nominations en 1564, 1586, 1588, 1599, 1613, 1620, 1736, 1754, 1762.
Tarn avait l'église matrice dont Sainte-Croix d'Aixe était une succursale. A la fin du siècle dernier, on comptait 3 800 communiants ; en augmentant ce chiffre d'un tiers, pour représenter les enfants, on trouve qu'alors la population s'élevait à 4 267 habitants. Le patron de la paroisse était saint Alpinien, dont on faisait la fête le 27 avril, et celle de la Translation de ses reliques le 19 août. Cette cure payait 37 livres de décimes. L'abbé de Saint-Martial y nommait des curés en 1580, 1609, 1651, 1673, 1703, 1753. L'aquilaire du chapitre fit une nomination pendant une vacance de l'abbaye en 1739. Au XVIe siècle, lorsque les Huguenots s'emparèrent d'Aixe, Tarn fut détruit en partie. Alors le prieuré devint une simple communauté ne recevant dans son sein que les prêtres nés dans la paroisse, ayant le curé pour chef et le service de la paroisse pour mission. Il en a été parlé à propos de Sainte-Croix.
L'église de Tarn était remarquable par la hardiesse de ses voûtes et par l'absence complète de piliers intérieurs. Elle avait été bâtie au XIIIe siècle. On trouve dans le testament d'Almodie, veuve de Guy Paulte, seigneur du Boucheron, paroisse d'Oradour-sur-Vayres, en 1279, le don de « douze derniers pour la construction de l'église de Tarn. » Au Concordat, son titre d'église paroissiale ne lui fut pas conservé, dès lors elle était destinée à disparaître. En 1809, sa cloche fut vendue à la paroisse de Saint-Pierre-du-Queyroix de Limoges ; elle porte cette inscription : « Jésus. Marie, Joseph. — Sancte Alpiniane, ora pro nobis. — Messire Martial Noualhier, bachelier en théologie, curé de Tarn et d'Aixe, prieur et aumônier d'Aixe, prieur de Bort. — Parrain, messire Jean-Iscar-François de la Cropte, chevalier, marquis de Saint-Abre, comte de Rochefort, baron d'Aixe et gouverneur de Salse. — Marraine, dame Marie-Anne de La Rochefoucault, son épouse. — François Mandat, sieur de La Forest ; Jean Montalhier, sieur de Préteyraud, fabriciens, 1691. Nicolas Aubry et Jean Roche m'ont faite ».
La Chronique de Saint-Martial nous a conservé le souvenir d'un fait miraculeux arrivé dans l'église de Tarn : « L'an de grâce 1149, dit-elle, on vit le sang couler du bras de la Sainte Vierge dans l'église de Tarn ; c'était un dimanche, fête de saint Férréol », le 18 septembre. — La statue de la Sainte Vierge qui était dans l'église de Tarn au moment de la Révolution a été conservée dans la famille Vignaud.
Un grand nombre de vicairies existaient dans l'église de Tarn. Voici le nom de quelques fondateurs et la date de la fondation : Hélie de Ballagier, à l'autel de la Sainte-Vierge, le 24 août 1387. — Pierre Lescure, à l'autel de Saint Jacques, le 17 octobre 1410. — Jean Peytavino, curé de Couzeix, dans la chapelle de Sainte-Catherine, au cimetière, le 28 juillet 1450. — Cette chapelle fut interdite en 1741. — Martial Vignaud, prêtre, à l'autel de la Sainte-Vierge, le 5 juin 1452. — Audoin des Farges, damoiseau, et Anne de Agonac, sa femme, avant 1468. Noble Pierre de Monsago, alias de Nozeriis, damoiseau, 1479. — Louis Léonard, bachelier ès-lois, en 1482, puis une autre par Marguerite Lapine, sa veuve, en 1488. — Jean de Faye, notaire d'Aixe, époux de Mariotte Lapine, à l'autel de la Sainte-Vierge et de Saint-Antoine, 1490. — Guillaume de Roussille, prêtre, prieur de la Maison-Dieu d'Aixe, en fonda deux pour deux prêtres filleuls de l'église de Tarn, 1494. - Jean Caillou, du lieu de Ponvielh, paroisse de Tarn, 1597. — Jean Chantois, en fonda deux, l'une à l'autel de Saint-Michel, 1511, l'autre à Aixe, 1513. — Jean Bari, hôte d'Aixe, 1513. — Jean de Tarno, notaire, et Mariotte Lapine, sa femme, 1516, etc.
Le cimetière de Tarn, qui existe toujours, a été agrandi et sert maintenant pour toute la paroisse d'Aixe. On y voit encore un ossuaire surmonté d'un arceau du XIIIe siècle, ainsi qu'une chapelle de la même époque, dans laquelle ont été inhumés plusieurs curés d'Aixe, et en particulier, M. Roche, confesseur de la foi.
Tuillerie.
Valade (La).
Vignaud (Le Bas et le Haut).
Yonnaud (Le).
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