Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 08/01/2023
AMBAZAC est le chef-lieu d’un canton dans l’arrondissement de Limoges, comprenant sept communes : Ambazac, Beaune, les Billanges, Bonnac, Rilhac-Rancon, Saint-Laurent-les-Eglises et Saint-Priest-Taurion. Sa superficie est de 19 405 hectares, et sa population de 10 556 habitants. La commune d’Ambazac a une superficie de 5 786 hectares, et 3 593 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer, qui dans la partie sud descend jusqu’à 345 mètres, s’élève à 669 dans la partie nord.
Ce lieu, qui était dans l’ancien archiprêtré de Bénévent, possédait un monastère dès le VIe siècle. L’auteur de la Vie de saint Yrieix en parle dans le passage suivant : « Il y avait au monastère d’Ambazac un moine nommé Gaudomère qui, possédé du mauvais esprit, voulait se jeter sur tous ceux qui se présentaient à sa vue pour les déchirer et les mordre. On l’avait chargé de chaînes, et on le traînait à l’aide de ces liens comme un criminel qu’on mène à son juge. Un jour on le conduisit au tombeau de saint Yrieix, et là, il eut le bonheur de recouvrer la raison et la santé. Les chaînes dont il était garotté tombèrent d’elles-mêmes, et il s’opéra dans le moment un double miracle : car il fut dégagé subitement des fers qui l’enchaînaient, et il fut délivré par le secours de la grâce divine du démon qui l’obsédait. Et maintenant affranchi du joug cruel de l’ennemi qui le tenait en servitude, jouissant de la liberté des enfants de Dieu, il convertit un grand nombre d’âmes au service du Seigneur tout puissant. »
Gérard, abbé de Saint-Augustin de Limoges vers 1086, acquit ce monastère pour son abbaye. « Aymeric de Rochechouart et ses frères, déclarèrent l’an 1191, qu’ils n’avaient aucun droit sur l’étang, la pêche et le moulin d’Ambazac, qui appartiennent au monastère de Saint-Antoine d’Ambazac. » Une prévôté y fut érigée sous le patronage de saint-Antoine, abbé. Les prévôts y étaient nommés par l’abbé de Saint-Augustin de Limoges, c’est ce que l’on constate aux années 1500, 1575, 1594, 1627 et 1630. Raymond de Veyrinis, prévôt d’Ambazac, était devenu abbé de Saint-Augustin en 1365. – Mathieu Benoît était prévôt d’Ambazac en 1572. – Pierre Pabot, chanoine de Saint-Etienne, fut prévôt d’Ambazac en 1617. – Comme les revenus du monastère de Saint-Augustin de Limoges ne suffisaient pas à l’entretien, à la nourriture et au vestiaire des dix-sept ou dix-huit religieux réformés qui le composaient, ainsi qu’au luminaire de l’église et autres choses nécessaires, ces religieux obtinrent l’union de cette prévôté à leur mense conventuelle par un décret du 10 juillet 1619, et ils en prirent possession le 19 janvier 1620.
La cure d’Ambazac, qui vers la fin du siècle dernier comptait 3 600 communiants, ce qui indique une population d’environ 4 800 habitants, avait aussi pour patron saint Antoine, abbé, dont on faisait jadis la fête le 11 mai. Les curés étaient nommés par l’abbé de Saint-Augustin de Limoges, ce que l’on constate en 1483, 1576, 1614, 1615, 1629, 1630, 1635, 1636 et 1637 puis par cet abbé conjointement avec le chapitre du monastère en 1672, 1735 et 1763, et enfin par l’abbé seul. Voici les noms des curés qui me sont connus : Etienne Raffard en 1270. – Jean Geoffroy, dit Vougany, était curé le 7 décembre 1497. Il résigna en faveur du suivant en 1515. – Arnaud Pellette était curé le 11 avril 1516. – Psalmet Texandier fut ensuite curé d’Ambazac et fit construire une chapelle à saint Psalmet. – Pierre Vacherie, né à Sainte-Féréole, le 1er février 1595, prêtre en 1621, directeur des Ursulines de Limoges, fut curé d’Ambazac en 1634, puis de Lageyrac et de Châlus, son annexe, qu’il permuta le 7 juillet 1643 pour Condat, près Uzerche. Il a laissé un livre où il dit : « Le 25 mai 1634, j’ai fait instituer la confrérie du Rosaire à Ambazac. » - Gabriel-Jacques Lamy de Luret, curé en 1750, mort en janvier 1763. – Léonard Cramaille, nommé en 1763. Pendant la Révolution, il eut la faiblesse de se laisser élire curé de Saint-Pierre-Du-Queyroix ; mais il est mort en février 1809, victime de sa charité en soignant les malades Espagnols à Limoges. – Antoine François Combret, nommé curé d’Ambazac en 1803, passa la même année à la cure d’Argentat. – Jean Baptiste Labesse, né à Ambazac en 1758, fut vicaire de Nexon avant la Révolution, exilé pour la foi en Italie ; à son retour il fut nommé curé de la Jonchère, puis d’Ambazac en 1804. Il est mort dans cette paroisse le 28 avril 1823 et a laissé des lettres qui contiennent l’histoire de ses dix ans d’exil. N … Pic, nommé en 1823. – N… Pératout était curé en 1826. – Jean-Jude Gardavaud en 1830 . – Martial Romefort en 1834. – N … Pératout en 1843. – Pierre Labrune en 1847, a publié en 1858 un volume in –16 de 481 pages intitulé Les Mystères des campagnes, où se trouve l’histoire religieuse de la paroisse de cette époque. – Pierre-Léon Bourinet, nommé en 1834. – Etienne-Valérie Mandavy en 1870. – André Chabodie en 1891. – Jean-Baptiste Pallier en 1893.
L’église d’Ambazac est un monument du XIe siècle, mais le chœur a été refait en 1486. On fit des réparations assez importantes en 1782 ; la fabrique paya alors « à Jean Cuché, de Saint-Sylvestre, la somme de 8 500 livres, pour refaire à neuf la charpente, la couverture du clocher, le pavé, le crépissage et blanchissage, une réparation à la voûte et les portes neuves. » La même année 1782 « MM. de Grandmont et de Saint-Augustin ont fait refaire le rétable du grand autel et l’on fait peindre. » A cet autel du siècle dernier en a succédé un en pierre sculptée, avec clocheton élevé au-dessus du tabernacle. Il a été consacré par Mgr l’Evêque de Limoges, le 28 août 1864. Le clocher a aussi été reconstruit en 1868.
On trouve sur les cloches de cette église les inscriptions suivantes :
« ✠ Léonard Cramail, curé d’Ambazac. – Parrain, Louis de Labesse, fils de M. Léonard de Labesse du Bois-du-Mont, juge de Montcocu et Ambazac. – Marraine, dame Antoinette Thomas, épouse de M. François Clément de Mazure, bourgeois, 1779. »
« ✠ Afferte Domino gloriam et honorem, afferte Domino gloriam nomunis ejus. Adorate Dominum in atrio sancto ejus. Ps. 18. – J’ai été bénite par M. Labrune, curé d’Ambazac, et fondue par les largesses de M. Pierre-Paul Pouquet et de Mme Antoine-Céline Gay, son épouse. – Etait maire, M. Delphin Ballet ; adjoints, D. Maury et Malguise ; membres du conseil de fabrique, MM. L. Chaisemartin, L. Bureau, trésorier, J. Queyroix, de Lanthony, L. Bouchaud. – A été parrain, M. Pierre-Paul Pouquet de Trasforet et marraine, Mme Wast Gay, née Leclerc du Grand-Coudier. – Mon nom est Elisabeth-Celine, 1849.
La famille de Villelume avait ses tombeaux dans l’église d’Ambazac, Jean de Villelume, mort le 5 mai 1594 y fut inhumé, et on voyait encore sa tombe en 1789, à côté des fonts baptismaux. La famille Igonin jouissait d’une semblable faveur, les registres paroissiaux y constataient l’inhumation de Jean Igonin, sieur de Ribagnac, mort le 13 juin 1674.
Cette église possède une grande châsse en cuivre repoussé et ciselé, avec décor d’émaux champlevée, et de nombreuses pierreries et intailles. C’est la plus belle pièce d’orfèvrerie limousine du XIIe siècle qui nous ait été conservée. Elle vient de Grandmont. La copie du procès-verbal de son transfert se trouve dans les registres paroissiaux : « Aujourd’hui, 29 août 1790, en présence de M. le Maire et de MM. Les … et d’une très grande partie de la paroisse, assistés du procureur de la commune, nous nous sommes transportés en procession à la chapelle du Grand-Muret, où était déposée une châsse envoyée à la présente paroisse par Mgr l’évêque de Limoges, contenant le procès-verbal y inclus, une boîte en bois contenant un os de la jambe de saint Etienne de Muret, avec la dalmatique enveloppée dans une étoffe, et en avons fait la translation dans l’église d’Ambazac, où nous l’avons exposée à la vénération des fidèles. En foi de quoi, nous en avons signé. » On conserve toujours cette relique de saint Etienne, ainsi que la précieuse dalmatique brodée en soie que lui donna, en 1120, l’impératrice Mathilde, femme de l’empereur d’Allemagne, Henri V. La paroisse d’Ambazac a été sur le point de perdre cette châsse : « En 1835 elle avait été vendue par des administrateurs dans l’embarras à un certain Renard, agent, dit-on, du Musée de Cluny, moyennant la somme de 3 000 francs (on ne payait pas cher les œuvres d’art dans ce temps-là). La livraison allait avoir lieu quant M. Gardaveaux, alors curé de la paroisse, qui avait tout fait pour s’opposer au marché, ameuta en dernier ressort la population : le sieur Renard fut obligé de s’échapper par une fenêtre, et, grâce à M. Gardaveaux, la paroisse d’Ambazac garda le chef-d’œuvre qui lui avait été confié. » (L’Art rétrospectif, p . 57).
Il existait jadis à Ambazac, comme dans presque toutes nos paroisses, une confrérie en l’honneur du patron, dont on célébrait la fête avec la plus grande solennité. Un compte rendu de la « frairie de saint Antoine d’Ambazac en 1624 » nous fait connaître les différents personnages ou officiers qui figuraient dans le cortège. Ces dignités étaient mises aux enchères, un notaire en rédigeait l’acte, et même quelquefois exigeait des cautions. En 1624, le roi de la frairie paya sa dignité aux enchères vingt livres de cire et 20 sols d’argent destinés à acheter une bague en argent pour le coureur de bague. Les autres personnages de la fête étaient : la reine, le porte-enseigne, le porte-épée, le porte-image, le porte-crosse, le premier danseur, faire-à-sa-guise, le premier gentilhomme servant, le barbier du roi, le tâte-vin, le fou du roi et le premier tireur de bague.
Cette paroisse alla en procession à Limoges, en 1652, pour gagner l’indulgence du Jubilé ; cette procession comprenait plus de 1 200 personnes. Anne Mazeau, fille de Martial Mazeau, juge de Moncocu, Razès, Bessines et Compreignac, qui en fait partie, mourut à Limoges, le 24 mai 1552 ; elle était épouse de Jean Igonin, seigneur de Ribagnac (Nobiliaire du Limousin, II, 439 et III, 224).
Etienne Dumont, prêtre, maître ès-arts, par acte du 16 octobre 1532, signé Dangreza, fonda une vicairie en l’honneur de saint Etienne, dans une chapelle qu’il ordonnait de construire. D’après cet acte, les neveux du fondateur et leurs enfants ou plus proches parents devaient en nommer le titulaire et le curé d’Ambazac la lui conférer. Ce fut un nommé Dumont qui exerça ce droit en 1562 et 1563, le curé d’Ambazac en 1641 et 1673.
Avant la Révolution, on trouvait plusieurs chapelles rurales dans cette paroisse : celle de N. – D. – de Pitié qui était à la jonction du chemin de Limoges et de celui de Saint-Priest. Elle était accompagnée d’un petit cimetière. Le tout fut vendu nationalement le 5 thermidor an IV (23 juillet 1796), la chapelle fut cédée pour 50 fr. 8 sous et le cimetière pour 49 fr. 10 sous (Archives de la Haute-Vienne, Q. 152). Celle de Sainte-Anne, qui fut interdite en 1744. Une dédiée à saint Antoine, qui existait en 1632, et dont saint Roch devint ensuite le patron. Celle que fit construire Psalmet Texandier, curé d’Ambazac, en l’honneur de saint Psalmet, elle était en ruine à la fin du siècle dernier. Enfin celles qui étaient à Montcocu, Forestvieille, et l’Ermitage du Muret. – Ambazac avait aussi possédé une maladrerie de fondation royale, à laquelle nommait le Grand-Aumônier de France ; mais dès le siècle dernier, il n’en restait plus rien. Elle était peut-être située au lieu appelé encore Hôpital.
A côté de la station du chemin de fer on trouve aujourd’hui la belle fondation de la famille Pouquet. Des religieuses du Sauveur, appelées par elle à Ambazac pour l’instruction des enfants en 1845, ont ensuite été placées dans cette nouvelle communauté qu’accompagnent une riche chapelle en style roman, et un hospice pour les pauvres de la contrée. La chapelle a été consacrée par Mgr l’évêque de Limoges le 28 septembre 1865. Au-dessous existe une chapelle sépulcrale où sont les tombeaux des fondateurs : M. Pierre-Paul Pouquet, décédé le 12 avril 1874 ; son épouse, Mme Céline-Agathe Gay, décédé le 1er juin 1882 ; le frère de cette dernière, Mgr Charles Gay, évêque d’Anthédon, etc.
A l’époque mérovingienne, Ambazac avait un atelier monétaire. Une pièce trouvée à Ambazac même et ainsi décrite par M. Deloche : ✠ AMBACIACO FI. Tête à droite, d’un travail barbare, avec le bandeau perlé, et le col ainsi que le buste orné de perles. – Au revers : ✠ PASSINCIO MONETA. Croix latine dans le champ. Ce tiers de sou d’or pèse 1 gramme 15 centigrammes, et appartient à la fin du VIIe siècle.
Une autre porte : ✠ AMBACIACO. Tête à droite, ceinte d’une couronne perlée, prolongée sur la nuque ; le col et le buste ornés de perles ; le tout dans un grénetis. – Au revers : ✠ PASSENCI ✠ MO. Croix latine potencée dans le champ. La lettre 0 de la légende est formée par une croix grecque fortement pattée. Ce tiers de sou d’or pèse 1 gramme 20 centigrammes, et appartient au troisième quart du VIIe siècle.
Près du bourg d’Ambazac existe une motte considérable, de forme carrée, qu’on appelle Mont-Teli, elle était entourée de retranchements, et dominait d’anciennes constructions qui ont gardé le nom d’Hospice, Hospitium. Dans sa partie supérieure, une excavation de quelques mètres laisse voir des restes de vieux murs, ce qui fait supposer qu’il y avait jadis un fort, ou château, placé à son sommet.
La voie romaine de Limoges à Bourges et à Clermont, qui passait à l’extrémité Sud-Est de cette paroisse, n’y laisse que bien peu de traces.
Les verreries étaient jadis nombreuses dans nos contrées, et le nom de Vérine que portent bon nombre de villages en conservent le souvenir. La paroisse d’Ambazac en possédait au moins une, ainsi que l’atteste une lettre de M. de Lépine, écrite le 12 juillet 1774, où on lit « Il y a deux cents ans, le Limousin était plein de verreries dont il n’existe plus la moindre trace, si ce n’est un reste de four qui se trouve encore dans la paroisse d’Ambazac. Si on a cessé de faire du verre dans notre province, c’est que depuis deux cents ans les ouvriers trouvaient à peine le payement de leurs frais. »
On trouve dans la commune d’Ambazac les villages suivants :
Auriac. – Philippe Igonin était seigneur d’Auriac et de Ribagnac, en 1665. Ses armes sont d’azur à la montagne d’argent, aux flancs de laquelle rampent deux lions affrontés de gueules ; au chef d’argent chargé d’une croix ancrée de sable.
Beysse (Moulin de la). – Avant la Révolution une fabrique de fil de fer existait au-dessous de la chaussée de l’étang de la Besse.
Bordes (les).
Boissarde.
Bourdelenne (Moulin de).
Bourdelas.
Breuil (Le).
Brugeras.
Brutine.
Bujalenas.
Busssigné.
Card.
Chedeville.
Clos –Le).
Coqui (Moulin de).
Coudier (Le). – Adémar, abbé de Solignac, donna le lieu du Coudier aux moines de Grandmont en 1178, et cette même année, Gaubert, son successeur, confirma cette donation.
Courrières (les).
Coussat (Le).
Crachepaux (Moulin de).
Crossas.
Exdeuil.
Forest Vieille. – Noble Pierre de Mayres, sieur de la Hugonie, diocèse de Rhodes, fut seigneur de Forest-Vieille. Son fils, Clément de Mayres, sieur de la Berthe, de Sireix et du Couret, paroisse des Eglises, épousa, le 3 décembre 1631, Marie de Forest-Vieille. La fille de ces derniers, Marie de Mayres, épousa le 18 février 1659, Jean de Mauras, écuyer, sieur de Beauclair et de Forest-Vieille (Nobiliaire du Limousin, III, 224, 257). – Une chapelle rurale, dédiée à saint Martin, existait en ce lieu qu’on appelait aussi Vieux-Bois. Elle fut interdite en 1744.
Gattebourg.
Grange (La).
Grosbois.
Jonas (Moulin de).
Juniac.
Laurière.
Loges (Les).
Maralias.
Masdoumier.
Mas-du-Puy.
Mas-Meynard.
Masugeras.
Masure. – C’est dans ce village qu’est né Fabien Mazure, religieux récollet, qui s’appliqua à réfuter les calvinistes. Colin, qui le range parmi les hommes illustres de notre province, dit qu’il florissait vers 1615. Le nom de François Clément de Mazure, bourgeois, se trouva sur la cloche d’Ambazac de 1779, et Alexandre-François Clément de Mazure est seigneur des Moulins en 1789.
Mazaudon.
Mazeau (Moulin du).
Mazet. – Louis de Pierrebuffière, seigneur de Comborn, baron de Châteauneuf, etc., acquit en 1556, de noble Christophe de Mounye alias de Villefort, le fief du Mazet, relevant de la terre du Dognon (Nobiliaire du Limousin, III, 337). – Noble Louis Sarrazin est seigneur du Mazet en 1585. Son petit-fils Albert Sarrazin, écuyer et seigneur en partie du Mazet en 1660. La petite-fille de ce dernier, Marie Sarrazin, eut le Mazet qu’elle porta par son mariage à François Ducoudier. Les armes des Sarrazin sont de gueules à trois fleurs de lis d’argent mal ordonnées. – Charles Robin était seigneur du Mazet en 1611, Jean Robin, écuyer, est dit seigneur en partie du Mazet en 1617 (Nobiliaire du Limousin, IV, 30). – Charles Baulx, écuyer, devint seigneur du Mazet, en 1629, en épousant Jacquette Martin du Puyvinaud, veuve de Noble Pardoux Robin, seigneur du Mazet (Nobiliaire, I, 2e édition, p. 133).
Mont (Le).
Montcocu. – Baron de Montcocu vivait en 1073. Amélius de Montcocu donna aux religieux de Muret, en 1125, les bois qui couvraient les montagnes de Grandmont, où ils établirent leur monastère. Aymeric de Montcocu, chevalier, époux d’Agnète de Comborn, vivait en 1275. – Dans les Chroniques du XIIIe siècle, il est parlé du château de Montcocu, qui appartenait dès cette époque à l’ancienne famille de Razès. Noble Jean de Razès était seigneur de Montcocu en 1520. Ses armes sont pallé d’argent de gueules à sept pièces, au chef d’or. – Pierre Boyol était seigneur de Montcocu vers 1585. Son gendre, Jean de Villelume, époux de Jeanne de Boyol, devint seigneur de Montcocu et le transmit à ses descendants qui le possédaient encore après 1752. Leurs armes sont d’azur à dix besants d’argent posés quatre, trois, deux et un. – Pierre Garat, chevalier, seigneur de Saint-Priest, Montcocu et Ambazac était à l’assemblée générale de la noblesse en 1789. Ses armes sont : d’azur à l’entrelacs d’or, accompagné de trois étoiles de même 2 et 1, et un croissant renversé d’argent en chef. Alias au chef d’or chargé d’une étoile d’azur.
Aujourd’hui, on appelle ce lieu Mont-Méry et le château appartient à M. Théodore Haviland, fabricant de porcelaine à Limoges
Muret. – Ce lieu forme aujourd’hui deux villages appelés le Grand Muret et le Petit Muret. Ce serait le berceau de la famille Muret qui l’a possédé, ainsi que Bort, jusqu’à nos jours. Le célèbre Marc-Antoine Muret, l’orateur des papes, mort en 1585, se rattacherait à cette famille. Ce village, aujourd’hui bien ignoré, mérite cependant d’être signalé d’une manière particulière dans l’histoire religieuse du diocèse, car c’est là où vécut saint Etienne, le fondateur de l’ordre de Grandmont, et où il mourut le 8 février 1124.
Saint Etienne, né vers 1045, était fils du vicomte de Thiers, au diocèse de Clermont. Il avait, fort jeune, suivi son père en Italie. Après un long séjour auprès de Milon, archevêque de Bénévent, qui dirigea ses études et le forma à la pratique de toutes les vertus, il rentra dans son pays, pour faire ses adieux à ses parents avant d’embrasser la vie cénobitique. Les vertus et les austérités d’une communauté de religieux qu’il avait vus dans la Calabre, l’avaient pénétré d’admiration et il n’aspirait qu’à les imiter.
Après avoir mis ordre à ses affaires, Etienne reprit le chemin de Bénévent ; mais en arrivant à Rome il apprit la mort de son vénérable maître. Il s’arrêta dans cette ville où il demeura environ quatre ans, priant, mûrissant son projet, grandissant en sainteté et en sagesse. Puis il revint définitivement en France, après avoir obtenu du Souverain Pontife, en 1073, l’autorisation d’y établir une communauté analogue à celle des anachorètes de la Calabre. Ce fut en vain que les parents d’Etienne tentèrent de le détourner de sa résolution ; leurs efforts pour le retenir près d’eux furent inutiles. Il leur dit adieu pour toujours et après avoir quelque temps cherché un lieu propice à ses desseins, il s’arrêta à Muret en 1076.
D’abord seul, puis avec les disciples attirés par l’exemple de ses vertus, il mena une existence semblable à celle des anciens solitaires de la Thébaïde. Les membres de cette famille vivaient séparés et ne se réunissaient que pour prier et chanter les louanges de Dieu. Saint Etienne avait établi une règle austère à laquelle sa douceur naturelle, son amour pour ses frères et son inépuisable charité savaient apporter des tempéraments, mais cette règle n’était pas écrite et il mourut le 8 février 1124, sans avoir formulé les lois sous lesquelles devait subsister son institut. Peu de jours avant de quitter ses disciples, il avait reçu la visite de deux cardinaux légats du Saint-Siège.
Les religieux de Muret continuèrent à vivre suivant les préceptes de leur maître, préceptes qu’ils se transmirent oralement jusqu’en 1154 ou 1156. A cette époque, Etienne de Lissac, quatrième prieur, les recueillit pour en former la Règle qui fut ensuite approuvée par le Souverain Pontife.
Le fondateur de ce nouvel ordre religieux fut canonisé, en 1189, par le pape Clément III. Son légat, Jean, cardinal du titre de Saint-Marc, pour faire les cérémonies de la canonisation, se rendit à Grandmont, où les religieux étaient alors fixés et où ils avaient transporté le corps de leur saint fondateur. Elles eurent lieu en présence d’un grand nombre d’archevêques, d’évêques, d’abbés et de seigneurs. Plus de cinq cents membres de l’ordre y assistaient. Il s’y opéra dix-sept miracles pendant le seul jour et la nuit de la fête.
L’office de Saint-Etienne de Muret, dont on fait la fête le 9 février, dû à un religieux de Grandmont qui vivait en l’an 1200, resta en usage jusqu’en 1629. A cette époque on lui en substitua un nouveau ; mais le chapitre général de 1643 décida qu’on reviendrait à l’ancien. Celui-ci, légèrement modifié, a été récité par les religieux jusqu’au jour où un arrêt du Conseil privé chassa de l’abbaye les derniers fils de saint Etienne. (On trouvera à l’article Saint Sylvestre ce qui se rapporte à Grandmont).
Abandonné cinq mois après la mort de saint Etienne, le monastère de Muret fut ensuite rendu aux religieux de Grandmont qui y entretinrent longtemps une petite colonie. Les bâtiments furent en partie ruinés durant les guerres entre les rois d’Angleterre et les rois de France. L’église, bâtie en 1112 et dédiée à la sainte Vierge, subsista en partie jusqu’au commencement du XVIIIe siècle. A la suppression de l’ordre, lorsque M. de La Maison-Rouge, dernier abbé, fut mort, le dernier prieur et Dom Pichon obtinrent la permission de rester à Muret jusqu’à leur mort et d’y célébrer la messe dans la chapelle. Aujourd’hui il n’y reste plus que des ruines. A peu de distance et sur le monticule qui domine ces ruines, une jolie chapelle a été construite. Elle sert de lieu de sépulture aux propriétaires de Bort. Sur sa façade sont sculptées les armes de la famille Muret de Bort : d’argent, muraillé de sable, au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent.
Moulins (Les).
Nouaillas.
Peyret. – La peste qui éclata à Limoges en 1631 se répandit aussi dans les campagnes et ce village fut cruellement éprouvé. Pierre Mesnager, réfugié dans sa métairie de Beaune, écrivait à ce sujet : « Dans certaines contrées, il ne s’est pas vu lever grain de blé. Tel village il y a, où il n’est pas demeuré de vivants, ni hommes, ni femmes, ni petits enfants. Le bétail était abandonné. Le dégât fut grand notamment du côté de Grandmont, aux villages appelés Clou, Puy-Garsaute, Péret et autres. Dieu à l’avenir nous préserve de tel malheur ! ». – Charles de Villelume, seigneur de Royère et de Trasforet, légua par son testament du 7 novembre 1732, un rente obituaire de 200 livres sur sa métairie du village de Péret, pour avoir, à Drouille, un aumônie qui y dira cent messes pour le fondateur.
Pierres (Les).
Poiriers (Les).
Puy-Bertrand.
Puy-d’Auriac.
Puy-Garsaulte.
Puy-Rédier.
Quatre-vents (Les).
Roulieras.
Saint-Antoine.
Sanne (La).
Touraille (La).
Trasforet. – Léonard de Villelume est seigneur de Trasforet en 1622. Ses descendants ont conservé cette propriété jusqu’à François de Villelume, qui la vendit, par contrat du 28 octobre 1776, à Etienne de Touzac. Ce dernier, en 1789, est encore qualifié seigneur de Royère, Trasforet, Beaumont et Beausoleil, quoique la terre et baronnie de Royères, communes de Bonnac, ait été vendu en 1770-1773 à Alexandre-François de Villelume, seigneur d’Ambazac. Trasforet, La Jassaud et autres lieux. Touzac porte d’azur, au lion d’argent, au chef d’or chargé de trois étoiles de gueules. En 1837 « Trasforet et Montcocu avaient pour possesseurs MM. Pouyat et Couty. » M. Paul Pouquet a acheté Trasforet en 1838. C’est aujourd’hui une belle habitation, avec de vastes terrasses, d’où la vue s’étend sur un magnifique panorama de montagnes. On y trouve une chapelle privée gardant le souvenir de Mgr Gay, évêque d’Anthédon.
Tuilerie.
Vergne (La).
Vieux (Le).