Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 08/01/2023
AUREIL est le chef-lieu d'une commune dans le canton sud de Limoges, qui a une superficie de 1 016 hectares et 502 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer varie de 329 mètres à 476 mètres.
La cure d'Aureil, dans l'ancien archiprêtré de Saint-Paul, avait vers la fin du siècle dernier, 280 communiants (environ 374 habitants). Saint Jean l'évangéliste était son patron.
Le prieur d'Aureil y nommait les curés en 1573 ; ce fut le recteur du collège des jésuites de Limoges, en 1710, 1723.
Les curés d'Aureil dont le nom est connu sont : N… Chapelas ou Bacheleir, qui était curé en 1697. - N… Landin, le 7 janvier 1754. - Joseph Raby, natif de Limoges, nommé en 1763. - Après la Révolution, Jacques Deslions, natif de Saint-Léonard, qui avait été déporté pour la foi, fut nommé curé d'Aureil. - Pierre Constant-Thyrsis, natif de Saint-Léonard, était curé en 1811 et 1832. - N… Pouchol en 1835. - N… Bringaud en 1836-1842. - Jean Mériguet en 1843-1846. - N… Toutin fut nommé en 1846. - N… Villette en 1849. - Pierre Ponchut en 1851. - François Simonaud-Dubreuil en 1854. - Théodore Montbrugnaud en 1887. - Le service de la paroisse est fait de 1890 à 1892 par Eugène Albert, curé d'Eyjeaux. - Paul Mounot, nommé en 1892. - A partir de 1895, le service de la paroisse est fait par Barthélémy Joly, curé d'Eyjeaux. - Emile Prévost, nommé en 1900.
L'église d'Aureil a été construite par saint Gaucher et consacrée le 21 août 1093. Elle existe encore. Une partie sert d'église paroissiale et l'autre est convertie en grange. Elle avait 45 mètres de long et 11 m 50 de large. La partie conservée au culte mesure 23 m 25. Des arcades figurées sur les murs latéraux indiquent l'ogive et renferme chacune deux petites fenêtres cintrées. La voûte de toute la nef était en berceau ; celle de l'ancien sanctuaire est d'arrête. Dans une réparation faite à ce sanctuaire, on ouvrit derrière l'autel une fenêtre où les mencaux forment un quatre-feuilles dans le tympan. La dernière travée à l'est accuse des restaurations du XVe siècle. C'est aussi à cette date qu'il faut rapporter les boiseries et les stalles du chœur. Un beau christ en bois de grandeur naturelle, fait face à la chaire. On trouve encore, près du sanctuaire, la Pierre tumulaire, avec inscription du troisième prieur d'Aureil, Guillaume Placen.
On voit dans l'église d'Aureil un tableau représentant saint Gaucher, avec cette inscription : « S. Gaucherius, fundator et primus prior Aurelii, en 1071 ». Le chef de saint Gaucher et celui de son disciple, saint Faucher, sont conservés dans des reliquaires en forme de buste. Les archives de la Haute-Vienne possèdent une charte de 1411, contenant une absolution pour le prieur de Gargenville, du diocèse de Rouen, coupable d'avoir emporté d'Aureil, pour son prieuré, une côte de saint Gaucher. Cette église a été entièrement restaurée en 1889, sur les plans de M. Wottling, architecte-inspecteur diocésain. Le clocher qui est une réminiscence romane, a remplacé un petit campanile dont était surmonté le pignon de la façade principale.
Les bâtiments du prieuré, construits par Bernard de Quinsac et P. de Saint-Martin, prieur au XIIIe siècle, furent détruits au siècle suivant par les Anglais et, en 1569, par l'armée du duc des Deux-Ponts ; mais ils furent relevés vers la fin du siècle. Actuellement, le corps principal de l'ancien prieuré et les dépendances construites par les jésuites, en 1643 et 1644, sont entièrement conservées. Un grand bâtiment, qui a vingt-cinq mètres de long, flanqué de deux tours percées de fenêtres, forme angle droit avec l'église, dont un vaste portail le sépare au nord-est. Sa façade donne, au levant, sur une pièce d'eau qui baigne la muraille. Avec l'église et les deux autres lignes de bâtiments plus récents, il forme un quadrilatère renfermant une cour, au milieu de laquelle jaillit, dans un vaste bassin, une source des plus fraîches et des plus abondantes. Ces bâtiments abritent aujourd'hui les colons qui travaillent deux beaux domaines.
Il y avait dans le cimetière d'Aureil un fanal funéraire ou lanterne des morts. Le Cartulaire de ce prieuré, qu'a publié M. G. de Senneville, contient plusieurs donations faites à ce sujet : Mathieu de Royère, fils d'autre Mathieu de Royère, voulut être inhumé dans ce cimetière, auprès de son père, et donna, vers 1150, deux sous de rente pour l'entretien de la lampe qu'il y avait construite. Une dame Simaria, qui fut ensuite religieuse, donna aussi un setier d'avoine de rente pour l'œuvre de la lampe du cimetière.
Saint-Gaucher, le fondateur d'Aureil, est né à Meulan, en Normandie (aujourd'hui Seine-et-Oise), de parents illustres par leur foi et leur esprit de religion. Longtemps on a placé sa naissance vers l'an 1050 et, par suite, la fondation d'Aureil en 1071 et celle du Bost-las-Mongeas en 1074. Mais il paraît plus probable qu'il est venu au monde seulement vers 1060.
Pendant sa jeunesse, il suivait les leçons d'un chanoine de Limoges, nommé Humbert, homme vénérable qui dirigeait les études dans son pays. Il avait à peine dix ans, lorsque, craignant de perdre son âme au contact du monde pervers, il résolut d'embrasser la vie de solitaire. S'étant associé un de ses amis, nommé Germond, ils se mirent l'un et l'autre sous la conduite de Humbert, et prirent ensemble le chemin de l'Aquitaine.
Arrivés à Saint-Léonard, ils passèrent la nuit en prières au tombeau du saint, dont ils voulaient imiter la vie, et le lendemain, s'enfonçant dans les forêts qui couvraient alors ce pays, ils s'arrêtèrent dans un lieu nommé Chavagnac, qui leur parut propre à leur dessein, et s'y fixèrent. Pendant trois ans, ils menèrent la vie la plus austère, habitant des cabanes qu'ils avaient construites avec des branches d'arbres et se nourrissant des fruits et des racines qu'ils cueillaient dans ce désert.
Après ce temps, comme un certain nombre de disciples venaient se joindre à saint Gaucher, il songea à construire un monastère pour les recevoir. La forêt où il vivait appartenait aux moines de saint Augustin et aux religieuses de Notre-Dame de la Règle de Limoges ; il les pria de lui céder à perpétuité le lieu où il était, afin d'y construire le monastères projeté. Mais il éprouva un refus. Ils lui auraient volontiers cédé l'ermitage où il vivait, mais ils ne voulurent pas consentir à l'établissement d'un monastère.
Lorsque saint Gaucher cherchait les moyens d'exécuter son projet, son attention fut attirée d'une manière toute particulière par une colombe apprivoisée qui vivait avec lui. Pendant toute la journée, il la voyait arracher la paille qui couvrait sa cabane et la transporter, brin par brin, dans un lieu peu éloigné. Il crut voir en cela une inspiration divine. Il suivit donc cette colombe jusqu'à l'endroit où elle allait déposer ces débris et y trouva, environ à trois cents pas du vallon de Chavagnac une place tout à fait favorable à l'accomplissement de ses projets.
Comme ce lieu, appelé alors Silvaticus, appartenait aux chanoines de Limoges, il en obtint facilement la propriété, grâce à son ancien maître, Humbert, membre de ce chapitre. C'est là que, changeant de vie et abandonnant sa solitude de Chavagnac, il vint à l'âge de vingt-deux ans, bâtir le prieuré d'Aureil. Trois ans plus tard, il fondait aussi, un peu plus loin, le prieuré de religieuses appelé le Bost-las-Mongeas.
Sa vie fut longue et admirable. De nombreux disciples se rangèrent sous sa conduite, et il gouverna saintement son monastère jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Sa mort fut causée par un accident. Il revenait de Limoges à cheval, lorsque à peu de distance de Feytiat, il fit une chute et se blessa mortellement à la tête. Ses religieux ne tardèrent pas à venir le chercher, et l'ayant transporté à Aureil, il y mourut trois jours après, le 9 avril 1140. L'évêque de Limoges, Gérard, vint lui-même à Aureil pour son enterrement.
Depuis cette époque, le lieu où cet accident était fut appelé le Pas-de-Saint-Gaucher. On y érigea un oratoire qui existait en 1672, et où plusieurs miracles ont été opérés. Il était sur l'ancien chemin de Limoges, à peu de distance de Feytiat et du Mas-Cerise. Depuis que cette chapelle a été détruite, les pélerins vont en dévotion à une croix dite de Saint-Gaucher, près du village de Pressac, à la limite des paroisses d'Aureil et de Feytiat.
Le fondateur d'Aureil fut canonisé sous le pontificat du pape Célestin III, et l'évêque de Limoges, Sébrant-Chabot, plaça ses ossements dans une châsse le 19 septembre 1194, pour les exposer à la vénération des fidèles. Plusieurs miracles eurent lieu lors de cette translation.
Voici la liste des prieurs qui ont gouverné le monastère d'Aureil : Saint-Gaucher, jusqu'en 1140. - Gérald de Murs, 1140. - Guy de Jounac, 1147. - Villelmus de Placentia, 1157. Villelmus Laveus, 1185. - Guy, 1189-1194. - Guy Foucaud, 1194-1196. -Bernard de Pontroi, 1201. - Guillaume de Pontroi, 1267. - Roger, 1210-1218. - Raynault, 1218. - Pierre de Saint-Martin, 1220-1236. - Aimeric, 1237-1250. - G; Eudes, 1254. - Bozon, 1256-1279. - Hélie de La Rivière, 1279-1307. - Pierre Marches, 1308-1336. - Hugues Hélie, 1339-1347. - Guy, 1349-1357. - Pierre de Solignac, 1360-1377. - Fulco de Masvalier, 1378-1405. - Une vacance de 1405 à 1415. - Jean d'Albiac, 1415-1432 - Guischard Jornet, 1433-1459. - Léonard Jornet, 1459-1469. - Jean de Verneuil, dit de la Bachellerie, 1469-1491. - Antoine Thoniaud, 1491. - Clément de Brilhac, 1491-1494. - Jean Dassier, 1494-1514. - Armand de Luc, 1514-1517. - Léonard Costin, 1517-1521. - Jean Charbonnier, 1522. - Geoffroy de Lastours, 1522-1527. - François de Lastours, 1527-1533. - Antoine Hélie de Colonges, 1534-1539. - Geoffroy de Flamenc de Bruzac, 1540-1564. - Georges d'Aulhon, 1566-1573. - Simon Palais, 1573-1598. C'est ce dernier qui résigna son prieuré d'Aureil en faveur du collège des jésuites établi à Limoges.
Les villages de la commune d'Aureil sont :
Bos-las-Mongeas (Le), alias Bos-Morbeaud. - C'était un prieuré de filles de l'ordre de Saint-Augustin, fondé par saint Gaucher ; il était sous le patronage de Notre-Dame et de saint Marc. En 1370, elles étaient huit religieuses. Le prieur d'Aureil y nommait la prieure en 1580. Louise de David, de Vanteaux, près Solignac, en fut la dernière prieure ; quand elle mourut en odeur de sainteté, en 1647, elle avait cédé ce prieuré au collège des Jésuites de Limoges, auquel il était uni dès 1619. L'église, qui sert aujourd'hui de grange, se compose de quatre travées avec des voûtes à nervures, trois fenêtres symboliques s'ouvrent au fond du chœur.
Voici les noms des prieures qui me sont connus : Agnès de Latour, 1370. - Jeanne de Périgueux, 1423. - Agnès Dauvie, 1435. - Léonarde Jornet, 1467 jusqu'en 1493. - Isabelle de Brie, 1469. - Antoinette d'Autefaye, 1573. - Louise de David, 1580-1647.
Chavagnac. - Lieu où Saint-Gaucher se fixa en arrivant en Limousin, et où
donnèrent au monastère d'Aureil. Après 1310, ce lieu, qui avait aussi le titre de cure, était au prieuré dont sainte Madeleine était patronne. Il fut aussi uni au collège des Jésuites de Limoges. - Un polissoir trouvé dans ce lieu a été transporté à Virolles dans la propriété de M. Pénicaud ; des haches en grès, en quartz et en silex se trouvaient auprès de cet outil néolithique
Guignadour.
Puy (Le).
Séchères (Les) de Ceycheriis. - Prévôté qui existait en 1381-1396. Elle appartenait à la paroisse de Feytiat en 1420-1424. Sa fête patronale était celle de l'invention des reliques de saint Etienne. Elle fut unie à la chantrerie de Saint-Martial de Limoges par la bulle de sécularisation en 1535.
Virolle
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