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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/01/2023

 

         BALLEDENT, nommé aussi Balladent et Palladens sur les cartes du XVIe siècle, est un chef-lieu de commune du canton de Châteauponsac, qui a 1.227 hectares de superficie et 685 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer atteint 333 mètres à côté du village de Bord, mais elle descend à 253 sur la rive gauche de la Gartempe qui la limite au nord.

          A la fin du XVIIIe siècle, c'était un prieuré-cure dans l'ancien archiprêtré de Rancon, qui avait 460 communiants (environ 613 habitants). Sa fête patronale était l'invention des reliques de Saint-Etienne.

          On trouve le nom de Balladent en 1065. Gérard Hector du Cher, évêque de Limoges, donna cette église au prieuré d'Aureil en 1669. Des religieux de cet ordre y furent alors envoyés pour la desservir, et comme celui qui était à la tête de cette mission était nommé prieur, prior. Balledent retint dès lors le nom de prieuré-cure. Le prieur d'Aureil y nomma toujours les titulaires jusqu'en 1600 ; lorsque son monastère fut uni au collège des jésuites de Limoges, ce droit de nomination passa à leur recteur. Après le départ des jésuites en 1763, ce droit revint à l'évêque de Limoges. Voici le nom des prieurs-curés de Balledent qui sont connus :

          Guy d'Albiat, 1400. — Jean de Cros, jusqu'en 1461. — Jean Perron, 1471, qui fut aussi curé de Rancon. — Guillaume Delage, 1527. — Laurent de Bersac, mort en 1629. — Martial Deschamps, 1629. — Pierre Malavergne, 1668. — N… Ducouret, 1688. — N… Arbonnaud, 1696. — Pierre Roby, mort en 1738. — Jehan Nouhaud, 1738, 1765. — N… Rouchaud, 1765. — François-Louis-Simon Marcoux, 1772, déporté en Italie pendant la Révolution. — Au concordat, il ne fut pas possible de mettre un curé à Balledent (Jacques Chalifour avait cependant été nommé en 1803), et pendant quarante ans, la paroisse fut desservie par les curés voisins. — Michel Chevalier fut nommé en 1844. — N… Montazaud, 1849. — Léonard-Alexandre Périchon, 1854. — Louis Duron, 1859. — Michel Tonduf, 1867. — Emile Labrousse, 1872. — Alexandre Allavoine, 1876. — Joseph Beziel, 1878. — Cyprien Meunier, 1882. — François Guillemot, 1886. — Louis Vidaillat, 1888. — Jean Moreau, 1892. — François Foussadier, 1895. — Louis Dufour, 1900.

          L'église de Balledent est une construction du XIIe siècle ; elle semble avoir été bâtie par les religieux d'Aureil qui y vinrent en 1169. Le sanctuaire seul a conservé sa voûte primitive. Elle n'avait qu'une seule nef ; en 1878, on a ouvert une souscription pour y ajouter une chapelle à la Sainte-Vierge, sous le vocable de Notre-Dame de la Victoire. Elle possède un autel, une stalle et une chaire à prêcher qui ont été sculptés dans le style du XVe siècle par Nalbert, de Limoges, vers 1850.

          Elle conserve un curieux reliquaire en cuivre doré, provenant de l'ancienne abbaye de Grandmont. C'est une croix ayant la forme d'un quatre-feuille, à pied de calice, ornée au centre d'une image sur ivoire de sainte Véronique. Le pied est couvert de figures d'aigles émaillés.

          Dans une petite châsse en bois doré, elle possède aussi des reliques des compagnes de sainte Ursule, qui lui ont été données lors de la distribution du trésor de Grandmont.

          On trouve dans cette église deux cloches modernes, dont l'une a 0 m,53 de diamètre, et l'autre 0 m,54. On lit sur la première : « Bénite en août 1820. Fut parrain……………, marraine, ………….. » Sur la seconde : « Notre-Dame de la Victoire, de l'hérésie défendez-nous. — Triadou frères, Villefranche, 1880 ».

          Une école chrétienne pour l'instruction et l'éducation des jeunes filles a été fondée à Balledent en 1855, elle est tenue par des religieuses du Sauveur.

         Pour la justice, le bourg et la paroisse de Balledent étaient régis par la coutume du Poitou, et relevaient du Dorat, excepté le lieu de Bois-Bertrand et une ou deux métairies qui étaient du droit écrit et relevaient du siège de Bellac.

          Jean de Saint-Georges, chevalier, seigneur de Fraisse, était sieur de Balledent en 1456 ; ses armes sont d'argent à la croix de gueules.

          Dans un trésor de pièces d'or trouvé à Balledent, il y a quelques années, on en remarque une qui mérite d'être décrite. C'est une imitation des royaux de France : buste de face et couronné ; il est revêtu d'un manteau et tient de la droite une épée au milieu d'un encadrement orné de neuf rosettes. La légende est : KAROLUS DUX AQUITANIE. Le revers porte une croix fleuronnée, cantonnée des lis de France et des lions d'Aquitaine. Légende : CHRISTUS VINCIT, CHRISTUS REGNAT, CHRISTUS IMPERAT. Charles, fils puîné de Charles VII et de Marie des Deux-Siciles, duc de Berry, mort duc d'Aquitaine en 1472, fit frapper ce royal qu'on pourrait appeler aquitain.

 

          On trouve dans la commune de Balledent les villages de :

 

 

Bois-Bertrand. — En 1568, Jean de La Vergne, de Roussac est dit seigneur de Bois-Bertrand, au ban et arrière-banc de la noblesse. Raymond de Tessières qui avait épousé, en 1502, Antoinette de la Vergne, et ses descendants les Tessières de Bois-Bertrand ont possédé ce lieu jusqu'à la Révolution. Leurs armes sont losangé d'argent et de gueules.

Bois-Lavaud, appelé aussi Lavaud-Bois. — Jacques Robert, du Dorat, sieur du Bois de Lavaud, né en 1594, mourut en 1676. Ses armes sont d'azur au cygne éployé d'argent, à deux têtes becquées d'or, membré de gueules. La famille Bonnin possédait encore Lavaud-Bois au moment de la Révolution.

Bord. — Joseph Evrerard, écuyer, était sieur du Chatenet de Bord en 1649.

Les Cros. — Guy de Rancon, seigneur des Cros, testa en faveur du prieuré de Balledent en 1360. Martial de Roffignac, en 1597, était seigneur de Sannat et des Cros de Balledent, ses armes sont d'or au lion de gueules. Vers 1835, on a trouvé dans une terre labourée, près des Cros, dix-sept urnes en granit, qui étaient des sépultures de l'époque gallo-romaine.

Gaffarie.

Houme (L').

Laborie.

Lavaux ou Lasvoux. — Prieuré de filles, qui dépendait du prieuré de

 

Bostmorbaud, paroisse d'Aureil en 1573. Il était sous le patronage de sainteCatherine ; sa chapelle était en ruine en 1652. Ses revenus furent ensuite unis au collège des Jésuites de Limoges.

Monts (Les).

Moulin des Monts.

Nouit. — Jacques Bonnin, avocat, était sieur de Nouit en 1696. Ses descendants ont possédé ce lieu jusqu'à la Révolution. Armes : de sable à la croix ancrée d'argent. M. Jean-Claude Bonnin de Nouit, juge royal de Rancon vers 1760, est le premier qui ait signalé l'existence du kaolin en Limousin, avant la découverte qui en fut faite à Saint-Yrieix.

Papeterie de la Couse. — Fabrique de papier qui existait en 1686. C'est aujourd'hui une minoterie.

Piofoux.

Places (Les).

Planchas, alias Le Planchon.

Pont (Moulin du), sur la Couse.

Prade (La).

Le Bas-Roumilhac.