Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 10/01/2023
BEAUNE est un chef-lieu de commune du canton d’Ambazac, qui a 763 habitants et une superficie de 1 630 hectares.
Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 380 mètres.
Beaune fut donné au monastère de Saint-Martin de Limoges pour sa dotation par saint Eloi vers l’an 618. Une prévôté y fut érigée peu après ; elle avait pour patron saint Christophe et précédemment saint Pierre. Gui de Maleguise était prévôt de Beaune lorsqu’il fut élu abbé de Saint-Martin le 7 septembre 1267. A la fin du XVIIIe siècle, les revenus de cette prévôté étaient réunis à la mense abbatiale dudit Saint-Martin. Les prévôts de Beaune furent toujours nommés par l’abbé de Saint-Martin.
La cure de Beaune, qui faisait partie de l’ancien archiprêtré de Rancon, avait le même patron que la prévôté ; à la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 380 communiants (environ 507 habitants). L’abbé de Saint-Martin y nommait les curés comme on le constate en 1477, 1566, 1581, 1591, 1603, 1616, 1624, 1663, 1665, 1666. Lorsque l’abbaye était vacante, ce droit de nomination revenait au prieur et au chapitre de Saint-Martin. On trouve une nomination ainsi faite en 1719.
Les curés de Beaune, dont le nom est connu, sont : Fronton Bidou, 1552. – Pierre Moulinier, 1625. – Léonard Ventenat, 1713. – N… Rameru, 1722-1739. – N … Boutinaud, 1740-1758. – Jean Baptiste Boutinaud, 1758. Il subit la déportation pendant la persécution, revint dans sa paroisse en 1803, et l’administra jusqu’à sa mort arrivée au mois de juin 1806. Pendant son exil, le presbytère de Beaune avait été vendu comme bien national le 26 prairial an IV (14 juin 1796) pour la somme de 1 360 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q 147). – Antoine Boisse, 1806-1810. – N… Thouvenet est curé de Beaune et de Rilhac en 1810. - N… Mergoux, 1822-1824. – N… Sirieix, 1824 – 1829. – N … Penni, 1829 – 1830. – N … Deluret, nommé en 1844. – N ... Faure en 1847. – N … Mallet en 1858. – N … Lefaure en 1862. – N … Villette en 1868. – Henri Février-Lagrange, 1869. – Jean-Baptiste Mège en 1874. – François Cibot en 1880. – François Bonneyrat en 1885. – Julien Jolivel en 1893. – Jacques Menudet en 1901.
L’église de Beaune, de construction romane, se composait d’une abside circulaire, accompagnée de deux absidioles de même style, ouvrant sur un transept ; mais aujourd’hui l’absidiole du côté nord n’existe plus. Une seule nef, de deux travées, qui a 6m20 de largeur, comme le sanctuaire, la prolonge à l’ouest où se trouve la porte principale. Dans le pavé de cette nef, on remarque une pierre tombale représentant un prêtre vêtu des ornements sacerdotaux. Une statue de saint Christophe, d’une grandeur colossale, s’y trouve aussi ; sur le socle qui la porte on voit un écusson chargé d’un lion accompagné de trois roses 2 et 1.
Sur la petite cloche de cette église on lit : « ✠ Jésus Maria, Ste Joannes-Baptista ora pro nobis, 1623. M. L. Regnanlt, curé de Rilhac. Monastère de la Biche. » Cette cloche vient de Rilhac, dont le patron est saint Jean-Baptiste, où se trouve aussi le monastère de la Biche. Pendant une grande partie du XIXe siècle, la paroisse de Rilhac a été unie, pour l’administration, à celle de Beaune.
L’inscription de la seconde est ainsi formulée « ✠ Ste Maria, Ste Martine, Ste Barbara, orate pro nobis. Je feu refondue l’an 1723 par ordre du chapitre de cette église. M. Léonard-Antoine Garreau, sieur de la Seiglière, avocat en Parlement, parrain. Mademoiselle Françoise Prugnier, veufve du sieur de Landrieve de Chambran, eslu de la Marche, marraine. » Au bas est un écusson chargé de trois bandes, qui ne semble pas être celui du parrain ou de la marraine.
Le seigneur de Beaune en 1704 était Jean Mathias Rogier, seigneur des Essarts, Beaune, Bonetie, le Buisson, Leyraud, Mayeras et autres lieux, lieutenant général civil et de police au siège présidial de limoges. Il portait pour armes d’or à la bande d’azur, à six roses de gueules posées en orle.
Beaune, comme le reste de cette contrée, fut fort éprouvé par la peste de 1631. Pierre Mesnagier, bourgeois de Limoges, qui s’était retiré dans sa métairie de Beaune pour fuir la contagion, la trouva aux champs tout comme à la ville. Il dit dans sa chronique : « Dans certaines contrées il ne s’est pas levé un seul de grain de blé. Tel village il y a, où il n’est demeuré de vivants ni hommes, ni femmes, ni petits enfants. Le bétail était abandonné. »
Les villages de cette commune sont :
Beaune (Grand).
Beaune (Petit).
Crouzettes (Les).
Essarts (Les), dont la famille Rogier possédait la seigneurie.
Goupilloux. – Le couvent et l’abbé de Saint-Martin, par acte de 1196, cédèrent à la prieure et aux religieuses de Montaigut de Compreignac le Mas de Volpilo, à condition qu’elles payeraient tous les ans douze setiers de blé au prévôt de Beaune, etc.
Gingeolles (Les).
Grossereix.
Malabre (Le). – A égale distance du Malabre et du hameau des Crouzettes, on trouve sur les bords de l’Aurence des monticules de sables lavés et de cailloux s’étendant sur une longueur de 150 mètres dans un sens parallèle au ruisseau. Ce sont les restes d’anciens travaux pour la recherche de l’or dans les sables de l’Aurence. Des nivellements exécutés par les propriétaires les font disparaître peu à peu. Il en existe de semblables sur les bords d’un autre ruisseau, affluent de la Vienne, traversant les communes de Bonnat et Beaune du nord au sud.
Mas-Chartier.
Mazaureix.
Mazelle (Basse).
Mazelle (Haute). – Le prieuré de la Mazelle, fondé sous l’invocation de la Nativité de la Sainte-Vierge, avait aussi saint Marc pour patron en 1555. Le prieur de l’Artige y nommait les titulaires en 1555, 1556, 1561, 1574. Ce fut ensuite le recteur du collège des Jésuites de Limoges en 1626, 1648, 1715.
Un acte de 1150 environ nous apprend que Rainald de Beuna, avec ses frères, et les trois fils de Pierre de Beuna donnèrent à un médecin nommé Jacques, une partie de la forêt d’Experselier, que ce dernier céda à Jean, prieur de l’Artige. C’est là où fut fondé le prieuré de La Mazelle. En 1213, le chevalier Henri de Razès cédait au prieur de l’Artige les droits qu’il avait sur le bois de la Mazelle appelé Lesparzelier. Une bulle de Clément VI (1346) déclara le prieur de La Mazelle exempt de la juridiction de l’ordinaire.
Les prieurs dont le nom est connu sont : Gérard, 1253. – Christophe de Coussac (Bonneval), 1489–1493. – Martial-Martin et Jean-Martin, Joachim en compétition jusqu’en 1575. – Jean de La Guyonie, 1578. – Pierre Buisson, 1626. – Jacques Dorat, 1631. – François Rousseau, 1648. – Joseph Martin, de l’Oratoire, 1657 jusqu’en 1715. – Simon de Montauzon, curé d’Auriat d’Excideuil, 1716-1751. A cette dernière date, la chapelle était presque ruinée ; son revenu, qui montait à 250 livres, fut réuni au collège des Pères Jésuites de Limoges, et le prieuré supprimé.
Pilaterie.
Pilet (Moulin de).
Theil (Le Grand).
Theil (Le Petit).
Tuilerie.
Valparaiso.