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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/01/2023

 

BERNEUIL, chef-lieu de commune dans le canton de Nantiat, a 2 496 hectares de superficie et 1 206 habitants. Son altitude atteint 306 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Berneuil était une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, dont le patron est Saint-Cessateur, évêque de Limoges, mort vers 742. A la fin du XVIIIe siècle on y comptait 650 communiants (environ 868 habitants). C’est l’aquilaire du chapitre de Dorat qui a toujours nommé les curés, sur la présentation faite par le chapitre, comme en 1433, 1475, 1572, 1575, 1595, 1631, 1642, 1644, 1650, 1672, 1684, 1693. On trouve cependant qu’en 1642 l’évêque de Limoges exerça ce droit de nomination.

L’évêque de Limoges Jean Barton avait fait don de cette église au chapitre du Dorat, et le chapitre de la cathédrale de Limoges y donna son consentement le 21 mai 1462.

Il y avait dans l’église de Berneuil, à l’autel de la Sainte-Vierge, une vicairie fondée par Jean Parcelier, dit Chapelot. Un de ses descendants, du nom de Parcelier, qui était marchand à Muret près Bourganeuf, y nommait un titulaire en 1574.

Une autre vicairie fut fondée par Jean de Saint-Georges le 11 août 1653 ; il bâtit une chapelle, ouvrant dans la nef, où se trouvait une pierre sculptée à ses armes, avec cette inscription : « J. de Saint-Georges ». Jacques de Saint-Georges, qui est probablement le même que Jean, donna à l’église de Berneuil une cloche qui fut cassée en 1687 et refondue en 1688 avec cette inscription : « Jacobus de Sancto-Georgio, miles, me dedit anno Incarnationis Domini M V C LXXXVIII ». Elle n’existe plus.

L’église de Berneuil, qui avait été bâtie au XIIIe siècle a été reconstruite en partie en 1889. Sous la première pierre qui a été bénite le 22 juillet on a placé cette inscription : «  Anno Domini M DCCC LXXXIX, die XXII julii. Leone Papa XIII, DD. Firmino Renouard episcopo Lemovicensis, hanc primam posuerunt petram ecclesioe sancti Cessatoris de Berneail, ab injuriis temporis fere collapsoe, sumptibus collectifs DD Franciscus Cibot, parochioe rector, Henricus Noualhier, civitatem regens nec non multi parochiani et maxime proecipui, interquos proesertim vicecomes de Saint-Georges quorum nomina servabuntur in registris parochioe, quam benedixit D. Andreas Lecler, decanus Compreiniaci ».

Trois ans après, le 29 septembre 1892, l’évêque de Limoges consacrait cette église et son autel.

La cloche que possède Berneuil a 0 m 76 centimètres de diamètre, pèse environ 250 kilos, et porte en belles lettres gothiques cette inscription : « ✠ Jésus Maria ; S. Sessator. S. Paule ; orate pro nobis. L’an M Ve XXIII.  Te Deum laudamus ».

On remarque à la porte de l’église une pierre cubique, en granit du pays, qui a 0m60 centimètres de côté ; sur deux de ses fasces sont sculptés en bas-relief deux personnages qu’il n’est pas facile de déterminer, vu l’état assez frustre de cette sculpture. C’est un autel de l’époque gallo-romaine qu’on a utilisé pour porter une croix. A cet effet on y a creusé, dans toute sa hauteur une ouverture de 0m25 centimètres de côté, dans laquelle fut plantée une croix en bois.

Les curés de Berneuil dont le nom est connu sont :

Pardoux Biais, en 1538. — Jean Leduc, qui en 1705, fit orner de peintures l’intérieur de l’église par Jacques Mondot ; vivait en 1735. — Michel Lafont, nommé en 1750, résigna en faveur de son neveu le 10 décembre 1785. — Michel-Bernard Lafond, de 1785 à la Révolution. — Jean-Guillem Mondot, nommé en 1803. — Grégoire Voisin, qui avait été déporté en Espagne pendant la Révolution, était curé de Berneuil en 1811. — N … Maleval, mourut en septembre 1824. — N … Bittard, mort en septembre 1826. — Joseph-Isidore Goguyer-Deschaumes, nommé en 1826, mort en décembre 1884. — François Cibot, 1885-1900. — François Planchon, 1900.

François de Marsanges, dont les armes sont d’argent à trois merlettes de sable posées 2 et 1, était seigneur de Berneuil en 1530, et ses descendants ont conservé ce titre jusqu’à la Révolution. Ils n’ont cependant pas possédé entièrement cette seigneurie, puisqu’on trouve François de Saint-Georges, seigneur de Fraisse et de Berneuil, qui en 1630 était en procès avec Jean de Marsanges, sieur dudit lieu, pour des droits honorifiques dans l’église de Berneuil.

On trouve aussi au moment de la Révolution François-Xavier de Verdilhac, écuyer, seigneur de Savignac et de Berneuil, qui était trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Limoges.

 

Les villages de cette commune sont :

 

Besges (Moulin des), sur la Glaïeule.

Boisjelonne.

Borderie (La). – Près ce village on trouve un magnifique dolmen en granit du pays ; sa table de forme presque ronde, a 4 m 10 sur 4 m 50. Des cinq supports sur lesquels elle était autrefois portée, un seul la soutient d’un côté pendant que l’extrémité opposée est appuyée sur un mur de clôture construit il y a déjà longtemps. A peu de distance, et sur la grande route venant de Berneuil, existait un autre dolmen ; aujourd’hui, sa table, cassée en deux morceaux, gît par terre ; elle avait 4 m 50 sur 3 m 30.

Boucherie.

Bregères (Les).

Breuil (Le), qui en 1612 appartenait à noble Papon du Breuil, dont les armes sont d’or à la croix d’azur, endanché de gueules, ou selon la généalogie des Chamborand d’or à la croix d’azur, à quatre langues de feu à chaque canton du chef.

Buraud.

Chez Pallier.

Daive (La).

Fontenille, appartenait à famille Papon.

Fraisse. – La terre et seigneurie de Farisse, qui s’étendit au siècle dernier sur la majeure partie de la paroisse de Berneuil était régie par la coutume du Poitou et relevait du duché de Mortemart, et par suite du siège de Montmorillon. Elle a appartenu à la famille de Rochechouart et ensuite aux vicomtes de Saint-Georges dont les armes sont d’argent à la croix de gueules. Il ne reste de l’ancien château qu’une tour à moitié détruire. Le nouveau est une charmante habitation, dominant le Vincou dans une position ravissante.

Dans la prairie, près du château, on a découvert en 1883, un souterrain refuge de l’époque gallo-romaine.

Fraisse (Moulin du), sur le Vincou, au pied du château.

Galache (Moulin de La).

Génébrias. – Berceau de la famille Génébrias dont les armes sont d’argent à trois génévriers de sinople, sur un terrain de même, celui du milieu sommé d’une étoile de gueules ; à la licorne de gueules passant et brochant sur le tronc des génévriers.

Lande (La).

Leu (La). – Jean Mondot, écuyer, était seigneur de La Leuf en 1712.

Leu-du-Châtain (La).

Mails (Moulin des).

Mas Gaudoux.

Panissac. – Jean Bouillet de Touverac, écuyer, était seigneur de Panissac avant 1689, époque à laquelle sa fille Marguerite épousait Jean de Verthamon, écuyer, seigneur de la Vauzelle.

Personnerie (La).

Peu-Leu (Moulin du).

Pont (Moulin du).

Puy (le).

Rateau (Moulin de).

Sale (la).

Savignac, dont était seigneur en 1790 François-Xavier de Verdilhac, écuyer, trésorier de France en la généralité de Limoges, dont les armes sont d’argent au chevron de gueules, accompagné de trois merlettes de sable.

Taminage ;

Vieillefond était en 1621 un prieuré dépendant de l’abbaye de Beuil. Sa chapelle était au milieu du village de Vieillefond ; elle a été détruite pendant la Révolution. Le 24 juin, jour le la fête de Saint-Jean-Baptiste, toute la population de la contrée se réunit dans ce village, autour des ruines de cette chapelle, moitié par dévotion, moitié en partie de plaisir.

    Virat, qui appartenait à la famille Papon en 1630.