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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/01/2023

 

           Le canton de Bessines, dans l'arrondissement de Bellac, a 15.763 hectares de superficie et 9.100 habitants ; il comprend six communes : Bessines, Folles, Fromental, Morterolles, Razès et Saint-Pardoux.

            La commune de Bessines a 4.167 hectares de superficie et 2.690 habitants, son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 474 mètres.

            Bessines était une cure de l'ancien archiprêtré de Rancon, qui avait pour patron Saint-Léger, évêque et martyr. A la fin du XVIIIe siècle elle avait 1.500 communiants (environ 2.000 habitants). L'évêque de Limoges y nommait les titulaires.

            Deux vicairies avaient été fondées à Bessines en 1393, une dans l'église, l'autre dans le cimetière ; la première était appelée de Saint-Blaise, et l'autre de Saint-Antoine ; elles étaient toutes deux à la collation de l'évêque de Limoges.

            L'église de Bessines est un monument de l'époque romane, refait en grande partie au XVe siècle. Sa nef, formée de quatre travées, est couverte d'une voûte à nervures prismatiques, retombant sur des colonnes cylindriques à demi engagées et sans chapiteaux. Il en est de même dans les deux chapelles latérales qui l'accompagnent ; mais le transept et l'abside ont des nervures rondes. Dans la chapelle septentrionale, qui était celle des seigneurs de Monisme, on trouve à la voûte, sur la porte et à un contrefort les armes des Razès-Monisme qui sont palé d'argent et de gueules à sept piles, au chef d'or.

            A l'extérieur de l'église, on remarque dans le mur du chevet une pierre calcaire d'environ 0m,60 centimètres de côté, sur laquelle est sculptée une main bénissante adossée à une croix ; dans la partie supérieure sont l'Alpha et l'Oméga, et au bas les mots Dextera Dei vivi. Le vers suivant entoure cette sculpture :

Quod fuit, est, et erit, per me constare decetur.

            C'est un vers emprunté à Hildebert du Mans, auteur du XIe siècle. L'église romane a dû être construite peu de temps après cette époque.

            Bessines possède deux cloches. On lit sur la première, qui pèse 800 kilos : «  ✠ Franciscus sit nomen meum. Hoc accepi a venerabili Dn° Francisco Le Cugy, parocho de Morterolo et a Domicella Ioannâ de Léobardy ; benedictionem vero a Domino Mac. Ioann. Martin archipresbytero de Rancono et hujus ecclesiae rectore. M VII C VII. — Franciscus Baudouin m'a faicte 1707. »

             La seconde pèse 250 kilos et porte cette inscription : «  ✠ Sit nomen Domini benedictum. — Dubois Robert, au Puy, 1820. »

            Il y avait dans le cimetière de Bessines une chapelle dédiée à Saint-Michel où l'on avait fondé une vicairie. Le mur d'enceinte conservait, il y a quelques années, une figure en granit représentant un sphinx à demi couché. Cette curieuse sculpture, dont l'antiquité est incontestable, a été transportée, avant 1873, au musée lapidaire de Limoges.

            L'archiprêtré de Rancon est mentionné dès l'année 1160, et le titre de cet archiprêtré fut annexé à la cure de Bessines avant 1327. Depuis cette époque les curés de Bessines ont toujours été archiprêtres de Rancon, et cet office leur a toujours été conféré par l'évêque de Limoges. Voici le nom de ceux qui sont connus :

            Maître Gérald Bechelers, était archiprêtre de Rancon et chanoine de Limoges en 1178 et 1190 —  Gérald Roger, qualifié archiprêtre de Rancon et de Bessines, mourut à la cour pontificale à Avignon, peu avant le 8 février 1327 — Raymond Aymeric fut pourvu de l'archiprêtré de Rancon et de la cure de Bessines le 8 février 1327 — Jean Bonjour était archiprêtre de Rancon et curé de Bessines le 14 juin 1393 — Simond Cramaud, qui fut archevêque de Reims et patriarche d'Alexandrie, l'était en 1419 — Robert de Montbrun en 1427 — Louis Cybot, 1668-1673 — Jean Martin, 1686-1709 — N… Bavallon, ou Barallon, 1711 — Jacques de Bosredon-Baubière, 1719 — Annet ou Aimet de Miomandre, 1742-1746 — Etienne Brissaud, 1748, résigna en faveur de son frère en 1783 — Léger Brissaud, 1783, fut déporté en Espagne où il est mort en 1793.

Après la Révolution les curés doyens de Bessines sont : Gaspard-Mathieu Lagorce, 1803-1805. — François-Anne Rioublanc, 1806-1836. — François Faucher-Lacotte, 1836-1870. — Michel Bichon, 1870-1881. — Maurice Bazin, 1881-1885. — Joseph Bertrand, 1885-1896. — Martial Colombeau, 1896-1900. — Jean-Baptiste Moreau, 1900.

Par lettres patentes du 5 mars 1848 deux foires furent établies à Bessines ; une le lundi de Quasimodo, l'autre le premier lundi du mois de juin ; puis un marché tous les mardis. Cette concession fut accordée à la demande de dame Marguerite Pot de Rhodes, veuve de Guillaume de Razès, seigneur de Monisme.

En sortant de Bessines, dans la direction de Châteauponsac, on trouve un vieux pont jeté sur la Gartempe, le pont des Bons-Hommes. Il est ainsi nommé parce qu'il aurait été construit par les moines de Grandmont qui étaient connus sous ce nom.

 

Les villages de la commune de Bessines sont :

 

Aupuybertrot.

Avant.

La Bergerie. — Françoise Barbou, épouse de M. d'Alesme de Rigoulène était dame de La Bergerie en 1751.

Le Barost.

Bois-du-Mont. — Léonard Labesse de Bois-du-Mont, vivait en 1750, Martial Barbou de Monisme, garde du corps, était seigneur de Bois-du-Mont en 1786.

Brugeaud.

Chassagnat.

Châtenet-Marty.

La Croix du Breuil. — Manoir situé sur la route de Paris, qui appartenait à M. Sornin de Morterolles. Le roi Henri IV y vint chasser et coucher le 28 octobre 1605 (voir sa lettre à l'article Morterolles). Il y fut reçu par la noblesse et la bourgeoisie des environs, et harangué par le chevalier Sornin de la Plagne. Un tableau envoyé, dit-on, par lui quelque temps après sa visite, a conservé le souvenir de son passage dans ce lieu. C'est une peinture sur bois, ayant environ un mètre. Elle resta longtemps dans ce manoir à la tête du lit où coucha Henri IV. J'ignore comment elle passa entre les mains d'un brocanteur auquel M. Charpentier de Blanzac l'acheta vers 1850. A sa mort, son gendre, M. Genty de La Borderie l'a transportée à la Glayolle. On voit, dans ce tableau, à droite, les armes des Sornin de La Plagne qui sont d'argent à la bande de sable, accompagnée de trois étoiles de dix rais posées une à senestre et deux à dextre, au chef cousu d'or et de gueules. Un crucifix occupe un tiers du tableau ; le roi agenouillé et les mains jointes lit ses prières dans un Missel posé sur la table où a eu lieu le repas. Le carreau dont il se sert est tellement élevé qu'il paraît presque debout. Sornin de La Plagne est derrière lui, il porte le manteau d'écarlate. De la bouche du roi part une bande sur laquelle on lit : Filius redemptor mundi, Deus, miserere nobis. Un peu au-dessous : Datum amici Sornin de La Plagne. Et dans un coin du tableau : Enterré à La Souterraine, avril 1640. Au bas est une autre inscription en langue basque, qui est peu lisible. Avant de partir de La Croix du Breuil, Henri IV écrivit à la reine le 24 octobre 1605. — « Mon cœur : Je m'en vais coucher à Saint-Germain, chez Beaupré, et seroy, s'il plaist à Dieu, demain à Argenton… le cœur commence à relever à tout le monde de sentir le visage tourné vers la douce France. Ce XXIIII octobre. »

Chez Dussy.

Fenieu (Le). — Berceau de la famille de Fenieu.

Forge (La).

Fraisse (Le).

Gerbe (Moulin de La), sur la Gartempe.

Grammont-Lavaud.

Jalinieux.

Landeix alias, Aulendeix.

Lavaud-Grasse. — Au nord-est de ce village on trouve la Belle-Pierre ou Pierre-Magne. C'est une coupe de forme circulaire taillée dans un bloc de granit du pays. Elle a un peu plus de cinq mètres de diamètre, à l'intérieur, et un mètre de profondeur. Ce magnifique bassin a été abandonné en ce lieu lorsqu'une fente, très visible aujourd'hui, s'y est produite avant qu'il ait été utilisé.

Lavaud-Pacaud.

Magnelles (Les Grandes).

Magnelles (Les Petites).

Magneux (Le Petit), Joseph-Gérald Barbou, des Magneux, mort en 1782, est le membre de cette famille d'imprimeurs qui s'est le plus distingué par ses belles éditions des classiques latins.

Maisonneuve.

Marconeix.

Mas (Le).

Mas-Barbu. — Cimetière gallo-romain fouillé par la Société archéologique en 1883. Se trouve sur le bord d'une voie romaine secondaire partant de Proetorium (Saint-Goussaud).

Mas-Beix.

Mazataud.

Mazand. — Une branche de la famille Léobardy, originaire du lieu de Léobardy, commune de Nantiat, possédait ce lieu, Robert de Léobardy, sieur de Mazant, juge de Monisme, épousa en 1686 Valérie Martin du Moulin-Blanc.

Monisme. — La famille de Razès, dont les armes sont de gueules à trois pals d'argent, au chef d'or, a possédé Monisme dès le XIIIe siècle, et un de ses membres en a bâti le château au milieu du XVe. Edme-Léonard de Razès, seigneur de Monisme, colonel du régiment de Champagne, mourut à Utrecht de ses blessures. Sa veuve, Elisabeth Le Marchand, se remaria avec Louis de Béthune, mestre de camp d'un régiment de cavalerie. Elle mourut en 1705, laissant la terre de Monisme à son second mari. Le marquis de Béthune la vendit en 1734 à Jean Barbou, imprimeur-libraire à Limoges ; elle passa par héritage aux Barbou imprimeurs-libraires à Paris. Les Barbou portent d'azur au dextrochère d'argent tenant une plume et un épi d'or, surmonté d'un croissant de même. Le château fut réparé en 1736, et une chapelle y fut bâtie en 1739. La terre et le château de Monisme furent vendus en 1789 à dame veuve Dorat et son fils, écuyer, seigneur de Fougeras. Au commencement du XIXe siècle c'était la propriété de M. de Rocard, dont la mère était une demoiselle Dorat, et ensuite de M. de Garsignier, dont la mère était une demoiselle de Rocard. Achetée à ce dernier par MM. Sauvanet et consorts vers 1860, la terre de Monisme a été revendue en détail, et le château démoli.

Montinassaciot.

Moulin-Blanc, sur la Gartempe.

Pierrefiche.

Planches (Moulin des), sur le ruisseau de Sagnat.

Puymouchet.

Puyteignoux.

Roche (La).

Sagnat, avec un bel étang du même nom.

Valette (La). — Martial Barbou de La Valette laissa ce nom en 1764, pour prendre celui des Courrières.

Vaucouse.

Vieux-Pont.

Ville-Michel