Connexion espace personnel

Recherche par commune

Recherche > Haute-Vienne (87) > Les Billanges > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/01/2023

 

Le territoire de la commune des Billanges faisait partie anciennement de l’élection de Bourganeuf ; il a été joint au département de la Haute-Vienne et au canton d’Ambazac ; il s’étend sur la rive droite du Taurion qui lui sert de limite et le sépare du département de la Creuse. Sa superficie est de 2 260 hectares, et sa population de 1095 habitants. Son altitude est de 432 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le nom de cette cure de l’ancien archiprêtré de Bénévent est écrit Aubillanges en 1273, Obilange en 1276 et Oubillanges en 1388. Sa fête patronale est celle de la Nativité de la Sainte-Vierge. On connaît une bulle du pape Nicolas IV, du 20 juin 1289, par laquelle il accorde des indulgences pour l’église Sanctae Maria de Aubilangis, Lemovicencis dioecesis.

M. Antoine Thomas, de Saint-Yrieix-la-Montagne (Creuse) philologue distingué et membre de l’Institut, dans ses Nouvelles étymologies, voit dans les Billanges un cognomen gallo-romain Albillus, devenant Albillanicos.

Vers la fin du XVIIIe siècle, il y avait 600 communiants (environ 800 habitants). L’évêque de Limoges y a toujours nommé les curés, comme on le constate en 1474, 1587, 1592, 1593, 1604, 1656, 1692, 1730, 1736 et 1749.

Voici le nom de ceux qui nous sont connus :

Fiacre Coudier était curé des Billanges en 1665. – J. Choury en 1694. – Jean Fraisseix, prieur d’Arrènes et curé des Billanges en 1732. – N… Dufaure, 1740. – Jean Châtenet, nommé en 1749, résigna au suivant. Léonard Raby, nommé en 1776. – Bernard Cruveilher, religieux feuillant, desservit la paroisse pendant trois mois, jusqu’au 6 mars 1793. – N … Mazoureix était curé en 1822 et 1823. – N … Charles, en 1824 et 1829. – N … Dumas, en 1829 et 1832. – N … Lafaye, en 1832 et 1833. – N … Dumas, de nouveau en 1833 et 1834. – N … Bordes, en 1834 et 1841. – Jean-Baptiste Lassaigne, en 1841 et 1847. – Bernard Gérald fut nommé en 1847. – Jean-Baptiste Amathieu, en 1856. – Joseph Paufique, en 1863. – Michel Richard, en 1865. – Arthur Dumont, en 1872. – Jérémie Roche, en 1879. – Antoine Moreau, en 1884. – Arthur Dumont, de nouveau en 1886. – Barthélémy Delort, ; en 1895.

L’église des Billanges, formée d’une seule nef, est une construction romane qui a subi quelques transformations. Les dates 1622 et 1746 qu’on trouve sur deux pierres, en haut de l’ouverture du chœur sont celles de quelques réparations. 

Comme plusieurs églises du département, Blond, Compreignac, etc., elle a été fortifiée. Les deux contreforts qui sont aux angles du chevet, sont surmontés d’échauguettes pourvues de créneaux et de meurtrières. Au-dessus de sa porte d’entrée, placée au midi, on remarque encore d’autres meurtrières.

Près de cette porte, se dresse une belle croix en pierre, élevée sur une colonne octogonale monolithe qui a trois mètres vingt centimètres de haut, et au bas de laquelle on lit la date 1751.

A côté, on voit un vieux chêne dont les branches s’élèvent plus haut que l’église. On en trouve de semblables à la porte de nos églises de campagne. Ces arbres doivent leur origine à une ordonnance de Sully qui, en 1605, prescrivit, on ignore pourquoi, la plantation d’un orme devant toutes les églises de paroisses. L’ombre de ces ormes est devenue, dans la suite, un rendez-vous général pour toutes sortes d’affaires ; on y payait, à la saint Jean et à la saint Martin, les rentes et les redevances aux propriétaires ou à leurs intendants. De là l’expression introduite sans doute par les mauvais payeurs qui ne comptaient pas se trouver au rendez-vous : « Attendez-moi sous l’orme ».

Comme cet arbre est arrivé à sa période de dépérissement, on a planté, en 1900, des tilleuls qui le remplaceront plus tard.

L’église des Billanges possède deux précieux reliquaires qui lui ont été attribués le 9 août 1790, lors de la distribution des reliques de Grandmont. Le premier est une œuvre d’orfèvrerie des plus remarquables. Il représente saint Etienne de Muret, debout, vêtu d’une aube et d’une riche dalmatique, la tête nue et le crâne rasé, porte seulement la couronne monacale. Les deux bras soutiennent un reliquaire en forme de livre, placé sur un coussin, où l’on voit la reproduction du fameux reliquaire de la Sainte-Croix, envoyé à Grandmont par Amaury, roi de Jérusalem.

Le second renferme une relique de Saint Félicien, évêque et martyr. Il est en forme de bras, en bois recouvert d’une lame d’argent, enrichi de pierreries, avec ornements en filigranne. On lit au bas, en caractères gothiques : Sti Feliciani Epi.et mart.

La petite cloche de l’église des Billanges, qui vient de la chapelle de Trézen, porte cette inscription : « ✠ Sancte Stephane ora pro nobis. – Oret voce pia pro nobis virgo Maria. – Dompnus Georgius Barny, abbas Grandimontis. 1651 ». Au bas sont les armes de cet abbé où l’on distingue un lion. Le diamètre de cette cloche est de 0 m 40, ce qui suppose un poids de 38 kilos.

Autour de la grosse cloche, on lit : « ✠ François de Bony, marquis de Lavergne, seigneur des Billanges, parein, Louize de Farges, marquise de Lavergne, son épouse, mareine. J’ai été bénite par Mre Jean Fraisseix, curé de la paroisse, prieur d’Arennes. Antoine Delouis, sindic fabricien. Fete par Jean Lebrun en 1732. » Le diamètre de cette cloche est de 0 m 80, ce qui suppose un poids de 300 kilos.

Le presbytère des Billanges fut vendu comme bien national pendant la Révolution le 2e jour complémentaire de l’an IV (18 septembre 1796). (Archives de la Haute-Vienne, série Q, liasse 150, n° 298.

Au sud-ouest du bourg, environ à 800 mètres, on trouve sur un rocher qui surplombe le Taurion, les restes d’un château auquel la tradition conserve le nom de Chatelard ; on y distingue les fondations des murailles en pierres taillées.

Sur la limite de la forêt des Egaux et de la commune de Jabreilles, au point où passait la voie romaine de Limoges à Bourges par Proetorium (Puy-de-Jouer, commune de Saint-Goussaud), il existe un camp romain appelé camp de César, l’agger est encore très nettement accusé.

 

            Les villages de cette commune sont :

 

Age (L’), sur le territoire duquel se trouve Majourde, autrefois propriété dépendant des moines de Grandmont, résident à Trézen.

Besse (La).

Betoulle (Moulin de La), qui doit son nom au cours d’eau qui le traverse.

Bas-Breuil (Le).

Chantegros, où l’on a découvert en 1901, au lieu-dit les Blanchaux, une sépulture gallo-romaine, formée d’une urne taillée dans un bloc de granit haut de 0 m 80, renfermant un vase en verre qui contenait des cendres et des os calcinés.

Chez-Lafont.

Egaux (les) . – C’était un fief noble qui avait une juridiction seigneuriale assez étendue. En 1540, Guy du Vignaud, archer de la garde du roi, en était seigneur, comme nous l’apprend l’inscription de la cloche. Ses armes sont d’azur au chevron d’argent accompagné en chef de deux étoiles d’or et d’un croissant d’argent en pointe. La branche de la famille du Vignaud dont il était le chef, s’éteignit un siècle après lui, et sa dernière représentante, Marie-Aimée du Vignaud épousa, le 1er octobre 1645, Anne-Florent de Bony, marquis de Lavergne, auquel elle porta les Egaux. Cette famille qui les possède encore aujourd’hui a pour armes de gueules à trois besants d’argent posés 2 et 1, avec la devise : Byzantiis nummis pauperibus adest.

Les Egaux auraient été un château-fort assez considérable que les Anglais prirent et saccagèrent pendant la guerre de Cent ans. Il avait onze tours, presque toutes ruinées en 1830, une seule étant en bon état de conservation. Longtemps inhabité, il fut en partie restauré en 1850. On y voit encore sur le linteau de la porte de la vieille chapelle les armes des du Vignaud, avec une devise : « Dieu et la Vierge – Ayme et counay toy. »

La cloche, qui y est conservée, porte cette inscription : «  ✠ Ave Maria X Guy du Vignaud, seigneur des Egaulx, archier de la garde du Roy, m’a faicte fayre XXf MDXXXX. »

Entrecolles. – Ce lieu est ainsi nommé soit à cause de sa position entre deux collines, inter colles, soit à cause d’un cours d’eau du voisinage appelé ruisseau des Colles. Une chapelle rurale et qui paraît remonter au XIIIe siècle, dédiée à saint Antoine, abbé, existe dans ce village ; elle a intérieurement 7 m 20 de long sur 4 m 20 de large. On y dit la messe le 17 janvier, jour de la fête de saint Antoine. Sa cloche, qui a 0 m 40 de diamètre et pèse environ 38 kilos, porte cette inscription : « X Parein Mr Raby, curé des Billanges. Mareine Mlle Marie V. de Chastenet, 1783. St Antoine et la Vierge. Coutaud. F ».

Le village d’Entrecolles aurait dépendu autrefois au point de vue des redevances de la chatellenie du Dognon.

Lignac, où se trouve une grande forêt (lignum) qui appartenait, paraît-il, aux évêques de Limoges.

Maissonnieux (Le). – Ecole de hameau.

Nouaille (La).

Panèche (Moulin de).

Perrassades (Les).

Planche (Moulin de La).

Ponchale (Moulin de), sur un ruisseau du même nom et la limite de Châtelus-le-Marcheix (Creuse).

Pont-des-Lilas, sur le Taurion et la limite de la Creuse.

Puy-Rebourg (Le).

Rat (Moulin de Le).

Trézen. – Etait une chapelle de Grandmont fondée par Aimeric, vicomte de Rochechouart et Luce de Pérusse, son épouse en 1205 ; elle était sous le patronage de la Sainte-Vierge et de saint Marc. On croit cependant qu’elle existait dès le XIIe siècle, et qu’elle fut même un des ermitages qui abritèrent les premiers disciples de saint Etienne de Muret. La chapelle forme une seule nef. Mesurée à l’extérieur, elle est longue de 21 m 70 et large de 8 m 70. Sa porte ouvrant au midi est en plein cintre comme toutes les autres ouvertures. Le sanctuaire est éclairé par trois fenêtres dont celle du milieu a 5 m 10 de hauteur et les deux autres 3 m 10 sur 1 m 40 de largeur. Ce petit édifice, transformé en grange depuis la Révolution, a existé jusqu’en 1905.

L’ordre de Grandmont, en 1295, avait quatre religieux à Trézen.

Cette chapelle fut unie au monastère de Grandmont par la bulle de 1318. L’abbé et le chapitre de Grandmont l’assensèrent ou en donnèrent l’admi-nistration en 1559 ; l’abbé le fit seul en 1601.

Le plan de cette chapelle est une reproduction exacte de celui de la chapelle primitive de Sauvagnac, construite par les ermites de Grandmont ou d’Aureil sur la fin du XIIe siècle.

   Vivareix, appellé autrefois Villareix.