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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/01/2023

 

               BLANZAC, chef-lieu de commune dans le canton de Bellac, a 2.349 hectares de superficie et 804 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 274 mètres.

                Blanzac était une cure dans l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, dont la fête patronale était celle de l’Ordination de Saint-Martin-de-Tours, le 4 juillet. Vers la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 800 communiants (environ 1.067 habitants). L’évêque de Limoges y a toujours nommé les titulaires ainsi qu’on le voit en 1477, 1561, 1619, 1622, 1649, 1673, 1674, 1681, 1691, 1703, 1706, 1736.

                François Descelles était curé de Blanzac en 1681. — N... Ducouret aussi en 1681. — N... Gérald en 1691. — J. Vergnaud en 1706. — N. Reix, curé de Blanzac en 1736, mourut en 1768. — Jean-Pierre Romanet, nommé en 1768, a souffert pour la foi en prison pendant la Révolution. — Antoine Chesne Desmaisons, nommé en 1803, mourut le 25 janvier 1805. — N... Javerdat mourut en octobre 1824. — N... Benassis était curé en 1828 et 1832. — Jean-Baptiste Caboche en 1836 et 1837. — Sylvain-Hippolyte Delarebeyrette fut nommé en 1842. — Pierre Urbain, en 1871. — Alexandre Bregère, en 1877.

                L’église, de construction romane, est formée d’une nef, longue de 18m75, sans aucun ornement. Le clocher, qui est au-dessus de la porte d’entrée, a été élevé en 1860 ; il possédait alors une cloche sur laquelle se lisait cette inscription en lettre gothique : « ✠ Frère Jehan de Monterud, abbé, M V C LXXV. » L’écusson des armes de cet abbé d’Ahun est répété entre chacun des mots de cette inscription. Il porte losangé d’argent et de gueules, posé sur une crosse d’abbé.

               Cette cloche a été refondue et augmentée en 1868 et pèse aujourd’hui 396 kilos. Elle porte cette inscription : «  ✠ Je suis de Blanzac, j’appartiens à tous, je m’appelle Marie-Rose, j’ai été baptisée en l’an 1868, sous le glorieux pontificat de Pie IX. — Hippolyte Delarebeyrette, curé. Pierre Roux, maire. Mon parrain a été Marie-Hubert de La Borderie, ma marraine, Jeanne-Rose Vetelay. — Sancta Maria, ora pro nobis, Sancte Martine, ora pro nobis. — D. Dutot Jérôme et Cie, fondeurs à Paris.

 

                Les villages de cette commune sont :

 

Boines (Les).

Bordes (Les).

Chabelard, dont François de Coustin, écuyer, était seigneur en 1656.

Charbonnières.

Chareau (Le).

Chez-Couchet.

Chez-Dioteuil.

Cluzeau (Le). — Un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine.

Forges (Les). — Dont était seigneur, en 1753, François Fauconnier, conseiller du roi, sous-lieutenant particulier, assesseur civil et criminel de la sénéchaussée et siège royal à Bellac.

Lavaud. — François Père, écuyer, était seigneur de Lavaud en 1549. Gabrielle de Père, épousa en 1618 Horace de Moras, écuyer, qui devint seigneur de Lavaud. Cette dernière famille porte pour armes de gueules à deux épées d’argent en sautoir la pointe en haut, accompagnées de quatre molettes de même.

Liboureix. — Jean Père, bachelier ès-lois de la ville de Bellac, 1446, rendit hommage à Pierre de Bourbon, comte de la Marche, le 4 janvier 1478. Etienne Père, écuyer, sieur de Lavau et du Liboureix, fut inhumé dans l’église de Blanzac le 8 juin 1645. La famille Père porte d’azur à trois passiers ou passes de mail d’argent 2 et 1.

Logis (Le). — Dans une terre appelée la Glandouille, on a découvert, en 1903, plusieurs sépultures de l’époque gallo-romaine. Des urnes de 0m18 de diamètre et de profondeur, creusées dans des blocs de granit de 0m50 de côté, renfermaient des cendres et quelques fragments d’os portant des traces d’incinération.

Martinets (Les), ou château de Blanzac. — Jean-Baptiste de Charpentier, écuyer, sieur de Touverat, conseiller du roi, rapporteur du point d’honneur, épousa le 20 novembre 1781, Marie-Elisabeth Brachet de Saint-Laurent, au lieu noble des Martinets.

Masfrand.

Maubert.

Monteil (Le). — Gaston Auboux du Stevenic, écuyer, sieur de La Maison Rouge et du Monteil en 1693, porte pour armes d’argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux hiboux de sable affrontés et en pointe d’un arbre de sinople sur une terrasse de même ; au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or.

Puy-Martin. — Ce lieu a été habité à l’époque gallo-romaine et a du avoir quelque importance. On y trouve encore des débris de constructions remontant à cette époque. Le plus remarquable est une pierre découverte en 1609, sur laquelle est gravée une inscription romaine. Mrs Bonnin Grammont, seigneurs de Puy-Martin, sur la fin du XVIIIe siècle, l’ont fait transporter à Rancon et placer dans le mur de leur habitation. On y lit :

                NVMINIBVS. AVG [VSTORVM]

                FANVUM. PLVTONIS.

                ANDECAMVLENSES.

                DE SVO. POSVER [VNT]

      Rapprochée d’autres inscriptions où figure le nom de Camulus, le dieu de la guerre, le Mars des Gaulois, on voit que Camulensens désigne les guerriers. Ande, en latin Ante, est une épithète dont le sens est « qui va en avant, vainqueur ». Il faut traduire : Aux divinités des Augustes, Temple de Pluton. Les guerriers vainqueurs ont construit ce monument à leurs frais.

      On a voulu voir dans Anducamulenses le nom d’une peuplade gauloise qui aurait habité ce pays. Mais le nom, comme l’existence de cette peuplade sont absolument imaginaires.

      Au Moyen-Âge, un château remplaça les constructions romaines. Il est aujourd’hui remplacé lui-même par des bâtiments modernes. Ses tours rondes sont complètement en ruine. Une d’elle, dont il reste l’étage inférieur, renferme un appartement carré de 4m70 de côté, et sa muraille a 3 mètres d’épaisseur. Les habitants du lieu signalent tout auprès l’emplacement d’une chapelle et celui d’un cimetière.

      Jean, alias Guillaume des Mons, seigneur de la Chèze et de Puy-Martin, fonda une vicairie dans l’église de Bellac. Sa fille Jacquette des Mons, en 1444, était épouse de François de Combarel, seigneur de Noaille. On trouve ensuite Jean Chambon, bourgeois, sieur de Puy-Martin, en 1505, Gabrielle de Gayette, dame de Puy-Martin en 1565.

       Innocent de Monteruc de Montmaud, seigneur de Puy-Martin, vivait en 1556. Il était exempt au rôle de la noblesse du Limousin en 1568, parce qu’il était au service du roi. Jean de Montmaud de Monteruc est abbé d’Ahun de 1571 à 1577, son nom et ses armes étaient sur la cloche de Blanzac ; elles sont losangé d’argent et d’azur. Gabrielle de Monteruc, dame de Puy-Martin, épousa vers 1580 François de Coustin, écuyer, sieur du Chassaing, dont les armes sont : d’argent au lion de sable armé et lampassé de gueules.

       Louis de Coustin, écuyer, fils de Jean de Coustin, seigneur de Puy-Martin, épousa en 1760 Marie-Charlotte Bonnin, fille de Jean-Baptiste-Valérie Bonnin de Grandmont, écuyer, qui dans son testament de 1773, est dit sieur de Puy-Martin. Ses armes sont : de sable à la croix ancrée d’argent.

Puy-Plat ou Puypellat. — Un ancien pont, qui peut remonter au XIIIe siècle, se trouve sur la Gartempe, au-dessous de ce village. Il est formé de cinq arcades, dont une affecte la forme d’un angle droit ; il est pourvu en amont, d’avant-becs aussi en angle. Une pierre porte la date 1610, qui est celle d’une réparation.

Roche.

Rouffignac.

   Sentinelle (La).