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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 10/01/2023

 

             Blond est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Bellac, qui a 6 468 hectares de superficie et 2 171 habitants. Le sommet des montagnes de Blond, qui est près du village de Charlet, est à 505 mètres au-dessus du niveau de la mer.

            Blond était une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, sous le patronage de saint Martin de Tours. Vers la fin du xviiie siècle, il y avait 2 900 communiants (environ 3 868 habitants).

            Gérald Roger, évêque de Limoges, unit cette cure qui dépendait de sa seule collation à l’hôpital de Mortemart le 28 mai 1323. Le pape Innocent VIII, par bulle du 19 mars 1488 (vieux style), unit à la cathédrale de Limoges ce qui restait de cette cure, c’est-à-dire le tiers des dîmes.

            La nomination des curés de Blond était faite par l’aquilaire de la cathédrale en 1514, 1515, 1526, 1565, 1664, 1690. On voit aussi des nominations faites par l’évêque de Limoges en 1653, 1664, 1665, 1666, mais il fut débouté par un arrêté du parlement de Paris du 31 juillet 1671, et le chapitre maintenu dans le droit de nomination. On trouve aussi une nomination faite par le prieur des Sales en 1691, mais il fut aussi débouté par un autre arrêté.

            Voici les curés dont le nom est connu : Aimeri Robert, alias Marchat, 1432, 1435. - Pierre Normand, 1445. - Pierre de Gondete était curé le 29 novembre 1557, résigna au suivant. - Pierre Biais prenait possession le 8 mai 1558. - Martial Micheau, 1565 à 1613, qui a écrit une chronique paroissiale dans le registre des actes. - L. Micheau en 1636. – Jean Barbarin, écuyer, seigneur du Monteil, curé de Blond, 20 novembre 1677. - Pierre Delhort était curé de Blond et chanoine de la cathédrale en 1754. - N... La Geneste mourut en février 1777. - Pierre Danglard, nommé en 1777, a souffert pour la foi et est mort en prison, à Limoges, le 4 mai 1794. - François Lacroix fut nommé en 1804. - N... Guyot, du Dognon, y était en 1824 jusqu’en 1832. - Antoine Chaussade, nommé en 1832. - Jean-Baptiste Caboche en 1851. - Pierre Fayard en 1869. - Jean Basset en 1880.

            L’église de Blond est une construction romane, à une seule nef, terminée par une abside circulaire, éclairée par trois fenêtres. Plusieurs chapelles y ont été ajoutées postérieurement à sa construction ; dans une, du côté gauche, on voit un écusson parti, au 1er d’azur à trois fleurs de lis d’argent, qui est de Nollet, au 2e de ... à un coeur ... au chef chargé de trois étoiles. Dans le pavé de la nef, en face de cette chapelle, une pierre tombale garde les armes de la famille de Blond, qui sont d’argent au sautoir de gueules accompagné de quatre croisettes pommetées de sable.

            La chronique écrite par Martial Micheau, curé de Blond, rapporte comment, en octobre 1567, cette église fut pillée et dévastée par les soldates calvinistes. C’était l’armée composée de 2 000 hommes, commandée par Saint-Cyr, qui avait incendié le bourg de Lesterps et allait mettre le siège devant la ville du Dorat le 31 octobre.

            Deux ans après, le 1er juin 1569, une nouvelle troupe calviniste, forte de 400 cavaliers, venus de Confolent, occupèrent Blond, finirent de ruiner l’église et mirent le feu au clocher. A la suite de ces malheurs, les habitants de Blond relevèrent leur église en la garnissant de créneaux et de mâchicoulis, comme un château fort, pour la défendre et leur servir de forteresse en cas de nouvelles attaques. Et ce ne fut pas inutilement, car grâce à cette précaution, peu après, ils purent repousser victorieusement l’attaque de quelques troupes qui parcouraient encore le pays. Des réparations faites de nos jours ont fait disparaître ce qui restait de ces anciennes fortifications.

            En 1636, on fondit, à Blond, une cloche qui existe encore et qui porte cette inscription : « X IHS.MA. Sancta Trinitas unus Deus miserere nobis et a fulgure defende nos. - Factum in oppido Btonii, 1636. Patrini P. de Nollet, dominus hujus loci et Margarita d’Asnières domina de Drouilles. X Astante domino L. Micheau, rectore ecclesiae parochialis de Blonio. Charpentier me fecit. »

            Il y avait dans le cimetière de Blond une chapelle dédiée à la Sainte-Vierge.

            Dans le grand cimetière, existait une autre chapelle, où Jean de Nollet avait fondé une vicairie le 28 avril 1494.

            Il y avait aussi dans cette paroisse une chapelle rurale dédiée à saint Simon et à saint Jude.

            Le nom de cette commune s’est écrit de différentes manières. Au VIIe siècle, on trouve sur les monnaies Blatomago et Blatomo. En 1177, Blahonium, où l’h a remplacé le t. En 1233, Blaonium où persiste encore l’m de la troisième syllabe. Au XVe siècle, Blonium, Blon et Blaon. Aujourd’hui, on écrit le nom de la commune Blond et la famille originaire de ce lieu conserve Blom.

            Cette famille, dont les armes sont indiquées ci-dessus, est connue depuis Hélie de Blom, qui fut témoin, vers 1084, dans une donation faite par Foucaud de Chabannais à l’abbaye de Saint-Maixent. Elle a formé quatre branches, dont deux existent encore aujourd’hui.

            Il y a eu à Blond un atelier monétaire qui semble avoir eu de l’importance à l’époque mérovingienne.

            Au sommet de la montagne appelée Puy-de-Chaud, qui domine le bourg de Blond au midi, se trouve une pierre branlante de forme ovoïde qui a 2m70 de hauteur et 8m50 de circonférence. Elle oscille dans la direction du sud au nord. Près d’elle, existent d’autres blocs granitiques qui, selon la tradition du pays, étaient aussi mobiles anciennement.

            En 1785, Pierre Danglard, curé de Blond, répondit au questionnaire qui lui était adressé par l’intendant du Poitou, pour la statistique des paroisses de la vicomté de Rochechouart. Ce document nous apprend que la paroisse de Blond était alors composée de deux enclaves à peu près égales, l’une de la généralité de Poitiers, élection de Confolens, l’autre de la généralité de Limoges, élection de Limoges. Il y avait environ 500 feux et 3 000 habitants. Les bras nécessaires à l’agriculture y étaient rares, et bon nombre d’habitants émigraient et laissaient en friche des terres cultivées précédemment. Aussi la production du pays suffisait à peine à ses habitants. Il n’y avait aucun établissement industriel, aucune foire ni marché. Il n’y avait pas de messagers, et les chemins étaient impraticables aux voitures. Le duc de Mortemart était seigneur de la paroisse pour la partie du Poitou et le roi pour la partie du Limousin. La partie du Limousin relevait du siège royal de Bellac, et celle du Poitou de celui de Montmorillon.

 

            Les villages de cette commune sont :

 

Age (L’).

Aumonerin (L’), alias l’Aumône.

Bachellerie.

Beaufort (Moulin de).

Bedoneireix.

Belleix (Grand).

Belleix (Petit).

Bellevue.

Bereix. - Noble Joseph de Quesrou, seigneur de Beireix, mourut le 20 août 1616. C’est à cette époque que Christophe de la Couture-Renon devint seigneur de Beireix, propriété que possèdent encore ses descendants.

Berines (Les).

Berisseix.

Betoulle (La).

Bonneisseix.

Bordes (Les).

Bos-Mort.

Breuil (Le).

Buisson (Le).

Charlet (Le).

Château-Botard.

Châtenet (Le).

Cirier (Le).

Cluseau (Le).

Courcelles.

Couture-Huttiers (La).

Couture-Renon (La), jadis de la paroisse de Vacqueur. - La famille de la Couture-Renon est connue dès 1105 par un traité passé entre Audebert, comte de la Marche, et le chapitre du Dorat. La dernière représentante de la branche aînée, épousa, le 4 janvier 1744, Jean-Pierre d’Orfeuil. La branche de Beireix s’est continuée jusqu'à ce jour. Armes : Losangé d’or et de gueules, on trouve aussi fretté d’or et de gueules. La seigneurie de la Couture-Renon a été vendue, en 1762, pour 80 000 livres.

Daires (Les).

Doumeix.

Drouilles. - Guillaume de Lavaud était seigneur de Drouilles en 1520. Madeleine de Lavaud, demoiselle de Drouilles, épousa, le 22 septembre 1591, Jean de Jouvion de l’Eychoisier, dont les armes sont d’azur à trois coqs d’argent, pattés, becqués et crestés d’or, 2 et 1. Pierre-Adrien-Étienne Cherade de Montbron, écuyer, devint seigneur de Drouilles, en 1760, par son mariage avec Jeanne de Jouvion de Drouilles. Ses armes sont d’azur à trois losanges d’or 2 et 1.

Echerat (Grand-).

Echerat (Petit-).

Eparon.

Fayre (La). - Il y avait en ce lieu une chapelle rurale dédiée à saint Laurent. Elle était en ruine à la fin du xviiie siècle.

Grateyrolle.

Gravelat.

Grisonneauds (Les).

Intra.

Joue.

Ladégaillerie.

Lagerie.

Lavergne.

Lavérine.

Libarderie.

Méry.

Maillofray.

Mas-du-Bos.

Monts (Les).

Nollet. - Appartenait, en 1569, à la famille de ce nom. Robert de Nollet, écuyer, sieur de Rousset, servait comme homme d’armes, vers 1587, dans la compagnie de Gabriel de la Rie, seigneur de la Coste-Mézière, et, en 1594, commandait à Bellac une compagnie de cent hommes de guerre. Les armes de la famille de Nollet sont d’azur à trois fleurs de lis d’argent 2 et 1.

Oseu (Moulin d’).

Paloterie (La).

Perou (Le).

Pie (Le).

Porcherie (La).

Pradelle (La).

Piofray.

Pravaud.

Puernaud.

Puy-de-Mery.

Puygrenier.

Ramades (Les).

Richemont. - Jean de Roffignac était seigneur de Richemont en 1396. Ses armes sont d’or au lion de gueules. On trouve aussi d’azur au lion d’or. François de La Couture-Renon est seigneur de Richemont en 1560, et ses descendants ont gardé cette propriété jusqu'à l’extinction de sa branche au xviiie siècle.

Ronze (La).

Rousseix. - Robert de Nollet était sieur du Rousseix vers 1587.

Rulière.

Savary (Le).

Sousleilland.

Theil (Le).

Tourette (Bois de la). - Il existe dans la partie sud de ce bois des ruines qui semblent indiquer des constructions du moyen-âge, mais ces dernières ont remplacé une habitation gallo-romaine, comme le prouvent les briques et autres débris qu’on y trouve en abondance mêlés à la terre.

Toveirat.

Veriauds (Les).

   Villerajouze.