Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 09/02/2023
LE BUIS, chef-lieu de commune dans le canton de Nantiat, a 655 hectares de superficie 340 habitants (recens. de 1906). Son altitude va jusqu'à 415m au-dessus du niveau de la mer.
Le Buis, dans l'ancien archiprêtré de Rancon, qui, en 1097, dépendait du monastère de Saint-Martial, était, en 1318, une annexe de Roussac. C'était une cure et était conférée comme telle sur la nomination de l'abbé de Saint-Martial en 1515 et 1569. Lorsqu'en 1580, le curé nommé au Buis, et à Roussac son annexe, voulut prendre possession, le 20 août, il apprit que le vicaire était à Roussac et n'osait venir faire le service divin, craignant d'être fait prisonnier par les troupes qui avaient assiégé Magnac, et qu'il avait emporté les clefs de l'église pour empêcher les voleurs d'y entrer. En 1634, cette cure est dite succursale et desservie par le curé de Roussac jusqu'en 1787. A cette époque, le 2 janvier, Pierre Pommier en fut nommé curé sur la résignation en sa faveur de M. Desportes, curé de Roussac.
La fête patronale était l'Assomption de la Sainte-Vierge, et en 1558, on y fêtait saint Michel comme patron secondaire.
Vers la fin du XVIIIe siècle, il y avait 380 communiants (environ 507 habitants).
Après la Révolution, le service de cette paroisse fut fait par le curé de Saint-Symphorien ; la commune aussi fut jointe à cette dernière jusqu'en 1832, et eut enfin ses curés particuliers : Silvain-Léopold d'Augros, nommé en 1844. — N… Peyrichon en 1854. — Victor Giraud, en 1860. — François Maingasson en 1867. — Martin Auclair en 1872. — Joseph Béziel en 1875. — Emile Sottier en 1878.
L'église est une simple nef de construction romane, réparée en 1832, époque à laquelle le cimetière qui l'entourait a été transporté hors du bourg. Sa cloche porte cette inscription : « ✠ Mon nom est Marie-Eugénie. Mr Silvain Augros, curé au Buis. Mr J.-B.-Eugène Ruaud, parrain. Mlle Pauline Audiguet, marraine. M. François Arbellot, maire, 1851. J.-B. Causard, fondeur. »
On trouve Henri Chapelle-Jumilhac, écuyer, qui était seigneur du Buis en 1670. Autre Henri Chapelle-Jumilhac, écuyer, l'était en 1718.
Il y avait dans la paroisse du Buis un grand étang appelé l'étang des Sagnes, qui appartenait au chapitre de Saint-Martial. Il fut vendu nationalement, le 27 janvier 1791, pour la somme de 7.000 francs. (Archives de la Haute-Vienne. — Q 126, folio 21). En 1865, on l'a détruit et transformé en prairie.
Les villages de cette commune sont :
Escurat alias Lescurat. — Près de ce village, on remarque les substructions de quelques bâtiments qu'on appelle le château. Dans la terre labourée où elles sont, on a trouvé plusieurs fois des monnaies en or. J'en ai vu une ayant trois centimètres de diamètre, sur laquelle est un personnage couronné, tenant une épée nue de la main droite et le bâton de justice dans la gauche, il est dans une niche richement ornée ; un semis de fleurs de lis occupe le reste de la pièce ; on lit autour : KAROLVS X DI X GR X FRANCORVM REX. — Au revers, une croix fleuronnée accompagnée de ces mots : CHRISTVS VINCIT, CHRISTVS REGNAT, CHRISTVS IMPERAT. Deux autres qui ont le même revers portent au lieu du personnage, l'écusson de France à trois fleurs de lis.
Gorge-de-Loup (Moulin de), sur le Vincou.
Mazerais. — Dans une terre dépendant de ce village et près du chemin, on a découvert un souterrain refuge de l'époque gallo-romaine
Pisseau, village qui comprend aussi Monsigou, Maison-Vieille et Les Barrières. — En 1245, un certain Radulphus de Fundom, écuyer (miles), vendait au boulanger du
monastère de Saint-Martial de Limoges les droits qu'il avait sur la moitié de Monsigou, situé sur les limites de Nantiat et de Saint-Symphorien.
La croix du village de Pisseau est portée par une pierre de 1m15 de hauteur sur 0m60 de largeur, où se lit cette épitaphe de l'époque romaine :
DM ET M Diis manibus et memoriae
IVNI ET IV Juni et ju
NIANI… niani.
AI… S ai S(abi).
NIANVS nianus.
F P C filius posuere curavit.
En 1890, on a trouvé à Monsigou une monnaie en or portant d'un côté ANTONIVS PIVS P. P. , et de l'autre COS IIII. Elle a été achetée par M. d'Alexéieff.
Reclaudis (Les).