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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 03/02/2023

 

CHAPTELAT, chef-lieu de commune du canton de Nieul, a 1.791 hectares de superficie et 727 habitants. Son altitude est de 444 mètres au-dessus du niveau de la mer.

C'est à Chaptelat qu'est né saint Eloi, l'an 588 ou 589. Des auteurs disent que l'église a été bâtie à l'endroit où était la maison paternelle ; d'autres prétendent que cette maison était le château de Sousrue, près le bourg. Son père, Eucher, et sa mère Terrigie, qui étaient très vertueux et très riches, après lui avoir donné une éducation des plus chrétiennes, le confièrent au maître de la Monnaie de Limoges, nommé d'Abbon, orfèvre des plus estimés. Sous un tel maître, saint Eloi fit de grands progrès dans l'art de l'orfèvrerie et acquit une grande réputation d'adresse et de goût.

Quand il eut atteint l'âge de trente ans, vers l'an 620, il quitta son pays et se rendit à Paris. Là, il fit connaissance du trésorier ou du surintendant des finances du roi Clotaire II, nommé Bobon, qui le fit travailler à la monnaie et aux ouvrages de sa profession. Vers l'an 622, le roi lui donna toute sa confiance et la charge de grand Monétaire.

Après la mort du roi Clotaire en 628, Dagobert, son fils et son successeur, lui témoigna la même estime. Il avait une si haute idée de sa sagesse et de sa vertu, qu'il le consultait quelquefois préférablement à son Conseil, sur les plus importantes affaires de l'Etat. Saint Eloi lui demanda un jour la terre de Solignac, qui était à deux lieues de Limoges, afin, dit-il, «  d'en faire une échelle par laquelle ils puissent monter tous les deux au ciel ». Le roi la lui donna aussitôt, et c'est là qu'il bâtit le beau monastère qui a existé jusqu'à la Révolution. On voit encore dans l'église de Solignac un tableau peint par Beulaigue en 1663, représentant saint Eloi, fondateur de cette église, « mitré, crossé, ganté de rouge, revêtu de riches ornements sacerdotaux, présentant à l'apôtre d'Aquitaine son église de Solignac ». M. J. Tixier en a fait le dessin qui orne ce texte.

Par ses vertus, sa science, sa grande charité pour les pauvres, saint Eloi était trop propre à servir l'Eglise pour qu'on ne l'élevât pas à l'épiscopat. L'an 640, il fut élu et consacré évêque de Noyon. Dans cette nouvelle position, tout en conservant l'affection du roi de France dont il fut toujours le conseiller préféré, il fit éclater son zèle pour le bien de son diocèse, dans ces temps encore à moitié barbares, et travailla avec un grand succès à la conversion des infidèles, aussi fut-il le véritable apôtre de ces contrées.

Peu de temps avant sa mort, poussé peut-être par un secret pressentiment de sa fin prochaine, il revint à Limoges, voulant visiter son monastère de Solignac et la maison de Chaptelat qui l'avait vu naître. Enfin, il expira à Noyon, le 1er décembre 659, à l'âge de 70 ans, après avoir saintement gouverné cette église pendant dix-neuf ans.

 

Chaptelat était une cure de l'ancien archiprêtré de Rancon, sous le patronage de saint Eloi. Sur la fin du XVIIIe siècle, on y comptait 400 communiants (environ 533 habitants). L'évêque de Limoges y nommait les curés. Voici ceux dont le nom est connu :

Etienne de Maledent était curé le 12 juin 1431. — Léonard Gouvaing alias Mounet, en 1580. — Barthélemy Soleys, chanoine de Saint-Etienne de Limoges, en 1512 et 1540. — M. Baignol, 1596. — François Monthilhaud, 1599. — François Tardieu, 1706-1707. — N… Michelon, 1722. — N… de Rameru, conseiller en la chambre ecclésiastique de Limoges, était curé en 1762, résigna au suivant. — Philippe Mathieu prit possession en 1766, ayant refusé le serment schismatique de la Constitution civile, il fut déporté le 4 septembre 1792, il partait pour Genève. Revenu dans sa cure en 1802, il y resta peu. — Pierre Martin de Compreignac, à partir du 29 juin 1803-1813. — Joseph Decoux, nommé le 1er avril 1815, mort le 3 novembre 1822. — Charles-François Feret nommé le 1er août 1832. — Silvain Bouteiller, nommé le 12 août 1832. — Léonard Larue, 1834-1836. — Louis-Etienne Constant, 1836-1843. — Pierre-Célestin Rousseau, 1846-1898. — Louis Jammot, 1898-1903. — Jean Veyreton, 1903-1908. — Romain Laguionie, 1908.

L'église de Chaptelat est une œuvre du XIIe siècle. Sa nef romane a 18 mètres de long sur 4 m 65 de large. On y a ajouté deux petites chapelles : l'une au nord, l'autre au midi.    « Nous avons lu, dit Duroux, dans un manuscrit en velin, conservé dans une armoire de cette église, qu'elle avait été réparée, ainsi que son clocher en 1436 ; que la chapelle de saint Eloi fut bâtie en 1442 ; que les portes de l'église furent refaites et les fonts baptismaux réparés en 1460 ; et que le 28 octobre 1461, cette église fut consacrée par Frère Micheau, évêque de Noyon ». Michel Pradolo, de l'ordre des frères prêcheurs, évêque de Nio in partibus, et non pas de Noyon, remplaçait, en effet, dans cette consécration d'église l'évêque de Limoges, Jean Barthon de Montbas, qui était âgé et infirme. Quant aux portes refaites en 1460, elles existent encore, et on y voit cloués des fers de cheval sur un desquels est gravée la date 1673. Ces fers rappellent que saint Eloi est le patron des maréchaux tout comme celui des orfèvres.

Cette église possède quelques reliques de son patron saint Eloi, que M. Rousseau, curé de la paroisse a obtenu de l'évêque de Noyon.

Sa cloche porte cette inscription : « ✠ S, Johannes, S. Eligii. Mi. Baignol. R. 1596. MCDPDV ». Son diamètre est de 0 m 60, ce qui indique un poids d'environ 200 kilos.

Le presbytère de Chaptelat fut vendu, comme bien national, pendant la Révolution le 3 messidor an IV (21 janvier 1796), pour la somme de 2.160 francs. (Archives de la Haute-Vienne. — Q. 151, n°66.)

 

          Les villages de la commune de Chaptelat sont :

Aurièras. — On trouve dans les environs de nombreux monticules artificiels qui résultent des fouilles faites pour rechercher du minerai ; on les appelle Aurières.

Blémont. — Appartenait en 1328 à Aymeric de Playssac, et en 1602 à la famille Benoist de Masborianne et de Blémont, dont les armes sont d'azur au chevron d'or accompagné de trois mains bénissantes d'argent, deux en chef et une en pointe. En 1810, on a trouvé à Blémont plusieurs urnes cinéraires de l'époque gallo-romaine.

Bourdelas.

Bouty (Moulin de).

Bussière (La).

Chantegrelle.

Chantelauve.

Combes (Les). — En 1328, Aymeric de Playssac, damoiseau, rendit hommage à l'évêque de Limoges pour ce qu'il possédait au bourg de Chaptelat, et pour les mas des Combes, de Blémont avec la Borderie.

Couteillas.

Fontanelle.

Logis-de-Paille.

Machetard.

Maledent. — Ce lieu est le berceau de la famille de Maledent dont les armes sont d'azur à trois léopards d'or, passant l'un sur l'autre.

Mas-Eloi. — Mr le chanoine Féret fonda, au mois d'octobre 1843, au Mas-Eloi, une colonie agricole, destinée à recevoir et à élever pour l'agriculture de jeunes enfants pauvres, orphelins ou abandonnés. La propriété du Mas-Eloi fut généreusement donnée pour cela par Mr le chanoine Martin du Puytison, aux religieuses du Bon-Pasteur chargées de cet établissement. En 1844, M. Le commandant Duclou, maire de la commune de Chaptelat, et plusieurs personnes charitables se réunirent à M. Féret pour établir cette œuvre sur des bases stables et régulières en y apportant leurs souscriptions. Plus tard, un pénitencier y fut ajouté. Cet établissement a fonctionné jusqu'en 1901, époque où des difficultés financières ont été cause de sa disparition. Le 15 juillet de cette même année, la ville de Limoges a acheté le Mas-Eloi pour y établir un orphelinat laïc.

Masneuf (Le). — Martial de Lépine, écuyer, seigneur du Masneuf, subdélégué de l'intendant de Limoges, numismate et archéologue distingué, fut aussi un agriculteur remarquable qui, de 1759 à 1785, se livra à d'utiles expériences agricoles dans sa propriété du Masneuf. Ses armes sont écartelées aux 1er et 4e

d'argent au cœur de gueules entouré d'annelets d'…… mis en orle, au chef de gueules chargé de trois annels d'argent ; aux 2e et 3e d'azur à cinq annels d'argent posés 2, 2 et 1.

Mas-de-Hors (Le).

Mayeras.

Mazérétas. — Guillaume Benoist, pour payer la dot de sa fille Marie qui épousa, en 1454, Richard de la Lande, vendit à son oncle Othon Benoist la moitié du Mas-de-Mazérétas qui lui appartenait.

Morcheval.

Pacaille (La).

Puy-de-l'Eau (Le).

Puy-Mirat. — Marchandon de Puymira porte pour armes d'argent à l'arbre de sinople, au chef d'azur à trois étoiles d'argent.

Sourue. — En 1596 appartenait à la famille Bagnol dont les armes sont d'azur au pigeon d'argent, posé sur un tertre de même. En 1762, Mr de Bussy était seigneur de Sourue. Nous voyons ensuite que le 13 novembre 1775, messire François-Xavier Boulault de Bussy, fils de messire Martial Boulault, ancien officier d'infanterie, chevalier, seigneur de Bussy, Sourue, Neuf-Bussy, etc., et de dame Marie Baignol, épousa , demoiselle Philippine du Autier, fille de messire Jean-Baptiste du Autier, chevalier, seigneur de Peyrussat, Arsat, etc., et de dame Anne Crozand ; ce mariage fut béni dans la chapelle du château de Sourue par Mr Mathieu, curé de Chaptelat.

Il y a au château de Sourue une fontaine dite de Saint-Eloi, au-dessus de laquelle on a placé une statue de ce saint.

Theilhol. — La famille Duclou de Theilhol a pour armes d'azur au chevron d'or surmonté d'un croissant d'argent, accompagné de trois clous de même, posés 2 et 1.

On a découvert au Theilhol deux urnes en verre épais et verdâtre et plusieurs vases en terre noire, contenant des ossements brûlés, et des médailles aux effigies des empereurs Claude, Néron et Domitien. Près de ce village se trouve aussi un aqueduc gallo-romain en pierres de taille.

Sur le bord de la route, à peu de distance du Theilhol, on remarque un très beau hêtre dont le tronc a sept mètres de circonférence.

Le Touyer.

    Viradis