Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 03/02/2023
CHÂTEAU-CHERVIX est un chef-lieu de commune du canton de Saint-Germain-les-Belles, dont la superficie est de 5.104 hectares. Elle a 1.995 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer varie entre 321 mètres et 533.
Château-Chervix était une cure de l’ancien archiprêtre de La Meyze, connue, dès l’an 1097, sous le nom de Saint-Sylvain-du-Château ; à cette date, elle dépendait de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges. Son patron était Saint Sylvain, martyr, dont on faisait la fête le 16 octobre. Vers la fin du XVIIIe siècle on y comptait 940 communiants (environ 1.253 habitants.). L’abbé de Saint-Martial y nommait le curé en 1474, 1557, 1571, 1618, 1662, 1748. Mais on trouve que c’est l’aquilaire du chapitre qui fit cette nomination, l’abbaye étant vacante en 1739 et 1785.
Michel Danglard était curé de Château-Chervix en 1524 et 1526.— Jean Delignat, le 13 mai 1747.— Jean-Baptiste David, nommé en 1748, mourut en 1785. — André Tauchon, 1785. Chassé de sa cure par la Révolution, il y fut nommé de nouveau en 1803, mais y resta peu de temps. — Guillaume Barnoulhe, autre confesseur de la foi, déporté en Espagne, mourut curé en 1834. — Pierre Decoux fut curé jusqu’en 1846. — Joseph Charbonnet nommé en 1846. — François Prochasson, en 1853. — Jean Besse, en 1890.
Le presbytère de Château-Chervix, jardin et dépendances, furent vendus, comme bien national, le 3 vendemiaire an V (24 septembre 1796), pour la somme de 1.233 francs (Archives de la Haute-Vienne.- Q.147). Une ordonnance royale de 1826 autorisa la démolition de l’ancienne église de Chervix au profit de la reconstruction du presbytère.
Château-Chervix était une possession des vicomtes de Limoges. Geoffroy de Vigeois nous apprend que la grande tour de Château-Chervix mouvait de l’abbé de Saint-Martial de Limoges, et que le vicomte lui rendait hommage pour elle, au même titre que pour les châteaux de Limoges et Pierre-Buffière. Nous voyons, en effet, Jean de Bretagne, vicomte de Limoges, faire cet hommage, en 1307, et Jean d’Albret, en 1487.
En 1202, Guy, vicomte de Limoges, après avoir pris cette ville par surprise, en envoya les principaux habitants prisonniers dans ses châteaux d’Aixe, Château-Chervix, Nontron et Exideuil.
En 1356, les Anglais s’emparèrent de Château-Chervix. Ils y tinrent aussi garnison en 1380, époque où ils en sortirent moyennant une somme d’argent.
Jeanne de Bretagne céda la vicomté de Limoges au roi Charles V, par donation entre vifs, le 9 juillet 1369, mais le roi lui restitua Château-Chervix le 16 mai 1375.
Gouffier de l’Hermite, damoiseau, capitaine de Châlucet, acheta, le 1er octobre 1452, de Jean de Bretagne, vicomte de Limoges, pour 1.200 livres tournois, le château et la châtellenie de Château-Chervix. C’était un engagement plutôt qu’une vente. La famille de Bretagne voulut peu après profiter de la faculté de rachat qu’elle avait stipulée ; Gouffier de l’Hermite s’y refusa et réclama la délivrance du fort et de la justice dont il n’avait encore perçu que les revenus. Il fallut pour le décider à se dessaisir une ordonnance de Charles VII, du 7 mai 1455.
Jean d’Albret, vicomte de Limoges, avait vendu à Christophe de Bony, seigneur de la Vergne, pour la somme de 3.000 livres tournois, Château-Chervix et toutes ses dépendances, mais la faculté de rachat pendant six ans. Par une nouvelle vente du 20 novembre 1487, il fut cédé à Jean et à Antoine de Coignac, seigneurs de Saint-Jean-Ligoure, pour 1.900 livres tournois, et Christophe de Bony conserva seulement les droits seigneuriaux du bourg de Saint-Priest-Ligoure et l’enclave de Janailhac pour 1.100 livres tournois. De Coignac porte d’argent à l’aigle à deux têtes de sable, et de Bony, seigneur de la Vergne, de gueules à trois besants d’argent.
En 1553, un drame de la folie se déroula dans ce château qui fut incendié dans les circonstances suivantes : le sieur de Saint-Jean-Ligoure, qui s’y livrait, avec toute sa famille, à la recherche de l’or, vit son beau-frère arrêté et conduit en prison à Angoulême, sous l’accusation de falsification des monnaies du roi. Craignant pour lui-même les rigueurs de la justice royale, il perdit la tête. Pour empêcher sa famille de faire des révélations à son sujet, il se laissa persuader qu’il valait mieux qu’elle mourut innocente, que si, en l’accusant, elle avait la conscience souillée de trahison. Il trouva des complices pour exécuter ce forfait. Ils tuèrent tous ceux qui étaient dans le château et y mirent ensuite le feu. La justice s’empara des coupables ; le principal fut exécuté à Limoges et le sieur de Saint-Jean-Ligoure, à Berne en Suisse, où il s’était enfui ; Mathieu Bandello, qui rapporte ce fait, était présent à l’exécution du jugement à Limoges. La terre de Château-Chervix fut confisquée par le roi et donnée au seigneur de Lanzat qui la céda au comte des Cars. Jeanne de Coignac, sœur de feu Jean, seigneur de Saint-Jean-Ligoure, plaida inutilement pour faire annuler cette confiscation, et en 1602, le comte des Cars vendit la terre et la seigneurie à Roland de Joussineau, écuyer, seigneur de Fayat. Joussineau porte de gueules au chef d’or.
Après cet incendie, le château de Château-Chervix ne fut pas réparé. On voit, en 1586, les bandes de huguenots qui couraient le pays, s’en emparer et s’y fortifier, mais on le leur reprit presque aussitôt. Aujourd’hui, il n’en reste que la tour qui est un donjon carré du XIIe siècle , haut d’environ 30 mètres. Sa porte est au premier étage. Dans les étages supérieurs, on remarque des fenêtres à baies géminées, séparées par une légère colonnette. Il ressemble à ceux de Montbrun, Las Tours, Le Chalard, Tranchelion, Echizadour, etc…. qui sont de la même époque.
Une monnaie gauloise, trouvée à Château-Chervix, a été donnée, en 1873, au Musée de Limoges.
On connaît une monnaie mérovingienne frappée en ce lieu. C’est un tiers de sou d’or, du poids de 1 gramme 15 centigrammes, datant du deuxième quart du VIIe siècle. D’un côté on lit : CAROVICVS F. Tête à droite, ceinte d’un bandeau perlé ; le col et le buste ornés de perles, le tout dans un grenetis. Au revers : TEODOLEND.M. Croix égale, pattée.
Chervix fut, au Xe siècle, le chef-lieu d’un vicairie assez étendue et qui s’appelait Vicaria Carvicensis ou de Chervic.
On trouve vers l’an 980, Gaucelin 1er de Pierrebuffière, surnommé Barbe ou Barba, faisant une donation des biens qu’il possédait dans la viguerie de Chervix.
Les Villages de cette commune sont :
Badassa.
Baile (La) ou La Beylie.
Barbissou.
Bois (Moulin du).
Bos (Le)
Brégéras.
Brinde.
Buchille (La).
Chabaudies ( Les)
Chapelle-Hors-le-Bois (La), est dite en 1318, 1484 et 1490, cure dans l’archiprêtre de La Porcherie. C’est une annexe de Château-Chervix en 1557. Sa fête patronale était la Nativité.de Saint-Jean. L’évêque de Limoges y nomma un titulaire en 1471, quoique le prieur de Saint-Gérald de Limoges prétendit avoir droit de faire cette nomination. En 1745, elle vaquait depuis longtemps, à cause des guerres, de la peste ou de la mortalité. Elle était alors interdite et en ruine.
Chatenet (Le).
Chaussière (La).
Chervix. – Etienne, abbé de Saint-Augustin-les-Limoges, mort en 1137, avait bâti le monastère de Notre-Dame de Chervix. Une bulle du pape Adrien IV, de l’an 1158, mentionne ce monastère parmi les possessions de cette abbaye. C’était une prévôté en 1371 et 1629. On y fêtait ensuite, comme patrons, Saint Main, abbé du diocèse de Saint-Malo, le 21 juin et aussi Saint Jean et Sainte Impérie, le 6 septembre. L’abbé de Saint-Augustin y nommait les titulaires en 1444, 1497, 1500, 1561, 1564, 1566, 1569, 1573 et l’évêque de Limoges, en 1624. Léonard Romanet est prévôt de Chervix, le 22 juin 1483. Jean Descorde est nommé prieur de Chervix en 1624.
La cure de Chervix avait pour patrons les mêmes saints que la prévôté. Vers la fin du XVIIIe siècle, on y trouvait 260 communiants (environ 350 habitants). L’abbé de Saint-Augustin y nommait seul le curé, en 1601, puis, avec le chapitre du monastère , en 1643, 1646, 1659, 1666, 1691. Jean-Baptiste Gay, docteur en théologie, était curé en 1745. François Roussely, nommé en 1773, fut emprisonné pendant la Révolution et mourut en novembre 1796.
Il y avait dans cette église une vicairie dite de Saint-Paul que possédait N…Guy, curé de Feytiat, en 1771.
Chez-Catou.
Chez-Pouderit, alias Leygeas.
Chapelle-aux-Juges (La), paroisse de Vicq, en 1454, serait actuellement commune de Château-Chervix.
Fayat. – Jacques de Joussineau, écuyer, sieur de Fayac, obtint de l’évêque de Limoges, en 1620, l’autorisation de bâtir une chapelle en ce lieu et d’y fonder une vicairie pour y célébrer un service chaque année, le 5 novembre, jour du décès de Rolland de Joussineau, son père, sans préjudice pour ses droits de tombeau dans l’église paroissiale. On signale un dolmen près de Fayat.
Furière (La).
Flotte (La).
Freisseix (Le).
Gabie-de-la Poule.
Gratoulet.
Grenouiller (Le).
Grolière (La).
Huyot.
Jugie (La). – Par acte du 8 août 1539, Gaston Germain, seigneur de La Pommélie, et Pierre son frère, achetèrent la métairie de la Judie. Alias La Jugie, paroisse de Château-Chervix, de noble et puissant seigneur François de Cognac, chevalier, seigneur de Saint-Jean-Ligoure et de Château-Chervix..
Lanclauze.
Lande (La).
Lavaud-Bousquet. – Gabriel de La Vergne, écuyer, était seigneur de Lavaud-Bousquet en 1587 ; armes d’azur à trois cignes d’argent.
Lavergne.
Lugin.
Margnol.
Mars.
Mande (Moulin de).
Mascomère (Le).
Mas-la-Ribière.
Maupas.
Mérigou.
Michel (Moulin)
Montintin.
Naunardie (La).
Penellie (La).
Plaisance.
Plantade (La).
Pouchaverièras.
Puy-de-Bar.- Point culminant à 533 mètres au-dessus du niveau de la mer, d’où l’on domine toute la contrée. On y trouve une petite chapelle.
Puy-la-Brune.
Rilhac.
Serves ( Les) alias Lavaud.
Teydrade (La) ou Traitade.
Tours.
Vériéras.
Veissière (La).