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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 03/02/2023

 

           CHATEAUNEUF-LA-FORET est un chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Limoges. Sa superficie est de 23 093 hectares et sa population de 12 779 habitants. Ce canton comprend dix communes : Châteauneuf, La Croisille, Linards, Masléon, Neuvic, Roziers- Saint-Georges, Saint-Gilles-les-Forêts, Saint-Méard, Surdoux et Sussac.

            La commune de Châteauneuf a 2 924 hectares et 1 856 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 310 mètres au nord sur le bord de la Combade, et de 616 au sud dans la forêt, près de Vénouand.

            La cure de Sainte-Marie-la-Claire, de Châteauneuf, était dans l'ancien archiprêtré de Saint-Paul. Sa fête patronale est celle de la Nativité de la Sainte-Vierge. L'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés, ce que l'on constate depuis 1565. Vers la fin du XVIIIe siècle, il y avait 980 communiants (environ 1 307 habitants).

            Un collège de prêtres séculiers fut fondé dans cette église par Jeanne de Lévis, femme de Louis de Pierrebuffière, chevalier, le 5 novembre 1442. Louis de Pierrebuffière y fonda aussi, le 6 mai 1563, quatre vicairies pour quatre prêtres, en réservant à ses héritiers le droit de nomination. Elles étaient fondées à l'honneur et sous l'invocation de la Sainte-Vierge, de saint Jacques et de sainte Catherine.

            Cette église possède deux cloches : l'inscription de la première porte seulement : « Hélie Roland, 1677. D.M.F.L. ». C'est le nom du fondeur de cloches qui demeurait à Limoges. On lit sur la seconde : « M. B. -Joseph Dugarreau du Puy de Bette, la Seinie, Vergnas, Neuvic, Masléon, Leborne, de Sainte-Marie et autres lieux, patron fondateur de l'église paroissiale de Sainte-Marie-la-Claire, capitaine de cavalerie, parrain. Dame Marie-Anne de Guiton du Tranchard, marquise de Châteauneuf, le Tranchard, Fleurac et autres lieux, veuve de Mre F. Duché, escuyer, gdr S[ecreta]ire du Roy [marraine]. Mr Martial Marc, curé, Jhp. Pigner, juge et nre royal, fabricien, l'an 1775. Jacques Martin et Nicolas Boulanger, fondeurs. »

            Une autre cloche, fondue en même temps que la précédente, a été prise pendant la Révolution. Nous lisons, en effet, dans les registres de l'administration que, « le 29 messidor (17 juillet 1793), on a envoyé au district en même temps la cloche, le cuivre et l'argenterie provenant de l'église. » Son inscription disait : « A eu pour parrain Martial de la Bachelerie, marquis de Châteauneuf, et pour marraine Valérie Limousin, dame de Neuvic, de Bord et autres places, épouse du sieur du Garreau, fondatrice de la lite église ».

            François de Neufville est curé de Châteauneuf en 1565. - N… Montalescot était curé de Châteauneuf en 1734. - N… Marc l'était en 1759, il mourut en 1763. - Martial Marc, 1763, mourut en 1784. - Joseph-Léonard Cramouzaud, nommé en 1784, fut déporté pendant la Révolution. - François Nicard, 1803-1810. - Jean-Baptiste-Michel Fray-Fournier, 1810-1829. - Pierre Faure, 1829-1868. - Charles Renard, 1868-1883. - Joseph Charbonniéras, 1883-1895. - Aubert Gérard, 1895.

            L'ancienne église paroissiale, située au village de Sainte-Marie, à une petite distance du chef-lieu de la commune, était une construction romane, accompagnée d'une chapelle bâtie au XVe siècle par les seigneurs de Châteauneuf. La nouvelle est dans le bourg. C'est un  monument en style du XIIIe siècle. Sa première pierre a été posée le 7 juillet 1884, et elle a été bénite et inaugurée le 3 octobre 1886.

            Près du bourg de Châteauneuf, sur la gauche en descendant à la Combade, existait autrefois une chapelle dédiée à Saint-Michel. En 1050, Jordain de Laron, évêque de Limoges, donnait à la cathédrale la quatrième partie de cette chapelle et de celle de Saint-Quentin, avec la terre qui en dépendait. Un siècle après, entre 1147 et 1289, Gérald de Laron donnait, au monastère d'Aureil, cette chapelle de Saint-Michel et la quatrième partie de son mas de Faurias, situé dans la paroisse de Linards.

            En 1786, c'était un prieuré, auquel nommait le prieur d'Aureil, ce qu'il faisait aussi en 1556, 1563, 1567. Ce fut ensuite le recteur du collège de Limoges qui exerça ce droit de nomination, car Saint-Michel fut uni à ce collège en 1639, à condition que le service religieux y serait continué. Les prieurs dont le nom est connu sont : Pierre de Vernh, 1486. - Gabriel de Breiche, 1578 et 1593. - François Rousseau et Léonet Dumont, en compétition en 1627. - Antoine Montalescot, 1721-1741.

            Cette chapelle fut interdite en 1741 ; aujourd'hui, il n'en reste rien.

            Châteauneuf possédait un hôpital en 1294.

            Le château qui a donné son nom au chef-lieu de cette commune n'existe plus ; il a été entièrement démoli pendant la Révolution. Primitivement, il appartenait à la famille de Laron, qui porte pour armes une escarboucle à huit rais pommettes, car on voit Jordain de Laron, évêque de limoges, donner à la cathédrale, en 1050, la grande tour de Châteauneuf et le donjon sur lequel elle s'élève, la forêt de Serre, la quatrième partie de la chapelle de Saint-Michel et de Saint-Quentin, et la terre qui dépendait de cette chapelle.

            Ce château fut honoré de la visite de saint Antoine de Padoue, pendant le séjour que ce saint fit à Limoges, où il était gardien du couvent des Cordeliers, en 1226. C'est là où il fut favorisé de l'apparition de l'Enfant-Jésus, pendant qu'il y était en prière. Le seigneur de Châteauneuf lui demanda de prier pour la prospérité de sa maison, le saint lui répondit : Tant que la foi et la piété seront conservées dans votre famille, elle persévérera dans son ancien lustre ; mais, si elle perd la foi catholique, elle tombera en ruine. Prophétie qui s'est accomplie lorsque Charles de Pierrebuffière de Châteauneuf se fit calviniste et mourut en 1604 avec onze cent mille livres de dettes. Son fils Jean de Châteauneuf, homme chargé de crimes, traître à son roi, n'eut pas d'héritier de son nom, avec lui, disparut, vers 1650, la famille des Châteauneuf.

            Pierre de Châteauneuf, chevalier, avait une fille nommée Marthe, qui était abbesse de Bonnesaigne, en 1184. - Gaucelin de Châteauneuf, chevalier, seigneur du dit lieu, en 1235, portait pour armes une croix losangée. - Jean de Châteauneuf, chanoine de Saint-Junien, mourut en 1259. - Gaucelin de Châteauneuf, chevalier, partait pour la croisade en 1289.

            Peu avant l'année 1300, Anne de Châteauneuf épousa Jean de Pierrebuffière, gouverneur du Limousin, qui devint seigneur de Châteauneuf. Cette famille porte d'or, un lion de sable, lampassé de gueules, alias de sable au lion d'or armé et lampasse de gueules.

            Jean de Pierrebuffière fit ériger la vicomté de Châteauneuf, en marquisat "tant qu'il sera tenu par mâle et non par femelle", dit la charte et l'arrêt du Parlement de Bordeaux, publiés à Limoges, le 24 septembre 1615. A sa mort, il ne laissa qu'une fille, nommée Anne, et Châteauneuf fut vendu pour payer ses dettes.

            En 1668, on trouve « messire André Landin, seigneur du marquisat de Châteauneuf, conseiller du roi au présidial de Limoges ».

            La terre de Châteauneuf passa aux mains d'un sieur Dubois ; en 1715, elle fut saisie sur la tête de son fils à la requête d'un créancier. On voit ensuite qu'Anne de Guitton est dame de Châteauneuf en 1734, titre qu'elle conserve encore dans l'inscription de la cloche paroissiale de 1775.

            Marie-Anne de Miomandre épousa, en 1768, Martial de la Bachélerie, écuyer, mousquetaire de la garde du roi, et nous voyons dans l'inscription d'une autre cloche de la paroisse, de 1775, qu'il est marquis de Châteauneuf. La famille de Miomandre, originaire de Felletin, et fixée alors à Châteauneuf, porte pour armes écartelé aux 1er et 4e d'azur au lion d'or, lampassé et armé de gueules ; aux 2e et 3e d'argent à l'aigle au vol abaissé de sable. On sait que Mr Miomandre de Sainte-Marie, garde du corps du roi, fut blessé et laissé pour mort en défendant la reine au château de Versailles, le 9 octobre 1789.

            Les Annales manuscrites nous disent que l'an 1596, le vicomte de Châteauneuf parvint à faire descendre le bois de sa forêt par la Combade et la Vienne jusqu'au Naveix de Limoges. Ce bois de flottage, où le hêtre domine, alimenta la ville, et fut la source d'un commerce important, surtout depuis l'établissement des fours à porcelaine. Mais antérieurement à cette époque on faisait flotter du bois sur la Vienne, comme on le voit dans une sentence de Sébrand-Chabot, évêque de Limoges, datée de 1188.

 

            Les villages de cette commune sont :

 

Barraque (La).

Bellegarde. - Le château de Bellegarde a été construit par le gendre du docteur Jean Cruveilher, M. Paul Baron-Larcanger, mort en 1898.

Bassade (la).

Bésuniéras.

Bord. - La seigneurie de Bord a longtemps appartenu à la famille de Sainte-Marie, qui porte pour armes d'argent à cinq merlettes de sable, ni pattées ni becquées, deux à dextre et trois à senestre, au franc quartier de gueules. Gérald de Sainte-Marie de Châteauneuf, en 1341, fonda le monastère de Bonneval, ordre de Grandmont, dans la paroisse de Sussac. Ses descendants possédaient encore ce lieu au XVIIe siècle. Dame Madeleine Regnaudin, veuve de Messire Joseph Limousin, seigneur de Neuvic, acquit le fief de Bord-Sainte-Marie, en 1764. Sa fille, Valérie Limousin, épousa, en 1765, Jean-Baptiste-Joseph du Garreau, chevalier, seigneur de la Seinie. Les armes de la famille Limousin sont d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux croisettes d'argent et en pointe d'un vase de même garni de trois tiges de lis blanc au naturel. Celles de la famille du Garreau d'azur au chevron d'or, accompagné en pointe d'une croix au pied fiché dans un cœur du même.

Bueix (Le Petit-).

Chaucher.

Chez-le-Rez.

Cros-le-Ballet.

Désert (Le).

Flacard.

Gourserol. - Au XVIIIe siècle, ce village était alternativement de la paroisse de Sainte-Marie-la-Claire et de celle de Sussac. 

Lascoux.

Lavaud.

Lavergne. - Dans un pré situé entre ce village et celui du Petit Bueix, on a trouvé, en janvier 1909, trois sépultures gallo-romaines, dont les urnes contenaient des cendres et des morceaux d'os carbonisés.

Maupas.

Moulin-de-Châteauneuf, sur la Combade.

Moulin-Neuf, sur la Combade.

Moussanas.

Murat. - Jean-Baptiste de Miomandre de Murat, écuyer, co-seigneur du Breuil, était à l'assemblée de la noblesse de 1789. Entre ce village et la forêt de Châteauneuf, sur le chemin de Sainte-Marie-La-Claire à Sussac, se trouve un camp romain que les habitants de la contrée appellent camp de César.

Planelle (la).

Puy (le).

Puy-Chat.

Ribière.

Reynaudie.

Sainte-Marie-la-Claire, où était l'ancienne église paroissiale. La famille de Sainte-Marie qui avait le droit de litre, de banc et de tombeau dans cette église eut à soutenir plusieurs procès pour conserver ce droit que voulait lui ravir les seigneurs de Châteauneuf.

Serre. - Jourdain de Laron, évêque de Limoges, donnait la forêt de Serre au chapitre de la cathédrale l'an 1050.

Theillaud.

Tronche.

Tronche (Moulin de La), sur la Combade.

Vaux.

Venouhant. - Saint-Jean-de-Venouhant fut, jusqu'en 1556, une annexe de la cure, puis une annexe du prieuré de Saint-Michel, avec lequel elle fut unie au collège des Jésuites de Limoges. On trouve que le prieur d'Aureil y avait fait une nomination en 1486. La chapelle qui avait pour fête patronale la Nativité de Saint-Jean, était en ruine en 1775, époque à laquelle elle fut tout a fait détruite.

    Vilatelle.