Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 03/02/2023
CHÂTEAUPONSAC, chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Bellac, dont la superficie est de 17 742 hectares et la population de 9 447 habitants. Ce canton comprend six communes : Châteauponsac, Balledent, Rancon, Saint-Amand-Magnazeix, Saint-Priest-le-Betoux, et Saint-Sornin-Leulac.
La commune de Châteauponsac a 6 879 hectares et 3 994 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 286 mètres près de la Gartempe qui la traverse de l’est à l’ouest, mais elle s’élève jusqu’à 477 mètres à sa limite sud.
Châteauponsac, dans l’ancien archiprêtré de Rancon, avait un prieuré qui, par bulle de 1318, fut uni à la mense abbatiale de l’abbaye du Bourgdieu. En 1569, il est dit prévôté. Il était sous le patronage de Saint Thyrse, martyr à Alexandrie, dont on faisait la fête le 31 janvier. Une partie du corps de ce martyr étaient conservé, en 1184 et 1331, dans cette église qui n’en possède rien aujourd’hui.
Il y avait deux paroisses : Saint-Thyrse et Saint-Pierre.
Saint-Thyrse était la cure principale qui, sur la fin du XVIIIe siècle, avait 3 350 communiants (environ 4 468 habitants). Son patron était saint Thyrse. L’abbé du Bourg-Dieu y nommait les titulaires en 1513, 1514, 1515, 1570 et 1616. Ce fut le prince de Condé qui fit les nominations en 1639, 1661, 1666, 1669, 1698, 1720 et enfin le roi en 1753, 1768.
Une communauté de prêtres, fondée en 1564, était chargée d’assurer le service de l’église, elle a existé jusqu’à la Révolution.
Jean du Monteil, prévôt laïque, fonda, le 7 septembre 1538, une vicairie à l’autel de Saint-Sébastien ; elle devait être desservie par le curé et les prêtres de la communauté.
Bertrand ou Bernard de La Courrière, prêtre de la communauté, en fonda une, au grand autel, le 5 janvier 1545 (vieux style) ; ses héritiers y nommaient le titulaire.
Jacques le Borlhe en fonda une à laquelle nommaient un titulaire en 1713 N … du Fénieu, seigneur de La Merronnière, président à l’élection de Limoges, et N … du Fénieu, sieur de Vaubourdolle.
Une quatrième vicairie avait pour fondateur Mathieu de Fontbellonne, prêtre ; elle était à l’autel de la Sainte-Vierge. En 1584, Bongrand et Dumonteil, prévôt laïque y nommaient un titulaire.
Par ordonnance de l’évêque de Limoges du 20 juillet 1750, il fut permis au sieur Martial du Fénieu, sieur du Mas-la-Valade, de jouir du droit de chapelle et de tombeau dans l’église de Saint-Thryse et même du droit de banc.
L’inscription suivante se trouve sur la grosse cloche de Châteauponsac : « ✠ Agios o theos yschyros attanatos eleison ymas. – Sancte Thirse ora pro nobis Deum, ut nos defendat a fulgure et tempestate et ab omni malo. Amen. – Telle est l’invocation sous laquelle je fus mise lorsque sous le curé Bongrand je fus fondue par Pierre Lalay et bénite en 1643 [1648 ?]. Mes parrain et marraine étaient J. Tardy et Mathurine Sornin. Telle est l’invocation que je conserve aujourd’hui, septembre 1849, que sous le curé Gardavaud, brisée par un éclat de la foudre, je suis refondue par Emile Mutel et bénite de nouveau, ayant pour parrain et marraine P. –A. Junien Tardy, maire, et A. –M. Aglaé de la Celle, née Ventenat. – Emile Mutel à Breuvane, Haute-Marne. » La phrase grecque qui commence cette inscription est empruntée au rituel du Vendredi-Saint ; c’est le trisagion : Sanctus Deus, sanctus fortis, sanctus immortalis, miserere nobis.
On lit sur la seconde cloche : « ✠ J’ai été bénite par M. Jacques Villejoubert, curé. J’ai eu pour parrain M. J.–A. Daubin et pour marraine dame Marie-Florence Dubrac. – M. Jean de Fénieu, avocat, M. André-Louis de Fénieux de Vaubourdolle, B. –Aléxis-Mathieu Ventenat, maire, F. Tardy et F. Chénieu, marguillers, 1805. –Jacques Martin, fondeur. »
L’église de Châteauponsac possède plusieurs reliquaires parmi lesquels il en est un fort remarquable, qui vient de l’abbaye de Grandmont, à laquelle l’avait donné, en 1226, l’abbaye de Saint-Sernin de Toulouse. C’est un phylactère en vermeil, couvert d’émaux, de filigranes et de pierres fines, œuvre exquise d’élégance, où le travail surpasse la plus riche matière. Sous son pied est gravée une inscription donnant le nom des saints dont il contenait les reliques.
Elle possède aussi un moule en fer pour la fabrication des pains d’autel, qui remonte au XIIIe siècle.
Jacques du Monteil, curé de Châteauponsac en 1565, mourut en 1570. – François du Monteil lui succéda en 1570. – Léonard Bandel, en 1597, résigna le 3 mars 1600 en faveur du suivant. – Jean-François Pascaud, 1600. – N … Bongrand, 1643, mort en 1662. – Léonard Bossan, 1670-1676. – Pierre Mathieu, 1698, mort en 1719. – N … Fillioux de Lacombre, 1750, mort en 1753. – Gaspard-Joachim du Fénieu de La Méronnière, 1753, mort en 1768. – André du Fénieu du Verger, frère du précédent, 1768-1791. – Jacques Villejoubert, qui avait subi la déportation en Suisse et au Tyrol, 1803-1811. – Pierre-Thyrse-Julien Labare qui avait confessé la foi dans les prisons, 1811-1821. – Martial Hervy, 1821-1828. – N … Peyratou, nommé en 1828. – Jean Gardavaud, en 1836. – Pierre Vincent, en 1868. – Israél Artaud, 1896.
L’église de Saint-Thyrse est un édifice roman de la fin du XIe siècle. Son plan cruciforme accuse deux collatéraux étroits et trois absides circulaires à l’est. Une coupole couronnée d’un clocher surmonte l’intersection du transept et de la nef. La flèche en pierre a été reconstruite en 1870, et la toiture refaite et mise en rapport avec le style du monument en 1872. Le choeur est séparé des collatéraux par deux rangs de magnifiques colonnes aux légers fûts cylindriques. Un des chapiteaux qui les surmontent représente un prêtre payen ou flamine ; ce qui fait supposer que sont des restes d’une construction romaine.
Sous la chapelle du transept méridional se trouve une belle crypte dont la voûte est portée par quatre colonnes.
Cette église fut saccagée pendant les guerres de la domination anglaise au XVIe siècle. La voûte de la nef et la façade occidentale furent renversées. Les XIVe et XVe siècles réparèrent ces désastres à leur manière.
Saint-Pierre est la seconde paroisse de la ville de Châteauponsac. Elle avait pour patron saint Pierre, apôtre. Les titulaires y étaient nommés par le prévôt de La Souterraine, au moins depuis 1513 et jusqu’en 1720. Après l’union de cette prévôté, ce fut l’évêque de Limoges qui fit les nominations. Parmi les curés de Saint-Pierre, on peut citer : Pierre Lymousin, en 1558. – Leboys, en 1614. – L’Adhenet, en 1666. – Leboys, 1666-1670. – Jean-Antoine Lafont, 1720-1762. – Philippe Vignaud, 1763-1788. – Jean-Baptiste Vignaud, 1788.
L’église qui existe encore, mais qui a perdu sa destination depuis la Révolution, est une construction romane assez élégante, dont la porte s’ouvre au midi, pendant que sa façade occidentale est surmontée d’un pinacle à deux baies.
La chapelle de la Sainte-Vierge, invoquée aujourd’hui sous le nom de Notre-Dame-de-Toute-Bonté, est un lieu de pèlerinage connu de toute la contrée. Elle existait en 1212, et en 1463 elle est dite annexe de la cure. En 1587, elle fut profanée et brûlée par ceux de la religion prétendue réformée, puis restaurée en 1625 et agrandie en 1728, époque à laquelle fut élevé le grand portail dans le goût de la Renaissance.
Cet édifice est une véritable église avec deux collatéraux à voûte gothique. Son sanctuaire est une construction romane du XIIe siècle. Aux clefs de voûte des bas-côtés, on remarque deux écussons ; le premier est d’azur au phénix essorant d’or, becqué et membré de gueules, posé sur la corne dextre d’un croissant d’argent ; au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d’or. Ce sont les armes de la famille du Fénieu.
Le second porte une aigle éployée à deux têtes, ce sont les armes de la famille de La Celle qui, en 1495 les blasonnait d’argent à l’aigle éployée de sable, membrée d’or.
Il y avait encore à Châteauponsac une chapelle dédiée à saint Martin, où fut enterré, le 15 septembre 1631, Gaspard Benoist, trésorier de France, mort victime de la peste qui ravageait alors la contrée ; elle n’existe plus ; elle était placée près du cimetière actuel, béni en 1807. C’est là aussi où l’on voyait l’inscription romaine : … RIAE. IVI. ALPINAE. (Diis manibus et memoriae Juliae Alpinae. – Aux dieux mânes et à la mémoire de Julia Alpina).
Le château actuel, qui est au centre de la salle, a été construit en 1770 par M. Mathieu de La Gorce, avocat distingué.
La ville de Châteauponsac est située dans une position stratégique autrefois très forte, à laquelle elle doit son nom. Assise sur un promontoire dont les escarpements à pic commandent le cours de la Gartempe, un pont reconstruit avec des débris romains, en 1609, la fait communiquer avec la rive gauche, où des pierres abruptes et inaccessibles sont parées d’une végétation que percent çà et là des aiguilles de granit.
Au bas de la première pile de ce pont, en aval sur la rive gauche, on voit cette inscription :
PRO. SAL. IMP. CAE ………….
MONMEN. LVCAN …………....
VERICI. FIL. ET. PATRI. SV ….
Pro salute imperatoris Caesaris …………………………………
Manumemtum Lacanus …………………………………………
Verici filius, et putri. si ………………………………………….
On trouve sur la rive droite de la Gartempe des traces de la voie romaine qui franchissait la rivière sur ce pont. Un pavé qui date probablement de 1609 en recouvre encore aujourd’hui une partie.
Un second pont a été jeté sur la Gartempe, à l’ouest de la ville en 1870, et une fontaine monumentale, élevée en 1867 sur la place principale, distribue ses eaux aux habitants de la ville.
Parmi les hommes remarquables nés à Châteauponsac, on cite :
Léonard Fillioux (P. Cyrille de Jésus), prieur des Grands-Carmes, mort à Paris en 1729, auteur d’un panégyrique de saint-Charles Borromée.
François Leboeuf, prêtre communaliste de Châteauponsac, mort en 1555, auteur de plusieurs ouvrages de piété.
Léonard Péricaud, ancien vicaire général de Séez, aumônier général de l’armée royale et catholique, mort en 1818.
François-Gédéon Lavallet-Deverine, adjudant général, mort en 1800.
Les villages de cette commune sont :
Auzillac. – Au nord de ce village, on trouve les restes d’une ancienne voie, qui traverse tout le canton de Châteauponsac de l’est à l’ouest.
Berberide. – Où habitait en 1285 Guillaume Lavelle, est devenu la propriété de la famille Le Borlhe.
Bicheuil.
Biossac. – Appartenant à la famille du Fénieu.
Bois.
Borderie (La).
Bouche (Le).
Bussière-Etable. (La). – Où existait une colonne militaire, sur laquelle on distinguait difficilement quelques lettres. Près du village, on remarque une motte assez considérable qui a dû porter un donjon aujourd’hui détruit. Léonard-François du Ménard était seigneur de La Bussière-Etable en 1650 et Jean de Coustin, chevalier en 1753. Ce dernier portait pour armes d’argent au lion rampant de sable armé et lampassé de gueules.
Bussière-Etable (moulin de La) sur la Gartempe.
Caure (La).
Caure (moulin de La) sur la Semme.
Chaise (La). – Gui de Rancon, en 1360, donne six deniers de rente sur son jardin de la Chaise pour le repos de son âme.
Chanterannes.
Chassagne (La).
Châtres.
Chégurat. – A l’extrémité d’un promontoire dominant la Semme et le moulin des Roches se trouve un camp retranché. Il est formé au nord par un fossé de 20 mètres de large sur 60 de long, et des autres côtés par les escarpements naturels et une muraille en pierre ; sa longueur totale est de 90 mètres. – La famille Le Borlhe possédait Chégurat en 1717.
Chêne-Pierre (moulin de) sur la Semme.
Chez-Doucet.
Chez-Taverne.
Combe (La).
Courrière (La).
Courtieux (Le).
Cros (Les)
Dant.
Ervaud.
Ervaud (moulin d’) sur la Semme.
Etrade ou Lédrade. – Près de ce village, une pierre sur laquelle on remarque quelques cavités formées par la désagrégation de feldspath qu’elle contient, est connue sous le nom de « Pierre du jugement, ou Pierre du sacrifice ».
Fontbelhomme.
Fougères (Les). – Léonard Sornin, mort en ce lieu, fut inhumé à Morterolles le 30 mai 1693.
Gâches (Les).
Galand (moulin) sur la Gartempe.
Gareille (La).
Garde (La).
Gorce (La). Appartenait à la famille Mathieu de La Gorce.
Houmeaux (Les). – Le manoir et la chapelle, qui appartenait à la famille Houmeaux des Vérines, sont en ruines.
Josnière (La).
Lande (La).
Lascoux.
Lavaud.
Lavaudloube.
Lésignat.
Maisons (Les).
Manchinal (Le Grand), alias La Méronnière, qui appartenait à la famille du Fénieu en 1703.
Manchinal (Le Petit).
Manonade (La).
Mas-Jude.
Mas-Perrier.
Mas-Roudau.
Ménéreix (La).
Monard.
Monard (moulin du) sur la Semme.
Montanaud (moulin de).
Monteil (Le Grand).
Monteil (Le Petit).
Montillon (Le).
Moulin du Pin, sur la Semme.
Moulin de la Ville, sur la Gartempe.
Nazat.
Nazat (moulin de).
Noyer (Le).
Peyrières (Les).
Peubuy (Le).
Plagne (La). – En 1606, N … Sornin était seigneur de La Plagne et de Morterolles ; ses armes sont d’argent à la bande de sable, accompagnée de trois étoiles de dix raies, 1 à semestre et 2 à dextre ; au chef cousu d’argent et de gueules. Peu avant 1686, on trouve Pierre Fordoysson, seigneur de La Plagne.
Pouyade (La).
Puy-Joli.
Puy-Malhac.
Puy-Maron. – Dans un champ de ce village, on a trouvé une urne funéraire en granit, avec couvercle en pyramide surmonté d’une boule. A l’intérieur, un base en verre bleu, contenant de la cendre, des os calcinés et une tête d’épingle en or.
Roche-Coquely (La).
Roche-Tardy (La).
Roches (moulin des) sur la Semme.
Roussille (La).
Saint-Martial. – Chapelle rurale sur la rive gauche de la Gartempe, en face de Châteauponsac ; elle existait en 1595. Aujourd’hui, elle est transformée en maison d’habitation.
Taffres (Les).
Tourettes (Les). – Ce village, situé près d’une ancienne voie et du camp de Chégurat, conserve aussi un tumulus, peut-être une motte.
Valette (La). – Près de ce lieu est un petit monticule ou motte.
Vaubordolle, appartenait à la famille du Fénieu en 1713 ; un membre de cette famille y avait un ermitage et une chapelle.
Vaugelade, possédé par Gui de Rancon au XIIIe siècle. – De Rancon porte pour armes d’or, semé de losanges d’azur, au pal de gueules brochant.
Ventenat. – Château du XVe siècle détruit en 1793, sur la rive gauche de la Gartempe ; son plan est rectangulaire avec quatre tours aux angles. En 1285, Guillaume de Savelli vendit à Gui de Rancon une rente de six livres qu’il assigna sur ses manses de Ventenat et de Las Boudenchas. En 1533, René Gontier était seigneur de Ventenat. En 1560, il appartenait à Charles du Monard, dont les armes sont d’argent à la fasce de gueules, accompagnée de trois aiglettes d’azur deux en chef et une en pointe. – Après Léonard du Monard, écuyer, sieur de Ventenat en 1683, il passa à la famille Mathieu de la Gorce. Jean-Baptiste-Mathieu de La Gorce, secrétaire du roi, en était seigneur en 1787, et Alexis de La Gorce en 1805.
Verger (Le) appartenait à la famille du Fénieu.
Vergnat.
Vérines (Les).
Villaureix (La).
Villepoutour.
Villatte. – Sur la rive gauche de la Semme, en face de ce village, existe un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine. A l’extrémité d’un couloir de 5 mètres de long, on trouve une chambre de 8 mètres de long sur 4 de large, au centre, sa vôute à 2 m 50 d’élévation ; le tout taillé dans le tuf.