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Recherche > Haute-Vienne (87) > Le Châtenet-en-Dognon > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 03/02/2023

 

LE CHATENET-EN-DOGNON est le chef-lieu d'une commune, dans le canton de Saint-Léonard, qui a 2.038 hectares d’étendue et 747 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 456 mètres près du bourg, elle descend cependant à 298 à la limite méridionale de la commune.

Le Châtenet, appelé aussi Sainte-Marie-du-Châtenet, et d'après un décret du 16 janvier 1896, Châtenet-en-Dognon, était dans l'ancien archiprêtré de Bénévent et dépendait par moitié des monastères d'Uzerche et de Saint-Léonard. Par transaction passée entre Bertrand, abbé d'Uzerche, et Ato, prieur de Saint-Léonard, de l'autorité de l’évêque Gérald, c'est-à-dire entre les années 1137 et 1149, l’église du Châtenet fut cédée en entier aux prieur et chanoines de Saint-Léonard, qui s'engagèrent à donner tous les ans un marc d'argent au monastère d'Uzerche, au synode d’après la Toussaint, et les chanoines devaient recevoir des moines cinq sols de monnaie medietatis. Un bref d'Alexandre III confirma cette transaction .

Il y avait un prieuré d'hommes ; le curé Fournier chanoine régulier de Chancelade, en 1771, est dit prieur-curé du Châtenet-en-Dognon .

La cure était régulière c'est-à-dire desservie par un prêtre religieux et non par un prêtre séculier. Sa fête patronale était la Nativité de la Sainte-Vierge. Sur la fin du XVIIIe siècle, il v avait 880 communiants (environ 1159 habitants). L'évêque de Limoges y nomma un titulaire en 1569 et en 1626, mais ce droit de nomination était exercé par le prieur de Saint-Léonard en 1587, 1627, 1629, 1651, 1678, 1686, 1717, 1734.

Les curés dont le nom est connu sont : N... Delafont, en 1668. — Guillaume de Nouaille ou Lanouaille, en 1679 et 1691. — Leonard-Alexis Veyrier, 1698, mort en 1717. — N... La Chassagne, 1717. — N... David, 1720-1724. — François Jovenet, 1734-1744. — N... Fargeaud, 1745. — N... Sclafer, 1747-1750. — G. Bagnol, cordelier, 1750. — N... Robert, 1762, mort en 1769. — Louis-lsraël Fournier, 1769 ou 1771, prend le titre de chanoine régulier de Chancelade et prieur de Burgnac. — Martial Garat, 1774, parent du précédent, qui lui résigna la cure, mort en 1785. — N... Sauvage nommé en 1785. — Pierre-Léonard Thomas, nommé en 1786, mort en 1791.

Après la Révolution, Nicolas Beaure, qui avait été déporté, fut nommé curé du Châtenet en 1803. —Antoine Lafon des Valades, en 1806 et mourut en 1815. — Joseph-Léonard Daniel du Monteil, nommé en 1815.— Elie Ribière, nommé en l821. — N... Cazeau, 1822-1826 — Jean-Baptiste Tournois, 1828. — N... Dubranle, 1829-1830. — Georges-Auguste Gentil de Rosier, 1830-1835. — Pierre Labrune. 1835. — N... Thouvenet, 1835-1837. — François Prochasson 1837-1839. — Tausias, 1839. — François Mabay, 1840. —Martial Chevalier, 1841. — Ballabeaud, 1842-1844. — Guillaume Thuillier, 1846. — Jean Batherosse, 1849-1879. — Félix Demars, 1879-1895. — Henri Lévêque 1898.

La cloche du Châtenet porte cette inscription en lettres gothiques: « ✠ Jhüs. Ave Maria gratia plena dominus tecum. L'a mil V. C. XIIII ». 1514.

Pendant la Révolution , le presbytère fut vendu comme bien national, le 21 messidor an IV (9 juillet 1796, pour la somme de 1.194 francs. (Archives de la Haute-Vienne. Q. 152.).

 

On trouve dans cette commune les villages suivants :

 

Beaulieu.

Bobilance.

Bord .

Brutine. — Noble Golphier de Journet, écuyer, époux de Gabrielle de Vars de St-Jean-Ligoure, était seigneur de Brutine en 1585. Sa fille Isabeau de Journet porta Brutine à François Chapelle de Jumilhac qu'elle épousa en 1606. Antoine Chapelle de Jumilhac, leur fils, écuyer, seigr de Brutine en 1650, fut père de Léonard de Jumilhac, écuyer, seigr de Brutine, qui épousa en 1660 Anne Igonin de Ribagnac. Les armes des Chapelle de Jumilhac sont d'azur, à une chapelle d'or.

La seigneurie de Brutine passa vers l690 dans la famille de Gentil, par le mariage de Louise-lsabeau Chapelle de Jumilhac, fille de Léonard et d'Anne de Ribagnac avec noble Silvain de Gentil, écuyer seigr des Granges. De Gentil porte: d'azur au chevron d’or, accompagné de 3 roues de sainte Catherine de même, 2 en chef et 1 en pointe, et une épée nue d'argent posée en pal, la pointe en haut, brochant sur le chevron. Silvain de Gentil, fils des précédents, chevalier, seigr de Brutine, Bussin et Contereix, épousa vers 1713, Isabelle Igonin de Montauran. François de Gentil de Brutine, écuyer, seigr de Brutine, épousa, à Ambazac, en 1739, Rose Rouard de la Boissarde de Card. Jean-Joseph de Gentil, chevalier seigr de Brutine, épousa au Châtenet, en 1762, Catherine du Léry de Sauviat. Marc-Antoine de Gentil de Brutine, chevalier, seigr de Brutine, vota avec la noblesse de la Haute-Marche aux États-Généraux de 1789. Il épousa, en 1796, Marie-Therèse-Joséphine d'Alesme de Châtelus de Salvanet, dont il n'eut qu’une fille : Marie-Madeleine-Amélie de Gentil de Brutine, qui épousa, en avril 1817, Marie-François Baillot d'Etivaux, son cousin germain, fils de Martial, écuyer, et de Joséphine d'Alesme de Châtelus de Salvanet. Le château et la terre de Brutine sont encore en la possession de la famille Baillot d'Etivaux dont les armes sont: d'azur à la fasce d’argent, accompagnée en chef de 3 étoiles d’or et, en pointe, de 3 écots de même, posés en pal, 2 et 1. Supports : 2 licornes.

La voie romaine de Clermont à Saintes par Limoges traversait les bois de Brutine et d'Orgnac.

Chabaud (Le) ou Chabouhaud

Chenaud (La), dépendance de la terre de Brutine

Contereix — Yrieix Chapelle de Jumilhac était seigneur de Contereix en 1655, et Silvain de Gentil de Brutine, chevalier, seigneur de Brutine, en 1710.

Dognon (Le), qu'on écrivait jadis Domphnon, était, à l'époque féodale, l’une des trois grandes vicomtés de la Haute-Marche. Outre la juridiction de sa seigneurie, il a été le siège d'une sénéchaussée, qui plus tard, fut supprimée et réunie à celle de Guéret. L'ancien château féodal, placé sur la rive du Taurion, près de l'embouchure de la Bobilance, est complètement détruit, ainsi que son ancienne chapelle, dédiée à saint Michel, et qui depuis 1195 dépendait de Saint-Léonard.

Des comtes de la Marche, le Dognon passa à des seigneurs particuliers. On trouve d'abord Constantinus du Dognon, fils d'Ermengaudus et de Senegundis qui, entre 997 et 1003 donnait à l’abbaye d'Uzerche deux manses au village d'Escuras, paroisse de Saint-Martin-Terressus. Umbert du Dognon vivait en 1080. De Gérald Hélie du Dognon, chevalier, vivant en 1250, descend la maison d'Hélie de Pompadour et autres.

Le Dognon, donné en apanage en 1374, par Jean, comte de la Marche, à son frère cadet Jacques, fut presque aussitôt vendu à Audoin Chauveron.

Noble Audoin de Chauveron, prévôt de Paris, époux de Guillelmine Vigier, fut seigneur du Dognon, et sa fille Marguerite de Chauveron porta la seigneurie du Dognon à Jean d’Aubusson, chevalier, seigneur de la Borne qu'elle épousa le 27 octobre 1394. Les armes de Chauveron sont : d’argent au pal bandé d’or et de sable.

Une assiette d'impôts de l'année 1477 nous fait connaître l’étendue de le châtellenie du Dognon à cette époque, elle comprenait : Le Châtenet, La Galemache, Les Eglises-en-Dognon, St-Martin-Ste-Catherine, Ambazac, Vedrines, Le Noant, La Forest, St-Pierre-Cherignac, Moissannes, Murat, Boisseaulx, Angelar, Les Orières, La Terre-du-Chalard et Sauviac.

Jeanne d'Aubusson, la dernière de 1a branche de La Borne, mourut en juillet 1569, et le Dognon resta à son mari, René Brachet, qui le vendit, en 1575, au maréchal de Retz. Brachet porte d'azur à deux chiens passants d'argent, écartelé d'azur au lion d'or.

Le 1er août 1620, par adjudication prononcée au châtelet de Paris, Louis de Froment écuyer, seigr du Saillant, et Madeleine du Murault, sa femme, devinrent propriétaires du Dognon, mais ils ne purent consigner le prix d'acquisition et le 27 juillet 1629, il fut de nouveau adjugé à Jean de Lagrue, qui le garda peu, puisque vers la même époque, Gabriel Foucault et sa femme Isabeau de Pompadour sont dits seigneurs de St-Germain-Beaupré et du Dognon.

Lorsque Gabriel Foucault mourut en 1642, il laissa six enfants. Le second, Louis, eut la terre du Dognon ; il a joué un grand rôle dans l'histoire de France, sous le nom de comte du Dognon ; il a été vice-amiral et maréchal de France. Foucault porte d'azur, semé de fleurs de lis d'argent, alias d'or.

Le 25 mai 1694, la terre du Dognon fut acquise par Jean Vidaud, seigr de Bosvigier et du Carrier, et Jean Chaud, seigneur de la Chassagne. qui la partagèrent le 28 janvier 1697. Vidaud porte pour armes d'azur à la fasce d'or accompagnée en chef de trois fleurs de lis et en pointe d'un lion léopardé, le tout d'or. Chaud porte d’azur au chevron d'or, accompagné de deux étoiles de même en chef, et en pointe d'un croissant d'argent sur une flamme de gueules surmonté d'un trèfle d'or.

Jean Vidaud du Dognon, époux de Marie Chauvet, ne laissa qu’une fille Marie-Geneviève-Mathurine, qui épousa le 12 mars 1736, François Rémond, chevalier, seigneur puis marquis de Montmort. A la Révolution le Dognon et toutes ses dépendances furent saisis et vendus comme bien national, et le marquis de Montmort, lieutenant des armées du Roi, père d'enfants émigrés, a du porter sa tête sur l'échafaud révolutionnaire, comme le fait supposer le dossier de saisies de ses biens, qui se trouve aux archives nationales.

Douéneix.

Gâches (Les).

Galemache (moulin de La). — N... Gaubert, écuyer, était seigneur de La Galemache en 1231. Il y avait jadis en ce lieu un prieuré qui était annexé à l'office de l'infirmerie de St-Léonard ; le prieur de St-Léonard y nommait les titulaires en 1514. On lui a donné quelquefois le titre de cure. En 1745, vu le mauvais état de la chapelle et son inutilité, il fut ordonné de la démolir.

Logie (La).

Lourdes. — Domaine construit en 1874 par Mr Baillot d’Etivaux. Il fut ainsi nommé en souvenir d'une guérison miraculeuse à N.-D. de Lourdes .

Mas-Gibert (Le Grand et Petit).

Montfayon (Le). — Pierre-Daniel du Montfayon, seigneur du dit lieu, était avocat et juge en la châtellenie du Pont-de-Noblat en 1641. N... Daniel, seigneur du Montfayon. en 1775, était époux de demoiselle Martin de Puymaud. Léonard-Daniel du Montfayon et Antoine son fils votèrent aux États-Généraux de 1789. Léonard Daniel, seigneur du Montfayon, juge royal à St-Léonard, avait fait enregistrer ses armes à l'armorial en 1609, elles sont d’azur au coq d'or, accompagné en chef de deux étoiles, et en pointe d'un croissant de même.

Montmolard ou Montmollas

Orgnac. — Terre et château faisaient jadis partie de la vicomté du Dognon. Depuis le 13 juillet 1844. Mr Joseph Demonts, ancien maire du XIe arrondissement de Paris et député, originaire du Limousin, est devenu propriétaire d'Orgnac et de quelques domaines du Dognon. Son fils a agrandi cette terre d'Orgnac qui, aujourd'hui, avec une importante habitation, des forêts et des bois, a une superficie de 700 hectares.

Puy-au-Roux.

Réveillères (Les).

Rosier. — Pierre Journet, écuyer, époux de Marguerite de Jumilhac, était seigneur de Rozier en 1603. N... Journet, écuyer, seigneur de Rosier figurait à l'arrière-ban de la Marche le 20 août 1636. Pierre Chapelle de Jumilhac était seigneur de Rosier en 1704. Jean de Gentil, écuyer, seigneur de Lavaud, époux de Françoise Constant, est qualifié seigneur de Rosier en 1710. Dame Jeanne Le Gay, veuve de Jean de Gentil de Rosier, écuyer, seigneur de Rosier, se fit représenter à l’assemblée de la noblesse de la Haute-Marche, le 16 mars 1789, pour l’élection des députés aux États-Généraux. Ses descendants ont conservé la terre de Rosier jusqu’à nos jours. Le château est habité par Mr Alexandre de Gentil de Rosier, dont la famille a formé dans la commune du Châtenet les branches de Brutine et de Rosier.

Turelle ou Turelet.