Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 03/02/2023
CHERONNAC est un chef-lieu de commune dans le canton de Rochechouart, dont la superficie est de 1 889 hectares et la population de 1 065 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer va de 278 mètres à 379.
C'est à Chéronnac que la Charente prend sa source, entre des collines de 316 mètres d'altitude ; elle sort du département après un parcours de sept kilomètres. Ptolémée la nomme Carrenteli, Ausonne Carantonus. Le diacre Mathusalem, l'an 818 fit don à l'église de Saint-Etienne de Limoges de la chapelle de Carentenago qu'il avait construite et dédiée à Saint-Sauveur, et qui est devenue l'église paroissiale. En 1262, ce lieu est appelé Charempnhac.
Chéronnac était une cure de l'ancien archiprêtré de Nontron, sous le patronage de Saint-Sauveur, dont la fête était le 6 août, et aussi de la Nativité de la Sainte-Vierge. Vers la fin du XVIIIe siècle on y comptait 1 080 communiants (environ 1 440 habitants). L'évêque de Limoges y a nommé le curé en 1628, et 1637, mais ce droit de nomination appartenait au prieur des Salles qui l'a exercé en 1556, 1557, 1628, 1643, 1691, 1748, 1785.
Jacques Pasquet était prieur-curé de Chéronnac en 1665, 1668. — Jean Longeaud-Dupré de Charbonnières, prieur-curé en 1748, mourut en avril 1785. — Pierre Leclerc, curé des Salles fut transféré à la cure de Chéronnac, par nomination du prieur des Salles, le 12 avril 1785. Pendant la Révolution il subit la déportation, fut nommé de nouveau au Concordat et mourut au mois d'août 1817. — Etienne Meytadier, nommé curé en 1815.— Raymond Barrenay l'était en 1827. — Jacques Grandpré en 1828. — Léonard Bordas fut nommé en 1836. — André Chabaudie en 1875. — René Pannetier en 1879.
L'église de Chéronnac remonte au XIe siècle. Elle a été réparée et augmentée au XIIIe. C'est à cette dernière époque qu'on doit assigner le portail, les deux chapelles latérales, qui communiquent avec la nef par des arcades ogivales, l'arc triomphal qui sépare le chœur de la nef, et enfin la voûte à nervures qui s'étend sur le chœur. La serrure du portail est un curieux spécimen de l'art du XIIIe siècle. La cloche porte une inscription en lettres gothiques, avec la date en chiffres arabes. Elle est ainsi conçue « ✠ Jesus Maria … ora pro nobis. 1579. Te deum laudamus ». Le nom du saint qu'on invoque y est illisible.
L'église de Chéronnac est bâtie sur une éminence qui était autrefois environnée de fossés, et qui devait être à une époque reculée occupée par un château. On l'appelait la Mothe de Chéronnac. En 1649 ce lieu appartenait à Charles-Antoine de Ferrières, marquis de Sauveboeuf, un des héros de la Fronde, qui s'était emparé du Château-Trompette, à Bordeaux. C'est pour cela, qu'à cette date « Monsieur de Pompadour, lieutenant du roi en Limousin, a fait abattre les forteresses qui étaient en l'église de Chéronnac ». Le clocher porte encore des traces de fortifications, et il y a sous l'église des souterrains taillés dans le tuf, dans lesquels on pénétrait par la sacristie.
La litre funéraire peinte autour de l'église montre encore un écusson parti d'azur au chevron d'argent accompagné de trois roses de même (qui est de Rousiers) et de gueules au pat d'argent, accompagné de dix billettes de même mises en orle (qui est de Ferrières-Sauveboeuf).
Le presbytère de Chéronnac a été vendu comme propriété nationale, le 4 messidor an IV (22 juin 1796), pour la somme de 1 976 livres. (Archives Haute-Vienne. - Q. 152).
Le château de Chéronnac était éloigné du bourg de près de deux kilomètres ; on l'appelle aujourd'hui le château de Mirabeau. Il est complètement ruiné. A un des angles de son enceinte carrée existe encore une tour du XVe siècle qui conserve seulement son étage inférieur.
Foucaud de Rousiers était seigneur de Chéronnac en 1468 ; ses descendants possédaient encore cette terre au XVIIe siècle.
Après la mort de François de Rousiers, seigneur de La Mothe de Chéronnac, sa veuve Françoise de La Roque Senetrergue, et leur fille unique, Claude de Rousiers, que plusieurs seigneurs des environs recherchaient en mariage parce qu'elle possédait de grands biens, furent victimes d'une inqualifiable agression. Le 6 mars 1629, Louis de Fontlebon, écuyer, seigneur du Buisson, et son fils, Pierre de Fontlebon, écuyer, seigneur du Puy, paroisse de Maisonnais, arrivèrent à Chéronnac avec un certain nombre d'autres gentilshommes, s'emparèrent de la maison, chassèrent les serviteurs, saisirent la dame de Chéronnac et sa fille, et les conduisirent au château de Piégut, puis peu après, dans la maison seigneuriale de Tras-le-Bost, enfin, le 17 mars, dans le château de Bourg-Archambault en Poitou, les menaçant de les y tenir toujours enfermées si elle ne consentaient pas aux deux mariages qu'ils avaient projetés. Leur homme d'affaire, Antoine Pichet, et leurs parents non seulement dénoncèrent aussitôt ce rapt à la justice, mais encore rassemblèrent des troupes, et allèrent faire le siège de Bourg-Archambault. Malgré le secours que leur porta l'armée des assiégeants, elles ne furent mises en liberté, le 22 mars, qu'après avoir signé la promesse qu'elles les épouseraient lorsqu'elles seraient libres. Mais dès le 24 elles avaient porté plainte contre leurs ravisseurs, déclarant devant Jean Audebert, sieur de Francourt, vice-sénéchal de la Basse-Marche, qu'elles n'avaient fait cette promesse que par suite de la violence qui leur été faite, et qu'elles n'y avaient donné aucun consentement, les coupables furent arrêtés, amenés prisonniers à Poitiers et traduits devant la Cour des Grands-Jours. J'ignore quel fut leur châtiment.
Marie-Claude de Rousiers épousa en 1636, Charles-Antoine de Ferrières, seigneur de Sauveboeuf, fils de Jean, et de Claude des Cars, il était veuf de Marguerite de Pierrebuffière. Leur fils Charles-Joseph de Ferrières, marquis de Sauveboeuf, comte de Saint-Mathieu, premier baron du Limousin, seigneur de Pierrebuffière, Chéronnac, Congoussat et autres lieux, épousa, le 16 janvier 1673, dans l'église de Champagnac, Thérèse de Chouly de Permangle. Sa famille porte d'azur à la fasce d'argent surmontée de trois fleurs de pavot de même, et une feuille de châtaignier d'or en pointe.
La fille de ces derniers Anne-Thérèse de Ferrières, fut mariée à Charles, marquis de Vassan, d'une très ancienne famille du Valais. Il porte d'azur au chevron d'or, accompagné de deux roses d'argent en chef et d'une coquille de même en pointe.
De ce mariage ne vint qu'une fille, Marie-Geneviève de Vassan, qui épousa en 1743, Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, le célèbre auteur de l'Ami des hommes. Ses armes sont : d'azur à la bande d'or accompagnée en chef d'une demi-fleur de lis fleuronnée de même, défaillante à senestre, et en pointe de trois roses d'argent posées en orle.
La marquise de Mirabeau habita longtemps le château de Chéronnac, elle fut mère du comte de Mirabeau le grand orateur de l'Assemblée Nationale, du vicomte de Mirabeau, député aux Etats-Généraux pour la noblesse du Limousin, et de Marie de Mirabeau, épouse de M. de Lasteyrie, marquis du Saillant.
Les villages de cette commune sont :
Bachellerie.
Bataillon.
Belair. — Appartenant à la famille Léonard, qui porte d'or à la plante de nard de sinople, fleurie au sommet d'une rose de gueules, accostée de deux lions affrontés de même, et accompagnée en chef d'un croissant d'argent. François Léonard de Belair, né à Chéronnac, curé de Saint-Basile, est mort pour la foi sur les pontons de Rochefort, le 19 août 1794.
Bord.
Bos (Le).
Breuil (Le), dont était seigneur, en 1764 N… Durivault.
Bussac.
Buzatière (La).
Château (Le), dont il est parlé ci-dessus.
Châtillon.
Chez-Daniel.
Chez-Foret, alias Chez-Goret.
Féranchie (La). — N… Soury, sieur de la Féranchie, en 1783.
Feraudie (La).
Forge-du-Buisson. — Cette forge, ainsi que celle de Peyrassoulat, situées sur la Tardoire, appartenait, en 1808 à MM. Nicolas et Louis Léonard.
Grue (La).
Hôpital (L'), appelé autrefois Fougerac, était en 1338, une préceptorerie appartenant au grand prieur d'Auvergne. En 1479, elle est appelée de Cherennat. En 1617, elle était jointe, ainsi que la Martinie, à Milhaguet, et payait au commandeur de Bourganeuf un setier de froment, deux de seigle et un d'avoine.
Laides (Les Grandes).
Laides (Les Petites).
Martinie (La), que possédait l'ordre de Malte en 1617.
Masselieux (Le).
Maurinie (La), alias La Mazinie.
Montourne, où était le fief de Longuevergne, appartenant, en 1764, au sieur de Fontgrenier.
Neples (Les).
Peyrassoulat. - Ancienne forge sur la Tardoire.
Puyssenet.
Raux (moulin de), sur la Tardoire. - Ancienne forge.
Razide (La). — En 1753, Léonard Boudaud était seigneur de La Razide à cause de demoiselle Simon, son épouse, veuve du sieur du Soulier.
Sept-Châtains (Les).
Trois-Buissons (Les).
Vigeries (Les).