Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 03/02/2023
COGNAC, est le chef-lieu d'une commune dans le canton de Saint-Laurent-sur-Gorre, qui a 3,152 hectares de superficie et 1,726 habitants. Sa plus grande altitude au-dessus du niveau de la mer est de 418 mètres.
C'était une cure de l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, son patron était Saint Priest d'Auvergne, évêque et martyr, dont la fête est le 25 janvier. Comme ce jour était aussi celui de la Conversion de Saint Paul, et le lendemain celui de la fête de Saint Policarpe, on a cru à tort, que ces deux saints étaient les patrons de la paroisse. Cependant en 1507, on y fêtait comme patrons secondaires la Sainte-Vierge, Saint Just et Saint Paul. Vers la fin du XVIIIe siècle on comptait dans la paroisse de Cognac 1,000 communiants (environ 1,133 habitants). L'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés, ce que l'on constate depuis 1481.
Mathurin Bouchaud était curé de Cognac en 1484. — Jean Lemoine en 1503. —Antoine Villard fut nommé en 1592. — Hugues Marchandon le fut vers le même temps. — N... Dechassaigne 1650. — Balthazar Volondat en 1670. — N... Boissou en 1688-1707. — N... de La Lande en 1707. — Martial Sudraud-des-Isles en 1726-1745. — Jean-Baptiste Senemaud en 1749-1778. — Joseph Senemaud, neveu du précédent, en 1778. — Léonard Coutisson des Saignes qui avait été déporté pendant la Révolution, fut nommé curé de Cognac
en 1802, et mourut en mars 1823. — Paul Plagne, nommé le 15 septembre 1822. — Martial Madoumier en 1841. — Jean Gomar en 1863. —Jean-Baptiste Dorat en 1864. — Charles Chatenet en 1875. — Gustave Pénicaud en 1906.
L'église de Cognac était précédemment la chapelle du château ; elle fut érigée en église paroissiale au mois d'août l265, et l'on fit alors un traité pour sa dotation. L'official de Limoges et les seigneurs du lieu convinrent que ces derniers payeraient annuellement au recteur de cette église douze setiers de seigle.
Il y avait dans cette église une vicairie fondée par Mathurin de Compnhac écuyer, seigneur dudit lieu, par son testament du 13 août 1499.
Cette église qui a le clocher sur la porte d'entrée, est formée d'une nef centrale de deux travées, accompagnée de quatre chapelles latérales. A la clef de voûte de la travée du sanctuaire on voit les armes de la famille de Cognac qui sont d'argent au lion de gueules, couronné et armé d'azur. Dans la travée qui la précède on en remarque de gueules à trois croissants d'argent, au chef d'or, qui sont celles de la famille de Lur, alliée aux Cognac. La chapelle latérale du côté du nord, qui était celle du seigneur du lieu, a sur sa clef de voûte un écusson formé de la réunion des deux précédents : Cognac et Lur. Enfin dans l'autre chapelle du côté nord, la clef de voûte est aussi ornée d'un écusson où les armes des Cognac sont unies à celles des Joubert de la Bastide, d'or à cinq fusées de gueules accolées et rangées en fasce.
L'église de Cognac possède deux cloches dont voici les inscriptions :
« ✠ I. H. S. Maria Sancte Paule apostole. Annet de Cougnac et Helaine de Pompadour, seigneur et dame du dit lieu et de Chateaubouchet, parain et marine 1628 »
« ✠ Anno 1886 me fundi curavit Carolus Chatenet hujus parochiœ rector. Benedicta fui a D. Thezard, vicario generali. Mihi imposita nomina Hieronymi-Jeremiæ-Theresiæ-Henricæ a patrino meo D. Frederico La Bouliniere et a matrina mea D.Leontina Robert vidua Fougere. Sancte Prœjecte, ora pro nobis.Georges Bolée, fondeur à Orléans.1886 ».
Le presbytère de Cognac fut vendu comme bien national, le 14 fructidor an IV (31 août 1796), pour la somme de 1,520 francs. (Archives de la Haute-Vienne, Q. 149).
Dans la partie la plus élevée du cimetière se trouve une lanterne des morts ou fanal funéraire, de forme carrée, datant du XIIIe siècle. La hauteur totale de ce petit monument est de 6 mètres 50 centimètres. Ses côtés ont 0,90 cm. Une légère colonnette orne chacun des angles de ce clocheton, et leurs chapiteaux supportent le toit pyramidal surmonté d'une croix. Il a perdu l'autel en pierre qui était à sa base, ainsi que la plus grande partie de la plate-forme sur laquelle il est élevé.
Le château de Cognac appartenait à la famille de ce nom, dont nous avons vu les armes ci-dessus. Monseigneur Henri de La Marthonie, évêque de Limoges, dont le frère Gaston de La Marthonie avait épousé Françoise de Cognac, habita pendant quelque temps ce château, lorsqu'il fut obligé de s'éloigner de Limoges, à la suite des troubles de la Ligue, en 1589 et 1590.
En 1628 nous trouvons Annet de Cognac, époux d'Hélène de Pompadour, habitant ce château. Une plaque de cheminée en fonte placée dans un des salons porte les armes de Cognac unies à celles de la maison Hélie de Pompadour, qui sont d'azur à trois tours d'argent maçonnées de sable.
La terre et le château de Cognac passèrent ensuite dans la famille Joubert. Pierre Joubert, sieur de Cognac et de La Bastide, était neveu et héritier de Mathurin de Cognac. On trouve aussi que François de Gay, écuyer, épousa le 26 janvier 1646, Isabelle de Joubert, fille de Charles, seigneur de Labastide, de Cognac, et baron de Châteaumorand. En 1772, un Gay de Nexon est encore seigneur de Cognac. Cette dernière famille porte pour armes d'azur au chevron d'or, accompagné de trois chaussetrapes d'argent.
François Alexis Joubert de La Bastide, fils d'Annet, seigneur de Cognac, fut vicaire général de Mgr Carbonel de Canisy, évêque de Limoges. Il était prêtre du diocèse de Limoges, licencié in utroque jure de l’université de Paris, et abbé de Corneville au diocèse de Rouen. Il mourut le 1er juin 1731 à l'hôpital des incurables de Paris, et faute d'avoir fait faire les réparations nécessaires en son abbaye de Corneville, on fit décréter, c'est-à-dire vendre judiciairement sa terre de Cognac.
Au XIXe siècle, le château et la terre de Cognac sont devenus la propriété de Pierre-Alpinien-Bertrand Bourdeau, garde des sceaux sous la Restauration, qui a été inhumé dans la chapelle de ce château le 12 juillet 1845. Ses armes sont d'azur au château d'argent flanqué de quatre tours rondes, pavillonnées et girouettées de même, posé sur une rivière d'argent ondée de sable, le château sommé d'un clocher garni de sa cloche d'argent, surmonté d'un léopard.
Ces armes qui sont presque la reproduction de celles de la ville de Bordeaux, sont celles que fit enregistrer en 1696, Baptiste Bourdeau, marchand de Limoges.
Les villages de cette commune sont :
Aubepeyre.
Aubepeyre (Moulin d’).
Baschauds (Les).
Beausoleil.
Chabons.
Châtaignier-de-Alouettes.
Chez-Pouzy.
Chez-Prufat.
Chez-Texier.
Cordelle (La).
Courrière (La).
Croix-de-Mansloup (La).
Dournant.
Forêts (Les Petites) ; jadis le petit hameau des Forêts.
Guilhomerie.
Guillaumets (Les).
Jussac.
Montpoutier. — Près de ce village et sur le bord de la route se trouve un beau dolmen dont la table mesure 4m90 sur 4m60. Elle repose sur quatre piliers. Il est souvent nommé dolmen de Cognac ; il est sur la limite de cette commune. M. de Fredy en est propriétaire.
A 35 mètres de ce dolmen, on remarque un menhir de 1m60 de hauteur, qui est peut-être un des supports d’un dolmen détruit.
Ployat, où se trouve le signal trigonométrique indiquant l’altitude de 412 mètres (Nouvellemnt rectifié 418).
Puy-Gerbain.
Puy-Judeau.
Puy-la-Grange.
Queyroix (Le). — La voie romaine de Limoges à Saintes traversait la commune de Cognac de l’Ouest à l’Est en passant près de ce village.
Roussi.
Tuillière (La).
Valade (La).
Vauride.
Verliac.
Vilotte (La)