Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 03/02/2023
COUSSAC-BONNEVAL, chef-lieu de commune dans le canton de Saint-Yrieix, a 6632 hectares de superficie et 3581 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer va de 376 mètres à 439.
Coussac-Bonneval était une cure de l'ancien archiprêtré de Lubersac, qui vers la fin du XVIIIe siècle avait 1880 communiants (environ 2507 habitants). Son patron était Saint Saturnin de Toulouse. L'évêque de Limoges y a toujours nommé les titulaires; on trouve des nominations faites par lui en 1482, 1566, etc., jusqu'à nos jours.
Il y avait dans cette église, à l'autel de la Sainte-Vierge alias de Sainte-Catherine, une vicairie fondée par Bernard de Bonneval, évêque de Limoges (1390-1403) ; elle était appelée de Montbrun. Germain de Bonneval y nommait un titulaire en 1516, ce que firent ses descendants jusqu'au comte de Bonneval, qui en 1785 y nommait François de Masseré, prêtre du diocèse de Sarlat.
Antoine de Bonneval, chevalier, gouverneur du Limousin, qui en 1471 épousa Marguerite de Foix, en fonda une autre à l'autel de Saint-Michel; Gabriel de Bonneval y nommait en 1563. Ce droit de nomination passa à ses successeurs, comme pour la précédente. II en fut de même pour une troisième qui était à l'autel de Saint-Martial.
L'église de Coussac, rebâtie au XVe siècle se compose d'une nef à trois travées, terminée par une abside à pans coupés, et accompagnée de deux chapelles. La famille Burguet de Chauffailles y avait ses tombeaux dans la chapelle de la Sainte-Vierge. Sur la clef de voûte d'une de ces chapelles se trouve un écusson chargé du tau, ou croix de saint Antoine.
Les curés dont le nom est connu sont : Jean de Beyssac, chanoine de la cathédrale et curé de Coussac, en 1474. — Foucaud de Bonneval, chanoine de la sainte-Chapelle du Palais à Paris, et curé de Bré et de Coussac, en 1503. — Pierre de Verdilhac en 1582.— Léonard du Burguet en 1602. — Etienne Chassaigne, 1687-1697. — N Massonneau nommé en 1751. — N... Salvanet, mort en 1764. — Yrieix Imbert de la Boisseille, chapelain du château, nommé curé en 1772, mourut en 1785. — Raymond de Beaune, nommé en 1785, subit la déportation pendant la Révolution.— Elie Silvain nommé en 1803, mourut en l828. -— Victor Merland 1828-1872. — Jean Michel 1872-1908. — Elie Cazals.1908.
Dans l'ancien cimetière, transformé aujourd'hui en place publique, existe une lanterne des morts du XVe siècle. Elle allait disparaître, lorsque sur les réclamations de la Société archéologique, le conseil municipal de cette commune, par sa délibération du 12 août 1888, lui en abandonna la propriété, à la charge de la réparer et de l'entretenir. Ce qui a été fait.
Un atelier monétaire existait à Coussac au VIIe siècle. On conserve au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, un tiers de sou d'or qui a été frappé, dans le deuxième ou troisième quart de ce siècle. Il pèse 1 gramme et 20 centigrammes. D'un côté on lit: COCIACO FIT. Tête à droite dont la chevelure, rejetée en arrière, se termine sur la nuque en forme de rouleau; portée sur une base à deux pieds recourbés à l'extérieur. Au revers: X BONOALDO MO. et une croix à bras égaux. Remarquons qu'au moyen-âge cette localité était appelée Cociacum, Cosacum, et Cossaccum.
Le château de Bonneval est le berceau de la famille de ce nom. Bâti sur une éminence assez forte, il était anciennement entouré de vastes fortifications extérieures qui renfermaient aussi le bourg de Coussac. A l'époque où les manoirs féodaux ont fait place à des habitations moins redoutables, mais plus commodes, ces fortifications ont été rasées. Tel qu'il est aujourd'hui ses nombreuses et hautes tours rondes ou carrées lui donnent à la fois un aspect imposant et pittoresque. Il se développe sur un plan carré, comme presque tous les châteaux du Limousin, ayant une tour à chacun de ses angles. Construit au XIIIe siècle, il a été réparé à différentes époques. A l'intérieur c'est l'architecture de la fin du XIVe siècle, ou du XVe qui domine partout où le XVIIIe n'a pas étendu ses réparations.
Au milieu de la façade de l'Est, représentée par notre gravure, se dresse une tour carrée, surmontant le portail à arc surbaissé, accompagné d'une petite porte, lesquels avaient jadis leur herse et leur pont-levis. C'est dans cette tour que se trouve, au premier étage, la chapelle, voûtée en berceau, où l'on remarque un fort beau vitrail de travail allemand dans la seule fenêtre qui l'éclaire. Elle a été bénite par Mgr Prosper de Tournefort, évêque de Limoges, le 8 mai 1835.
La façade du Sud, datant du XIIIe siècle, est surmontée d'une belle couronne de machicoulis et de créneaux. Les deux autres façades ont été retouchées au XVIIIe siècle.
La cour intérieure est entourée de plusieurs rangs de galeries superposées et portées par de vieilles colonnes torses, toutes variées dans leur forme. C'est de ces galeries que l'on pénètre dans les chambres et les salons si intéressants par la beauté et la richesse des ameublements, des peintures et des tapisseries.
La terre de Bonneval présente cette rare particularité de n'être jamais sortie de cette famille, dont les armes sont d'azur au lion d'or armé et lampassé ds gueules. On suit sa filiation depuis le XIe siècle. On remarque parmi ses membres : Géraud de Bonneval qui en 1055 donne le Monteil à l’abbaye de Solignac. Guillaume de Bonneval qui partit pour la Croisade. Bernard de Bonneval, évêque de Limoges en 1391. Antoine de Bonneval qui épousa en 1471 Marguerite de Foix. Germain de Bonneval qui se distingua à la bataille de Fornoue en 1495. Foucaud de Bonneval, mort évêque de Périgueux en 1540. Claude-Alexandre de Bonneval, qui après avoir servi la France, passa en Autriche, puis en Turquie, où il devint gouverneur de Roumélie, grand maître de l'artillerie et mourut en 1747.
Les villages de cette commune sont :
Angelaud.
Arfeuille.
Auby (L').
Augerie (L’).
Autier (Moulin).—La famille Autier possédait les seigneuries de La Bastide, Las Foussadias, La Faye, Veyrat, La Chourière et Leyssard. Ses armes sont de gueules à la bande d’argent accompagnée en chef d’un lion rampant d’or, couronné de même et en pointe de trois coquilles d’or mises en bande.
Bastide (La).— Dans la chapelle du château de La Bastide avait été fondée une vicairie en l'honneur de saint Blaise. Le prieur du Chalard la conférait au prêtre désigné par le seigneur du lieu. En 1699, c'était Jean Autier, écuyer, seigneur de La Bastide, et, en 1758 Antoine Brachet, chevalier, seigneur de La Bastide, qui était fils d’Etienne et de Louise Autier. Ses armes sont d’azur à deux chiens passants d’argent.
Batailles (Les).
Bessouillasse .
Biaugeas.
Bois-la-Roussie.
Bois-Vicomte .
Boslange .
Bré, au moyen-âge, était une place forte sur la rive gauche de la Boucheuse, appartenait à la famille du même nom. On trouve parmi les chevaliers limousins qui partirent pour les croisades quatre de ses membres dont les armes représentent trois lions.
Il y avait à Bré une église dédiée à saint Martin. Fruinus de Bré la donna aux moines de Vigeois en 1029, et Guillaune d’Uriel, évêque de Limoges en investissait leur abbé en 1097. Cette église, à laquelle l’évêque de Limoges nommait les titulaires, était une cure en 1180, 1310 et 1333; elle est ensuite dite annexe de la cure de Coussac en 1484 et 1569. Nous voyons en 1503, Foucaud de Bonneval, curé de Bré et de Coussac, faire opposition à Geoffroy de Pompadour, évêque du Puy ; Antoine, évêque de Condom; Jean, chevalier, père des dits évêques et Antoine, fils dudit Jean, qui demandaient que l'église et la cure de Bré, ruinées par les Anglais, fussent remises dans leur état primitif.
La forteresse de Bré, aujourd'hui détruite, n'a d'autre aspect que celui d'un vaste camp retranché, dominé par une seule tour éventrée. Les mémoires du pays rapportent que Gui IV, vicomte de Limoges, accompagné de la milice bourgeoise de cette ville mit le siège devant le château de Bré le 3 octobre 1242, le prit et le démolit. Durand d'Orliac, évêque de Limoges, se plaignit au roi de France de cette violence. Les habitants de Limoges répondirent qu’ils n'en étaient pas responsables, parce qu'ils étaient au service du vicomte.
Après être restée quelque temps aux vicomtes de Limoges, la terre de Bré passa aux de Maumont et le roi de France l'acheta en 1306. Puis, en 1317, Philippe-le-Long la donna à Henri de Sully ; elle était alors titrée baronnie. En 1353, Louis de Sully et Marguerite de Bourbon, sa mère, la vendirent à Guillaume Aubert. On connaît le sceau d’Etienne Aubert, fils de Guillaume; il porte de gueules au lion d’argent, à la bande d’azur brochant sur le lion, au chef de gueules soutenu (ou non) d’azur, chargé de trois coquilles d’argent, avec cette légende: Scutum Stephani Auberti Domini de Rupeapis et ae Breno. Geoffroi Hélie de Pompadour l'acheta, en 1490, à Catherine de Chazeron, veuve de Jacques Aubert. Hélie de Pompadour porte d'azur à trois tours d’argent.
Lorsque Bré appartenait au vicomte de Limoges, les seigneurs voisins lui rendaient hommage ; ils le rendirent au roi lorsque ce fut une propriété royale, mais ils refusèrent cet hommage à Henri de Sully et à ses successeurs. C'est pour cela qu’en 1500, Jean de Pompadour leur intenta un procès devant le Parlement de Bordeaux, qui par un arrêt du l9 mars 1504, « condamne les seigneurs de Bonneval, de Cotet, de La Tour, de Livron, de Jougnac, de Lubersac, du Breuil, de Pérusse des Cars, etc., à rendre hommage au baron de Bré. »
Marie-Françoise Hélie de Pompadour, la dernière représentante de sa branche, épouse du marquis d’Hautefort, possédait encore la baronnie de Bré. Elle mourut, sans enfants, en 1728. Vers 1762, le roi acquit, par échange avec le duc de Choiseul, les terres de Pompadour et de Bré.
Bré (Moulin de) .
Breuil (Le).
Breuil-la-Tour.
Burguet (Le) — C’est probablement le berceau de la famille de ce nom.
Chaillaud (Grand).
Chaillaud (Petit).
Chanoncle.
Chatain (Le).
Chauffaille (La Forge de), construite au XVIIe siècle, a été possédée et exploitée depuis plus de deux cents ans par la famille de Burguet de Chauffaille. Le château date de la même époque. Bernard-Auguste du Burguet de Chauffaille y a fait construire une chapelle en style gothique qui a été consacrée en 1851. La fille de ce dernier, Lucie-Louise du Burguet, en épousant en 183? le comte Théodore-Auguste Cherade de Montbron, lui a porté la propriété de Chauffaille. Du Burguet a pour armes d’azur à une maison sommée d’une flèche empennée, la pointe en haut, accostée de six étoiles mises en pal, trois de chaque côté, le tout d’argent. Cherade de Monbron : d’azur à trois losanges d’or.
Il y avait à Chauffaille un magnifique chêne, réputé, avec raison, le plus beau de tout le pays ; son tronc avait 1 mètre 70 centimètres de diamètre. En 1889, M. le Comte Henri de Montbron l’a donné pour former le joug qui porte le bourdon de l’église du Sacré-Cœur à Paris. On sait que cette cloche, appelée la Savoyarde, pesant 17000 kilos, est la plus forte qui soit en France.
Champs (Les).
Champrivière.
Chez-Pagnon.
Courteille (La).
Courtillas (Moulin de).
Crouzillac.
Cubertafon.
Drouly.
Fargettas.
Faye (La).
Figeas (Bas).
Figeas (Haut).
Figeas (Moulin de).
Fruger.
Gouttas (Las).
Jarousse (La).
Joubertie.
Jugie (La).
Labesse ou La Besse, où existait une chapelle rurale dédiée à saint Roch.
Lambertie.
Lande (Moulin de La).
Laubergerie.
Loradour de la Madone, alias Le Petit Mas.
Marche (La).
Marsac.
Marsaguet.
Marsaguet (Forges de).
Mas (Le Petit), alias Loradour de la Madone.
Mas-Chebry.
Masiaux (Les).
Mercier.
Mérine.
Meseillac.
Montazeau (Le).
Murailles (Les).
Népoux — il y avait dans ce village une chapelle dédiée à saint Martin. En 1741, il fut permis de la démolir vu son mauvais état et son inutilité.
Pabot.
Parc (Le).
Penaud (Le).
Pierrefitte.
Plantade (La).
Pouge (Moulin de La).
Pouriaud (Grand).
Pouriaud (Petit).
Pressac.
Puy de Coussac.
Puy du Lac.
Renaudie (Petite).
Ribière (La).
Roumegoux.
Sarteix.
Segeillat.
Septfonds (Les).
Siorat.
Tournerie (La).
Touvent ou Tour-Vents.
Troussegeras.
Veissière.
Vias (La).