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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 04/02/2023

 

COUZEIX, chef-lieu de commune dans le canton ouest de Limoges, a 3,065 hectares d'étendue, et 1,996 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer qui est de 269 mètres sur les bords de l'Aurence, va jusqu'à 425 près de Saint-Martin-du-Fau.

Ce nom a été écrit Coseis et Cosei en 1097, Cozes en 1419, Couzeilz en 1433. Ce lieu est surnommé le Petit-Limoges dans un acte de 1245, et il garde encore ce surnom.

Les abbés de Saint-Martial de Limoges avaient de grands intérêts dans cette paroisse; ils avaient le droit de justice et y percevaient les dîmes. La prévôté de Couzeix dépendait de ce monastère en 1097, elle fut unie à 1a mense abbatiale en 1404. Sur la fin du XVe siècle, l’abbé Jacques Jouviond rebâtit la maison prévôtale Mais cette prévôté fut supprimée par la bulle de sécularisation de 1535, et dès lors les abbés furent obligés d'entretenir à Couzeix un vicaire ou curé, un juge et un procureur. Cette prévôté avait pour patron, en 1097, Saint-Martial, et en 1570, la Sainte-Vierge ; puis en 1750 et comme aujourd'hui Sainte-Madeleine.

La cure, qui faisait partie de l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, avait le même patron que la prévôté. Au XVIIIe siècle on y comptait 935 communiants (environ 1,247 habitants). L’abbé de Saint-Martial y a toujours nommé les titulaires comme on le constate en 1569, 1570, 1573, 1577, 1604, 1620, 1643, 1644, 1654, l662, 1693, 1706, 1709, 1751, 1757.

Guillaume Gaufridi était prévôt de Couzeix vers 1351.

Les curés dont le nom est connu sont Jean de Lafont, 29 juin 1426, testa le 28 avril 1431. — Jean de Monteys, 3 octobre 1433. — Jean Peytavino, 28 juillet 1450. — Guillaume Benoit, 30 mai 1485. — N... Terrier, 1519.  — Louis Savary, 4 mars 1530. — Louis Santon, (Sauton ?), 20 novembre l53l. — Jean Texier nommé en 1567. — Etienne Breilhaud résigne en 1594. —  Barthélémy Louradour en 1594. — N... Texandier peu après 1620. — Jean Joanaud en 1681. — François Soudanas, décédé le 6 mai 1706. — N... Guérin, 20 juin 1725-1730. —  Jean-Baptiste Bardinet, 1750, mourut en novembre 1757. — Léonard Baresge, 1757, résigna à son frère. — Jean Baresges 1758, mort en janvier 1788. — Mathurin Alaboissette, 15 janvier 1788, 20 janvier 1790. — Gilbert-Joseph Mercier, 1790, expulsé de la paroisse pour refus de serment mourut à Clermont en 1792 — François Guineau-Dupré, nommé en 1803, jusqu'en 1836 — Léonard Larue nommé en 1836. — Jean-Baptiste Thouvenet en 1837 — François Mabay en 1842. — Jean-Baptiste Tisseuil en 1851. — Alphonse Maurelet en 1867. — Jean Reix en 1870. — Hippolyte Martin en 1883. — Louis Grenet en 1887 — Paul Andrieux en 1896. — Eugène Sudraud-Delisles 1901.

L'église de Couzeix a été construite au XIe siècle ; il y a quelques reprises du XVe. Les collatéraux offrent des voûtes transversales comme à la cathédrale de Limoges. Dans des réparations faites en 1898 plusieurs fenêtres ont été ouvertes, le choeur a reçu une nouvelle voûte et un autel en pierre blanche.

Elle possède une belle cloche du XIIIe siècle probablement de 1215, qui porte cette inscription en lettres gothiques majuscules « ✠ I. H. S. SCS. MARCIALIS. ORA. PRO. NOBIS. AVE. MARIA. » On lit sur la seconde cloche : « ✠ Jacques-Henri-Philippe de Montesquiou abbé de St-Martial. Antoine-Joseph de Martin chevalier, seigneur de La Bastide, parrain. Jeanne-Thérèse du Repaire, dame de La Bastide, marraine. Martial Terrier nore fabricien. Faite par moy Morin. 1743 ».

C'est à Couzeix qu'on allait recevoir les personnages importants qui devaient faire leur entrée solennelle à Limoges.

Le 2 mars 1438, Charles VII qui avait couché au Dorat et dîné à Thouron, et le Dauphin, son fils, se réunirent à Couzeix pour faire leur entrée à Limoges.

Le 26 août 1541, le corps de Jean de Langeac, évêque de Limoges, ayant été transporté de Paris à Couzeix, où il fut déposé et gardé dans l'église pendant la nuit, fut solennellement transféré à Limoges pour être inhumé dans la cathédrale. On trouve une relation très détaillée de ces cérémonies dans la Feuille hebdomadaire de Limoges du 22 février 1786.

En 1569, la veille de la Fête-Dieu, le duc d'Anjou, à la tête de l'armée catholique, vint loger à Couzeix, où les consuls de Limoges lui apportèrent les clefs de la ville. A ce moment l'amiral de Coligny et les Allemands s'approchaient de la ville pour s'en emparer. C'était le prélude de la bataille de la Roche-l'Abeille.

Mgr François de La Fayette fit son entrée solennelle à Limoges le 20 ou le 25 juin 1628. Selon l'usage traditionnel, huit compagnies de bourgeois de la ville allèrent au devant du prélat jusqu'au delà du Petit-Limoges, avec les députés du chapitre, et les consuls qui le haranguèrent.

Mgr François de Canisy fit son entrée solennelle le 19 mai 1696. Les huit compagnies de bourgeois allèrent au devant de lui « en armes, avec tambour jusqu'au delà du Petit-Limoges ; les consuls les avaient accompagnés, voir même des ecclésiastiques ».

En 1594, les Croquants furent chassés de Couzeix par M. de Chamberet, gouverneur du Limousin, qui avait réuni pour cette expédition, une troupe de sept à huit cents hommes, et des canons.

 

Les villages de cette commune sont :

 

Ane (Moulin de L’).

Anglard.

Artrugeras.

Biard (Le).

Bost (Le).

Buis (Le). — En 1806, on découvrit au domaine du Buis une urne en verre bleuâtre, surmontée d’un couvercle en terre rouge, à demi remplie d’ossements brûlés et de médailles de cuivre aux effigies de Claude, Néron et Domitien.

Propriété de la famille Benoist du Buis dont les armes sont d’azur au chevron d’or accompagné de trois mains dextres bénissantes d’argent, deux en chef et une en pointe.

Buxerolles.

Chamboursat.

Coyol. — Balthazar Thomas, sieur de Coyol, mourut en 1703.

Coyol (Moulin de).

Feuillée (La).

Francines (Les).

Garde (La).

Gorseix.

Grinjolles (Les).

Hermiterie (L’).

Hippodrome de Texonniéras. — Les premières courses de chevaux de Limoges eurent lieu, en 1820, sur la route de Pierre-Buffière, au plateau de Boisseuil, à La Chalussie. L’année suivante, l’hippodrome fut établi près de Texonniéras, où il est encore.

Lajoux.

Landoux (Le).

Mas-Borianne. — « Le samedi, second jour d’aoûst 1532, fut tenue la cour de messrs les consuls de Limoges au bourg de Verneuil, par ban général, et mesmement devant la maison du prévost dudit lieu, à une brasse près son huys et es autres lieux acoustumés dudit bourg. Et après en la lande de Coseys, près le bois de Barracon, es appartenances du Mas-Borianne, fut pareillement tenue la dite Cour, en présence de mesdits srs les Consulz par leurs officiers. » (R cons, 1, 227.) C’est une suite des longs procès qui eurent lieu entre les consuls de Limoges et les abbés de Saint-Martial pour le droit de justice à Limoges et aux environs.

                Gaspard Benoist était seigneur du Mas-Borianne et de Blémont en 1602.

Mas de l’Age. — Martial Benoist, président trésorier général de France, était, en 1613, seigneur de Compreignac et du Mas de l’Age. Sa femme, Jeanne de Douhet, qui mourut en odeur de sainteté, avait conduit au Mas de l’Age les religieuses carmélites de Limoges pendant la peste qui désola cette ville en 1631.

                François Martin, écuyer, seigneur de Compreignac et du Mas de l’Age, épousa, en 1748, Marie Blondeau, en présence de Joseph Blondeau, seigneur du Mas de l’Age, son oncle. Marie Blondeau et son fils Martin de Compreignac, vendirent le Mas de l’Age à M. Guérin-Lézé, par contrat du 20 septembre 1807.

Montin (Le).

Maison Neuve.

Nouaillas. — Une chapelle dédiée à saint Roch existait dans ce village dès 1531 ; elle tombait en ruine vers la fin du XVIIIe siècle.

Pont (Moulin du).

Puy (Le).

Puy-Renier.

Rouzeix (Le).

Saint-Martin-du-Fau ou du Frau était jadis en partie sur la paroisse de Couzeix et en partie sur celle de Nieul, appartenait à la famille Juge de Saint-Martin, dont les armes sont d’azur à la main mouvante du flanc senestre, tenant une épée en pal supportant le fléau d’une balance à deux bassins d’argent. La chapelle de Saint-Martin existait en 1389.

Texonniéras. — M. de Labrousse était seigneur de Teyssonniéras en 1638 et 1647. Jean de Villoutreys, écuyer, seigneur de Teyssionnéras, maire de Limoges, mourut le 16 mars 1617 et fut inhumé dans l’église de Couzeix. Ses armes sont d’azur au chevron d’or accompagné en chef d’un croissant entre deux étoiles et en pointe d’une rose, le tout d’argent. Son autre frère, Jean de Villoutreys, , écuyer, seigneur de Teyssionnéras et de la Jourdanie, chevalier de Saint-Louis, épousa Marie-Anne du Boys de la Mandrie, dont il eut deux enfants : Jean-Alexandre de Villoutreix, seigneur de Teyssionnéras, et Anne de Villoutreys, demoiselle de Teyssionnéras, qui épousa le 10 février 1728, dans la chapelle du château de Teyssionnéras, Martial Baillot du Queyroix, écuyer, seigneur du Queyroix, qui devint garde du corps du roi et co-seigneur de Peyrilhac, dont les armes sont d’azur à la fasce d’argent accompagnée en chef de trois étoiles d’or et en pointe de trois écots de même posés en pal 2 et 1.

                En 1789, Jean-Baptiste Martin de La Bastide, chevalier, était seigneur de La Bastide, La Bregère, le Mas-Borianne et Teyssoniéras. Ses armes sont écartelé, aux 1e et 4e d’azur à la tour d’or ; au 2e et 3e de gueules à la fasce d’or. Le château de Teyssoniéras, rebâti en 1875, a ensuite été acheté par M. Edmond Benoist de Lostende qui l’a revendu à M. Henri Charles-Lavauzelle.

Villageas (Le)