Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 04/02/2023
LA CROIX, est le chef-lieu d'une commune dans le canton du Dorat. Sa superficie est de 1274 hectares et sa population de 603 habitants. Son altitude est de 240 mètres au dessus du niveau de la mer.
L'église de La Croix appartenait à l'abbaye de Saint-Martial dès le XIe siècle, elle était dite de Saint-Sauveur, mais appelée vulgairement La Croix. Aimeric de La Croix donnait des rentes et des dîmes à cette abbaye l'an 1096. Cette église était cependant tombée aux mains des seigneurs du voisinage, qui la gardèrent pendant de longues années, et ne la restituèrent qu'en 1098. Les possessions des moines de Saint-Martial dans cette paroisse s'accrurent grâce aux libéralités de Raymond Dufaure et de différents membres de la famille des du Breuil. Elles étaient devenues assez importantes au XIIIe siècle pour nécessiter la fondation d'un prieuré en 1224. Ce prieuré n'eut qu'une existence éphémère, et fut supprimé en 1282. Ses revenus furent affectés à la dotation de la sacristie, et plus tard, en 1535, attribués à la mense capitulaire.
La cure, qui faisait partie de l'ancien archiprêtré de Saint-Junien, avait pour fête patronale l'Exaltation de la Sainte-Croix. L'abbé de Saint-Martial y a toujours nommé les curés. Vers la fin du XVIIIe siècle la paroisse avait 500 communiants (environ 667 habitants).
L'église de La Croix possède un reliquaire de cristal, entouré de filigranes en argent, contenant une parcelle de la Vraie Croix. Cette relique a été obtenue de Rome le 14 mai 1778. Elle a aussi des reliques de saint-Israël et saint-Théobald, ses patrons secondaires.
La cloche porte cette inscription : « ✠ S. Antoni, ora pro nobis. De inimicis libera nos Domine. — L'an MVCLXXXXV. » Elle est en lettres gothiques. Le clocher formé d'un beffroi à huit pans et d'une flèche élancée a été construit en 1674.
La façade de l'église a été en partie refaite et le clocher recouvert en 1733, sous l'administration de Joseph Brissaud curé de la paroisse. Ce dernier a aussi construit en 1738 une partie du presbytère qui, à la Révolution, fut vendu, comme bien national, pour la somme de 720 francs, le 8 thermidor an IV (26 juillet 1796) au sieur Betoulle. Il a été racheté par la commune en 1828. (Archives Hte-Vienne Q. 147).
Vers 1870, M. Veyriras a fait réparer l'église et l'a agrandie en y ajoutant à sa nef romane deux chapelles latérales qui donnent à son plan la forme d'une croix.
Simon Barret était curé de La Croix en 1490. — Louis Lamy, en 1578. — Pierre Charaing en 1593. — Léonard Massenaud, nommé en 1640, vivait en 1688. — André Macany, mort en 1732. — Joseph Brissaud, 1732, mort en 1782. — Pierre Reculé, nommé en 1782, caché dans la paroisse pendant la Révolution, se retira ensuite dans sa famille, fut envoyé au tribunal révolutionnaire de Paris. Sauvé par la mort de Robespierre il revint et mourut en 1800. — François Savard, ancien curé de Saint-Sornin-la-Marche, revenant de la déportation en Suisse, fut nommé curé de La Croix en 1803, mourut en 1825. — La paroisse fut desservie pendant quelque temps par les curés de Saint-Bonnet et de Saint-Sornin. — Gabriel Boucarel fut nommé en 1832. — N….. Vignaud 1833-1838. — Etienne Colas 1838. — Michel Barreix 1839-1847. — N….. Lécuyer 1848-1853. — Joseph-Jacques-Eugène Decoux 1853-1859. — Jean-Baptiste-Louis Vilette 1859-1864. — Gabriel Veyriras 1864-1881. — Hippolyte-Romain Lannier-Confolant 1881. A publié en 1898 une notice sur saint Israël, saint Théobald et la paroisse de La Croix.
Les villages de cette commune sont :
Ambert, alias Ambé.
Ballanges. — En 1640, il y avait dans ce village une chapelle dédiée à saint Martial. On y avait fondé une vicairie que conférait le chapitre du Dorat. Cette chapelle tombait en ruines vers la fin du XVIIIe siècle ; il n'en reste rien.
Chez-Bomard.
Chez-Boucher.
Chez-Marchat.
Chez Peyraud.
Chez-Trouchaud.
Maillerie (La), ancien malien à foulon. — On passait jadis la Gartempe au lieu dit La Nau, près la Maillerie. Le bateau qui faisait ce service, le 1er décembre 1860, coula au milieu de la rivière avec un certain nombre de personnes. Depuis on y a construit le pont qui existe.
Milanges. — Une chapelle dédiée à sainte Anne se trouvait près de ce village. Elle n'existe plus.
Montaumart. — Philippe Bonichaud ou Bonnechaud, seigneur de Montaumart, était convoqué au ban de 1568. Pour avoir tué Gabriel Saint-Martin-de-Bagnac, il fut condamné à mort. Mais par conventions intervenues ensuite et sentence royale du 23 septembre 1552, il fut condamné à payer 25 livres de revenu pour fondation et dotation d'une chapelle ou stipendie perpétuelle à l'église de Saint-Bonnet, à l'autel devant lequel est inhumé le corps de Gabriel de Saint-Martin.
On trouve près de Montaumart un dolmen dont la table a 2 m 40 sur 1 m 70. Elle était portée par sept supports à 1 m 10 au dessus du pavé de la chambre sépulcrale ; mais un de ces supports ayant été détruit, elle a basculé d'un côté et touche le sol du côté du midi.
Moulin de La Croix.
Plats (Les).
Pouyaud (Bas).
Pouyaud (Haut).
Rebeyrolles appartenait, en 1558, à Philippe Bonichaud, chevalier de l'ordre du roi.
Rousseau (Moulin du).
Toury (Le). — Les pittoresques rochers du Toury se dressent comme une falaise à pic sur la rive droite de la Gartempe.
Tuilerie (La).