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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 04/02/2023

 

CROMAC, chef-lieu de commune, est sur la rive droite de la Benaise, dans le canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles. Sa superficie est de 2,413 hectares, sa population de 874 habitants, et son altitude de 271 mètres au-dessous du niveau de la mer.

La cure de Cromac, dans l’ancien archiprêtré de Rancon a pour patron Saint-Silvain d’Ahun, dont on fait la fête le 16 octobre. Les titulaires de cette cure étaient nommés par le prieur-curé de Saint-Nicolas-de-Beaulieu, localité qui aujourd’hui fait partie du département de l’Indre. On trouve des nominations faites par lui depuis 1531 jusqu’à la révolution.

Au XVIIIe siècle il y avait dans cette paroisse, d’après le Pouillé de Nadaud, 650 communiants, ce qui suppose environ 867 habitants. L’indicateur du diocèse qui en donne seulement 350, doit être dans l’erreur.

L’église, construite au XIIe siècle, a été restaurée au moyen d’une suscription fait dans la paroisse et ensuite consacrée le 10 août 1904. C’est à ce moment qu’un autel moderne y a  remplacé un en bois du XVIIe siècle, qui n’est pas sans intérêt et qu’on conserve dans l’église. Il est orné de quatre statues dont une de Saint-Laurent, et de deux écussons ; sur l’un figure un sautoir accompagné d’un croissant en pointe, ce sont les armes de Laurent de Fontbuffaud ; l’autre porte une fasce accompagnée de deux étoiles en chef et d’un croissant en pointe .

Le portail de cette église, est en plein cintre orné de trois tores retombant sur des colonnes munies de chapiteaux à crochets ; il est en gré ferrugineux de Chaillac ; le surplus du monument est en granit. A l’intérieur on trouve de chaque côté de la porte un enfeu de plein cintre ; les fenêtres fort étroites à l’extérieur sont franchement romanes, et le chœur voûté en ogive, se termine par un chevet droit. La voûte moderne qui couvre la nef est aussi ogivale. Le clocher est une tour carrée, soutenue à chaque angle par deux contreforts ; il est placé au Nord, et son rez-de-chaussée forme une chapelle de l’église. Avant les réparations modernes on voyait sur ses murs deux écussons peints, l’un était d’or à la bande componée d’or et de… , qui est de Montbel, l’autre portait de gueules à la croix d’argent chargée en abîme de…C’étaient les armes des seigneurs de Lacroux.

La grosse cloche qui était fêlée, fut refondue en 1730. Elle portait le nom de la Sainte-Vierge et de Saint-Sylvain patron de la paroisse. Son parrain était Léonard Laurent, sieur de Lacroux, et sa marraine Thérèse Decressac, femme de Louis  de Lafont, sieur de Saint-Georges, à défaut de Marie-Françoise Déaulx, femme de Jean-Louis Desmarais, sieur de Soulignac, dont le nom se trouve sur la cloche, et qui était décédée entre la fonte et la bénédiction.

Trois cloches existent actuellement dans le clocher, elles portent les inscriptions suivantes : « ✠ Bénite en 1863 par Mr le chanoine Chavastelon, doyen du chapitre. Nommée : Françoise. Parrain : Mr Alexandre Appay ; marraine Mlle J.-M.-J. M. Bourduge curé. Plainemaison, Thomas. Hervy prêtres, amis du curé. Bienfaiteurs : Maire. Aumasson, trésorier. Lemoine, instituteur. P.Clément. L.Clément. Courroux, ingénieur. Montaud, Draignaux Bienfaitrices : Paumier, Marguerite Appay, Bourduge, Colombet D. Thibaut, R.Demay, Vauzelade, Bardon. M.Appay, Mmes Thibaut et de la Lande. G.Bollé fonderie de St Loup, Orléans ». Cette cloche pèse 410 kilos (diamètre 0M90 c) et donne sol dièze.

« ✠ Bénite en 1863 par Mr le chanoine Chavastelon, doyen du chapitre. Nommée : Anne-Marie. Parrain Mr J.-B.  J.-M.-J. Marraine : Anne-Marie Bourduge, née des Rochers. Curé Bourduge, Mr Thomas prêtre. Suriat, adjoint : Couroux, ingénieur. Bouchaud. F.Aubrun. – G. Bollée fonderie de St Loup. Orléans ». Cette cloche pèse 284 kilos (diamètre 0m798) et donne la dièze.

« ✠ J.-M.-J. Nommée Jeanne-Radegone. Parrain Mr J.-B.Tibaut, maire. Marraine Mme J.-M. Lemoine. Donateurs : Mr C.Appay. Hte Thibaut. A.Bourroux. P.-L. Bourduge, curé.Fonderie Jacob Holtzer et Cte. 1869. ». Cette cloche, qui est en acier, a 0m798 de diamètre et donne mi.

Le presbytère de Cromac fut vendu comme bien national pendant la révolution le 18 thermidor an IV (5août 1796), pour la somme de 1.000 francs. (Archives  de la  Haute-Vienne.Q, 148).

Les curés dont le nom est connu sont : Jacques Pichon 1625-1644. — Léonard Rabby, 1663-1684.— Jean-Baptiste Bachelier, 1686, mort en 1707.— Joseph Decressac 1707, mort  en 1739, — François Ythier 1739-1758. — René Caillaud, 1758-1762. — Jean Maurat 1762, mort en 1790. — N…Bastide,1790-1792. — Jean-Baptiste Bigaud 1803, mort en 1815. — Pierre Chatelard, 1815-1839. — François  Guillot 1839-1846. — P. Laurent Bourduge, 1846-1887. — N…Huart-Fontaine, 1887-1889.— Adrien. — François Dézécure, 1889-1892.— Louis-Nicolas Bouchet, 1892.

La monographie du canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles, par M.Drouault, renferme tout ce que l’on connaît, sur la commune de Cromac ; nous lui avons fait de nombreux emprunts.

 

Les villages de cette commune sont :

 

Banne – Un souterrain-refuge avec chambre annulaire de l’époque gallo-romaine existe dans ce village.

Betoulle (La)

Boubraud – Pierre Silvain était sieur de Bauquebrault en 1660.

Bouches (Le) ou Bouchais. En 1905 on y a trouvé une bague en or portant une intaille gallo-romaine .

Bure (La) – Fief relevant de Piégut, possédé en 1416  par Guy de Chazerat, et, en 1433, par sa veuve N… Loubes, dame du Riz ; en 1523-1573, par Louis Chazerat ; en 1587, par Adam Bordes, sieur de Poyron. Charles Bordes, sieur de Poyron, le posséda ensuite et à son décès ses héritiers l’abandonnèrent  à sa veuve, Anne Deaulx, par transaction du 15 janvier 1508. Celle-ci se remaria à Jacques de Montbel. A cette époque, la mouvance de ce fief fut consacrée par le duc de Montpensier, mais un procès qui s’en suivit ne tourna pas à son avantage, car Philippe Silvain, prieur de Beaulieu, en rendait aveu au sieur de Piégut, le 6 juin 1761.

Chantouant.

Chataignier (Le).- Métairie et fief aux Montbel, 1632-1728.

Chauffeterie (La) ou Chauveterie.

Coulinière (La), qui s’est appelée jusqu’au XVIIIe siècle, La Counilière de Connil, vieux nom du lapin. – Ancien fief relevant de Brosse, comprenant plusieurs logis, tours et bâtiments clos de murailles, avec fossés et pont-levis. Il ne reste rien du château. Antoine Deaulx était sieur de la Coulinière en 1539. Son fils, Balthazar Deaulx, épousa, le 15 novembre 1578, Jeanne du Vignaud, dame de Chambon. Son autre fils, qui épousa, le 4 février 1572, Bonaventure Pezon, laissa Françoise Deaulx, mariée à Jacques Sornin, sieur de la Jarrige, et Anne, mariées à Charles Bordes, puis à Jacques de Montbel. Claude Sornin, fils de Jacques, était sieur de la Counilière en 1623, et habitait le château, il avait pour frère, Pierre Sornin, sieur de Martinet. A la révolution, Counilière appartenait à la famille de Montbel.

Croix de la Crouzette. – L’arbre le plus remarquable de la contrée est le châtaignier  Mollard sur la route de la Croix de la Crouzette à Soulignac ; il mesure 7 mètres 10 centimètres de circonférence à un mètre de terre.

Dent (La), jadis Ladam. – Il y avait un souterrain-refuge gallo-romain, ouvert au milieu du jardin de la métairie de Ladam : il a été comblé il y a quelques années.

Folie (La) .

Got (Le) ou Le Gas, en partie sur la commune de Saint-Georges.

Gaulier ( Le).

Gouttes (Les).

Grands-Bois (Les). – Belle maison moderne, entourée de beaux jardins.

Grand’Croux. (La), ancien nom de Lascroux. – Le 15 juillet 1595, Léonard de Sauzet rend une déclaration à Brosses pour son fief et métairie de la Grand’Croux.

Grand Mazou (Le).

Jappeloup.

Lascroux. – Sur un coteau très escarpé, inaccessible du côté de la rivière, se dressait l’ancien château féodal de Lascroux. Il  était possédé au XVe siècle par Nérigne ou Nigon de la Barde, mort avant 1459, et par son fils Guillaume de la Barde en 1495. François de Sauzet était sieur de Lascroux en 1530. Marc de Sauzet, époux de Jeanne de Naillac en 1540. Léonard de Sauzet, époux de Marie de Marsanges en 1572. Le château fort était démoli en 1597 : Pierre de Sauzet est encore sieur de Lascroux en 1610. Cette famille porte parti, au 1er de gueules à cinq fusées d’argent 3 et 2. au 2e d’argent à cinq merlettes de sable, ni pattées ni becquées, 3 et 2.

Peu après 1610, le sénéchal de Montmorillon, Paul Thomas, possèda Lascroux, et son fils, Léonard Thomas, sieur de Lascroux,  trésorier de France à Poitiers, épousa en 1622, Marthe Le Prévost.

M. de Fontbuffeau acheta Lascroux vers 1664. Léonard-Innocent Laurent, sieur de Fontbuffeau, le possédait en 1730. Sa fille, Jeanne Silvine Laurent de Fontbuffeau, le porta à François de Montbel en l’épousant le 27 janvier 1751. François-Esprist-Marie de Montbel, leur fils a été le dernier seigneur . Après la révolution, la famille Appay l’a possédé de longues années et il a été acquis, en 1893, par M.Albert Paintendre , avocat à Paris, qui y a fait construire un nouveau château en style moderne.

Mérigot.- Près de ce village, dans un champ appelé les Redondes, existait un dolmen qui a été détruit en 1817. Il en reste une partie de la table qui avait 2m.05 de long sur 2m.de large. On l’appelait la pierre à la marte. Trois haches en silex ont été trouvées en 1847, à peu de distance de ce dolmen.

Montlambert, en 1459, dépendait de la commanderie d’Hérut, qui fut ensuite unie à la Maison-Dieu de Montmorillon . Sur le coteau de Montlambert on trouve une éminence portant le nom de Chatelas, c’est une ancienne citadelle gauloise, occupée ensuite par les Romains. Des fossés taillés dans le granit et les escarpements du côté de la rivière circonscrivent  un premier camp de 50mètres de long sur 30 de large ; puis un second de 34 mètres de long sur 26 de large. On a  trouvé à peu de distance de ce camp une monnaie romaine en argent portant une galère montée par des rameurs, avec ces mots : ANTIMP.- IJIVIR.RPC. Sur le revers sont trois étendards, entre lesquels ont lit : LEG.XII. C’est une monnaie de l’empereur  Antonin, avec la marque de la XIIe légion.

Au bas du coteau de Montlambert, sur le bord de la rivière, existe une grotte naturelle dont le plafond est formé par un banc de granit ; ont l’appelle la Maison-aux-Martes. Sur le coteau qui borde la rivière, un curé de Cromac avait édifié, au siècle dernier, une petite chapelle dont les ruines existent encore ; on s’y rendait en pèlerinage le jour de saint Silvain.

Mondon. – Une partie de ce village est dans la commune de Cromac et l’autre dans celle de Mailhac.

Palisse (La)

Peu (Le). – Les Grands-Peux en faisaient partie.

Plaignes (Les). – Les habitants de ce lieu, en 1458 devaient diverses rentes au commandeur d’Hérut.

Play (Le).

Pré-Barrat (Le).

Pré-Long (Le)

Reculais. – Michel Guillerot est sieur de Reculais en 1669 et 1700. Le moulin de Reculais est très ancien ; Gervais Chavignac le possédait en 1546, comme ses ancêtres, et depuis plus de 80 ans. – C’est de ce lieu que vient la faucille des Recules établie à Limoges vers 1540.

Rivailles (Les). – Léonard Guy, sieur des Rivailles en 1544.

Soulignac. – Il y avait en ce lieu une chapelle dite annexe de Cromac, dont un curé de la paroisse prenait possession en 1572 ; elle existe encore ensevelie sous les lierres.

Le logis de Soulignac, détruit depuis longtemps, était enfermé dans une cour dont le mur de devant était flanqué de deux tours rondes qui se sont écroulées vers 1830. Soulignac, depuis le XVe siècle, formait deux fiefs. Pour le premier , Antoine de Ricoux était sieur de Soulignac en 1457 ; Georges de Vérines, époux de Gabrielle de Ricoux, est sieur de Soulignac en 1582, et Honoré de Vérines en 1601.

De Vérines porte d’argent à trois bandes de gueules, celle du milieu chargée de trois coquilles d’or.

Le second était possédé, en 1458 , par Fronton Déaulx ; cette famille porte d’azur au chevron d’argent accompagné de trois besants de même rangés en chef. Marie-Françoise Déaulx, qui épousa Louis-Jean des Marais, lui porta le fief de Soulignac. Joseph-Louis des Marais de Chambon, mousquetaire du roi, qui épousa, en 1773, Silvie Lignaud de Lussac, fut le dernier sieur de Soulignac.

   Vergnade (La).