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Recherche > Haute-Vienne (87) > Cussac > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 04/02/2023

 

CUSSAC est le chef-lieu d’une commune dans le canton d’Oradour-sur-Vayres ; sa superficie est de 3,169 hectares et sa population de 2,023 habitants. Sa plus grande altitude va jusqu’à 450 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Cussac était une cure de l’ancien archiprêtré de Nontron, sous le patronage de Saint-Pierre-ès-Liens. Vers la fin du XVIIIe siècle on y comptait 1,800 communiants d’après le Pouillé du diocèse, (ce qui supposerait environ 2,400 habitants). L’indicateur ne lui donne que 1,000 communiants, et le curé de la paroisse déclare, en 1785 qu’il y a 1,590 habitants. On voit par là que l’indication du nombre des communiants est souvent bien vague. L’évêque de Limoges a toujours nommé les titulaires de la cure comme on le constate depuis 1470.

L’église de Cussac est une construction romane du XIIe siècle. Primitivement elle n’avait qu’une nef de quatre travées ; celle du sanctuaire terminée par un mur droit est éclairé par trois étroites fenêtres cintrées. A la fin du XVe siècle on l’a agrandie de deux chapelles à voûte ornée de nervures prismatiques, ce qui donne à son plan la forme d’une croix, et on a élevé le clocher, qui est une tour octogone, au milieu du transept. La voûte de la nef a été refaite en 1867. La porte extérieure de la chapelle méridionale, ainsi que sa voûte, conservent les armes de Jean de Selve qui sont d’azur à deux fasces ondées d’argent. On les trouve aussi à une des fenêtres du clocher, du côté de l’ouest.

La grosse cloche porte cette inscription : « Parrain : Armand-Hippolyte-Adolphe-Renaud comte de Bermondet. Marraine : Demoiselle Amable-Hortense de Bermondet, L’an 1781 » . Sur la seconde on lit : « Thérèse a été fondue en 1856 par les soins de MM.Puyboyer, maire , et Berthet Ld. Curé . Parrain : François Puyboyer, M..P. Marraine : Clémentine de Tryon de Montalembert, marquise de Cromières. Témoins :  M M. Duvoisin, adjoint, et Cohade vicaire. – Faite à Saintes par Lanoaille, Dumas et Peygney » .

Jean de Bermondet était curé de Cussac et de Flavignac en 1519. – Martial Brionneau était curé de Cussac en 1568. – Pierre Dufour en 1630. – N…Foursile en 1655.- Simon Veireton en 1664. – Charles Descubes, docteur en théologie 1691 à 1700. -        N… Chaumy en 1717. – L. Reygondaud, mort en 1751. – Jean Goursaud, nommé en 1751. – N… de Rateau de Vaux en 1784. – Jean-Baptiste Massaloux 1803-1839. – Léonard Deschamps.1839-1842. – Léonard Berthet, 1842-1869. – Moïse Lapergue, 1869-1901. — François Bonneyrat 1901-1912. La famille Guillot du Dousset, avait droit de sépulture dans l’église de Cussac. Guy Guillot du Dousset, sieur de Lavaud et du Puy, y est enseveli, le 12 juillet 1650, «  au tombeau de ses ancêtres, au-dessus de l’autel de Notre-Dame ».

Marguerite de Limoges, fille du vicomte Gui V épousa Aymeric VIII vicomte de Rochechouart ; par sentence arbitrale du 3 des nones d’avril 1242, elle eut pour sa dot « les forteresses et villes de Cussac, Oradour, Gorre, etc… ». Par jugement du vendredi avant Loetare 1252, il fut déterminé que les bourgs de Cussac et de Marval, avec les paroisses, vigueries, etc., seraient au vicomte de Rochechouart. A la fin du XVIIIe siècle, le marquis de Cromières était seigneur de Cussac.

Une monnaie mérovingienne trouvée au village de Garou, commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, nous apprend qu’à cette époque il y avait un atelier monétaire à Cussac. C’est un tiers de sou d’or, du poids de 1 gramme 355 centigrammes, et de 0m012 de diamètre. Il porte d’un côté : un buste diadème à droite, chevelure en semis de perles, surtout du côté de la nuque, manteau entouré de lignes de perles. CVCIOCO FL – Au revers : Croix latine légèrement pâtée ; au troisième canton les lettres numériques IV,  et au quatrième la lettre S,  peut-être le G mérovingien. La croix repose sur un globe entouré de perles et un large degré au-dessus d’une ligne de sept globules. SVNOVITVS M.

 

Les villages de cette commune sont :

 

Arbre de Faux (L’)

Arsac. – Sur la fin du XIIe siècle, Hélie de Buxeria, clerc, et Aymeric de Buxeria, chevaliers, frères, vendirent au prieur de Taveau, le Mas d’Arsac et les borderies de Lesbrandia et de la Boeria,     situés dans la commune de Cussac.

Bénéchie (La) – Jean de la Mosnerie était seigneur de Bénéchie en 1659.

Berthusie (La) qui appartenait  à la famille Guillemin.

Boubon – Le monastère de Boubon, de l’Ordre de Fontevrault, a été fondé en 1106 par le bienheureux Robert d’Arbrissel, grâce aux donations faites par Pierre de Montfreboeuf, Itier de Bernard et Aimeric de Brun. Dévasté par les anglais avant 1460, les religieuses furent obligées de le quitter. Elles n’y rentrèrent que le 18 septembre 1528, après qu’il eut été rebâti par les seigneurs de Pompadour et de Latour. Ceux de Maumont , de Saint-Auvent et de Champagnac contribuèrent aussi à cette reconstruction.

Les prieures de Boubon étaient électives et nommées pour trois ans. Voici celles dont le nom m’est connu : Pétronille N…, 1257 – Augustine de Thaury, 1544 – Gabrielle de Lavergne, avant 1615. Jeanne Vigier, 1615 morte en 1616.- N…Roumazière, 1640  - Blaise Delage de Puygasty, 1640.  – Marie de Puygasty, 1644. Henriette de Lambertie, 1646. – Henriette de Lambertie, nièce de la précédente, 1660. – Charlotte de Coustin du Masnadaud, 1692-1697. – Marie de Villoutreix, 1698. – N…de Lavaud, 1704-1708. – Marie de la Cropt, 1714  - Renée de Lambertie, 1715-1719 – Marie de la Cropt, 1719-1721. – Renée de Lambertie, 1722-1723. – Marie de la Cropt 1724-1725. – Renée de Lambertie, 1727-1730. – N… de Seychères, 1732-1734. – Renée de Lambertie ( pour la 4e fois, 1735-1736. – N… de Seychères, 1737-1738. – Marie de Croizant, 1738. – Henriette d’Asnière de Saint-Palais, 1738-1741. – Marie Perry de Saint-Auvent, 1744-          1747. – Gabrielle d’Asnière de la Gélisant, 1748-1758. – Catherine de la Breuille de Chantrezat, 1759-1762. – Gabrielle d’Asnière de la Gélisant, 1765. -           Catherine de la Breuille 1769-1775. - Marie de Masfrand de la Domaise, 1775-1778. – Henriette Roquart de Lage, 1779-1781 – Anne-Julie de Sainton ( Bouillon de la Tour d’Auvergne, 1781-1788. – Anne-Julie Saunier, 1788-1791. – Jeanne-Françoise-       Catherine de Coustin du Masnadaud, 1791.

En 1672, les religieuses de Boubon obtinrent la création d’une paroisse pour favoriser les habitants du lieu qui étaient éloignés de Cussac. Le service religieux se fit d’abord dans la chapelle de Saint-Jean qui est à l’extrémité nord du village, mais il fut ensuite transportés dans l’église des religieuses. Leur aumônier avait le titre de curé, c’était un religieux de l’Ordre de Fontevault. Le dernier, François–Joseph Tuilier mourut en 1792. M. Ribière, curé de Milhaguet, le remplaça pendant quelques mois, puis M.Jean-Charles Guyot, prêtre de la Mission , fit fonctions de curé jusqu’à son arrestation, en avril 1793. Il subit la prison tout le temps de la persécution .

Boubon n’est plus qu’un simple village, mais il garde une place importante dans l’histoire de notre province, car c’est là que pendant sept siècles de nombreuses vierges vinrent se consacrer à Dieu et s’employer à l’instruction et à l’éducation de la jeunesse. La plupart des familles importantes du pays, nobles et bourgeoises, leur confièrent leurs filles pour en faire les femmes plus distinguées de la région.

Bregère ( La)

Bregère (Moulin de La)

Branlie ( La)

Breuil ( Le) -  François Descubes était seigneur du Breuil, lorsque son fils Léonard, écuyer, sieur de la Renaudie, épousa en 1635 , Jeanne de Bermondet. Ses armes sont d’azur à trois cubes d’or.

Chambinaud

Champs ( Les). – Jeanne de la Mosnerie, épouse de Louis de Bermondet, chevalier, seigneur de Saint-Basile, vendit Les Champs, le 16 février 1659 pour la somme de 30.000 livres tournois, à Yrieix de Chouly, chevalier, seigneur de Permangle, Champagnac et autres lieux. Ses armes sont d’azur à la fasce d’argent surmontée de trois fleurs de pavot de même et une feuille de châtaignier d’or en pointe.

Chatenet ( Le)

Châtre ( La)

Chez-Parade , alias le Villajoux.

Cromières, appartenait primitivement à une famille de ce nom.  - Resplandine de Croumeriis, fille de Guy de Croumeriis, épousa en 1298, Guy Bruni, seigneur en partie du château de Noblac et de Montbrun , qui devint seigneur de Cromières Leur fils Guy vendit , en 1354 , à Ramnulphe Hélie de Pompadour plusieurs rentes dans la paroisse de Cussac. Ce même Ramnulphe de Pompadour qui, dès lors, est qualifié seigneur de Cromières, acheta, en 1355, de noble Jourdain de Prun, le Mas de Laborie, paroisse de Cussac, celui de la Colombière, la maison contigue à l’église de Cussac, etc. Cromières resta près de deux siècles dans la famille de Pompadour qui porte d’azur à trois tours d’argent.

Cette terre avait bien  été cédée , en 1479, au nommé Chaille, bourgeois de Poitiers, mais c’était à titre de rachat et pour 400 écus que lui empruntait Jean de Pompadour. Mais en 1519, Antoine Hélie de Pompadour la vendit 20.000  livres à Jehan de Selve, qui a été premier président aux parlements de Bordeaux, de Rouen, de Milan et de Paris, négociateur du mariage de Louis XII avec Marie d’Angleterre et du traité de Madrid. C’est lui qui a bâti le château de Cromières et une des chapelles de l’église de Cussac où l’on voit  ses armes d’azur à deux fasces ondées d’argent.

Isabeau de Selve, sa fille a épousé, le 15 novembre 1526, noble Jehan de Bermondet, chevalier, seigneur du Boucheron, Oradour-sur-Vayres, Panazol et Saint-Laurent-sur-Gorre et lui a porté Cromières qui est encore dans cette famille. Ses armes sont d’azur à trois mains appaumées d’argent, 2 et 1.

Le château de Cromières a été détérioré pendant la Révolution et sa plus grande tour a été démolie en partie. Sa chapelle qui est de date plus récente a eu le même sort, mais a été réparée depuis. On conserve encore deux beaux médaillons en marbre blanc, représentant des têtes d’empereurs romains, dont l’avait orné Jean de Selve. Ce sont deux bas reliefs d’un travail précieux de la renaissance, mais nullement de l’époque romaine, comme plusieurs l’ont assuré. Il faut aussi remarquer que le lieutenant-général de Limoges, Pierre de Bermondet, assassiné en 1513, n’a pas été seigneur marquis de Cromières, puisque cette terre n’est entrée dans la famille qu’en 1526, 23 ans après sa mort. On doit aussi rejeter comme un pur roman d’histoire de la main coupée, ajoutée par un romancier à celle de l’assassinat.

Fargetas

Fayolas

Gabouraud ( Le)

Gipouloux

Gelade (La) ou Jalade – Station préhistorique où l’on a recueilli des silex travaillés.

Geneste (La)

Grafeuille. – François Guillot de Dousset, seigneur du Puy et de Grafeuille, où il habitait en 1632.

Guyonie (La) , où l’on a trouvé des éclats de silex, treize haches en silex, neuf grattoirs, des pointes de flèches aussi en silex, etc.

Mas (Le)

Mallotie (La)

Manigne (La)

Mazorie (La). – Près de ce village, au lieu-dit les Bonnes-Fontaines, a lieu chaque année, le 24 juin, une frairie qui attire une grande partie des habitants de la contrée.

Mounerie (La), sur la limite de la commune d’Oradour. Ancien moulin sur la Tardoire. En 1870  M..Ferraud y a créé une fabrique de droguets.

Moulin de Boubon (Le Grand)

Moulin de Boubon (Le Petit)

Nègrelat

Pèlegerie (La)

Piégut . – Jean Guillemin, écuyer, seigneur de Piégut, épousa en 1635, Jeanne Guillot du Dousset. Ses armes sont d’azur au chevron d’argent surmonté de deux chiens courants de même l’un sur l’autre.

Puymouroux. – Pierre Voysin était sieur de Puymouroux en 1684. Marc Guiot, écuyer était sieur de Lespard et de Puymouroux en 1717. Ses armes sont d’Or à trois perroquets de sinople.

Puy (Le). – En 1443, le prieur d’Altavaux acquit, avec acte de réméré, de Pierre de Maumont, le domaine utile et féodal du Mas, appelé le Puy-du-Cussac. – Jean d’Aultefort, dit de Verneil, écuyer sieur du Puy, était capitaine du château de Chalucet  pour le roi de Navarre en 1536 et du château de Cromières. Sa fille, Louise d’Aultefort, épousa, en 1549, Jacques du Dousset, natif du Bas-Anjou, qui devint seigneur du Puy-Autefort porte d’or à trois fasces de sable 2 et 1 ; écartelé de gueules à un chien courant d’argent, et du Dousset de sable à trois besants d’or .

Les du Dousset ou Guillot du Dousset ont possédé ce château jusqu’en 1766, époque où il fut  acquis par M. Gaucher de Lavergne. On trouve même Jean-Baptiste Guillot du Dousset qualifié seigneur du Puy lorsqu’il mourut célibataire en 1829.

Pendant la révolution, Joseph, marquis de Lavergne, était propriétaire du château du Puy. Il mourut sur l’échafaud révolutionnaire à Paris, le 19 septembre 1794. Sa fille, Marie-Antoinette de Lavergne épousa en 1812 , René, baron de Gageac. Son beau-frère, Auguste de Lavergne, mourut, sans enfants, au Puy qui est échu à sa petite-nièce Pauline d’Hugonneau de Boyat, épouse de Félix Ondet de Dainville.

Le château du Puy avait été construit au XIVe siècle, il a été détruit par un incendie, la nuit du 19 au 20 janvier 1835, puis reconstruit tel qu’il est aujourd’hui.

Ribières (Les)

Rivière (La). – Usines sur la limite de la commune de Champagnac. (Voir cette commune.)

Soumagnac – Benoit de Brie, écuyer, était seigneur de Soumagnac en 1723. Ses armes sont d’or à trois lions rampants de gueules, armés, lampassés et couronnés de sinople.

Terminerie (La).

Vergnolas.

   Villajoux, alias Chez-Parade