Connexion espace personnel

Recherche par commune

Recherche > Haute-Vienne (87) > Feytiat > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 04/02/2023

 

            FEYTIAT est le chef-lieu d’une commune dans le canton sud de Limoges. Cette commune a 2.478 hectares de superficie et 1.308 habitants. Elle est à 365 d’altitude au-dessus du niveau de la mer, près du village de Puy-Marot, et seulement à 258 près Le Chazeau.

            Feytiat, dans l’ancien archiprêtré de Saint- Paul, avait en 1354, une prévôté qui dépendait de l’abbaye de Saint -Martial de Limoges.

            Elle fut unie à la messe abbatiale en 1479.

            Sa fête patronale était celle de Saint-Léger d’Autun. L’abbé de Saint -Martial y a toujours nommé les titulaires.

            La cure de Feytiat avait le même patron que la prévôté.

            Au XVIIIe, on y comptait 450 communiants (environ 600 habitants). On trouve des nominations de curé faites par l’abbé de Saint-Martial en 1599, 1623 et 1643 ; par le prieur  et chapitre de Saint-Martial en 1693, par l’évêque de Limoges en 1693, 1698.

            Pierre Alamignon, curé de Saint-Michel de Pistorie fonda dans l’église de Feytiat, le 28 octobre 1499, une vicairie, qui était à l’autel de Notre–Dame. Les titulaires étaient nommés par ses héritiers et successeurs ; c’était Alamignon dit Barrège en 1575 et 1586, et plus tard par l’évêque de Limoges en 1663, 1730, etc.

            Michel de Leyssène était curé de Feytiat en 1565 et 1588. — André Brohaud, en 1709.  — J. Laurent, en 1730 et 1736. — N… Gay en 1752, mourut en décembre 1774. — Bernard Joubert, nommé en 1775, fut déporté sur les pontons de Rochefort pendant la Révolution. — Simon Martin de Compreignac qui avait été déporté en Espagne, fut nommé en 1803, y était encore après 1824. — René Vital nommé en 1828. — Jean Larivière nommé en 1842. — Martin Petit, en 1873. — Israël Artaud en 1882. — Léon Gout en 1889. — Jean Junien en 1893. — Gabriel Nouaille en 1897.

            L’église de Feytiat est une construction romane du XIIe siècle, peut-être de la fin du XIe.

          L’abside, plus ancienne que la nef, est à trois pans coupés et cinq fenêtres. On y remarque à l’intérieur des chapiteaux épannelés ornés d’un tore ou boudin, et à l’extérieur de curieux modillons qui règnent autour du chœur. Elle a été entièrement réparée et augmentée de deux chapelles latérales et ensuite consacrée par Mgr Renouard, évêque de Limoges le 8 octobre 1901.

            Dans la distribution des reliques de l’abbaye de Grandmont en 1790, les religieuses du Châtenet reçurent des reliques de cinq compagnes de Sainte Ursule ; elles les placèrent dans cinq petits bustes en bois doré qu’elles tenaient aussi de Grandmont ; ce sont ces reliquaires, que l’on voit aujourd’hui dans l’église de Feytiat.

            Le presbytère de Feytiat attenant à l’église, construit en 1776 fut vendu, comme bien national, le 18 messidor an IV (6 juillet 1796), à dame Bardenat, née Carboineau, pour la somme de 3.320 francs (Archives de la Haute –Vienne, Q.147, n°119).

            Le cimetière ancien était à côté de l’église. On en créa un autre en 1878, à 200 mètres de bourg, mais la perméabilité du sol obligea bientôt à choisir un autre terrain. Depuis 1886 il est dans un vaste enclos à l’ouest du bourg.

            En 1283, Gérald de Maulmont, seigneur de Chalucet, revendiquait la justice dans l’étendue de la paroisse de Feytiat, contre l’évêque de Limoges, Gérald de Malemort. Un procès s’engagea à ce sujet devant le parlement. Après un compromis pour une année entre les parties, deux arbitres furent nommés ; leur sentence reconnut les droits de l’évêque, et le seigneur de Chalucet y acquiesça.

 

Les villages de la commune de Feytiat sont :

 

Ardennes. — Jean de Prouhet, baron d’Ardennes, avait épousé Hélène de Latour, qui étant veuve, faisait son testament le 6 mars 1584.

Boissière (La).

Chabannes (Les).

Chatenet (Le). — Le prieuré de Notre–Dame du Chatenet, de l’ordre de Grandmont, a été fondé du temps de Saint Etienne de Muret. En 1139, il y avait 18 religieux ; en 1295, ils étaient seulement 5 ; on y en retrouve 18 en 1317. Ce prieuré fut dévasté en 1370 pendant les guerres. Le roi, par une lettre du mois de novembre 1370, donne à Louis, vicomte de Rochechouart, les biens et droits confisqués sur ses sujets rebellés en Limousin, en récompense de ce qu’étant son capitaine (gouverneur) dudit pays, il avait réduit sous son obéissance le prieuré du Chatenet, près Limoges, dont Ysart de Roquefort, chevalier, le sire de Cubsac et leurs complices s’étaient emparés, ainsi que de plusieurs autres forts du même pays. Les Archives départementales de la Vienne conservent une lettre de Madeleine de Bourbon, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers, permettant à Antoinette de Neuville, nommée prieure du Chatenet de l’ordre de Grandmont, et à deux religieuses, d’aller vivre en ce monastère, sous clôture, et en observant la règle de Grandmont. Cette lettre est datée de 1550.

            François de Neuville, abbé général de Grandmont, reçut du pape Grégoire XIII, élu en 1572, une bulle ou bref régularisant l’installation dans l’ancien monastère du Chatenet de cette communauté de femmes, sous la règle de Saint–Etienne de Muret, et sous la direction d’Anne de Neuville, sa parente ;

            La seconde prieure fut Marguerite Robert de Salles. Jeanne de Tournemire était prieure en 1730. Marie de Brie de Sousmagnac en 1755.

            En 1748, il y avait au Châtenet 23 religieuses vocales, une novice et trois converses. A cette époque les religieuses s’occupaient aussi de l’éducation des jeunes filles et elles avaient une douzaine d’élèves pensionnaires.

            La communauté du Chatenet a existé jusqu’à la Révolution. Me Guillaume Grégoire Roulhac, qui s’était rendu acquéreur des domaines nationaux provenant des religieuses du Chatenet, en réclamait les titres le 4 vendémiaire an IV (26 juillet 1795) (Archives de la Haute -Vienne, Q.272).

            Les armes de la communauté du Chatenet, reproduites sur son cachet, sont : « d’azur à une Vierge d’argent tenant l’Enfant Jésus sur son bras droit, sur un croissant d’or. ».

Chamboret.

Chazaud (Le). — était une propriété du Séminaire de la Mission de Limoges : elle fut vendue comme bien national pendant la Révolution.

Crezin.

Crouzeix.

Grange. (La). — Propriété achetée vers 1840 par M. Tharaud-Mainvielle.

Laugerie. — Jean Ruaud, conseiller et procureur du roi en la sénéchaussée du Limousin et siège présidial de Limoges, était seigneur du Cluzaud et de Laugerie en 1677.

            Cette propriété fut ensuite la maison de campagne du grand séminaire de Limoges. On y construisit, à droite du portail, une chapelle qui a été bénite par M. Jean-Martin La Selve de Saint-Avit, supérieur du Séminaire de 1774 à 1787. Pendant la Révolution le gouvernement s’empara du tout.

            Le 17 décembre 1792, il faisait vendre le mobilier et en retirait 1.272livres. (Arch. de la Haute-Vienne, Q.261). La propriété vendue aussi comme bien national, a été rachetée par un particulier au commencement du XIXe siècle et a conservé la même destination.

Mas-Cerise, qu’on a écrit sur quelques cartes Mazerie. Jean Joumard était sieur du Mas – Cerise en 1711.

Mas-Gauthier, qu’on a écrit Masgoudier. En 1789, Louis, Jean–François et Jean de Maleden, écuyers, gardes du corps du roi étaient seigneurs du Mas–Gauthier, de Leytat et autres lieux.

            Aujourd’hui au Mas–Gauthier se trouve centralisée la seule industrie de la commune de Feytiat : la confection des panières. On en expédie chaque jour de 300 à 400 dans toute la France. Le nombre des vanniers est en ce moment de 69.

Pas de Saint–Gaucher. — Saint–Gaucher, le fondateur d’Aureil, étant âgé de 80 ans, et revenant de Limoges à cheval, fit une chute mortelle, à peu de distance de Feytiat, et en mourut le 9 avril 1110. Depuis cette époque, le lieu où cet accident arriva est appelé le Pas de Saint–Gaucher, on y construisit un oratoire ou chapelle qui devint un lieu de pèlerinage fréquenté par les habitants du pays. Cette chapelle, située sur le bord du chemin de Limoges, est tombée pendant la Révolution ; elle était à peu de distance du Mas-Cerise, et aujourd’hui les habitants des environs vont en dévotion à la croix dite de Saint–Gaucher au village de Pressac.

Plagne (La). – Pierre Martin de La Plagne, dont les armes sont : « écartelé au 1er et au 4e d’azur à la tour d’or, aux 2e et 3e de gueules à la fasce d’or. » donna cette terre à sa fille Marie Anne Martin, en la mariant, le 27 avril 1741, avec Jean-Baptiste Benoist de Lostende.

Ponteix (Le).

Pressac.

Puy- Marot.

Puytison. — Pierre Hardy, sieur du Puytison, conseiller du roi, trésorier général de France, laissa pour héritière universelle Marie Hardy.

            Cette famille porte pour armes : « d’azur à l’aigle au vol abaissé d’argent. »

            Marie Hardy épousa : 1e, le 27 avril 1630, Jean de Petiot, sieur du Masboucher et du Pré-Saint–Yrieix, dont les armes sont : « d’azur au chevron d’or accompagné de trois étoiles de même 2 en chef et 1 en pointe, au chef cousu de gueules chargé de trois pigeons d’argent. ».

            De ce mariage naquit Marie de Petiot qui épousa, le 16 avril 1651, François Martin, sieur de La Bourgade, qui porte : « écartelé aux 1e et 4e d’azur à la tour d’or, aux 2e et 3e de gueules à la fasce d’or. ».

            Marie Hardy épousa : 2e Martial Maleden, seigneur de La Borie, écuyer, président trésorier général de France, qui porte pour armes : « d’azur à trois léopards d’or l’un sur l’autre », et le Puytison a été longtemps l’habitation de la famille de Maleden.

Vergne (La). — A la carrière de Lavergne, sur les bords de la Valoueine, on exploite un puissant bloc de porphyre qui traverse la commune. Il fournit d’excellents matériaux pour le pavage des rues de Limoges et l’empierrement des routes des environs.

   Villegory.