Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 05/02/2023
FROMENTAL, chef-lieu de commune du canton de Bessines, a une superficie de 2456 hectares avec 1448 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer va jusqu'à 441 mètres.
Fromental était une cure de l'ancien archiprêtré de Rancon qui avait pour patron saint Martin de Tours. L'évêque de Limoges y a toujours nommé les curés, ce que l'on constate par titres depuis 1558. Au XVIIIe on y comptait 980 communiants, (environ 1307 habitants).
Bozon de Razès est curé de Fromental vers 1280. — Etienne Chassagne en 1406 et 1433. — Léonard de Puycharenton en 1548. — Louis Herieu jusqu'en 1558. — Albert Nycolas en 1558. — F. de Léobardy en 1642. — Jean Cujas en 1732. — Martial Guérin en 1739, 1762. — Léber Brissaud, en 1764 ; jusqu'en 1783. — N … Rollin, nommé en 1784. — Louis Léonard-Victor Marcoulx, nommé en 1803. — Antoine Roussel, nommé en 1812, mort en mars 1828.— Jean-Baptiste-Firmin Beraud-Dupalis en 1824. — Sylvain Pineaud en 1851. — Georges Farne en 1883. — Jules Mathivat en 1891.
En 1358, les Anglais qui occupaient Magnac-Laval, pour vivre sur l'ennemi, couraient les environs, ravageant et brûlant les villages et les églises, faisant des prisonniers et les mettant à rançon. Ces ravages furent considérables. L'église de Fromental fut pillée et brûlée par une de leurs compagnies qui avait à sa tête un nommé Guyot de Peyrato.
En 1361, nobles Pierre, Jean et autre Jean de Saint-Martial, et le syndic de la paroisse de Fromental convinrent de faire rebâtir l'église de ce lieu.
On voit aujourd'hui dans l'église de Fromental deux vitraux modernes représentant saint Martial et sainte Valérie. C'est un don de la famille Morel de Fromental.
Cette église possède des cloches portant les inscriptions suivantes : « ✠ Sancta Maria, ora pro nobis. — J'ai été fondue le 16 juillet 1642, étant curé F. de Léobardy. Parrain, Mre Jean Sornin, sieur des Fougères. Marraine, dame Mathurine Lesterps. M. A. Leprieur, M. Cheminade ».
Sur une autre qui n'existe plus on lisait : « ✠ L'an 1830, j'ai été bénite par M. J. B. Firmin Beraud, curé de ce lieu, et nommée par … J'ai été faite par Osmond, fondeur du roi, à Paris ».
Cette dernière cloche a été refondue en 1875, et on y voit maintenant cette inscription :
« ✠ J'ai été fondue l'an de grâce 1875 et bénite le dimanche in albis, par M. Pinaud, curé de cette église. — Je m'appelle Marie-Amélie. J'ai eu pour parrain Marie-Joseph Morel, baron de Fromental. Ma marraine a été Amélie-Noémie-Blanche Ducluzeau. »
Une partie du chef de sainte Panafrète, vierge et martyre, compagne de saint Ursule, fut donnée à l'église de Fromental en 1790, lors de la distribution des reliques de l'abbaye de Grandmont.
Le presbytère de Fromental, avec ses dépendances, jardin et terre, fut vendu, comme bien national, le 17 prairial an IV (5 juin 1796) au sieur Antoine Chatenet, pour la somme de 1095 livres. (Archives de la Haute-Vienne. Q. 148, n° 15).
Le château de Fromental est une belle résidence, bien conservée, avec fossés remplis d'eau et tous les accessoires d'une maison seigneuriale. Il est composé d'un donjon central que flanquent deux corps de bâtiment. Ses mansardes, élevées au-dessus de deux étages, annoncent la Renaissance, et sa porte principale est ornée en style de la même époque. Le portail de la cour est aussi décoré d'une mansarde de même style ; on y voit un écusson dont les pièces ont été effacées. La date de 1670 est gravée à côté. Sa façade était précédée d'un jardin, aux angles duquel se dressaient deux tours rondes ; une seule est restée debout.
Guy de Saint-Martial était seigneur de Fromental en 1308. Pierre de Saint-Martial en 1356. Ses armes sont d'azur aux raies d'escarbouche d'or boutonnés de gueules. — Jean Maumont devint seigneur de Fromental en épousant, en 1372, Hélène de Saint-Martial. — Le roi Louis XI, dans une lettre adressée à la chambre des comptes à Paris, en 1465, dit que son conseiller Geoffroy de Pompadour, évêque du Puy et son neveu Antoine de Pompadour lui ont rendu hommage pour la terre de Fromental qu'ils viennent d'acquérir du Seigneur de Maumont. Cette branche des seigneurs de Maumont portait pour armes d'azur à deux fasces d'or, à l'orle chargé de besants. Les armes d'Hélie de Pompadour sont d'azur à trois tours d'argent, 2 et 1 maçonnées de sable. — Jean de Bermondet, chantre de l'église de Limoges et archiprêtre de Nontron, acheta de Geoffroy de Pompadour la terre de Fromental, en 1552 pour la somme de 14 500 livres tournois. Bermondet porte d'azur à trois mains appaumées d'argent 2 et 1. — Suzanne de Bermondet et son mari Jean de Mérignac vendirent Fromental à Jean Pouthe, seigneur du château de Dompierre. Ses armes sont palé de six pièces d'argent et de sable, au chevron de sable brochant. — On trouve ensuite Jean de Senneterre et sa femme Madeleine de Roffignac qui en 1573 vendent Fromental à Guillaume de Verthamon. Ce dernier, qui porte pour armes écartelé au 1er de gueules au lion d'or, aux 2e et 3e échiqueté d'or et d'azur de trois traits, au 4e de gueules, revendit à Pierre de Buat en 1583 pour la somme de 5000 écus sols. Enfin au commencement du XVIIe siècle Fromental est possédé par Jean Morel, président au présidial de Limoges, qui mourut en 1651, et cette famille en est encore propriétaire. Ses armes sont d'azur au chevron d'argent accompagné de trois étoiles d'or, celle de la pinte soutenue d'un croissant d'argent.
Les villages de la commune de Fromental sont :
Age (L').
Bagnol (Le Grand).
Bagnol (Le Petit). — Ce lieu, nommé Bagnoux au Moyen Âge, avait un prieuré ou aumônerie qui avait pour patronne sainte Madeleine. Le prieur de la Maison-Dieu de Montmorillon y nommait le titulaire en 1566 et 1578. Les bâtiments étaient en ruine à la fin du XVIIIe siècle. Une vicairie y avait été fondée par Jean Vachier, damoiseau, seigneur de Baignoux, à l'honneur de sainte Marie-Madeleine. Elle fut spiritualisée le 28 septembre 1482. Les successeurs du fondateur y nommaient les titulaires. C'était, en 1482, Jean Rigaudie, mari de Madeleine Vachiéri.
Un beau dolmen existe à l'est de ce village sur le bord de la route. Sa table, longue du 3 m 80 et large de 2 m 50, est placée sur quatre piliers fortement inclinés à l'intérieur. Dans sa plus grande épaisseur, elle a 0 m 80. Les supports ont 1 m 50 de hauteur.
Le 27 décembre 1878, pendant qu'on arrachait un châtaignier près du village de Bagnol, il se produisit un éboulement qui ouvrit un souterrain de l'époque gallo-romaine. Par cette ouverture accidentelle, on pénétra dans une galerie conduisant à une première chambre et un peu loin plus à une seconde.
Beige (La). - La famille Laurens de La Besge porte pour armes d'argent au chevron de gueules accompagné en chef de deux étoiles d'or, et en pointe d'un croissant de même.
Bord.
Champcomtaud. — En 1491, Campus comitalis. Il y avait une preceptorerie ou prieuré, qui avait pour patrons saint Cloud, sainte Madeleine et saint Antoine. Le prieur de l'Artige y nommait le titulaire en 1422 et 1566. Ce droit de nomination avait passé au recteur des PP. Jésuites de Limoges en 1697 ; et ensuite à l'évêque de Limoges de 1762 jusqu'à la Révolution. — Jacques Friquet obtint ce prieuré en 1565. —N… Chatenet en 1753.
Champ-Martin.
Chapelle (La), dépendant de Champcomtaud.
Chanliat.
Chégurat.
Cheminée.
Chers (Les).
Chez-Doussaud.
Lacoux.
Lord-du-Puy, nommé jadis l'Aur-du-Puy.
Malval, dont le nom est quelquefois écrit Maraval, avait été acquis par Guy de Saint-Martial vers 1308, le castel qui y était alors a été démoli et il n'en reste aucune trace.
Millat. — On trouve Jean de Milhac ou Millat en 1483. Guillaume Sornin était seigneur de Millat en 1650 ; ses armes sont d'argent à la bande de sable accompagnée de trois étoiles à dix rais, une en chef et deux en pointe, au chef cousu d'or et de gueules. A la suite d'une alliance, Millat passa à la famille Laurens de La Besge.
Il existe dans ce village un souterrain de l'époque gallo-romaine. Un propriétaire en a transformé en une cave la partie qui touche à son habitation. Un peu plus au nord, se trouvent d'autres galeries souterraines que différents éboulements ont fait connaître.
Montautre. — La famille Mondain de Montautre et de la Maison-Rouge porte pour armes : d'argent à la fasce de gueules, accompagnée de trois étoiles de même. A cette famille noble, connue dès le XVe siècle, appartient le dernier abbé général de l'ordre de Grandmont : François-Xavier Mondain de la Maison-Rouge, né en 1706, et mort le 11 avril 1787.
Le château de Montautre, dont on aperçoit le donjon couronné de machicoulis, après avoir dépassé la station de Fromental, conserve encore sa chapelle, quelques tours rondes, et une partie du corps de logis. C'est aujourd'hui la propriété de M. G. Dufour, descendant des Mondain de Montautre.
Montautre (Moulin de), sur un ruisseau qui se rend dans la Semme.
Nouhaud (Le).
Pierres-Folles.
Plats (Les).
Puy-Maud.
Roche(La).
Toir.
Traverse (La). — Près de ce village, on trouve des restes d'une ancienne voie venant de Folles et se dirigeant vers Châteauponsac et Rancon.
Tuilerie (La).
Tuileries (Les).
Villars, où l'on remarquait anciennement une motte et des retranchements, avait pour seigneur, en 1354, Pierre de Saint-Martial.