Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 05/02/2023
GORRE est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Saint-Laurent-sur-Gorre ; son étendue est de 1.617 hectares, et sa population de 885 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer varie de 344 mètres à 369.
Gorre est une cure de l’ancien archiprêtré de Nontron qui était sous l’invocation de la Sainte-Vierge, ainsi qu’on le constate en 1571, et depuis. Elle a pour fête patronale l’Exaltation de la Croix. Pierre Gautier et Folcher, prêtre, qui avaient bâti l’église de Gorre, la donnèrent à Saint-Junien en 1075. La chronique de Maleu, chanoine de Saint-Junien, rapporte que le pape Alexandre III, en 1170, confirma la possession de cette église aux chanoines de Saint-Junien, ainsi que celles de Javerdat, Saint-Cyr, Montrollet, etc. Les curés y ont été nommés dès cette époque par le chapitre de Saint-Junien. En 1497, c’était le chanoine aquilaire qui faisait cette nomination. Vers la fin du XVIIIe siècle, la paroisse de Gorre avait 960 communiants (environ 1280 habitants).
Pierre Guyot, l’aîné, prêtre, fonda dans l’église de Gorre une vicairie à laquelle devait nommer son plus proche parent et héritier. En 1567, c’était un Guyot du village des Fonts.
Il y avait dans le cimetière ne chapelle dédiée à Saint-Michel ; elle tombait en ruine à la fin du XVIIIe siècle.
Les curés de Gorre dont le nom est connu sont : Jean de Couture 1510 et 1521. –N....Roche, 30 juillet 1650. – N…Michel, qui le 1er janvier 1719, baptisa Martial-Louis de Beaupoil de Sainte-Aulaire, le futur évêque de Poitiers, et confesseur de la foi pendant la Révolution. – N…Feyty, 1738. – François Vignaud, nommé en 1760, mort en février 1787. – Guillaume Métadier, natif d’Aixe, nommé en 1787, refusa le serment schismatique de la Constitution civile du clergé, et subit la déportation à l’étranger. – Pierre Gillier, nommé en 1803. – Jean Bussière de Rochette, nommé le 1er mai 1816. – Pierre Deloron, nommé le 15 mai 1823. – Un religieux de l’ordre des Ermites, Chaddée Lukaszepiez, fut nommé curé en 1834. – Silvain Riffaud, nommé en 1837. – Gérôme Ronteix en 1869. – Simon Lévêque en 1883. – Louis Beaunier en 1887. – Pierre Dumonteil en 1906.
L’ancienne église de Gorre, construite en 1075, n’avait pas conservé sa voûte jusqu’à nos jours. Le chœur était surmonté d’un clocher carré à deux étages, dont chaque face présentait une étroite fenêtre, jadis divisée par des meneaux. Elle était au fond de la vallée, attenante aux bâtiments du château, et cachée par l’immense ramure d’un marronnier sans égal qui doit dater d’Henri IV, elle a été remplacée en 1892. La nouvelle est un édifice d’architecture romane de 28 mètres de long sur 8 de large. Son clocher qui surmonte la grande porte, se termine par quatre tourelles, du milieu desquelles émerge une gracieuse flèche. A l’intérieur le chœur éclairé par quatre fenêtres a de larges proportions, et dans la nef s’ouvrent deux chapelles latérales.
La construction de cette église, dirigée par M. Vergez, architecte, peut-être regardée comme un tour de force, elle a duré moins d’un an. La première pierre a été posée le 26 juillet 1891, et Monseigneur Renouard, évêque de Limoges l’a consacrée le 5 juillet 1892. M. Esmoingt de Lavaublanche, propriétaire du château et maire de Gorre, suivant la tradition de ses ancêtres, a pris à sa charge les frais de construction de cette nouvelle église, et les habitants ont fait une souscription pour acheter son ameublement.
La petite cloche de l’église de Gorre porte cette inscription : « ✠ L’an 1816. Parrain M. le baron Henri de Marsanges de Vaulry et marraine Mme Hortense des Roches, vicomtesse de Brie ».
On lit sur la grosse cloche : « ✠ Mon nom est Sainte-Croix. Anno Domini 1894. Léon XIII, Pape, Firmin-Léon-Joseph Renouard, évêque de Limoges, Louis – Joachim Beaunier, curé de Sainte-Croix de Gorre. J’ai pour parrain d’édificateur de l’église Marie-Eugène Emmanuel Esmoingt du Bosgeraud Lavaublanche, maire de Gorre, et pour marraine Marie-Thérèse-Henriette Barbe-Teyfon ».
Cette église possède un reliquaire en forme de croix double en vermeil filigrané ; c’est un œuvre du XIIIe siècle, qui provient de l’ancienne abbaye de Grandmont. Des rinceaux déliés y enlacent des pierreries et des intailles ; la pièce principale est une améthyste gravée en creux d’un sujet de la plus grande beauté ; c’est une des pièces les plus admirables de l’art grec.
Pendant la Révolution, le presbytère de Gorre fut vendu comme bien national le 28 prairial an IV (16 juin 1796), au sieur Rebeyrol pour la somme de 1.800 livres (Archives de la Haute-Vienne, Q, 152, n°51).
Le château actuel de Gorre a été bâti au XVIIIe siècle par Martial de Beaupoil de Sainte-Aulaire, évêque de Poitiers.
En 1242, Gorre appartenait à Aimery, vicomte de Rochechouart.
En 1500, Dauphine de Saint-Laurent était dame de Gorre ; elle épousa noble Pierre du Barry. En 1522, eut lieu un échange d’immeubles entre leur fils Laurent du Barry, seigneur de Gorre, et du Barri, Jean de Massaloux. La famille du Barry portait pour armes d’argent à trois bandes d’azur au chef d’or, alias d’azur à trois bandes d’or.
François Beaupoil de Sainte-Aulaire épousa en 1578, Jeanne du Barry et devint seigneur de Gorre. Son fils Jean, écuyer, seigneur de Gorre et du Barry, épousa Antoinette Pourtens, et sa fille Marie épousa en 1611 Jean de Brie.
Jean de Sainte-Aulaire épousa en 1640 Anne-Claude Dalvaix de Saint-Alban, leur fils, Gabriel, épousa dans l’église de Cussac en 1677, Marie-Denise du Rousseau de Ferrières ; elle fut enterrée dans l’église de Gorre en 1726.
Louis de Sainte-Aulaire, seigneur de Gorre, épousa Françoise Guigand dont naquirent : 1° le 1er janvier 1719 Martial Louis de Beaupoil de Sainte-Aulaire, évêque de Poitiers, mort exilé pendant la persécution révolutionnaire ; 2 ° Henri de Beaupoil, marquis de Sainte-Aulaire qui épousa en 1775, Adelaïde-Claudine-Françoise-Marie-Anne de Thibault de la Roche-Tullon. Les armes de la famille de Beaupoil, sont de gueule à trois couples ou accouples de chiens d’argent, mis en pal, 2 et 1 .
La famille Esmoingt de Lavaublanche qui possède aujourd’hui le château de Gorre porte pour armes d’argent à trois chevrons de gueules, alias d’azur.
Les villages de la commune de Gorre sont :
Age (L’).
Balabeau.
Buisson (Le).
Chatonettes.
Chez-Troquefer.
Chez-Loiseau.
Combe (La)
Clayaux (Les).
Courrière (La).
Forêt (La).
Goutte (La).
Lande (La).
Lartipeyras.
Légonie.
Massaloux.
Mas Buisson ou Maubuisson, appelé Malboycho en 1301, est dit prieuré en 1305 et cure en 1310 et 1484.
Cette cure était sous le patronage de la Sainte-Vierge et de Saint Jean.
Le prieur du Chalard en nommait les titulaires. N… de Bermondet la possédait en 1782. Pendant la Révolution, on vendit comme bien national tout ce qui restait de cet ancien prieuré. Une affiche du 1er avril 1791 annonçant cette vente dit que « les cimetières, mazures et chapelle du Mas Buisson sont évalués en capital à 132 livres ».
Maupas.
Moulin-Neuf.
Moulin-Raymondaux.
Moulin-du-Sage.
Pagenie (La).
Puit (Petit).
Pleyeau.
Querelle (La).
Sous (Les).
Savergnac.
Soumagnas. – Le castel de Soumagnac est un grand corps de logis flanqué de quatre pavillons carrés.
C’est dans la chapelle de Soumagnac que fut célébré le 2 avril 1756, le mariage de Charles de Savignac, sieur de Vaux, avec Françoise de Brie, dont le fils, Pierre de Brie, martyr pour la foi, a été fusillé à Laval, le 10 mai 1796. C’est aussi au château de Soumagnac qu’est né Martial de Brie, vicaire général de Mgr Dulau, évêque d’Arles, autre martyr de la foi, mort sur les pontons de Rochefort le 12 août 1794.
Theil (Le).
Texanderie (La).
Théfon ou Teyfon.
Tiverie (La)
Ville-Dieu (La) – Ce village de création récente est placé entre La Querelle et Massaloux. On y a trouvé un petit polissoir portatif en quartz ; il était sur un tertre couvert de broussailles où l’on avait déjà recueilli plusieurs haches polies.