Connexion espace personnel

Recherche par commune

Recherche > Haute-Vienne (87) > Les Grands-Chézeaux > Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 05/02/2023

 

LES CHEZEAUX ou LES GRANDS CHEZEAUX , d’après un décret du 17 janvier 1896, est le chef-lieu d’une commune dans le canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles, dont la superficie qui était de 1,019hectares, a été portée à 1.351, par l’adjonction de trois villages distraits en 1847 de la commune de Saint-Georges-les-Landes. Sa population  est de 595 habitants et son altitude au-dessus du niveau de la mer va de 287 a 322 mètres.

Ce lieu était nommé Cazalibus en 1329, 1364, 1408, 1453 ; Villa des Chéseaux en 1401 ; Saint-Eutrope-du-Chazaut en 1422 ; Les Chasaulx 1457 ; Les Chazaulx-Saint-Eutrope 1478 ; Saint-Eutrope-des-Chézaux 1514 ; Saint-Eutrope-des-Chézeaux, 1521 ; Les Chézaux, 1648 ; Les Grands-Chézeaux, 1770.

La cure des Chézeaux, dans l’ancien archiprêtré de Rancon, était sous le patronage de Saint-Pierre-ès-Liens. Vers la fin du XVIIIe siècle il y avait 160 communiants (environ 214 habitants). Le prévôt de Saint-Benoît-le-Sault y nommait le titulaire en 1513, 1577, 1618, 1631, 1642, 1650, 1694.

Ce droit de nomination passa aux Supérieurs et Directeurs du Séminaire des Missions étrangères, lorsque la prévôté de Saint-Benoît-le-Sault fut unie à leur séminaire. Ils nommaient en effet un curé en 1736. On trouve cependant une nomination faite la même année par l’évêque de Limoges.

Il y avait dans cette église une vicairie appelée de Jansay, fondée en 1491 ; elle était à l’autel de la sainte vierge, et en 1536 dépendait des seigneurs de Jansay.

Dans le bourg des Chézeaux, il y avait une chapelle qui en 1513 avait le titre d’annexe, elle était dédiée à Saint-Eutrope.

En 1743 l’évêque de Limoges permit d’y garder le Saint-Sacrement, et même d’y avoir des fonts baptismaux, et cela pour la commodité des habitants parce que l’église paroissiale était à quelques distances du bourg. En 1762 Mgr.d’Argentré autorisa le curé à continuer à condition que trois ou quatre fois l’année, aux principales fêtes, il ferait l’office dans l’église paroissiale.

Sur les cloches des Chézeaux on lit les inscriptions suivantes : « ✠ L’an 1843, j’ai été bénite, et nommée Jeanne-Julie par Mr Jean-Baptiste Gravier, parrain et par Mlle Anne-Julie Delacou, marraine. M. Dufour curé des Chézeaux et Jules Mathias Aufort, maire de la commune, M.François de Fougière, chevalier de Saint-Louis, bienfaiteur de la paroisse. – Emile Mutel à Brevanne, Haute-Marne ».

« ✠ L’an 1851, j’ai été bénite et nommée Eugénie-Julie. Mon parrain a été Mr Jules Mathias Aufort, maire et notaire, et ma marraine Marie-Rose-Eugénie de Fougière, née Leroy, Dufour Antoine, curé, Pierre-Ambroise Aumasson, huissier. »

L’église des Grands-Chézeaux est un édifice roman de plan rectangulaire. Elle a été ramaniée au XVe siècle. Ses murs buttés par de nombreux contreforts, sont percés de fenêtres en plein cintre, très étroites à l’extérieur et larges à l’intérieur, qui est fort sombre. Pour lui donner plus de jour, une fenêtre ronde a été ouverte en 1864, en face de la petite porte.

La voûte romane a été remplacée par une voûte en ogive dans les trois travées. Sur les deux clefs de voûte de la nef on voit deux écussons, l’un d’or au chevron de sable, et l’autre d’or à une bande de gueules. Ce dernier doit être de la famille de Bridiers : Marguerite de Bridiers avait épousé en 1494  Raoul de la Celle, sieur de Jançay, qui possédait une chapelle dans cette église, ainsi qu’il est dit ci-dessus. Sa longueur totale est de 24 mètres.

Cette église est précédée d’un massif clocher carré de 5 mètres sur 9, qui masque l’ancienne grande porte et des modillons romans.

On conserve encore dans cette église une curieuse Piéta en bois du XVIIe siècle, la Vierge, couverte de vêtements longs et amples, tient embrassé le corps du Christ assis sur un gradin ; au pied de celui-ci se trouvent la couronne, les clous, le titulus.

En face on voit aussi une statue en bois de Saint-Eutrope tenant une palme.

Une confrérie du Saint-Sacrement et de la Sainte Vierge existait dans cette église au XVIIIe siècle.

Les sieurs de La Goutte-Bernard avaient droit de tombeau devant l’autel de Sainte-Catherine dans cette église. Ce droit  leur fut contesté en 1532 par les Pot de Rhodes comme sieurs des Chézeaux. Vers 1780, Madame de Rochechouart, ayant fait peindre à l’occasion de la mort de sa mère une litre ou ceinture funéraire, fit disparaître les armes de la famille Martin de la Goutte-Bernard, qui se trouvaient au-dessus de leur banc, d’où procès terminé par la Révolution.

Le Presbytère des Chézeaux, avec le jardin et les dépendances, fut vendu comme bien national pendant la Révolution, le 25 fructidor an IV (11 septembre 1796), pour la somme de 630 Francs. (Archives de la Haute-Vienne Q.148).

Les curés des Chézeaux dont le nom est connu sont : Jacques de Fressange, prieur de Sainte-Radegonde de Poitiers en 1422.- Jean Pradeau, aumônier de Saint Antoine à Saint Hilaire de Poitiers, 1422. – François Martin, 1539-1558. – René Martin, 1565, mort en 1577. – Jean de Maumagnon, 1577. – Mathurin de la Font, 1584. – Léonard Colombon, 1595. - Pierre Gossard, mort en 1619. – Mathurin Thenot,  1619-1623. – Jean Trébilhon, 1625. – Claude Gayot, 1640-1648. – Pierre Perot, 1650, mort en 1694. – Léonard Nicaud, 1694, mort en 1735. – Bruno Butaud, nommé en 1735, mourut au mois d’août 1758, autre Bruno Butaud nommé en 1758, mourut en mars 1782, après avoir résigné le 23 février précédent en faveur du suivant qui était vicaire régent depuis 1777. – Jean-Baptiste Bonnet, 1782-1792, subit la déportation, et revint en 1803, mourut en 1820.- De 1820 à 1830 la paroisse fut desservie par Sylvain Niot, curé de Saint-Sulpice-les-Feuilles ; 6 René Mathieu, 1830-1835. – Louis Boussardon, 1835-1838. – Antoine Dufour nommé le 29 décembre 1838 a régi la paroisse pendant cinquante ans, est  mort en 1889, et a laissé un intéressant manuscrit contenant l’histoire religieuse et civile des Chézeaux. – Louis Cazabonne , 1889.

La chapelle de Saint-Eutrope, indiquée comme annexe de la paroisse, se voyait autrefois sur la place des Chézeaux. Elle était de forme rectangulaire et mesurait 21 mètres 75 sur 9 mètres 60. Ses quatre fenêtres, ainsi que les deux portes étaient en plein cintre, mais à l’est, derrière l’autel était une grande fenêtre de style ogival flamboyant. Cette chapelle est mentionnée dès 14220 Elle fut vendue comme bien national pendant la Révolution à Antoine Betolaud, notaire à Saint-Benoît, qui la fit démolir. Les deux cloches qu’elle possédait lui avaient été enlevées avant 1793.

La dévotion à Saint-Eutrope était très ancienne aux Chézeaux, car au XIVe siècle une assemblée se tenait au jour de sa fête, et elle s’est continuée jusqu’à nos jours. Tous les ans, au 1er mai, les bestiaux amenés autour de cette chapelle y étaient bénits par le curé de la paroisse.

Sur la place on remarque quatre beaux ormeaux, dont le tronc, à la base, mesure huit mètres de circonférence ; ils datent de 1605, époque à laquelle le ministre Sully prescrivit d’en planter devant les églises paroissiales. Mais des documents en signalent un qui existait en 1401, et sous lequel le sieur de La Terre-aux-Feuilles faisaient rendre la justice. On voit aussi qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, les assises pour la châtellenie de la Terre-aux-Feuilles, se tenaient aux Chézeaux , en plein air, devant la chapelle de Saint-Eutrope.

Il existait jadis aux Chézeaux, sept vieux logis, munis de tours : il n’en subsiste qu’un nommé La Grande Maison, appartenant aujourd’hui à la famille Aufort ; C’est un corps de bâtiment muni de deux tourelles, et sur la façade opposée se trouve une grosse tour carrée, sorte de donjon avec mâchicoulis, sur la porte duquel on lit la date 1614.

Les plus anciens possesseurs  des Chézeaux que l’on connaisse sont : Pierre de Saint Julien en 1408, Olive de Saint-Georges, probablement sa femme en 1410. Louis de Saint-Julien en 1453 et leurs descendants. Leurs armes sont : de sable semé de billettes d’or au lion rampant, de même armé et lampassé de gueules.

En 1515 ? Marie Barton était veuve de Louis de Saint-Julien et en 1518, Christophe Barton vendait les Chézeaux à Philippe Pot, abbé de Saint-Yverte, chanoine de la Sainte-Chapelle, conseilleur  du roi, président au Parlement de Paris, qui mourut en 1528. La branche Pot de Rhode a ensuite possédé cette seigneurie jusqu’à la Révolution. Ses armes sont : d’or à la fasce d’azur.

 

Les villages de cette commune sont :

 

Age-Beaudeuf (L’), appelé L’Age- Beauduc en 1447.

Bost (Le)

Buissières (Les). – Sur une maison se trouve une croix sculptée avec les lettres P.P.C.D.C., 1668 qu’il faut peut-être lire : Pierre Perot, curé des Chézeaux.

Chez-Gaillard. – Ce lieu tire son nom de Denis Gaillard, prêtre en 1532 ; antérieurement, il était appelé Petits-Moulins.

Chez-Redon.

Clidière ( La). – une loi du 9 août 1847 a incorporé à la commune des Grands-Chézeaux  les villages de la Clédière, La Loge et Puychaffrat, distraits de celle de Saint-Georges-les-Landes.

Forêt-Brune (La)

Goutte-Bernard (La). Château construit au XVe siècle par la famille Martin originaire, semble-t-il, des Chézeaux. Pierre Martin, tué pendant les guerres de 1429, avait épousé Isabeau de Bressy , dont naquit Léonard. Ce dernier reçut des lettres de noblesse de Louis XI, en octobre 1462, «  en considération de sa vie louable, de ses mœurs honnêtes, de sa fidélité et autres vertus » . C’est lui qui a construit le château de La Goutte-Bernard, lequel est resté dans sa famille pendant trois siècles et demi. La monographie du canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles, par M.R. Drouault, à laquelle plusieurs parties de cet article sont empruntées, donne d’autres détails fort précis sur cette famille dont les armes portent une fasce ondée.

Marie-Anne-Marguerite Martin de La Goutte-Bernard, née le 1er  décembre 1767, épousa, en 1811, N…de Fougières. Dans les partages, c’est à elle qu’échut la terre de La Goutte-Bernard , possédée aujourd’hui par sa fille, Mme La Tour du Breuil. De Fougières porte d’or au chef de gueules emmanché de trois pièces.

Un souterrain-refuge de l’époque gallo romaine, découvert en 1852, existe à 300 mètres du Château de La Goutte-Bernard, dans le coteau dit La Garenne.

Jançay, alias Gensais. Voir La Salle-de-Jançais.- Château construit par la famille de ce nom, de laquelle on ne trouve plus de représentants, après le XIVe siècle. Jacques de La Porte en était seigneur en 1303. Marguerite de La Porte épousa Hugues de La Celle qui devint seigneur de Jançay vers 1466. Peu après, dans un partage de biens, cette seigneurie fut divisée en deux parties : le château de Jançay fut attribué à la branche de La Celle de Souvolles et la Salle de Jançay à la branche de La Celle de Boüery.

Landes (Les). -  Près de ce village sur le chemin qui va du Puy-Laurent aux Chézeaux, on trouve un tumulus de 20 mètres de circonférence. Il a été fouillé il y a longtemps.

Laurot.

Loge (La).-  Avant 1847, était de la commune de Saint-Georges-les-Landes.

Mécanique (La). – Bruno Gravier, en 1824, établit une filature de laine en ce lieu, nommé précédemment La Planche-à-Macoux. Un incendie la détruisit en partie le 8 octobre 1856 et un autre l’acheva le 21 avril 1860. Reconstruite depuis, c’est aujourd’hui une filature de laine à 120 broches.

Moulin-Neuf-des-Andoulcet, existait en 1500, a été reconstruit de nos jours.

Moulins (Les Grands)

Pages (Les). – Village de construction récente.

Pendue (La).

Prémartin, appelé anciennement Moulin-Neuf-des-Charpentiers.

Puy-Chaffrat, où a été trouvée une belle hache en silex. – Ce village était de la commune de Saint-Georges avant 1847.

Puy-Laurent, dont était seigneur, en 1448,  Galand de Saint-Savin, qui fut  capitaine des deux châteaux du Dorat.

Refour (Moulin du).

Salle-de-Jançay (La). – Appartenait à Raoulin de La Celle au XVe siècle. Un autre Raoulin de La Celle y était encore en 1568. Les armes de cette famille sont d’argent à l’aigle éployée de sable, membrée d’or.

En 1578, Guillaume Pot de Rhode était seigneur de cette châtellenie.

Aujourd’hui, il reste encore quelques ruines du château de Jançay, à côté du village de La Salle.

   Sandets (Les). – Village de construction récente.