Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 05/02/2023
LA JONCHERE, chef-lieu de commune dans le canton de Laurière, a une étendue de 1 151 hectares et une population de 1 343 habitants. Son altitude au-dessous du niveau de la mer est de 544 mètres, au Puy-Bernard.
La cure de La Jonchère, dans l’ancien archiprêtré de Bénévent, était sous le patronage de saint Maurice. L’évêque de Limoges y nommait les curés en 1555 et dans la suite. Au XVIIIe siècle il y avait 640 communiants (environ 853 habitants).
Une vicairie avait été fondée à La Jonchère, avant 1355, par Bonne Arnaude. Elle était dans la chapelle du château du Vignaud.
Une autre par noble Jean Joudrineau ou Jourdaneau, sieur du Verger, appelée de Pierrefolle. Ceux qui y ont nommé les titulaires sont : noble Guillaume Jourdreneau, damoiseau, sieur du Vignaud, 1497. Charles du Vignaud, écuyer, sieur dudit lieu, 1562. Jeanne de Népoux, tutrice de Pierre et de Jacques, 1564, 1569. Périère, comme seigneur du fief du Vignaud, 1629.
Une autre fondée par Pierre Boudelli, damoiseau de la ville de La Jonchère, du consentement de sa fille, Marguerite Boudella, et de son gendre Jean Joudrinaud, damoiseau, le 28 mai 1458.
Deux autres vicairies l’une dite Malese, l’autre fondée par Pierre de Folles.
Dans la chapelle du grand cimetière, dédiée à la sainte Vierge, était aussi une vicairie dont les titulaires furent nommés par Noble Guillaume Joudreneau, damoiseau, sieur du Vignaud, 1497. Charles du Vignaud, écuyer, sieur de Bachellerie, en 1567 et 1569. Le service était transféré dans la chapelle du Vignaud, lorsque Périère, président au présidial de Limoges, nomma, en qualité de seigneur de ce fief, en 1670.
Lorsque Mgr d’Argentré fit distribuer les reliques de l’abbaye de Grandmont aux églises du diocèse, en 1790, celle de La Jonchère en reçut de deux des compagnes de sainte Ursule, vierges et martyres.
Près du bourg existait en 1510 le prieuré ou aumônerie de l’hôpital ; une vicairie y était unie. La chapelle, qui était dédiée à la sainte vierge, était en masure en 1583. On trouve des nominations faites par l’évêque de Limoges depuis 1371, jusqu’en 1621. Ce prieuré possédait une maison à la Jonchère en 1564.
Pierre Belli était curé de La Jonchère en 1231. – Autre Pierre Belli en 1290. – Pierre Morcelli en 1456. – Pierre Mazeau en 1460. C’est probablement le même que Pierre Mazel en 1474. – Jean des Coustures en 1556. – Pierre Peyrière en 1574. – N … Foucaud en 1580. – Guillaume Mousnier 1683 et 1687. – N … de Chavaignac, 1730. – N … Coulaureix, 1740, 1755. – N … Rivière de Traymon, 1761. – Simon Dupré 1765, mort en 1789. – Jean Richard, 1789, fut déporté en Espagne pendant la Révolution. – Jean-Baptiste Labesse qui avait subi la déportation en Italie, fut nommé en 1803. – Pierre Gelay en 1804. – François-Michel Rogues, nommé en 1806, mourut en avril 1814. – Jean-Louis Victor Marcoul de la Prévotière en 1816. – Léonard Chassain nommé en 1821. Pierre Goumy en 1840. – Gabriel Filliol en 1844. – Armand Labetoulle en 1855. Pierre Jouhaud en 1862. - Marien Sapin-Truffy en 1863. – François Goutheyrat en 1862. – Hippolyte Pailler en 1913.
On lit sur la cloche de cette église : « ✠ Afferle Domino gloriam. Ps 18. ✠ J’ai été bénite par M. Pierre Goumy, curé de la Jonchère. ✠ Etant maire M. Jules Raby-Lamazière. A été parrain … et Marraine Mme … Mon nom est Marie. – 1851. Causard . »
Le presbytère de la Jonchère fut vendu comme bien national au sieur Raby, le 29 thermidor an IV (16 août 1796), pour la somme de 1 440 livres (Archives de la Haute-Vienne, Q. 152. N 249).
L’église de la Jonchère a été construite au XIIe siècle. On y voit encore deux fenêtres à plein cintre, étroites et allongées de cette époque. Aujourd’hui, elle est moins grande qu’à l’origine, car elle n’a conservé que la nef du monument primitif. Elle a été restaurée de nos jours, mais a perdu son cachet du moyen âge.
En 1884, au cours de déblais pratiqués derrière l’église, dans un terrain sur lequel se prolongeait autrefois le chœur, on a trouvé, pliées dans des lambeaux d’une étoffe grossière, de nombreuses pièces d’argent d’un très bas titre ; et soixante ou quatre-vingt deniers d’or, agneaux d’or et royaux, en parfait état de conservation, paraissant appartenir au règne de Charles VII.
Au milieu du bourg se trouve une maison aussi du XIIe siècle qui a été restaurée au XIVe. On y remarque les baies en plein cintre, murées et remplacées par des ouvertures carrées avec croisillons.
Ce bourg était très ancien, des textes de 1508 lui donnent le nom de ville. C’était le chef-lieu d’une chatellenie relevant de l’évêché de Limoges. On trouve sur la liste du temporel de l’Evêché « La terre, seigneurie, justice et prévôté de la Jonchère, dont le seigneur évêque est seigneur spirituel et temporel et décimateur universel. Le chapitre y a cent sols et quelque droit qu’on appelle prévôté, qui est aliénée au sieur du Vignaux qui est aujourd’hui le premier résident de Limoges ». (G. Le Duc, en 1702).
L’ouverture de la ligne du chemin de fer en 1857 a contribué beaucoup au progrès de l’agriculture dans cette commune. Par la gare de la Jonchère on reçoit depuis cette époque les engrais que l’on ne pouvait pas se procurer auparavant. Et vers 1860, M. Gérardin y a créé une très importante pépinière pour les arbres fruitiers et les arbres forestiers.
Les villages de la commune de la Jonchère sont au nombre de 24. Un décret du mois de décembre 1875 a annexé à la commune de la Jonchère, les villages du Verger, des Adoux, de La Combe, du Cheyroux et de Gouteix, qui sont distraits de la commune de Jabreilles.
Borie (La).
Bastilles (Les).
Buisson (Le). – Un bloc de granit dans lequel est creusé une urne cinéraire de l’époque gallo-romaine a été trouvé dans ce village vers 1860 et transporté au bourg.
Chevailles (Les).
Colles (Moulin des).
Fondelles (les).
Jonchère (Moulin de La).
Lermont.
Marnis ou Marniers (Les). – Une chapelle existant en ce lieu est dite cure en 1155, mais aussi en 1155, comme en 1302, elle est dite annexe de la cure. Elle était sous le patronage de saint Blaise.
Marniers (Les Grands). – Où était aussi une chapelle de sainte Anne qui était ruinée au XVIIIe siècle.
Mas (Le).
Malisin.
Perrières (les).
Puy-Bernard.
Tantaulie (La). – Joseph des Coutures, en 1648, était seigneur de la Tantolie et de Lafon. Il porte pour armes d’azur au sautoir d’or accompagné de quatre épis de blé de même.
Vaux. – Noble Louis David, seigneur de Vaulx, épousa Jeanne d’Auvergne, qui se maria en secondes noces avec Jean de Beaudeduit. Ce dernier était mort avant 1538. Ils eurent pour successeur leur fils Jacques de Beaudeduit, seigneur de Vaulx en 1542. Les armes de la famille David sont d’or à trois coquilles de saint Jacques de sinople ; celles de la famille d’Auvergne de … au vergne de sinople.
Pierre de Beaudéduit, petit-fils de Jacques, épousa Jeanne de Tranchecerf, et leur fille, Anne de Beaudeduit, se maria, en 1607, avec Jean de Savignac, qui devint seigneur de Vaulx. Savignac porte d’azur coupé d’argent, à deux étoiles du second en chef et une rose de gueules en pointe.
Le 3 février 1758, naissait au château de Vaulx, Martial de Savignac, qui fut prêtre du diocèse de Limoges. Au commencement de la Révolution, il était curé de Vaiges, canton de Sainte-Suzanne, département de la Mayenne. N’ayant pas voulu abandonner ses paroissiens, il fut emprisonné, et en haine de la religion condamné à mort le 9 mai 1796, puis fusillé à Laval le lendemain. Léonard et Joseph de Savignac périrent à Quiberon, et leur mère, François de Brie, fut emprisonnée à Limoges.
Verger (Le). – Noble Jean Joudrinaud était seigneur du Verger en 1474.
Vignaud (Le). – Noble Pierre Boudelli, damoiseau de La Jonchère, qui fonda une vicairie dans la chapelle du cimetière, le 28 mai 1458, ne laissa qu’une fille, nommée Marguerite, épouse de Jean Joudrinaud, damoiseau, sieur du Vignaud. Leur fils, Jean Joudrinaud, damoiseau, sieur du Vignaud en 1470, et leur petit–fils, Guillaume Joudrinaud, écuyer, sieur du Vignaud en 1513, conservent encore leur nom ; mais leurs descendants ne sont connus que sous le nom de Du Vignaud et leurs armes sont d’azur au chevron d’argent, accompagné de deux étoiles d’or en chef et d’un croissant d’argent en pointe.
Le château du Vignaud appartient aujourd’hui à la famille de Léobardy, originaire du lieu de Léobardy, commune de Nantiat, et dont les armes sont d’azur au lion brandissant une hache, au chef de sable à trois étoiles d’argent.
Vignes (Les).