Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994
Date : 05/02/2023
JOUAC, chef-lieu de commune au canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles, a 2.031 hectares d’étendue et 617 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 276 mètres.
La cure de Jouac, dans l’ancien archiprêtré de Rancon, avait pour patron Saint-Pierre, apôtre.
Au XVIIIe on y comptait 300 communiants (environ 400 habitants). Le prieur-curé de Saint-Nicolas de Beaulieu y a nommé les curés, au moins depuis 1475, jusqu’à la Révolution. Malgré cela on remarque une nomination faite par l’abbé de Bénévent en 1475, et une autre par l’évêque de Limoges en 1691.
L’église de Jouac est une construction romane sans aucun ornement. Le chœur, plus étroit que la nef, est la seule partie voûtée. Une tour, construite partie dans l’église et partie en dehors, lui sert de clocher ; on y trouve deux cloches, l’une du commencement du XIXe siècle, l’autre, signée Bollée, est de 1868.
On possède à Jouac une belle croix émaillée du XIIIe siècle, qui provient du prieuré de Ménussac.
Jean Brun était curé de Jouac en 1456. — Antoine Pichon en 1555. — Mathias Marchandon 1555. — Jean Bugeaud, 1570. — Pierre Guillot 1570. — Pierre Lucquet 1611-1620. — Joseph de La Clostre 1620. — Mathurin Demacloux 1644. — Léonard Desmarceaux 1659, mort en 1690. — Fr. Badou 1690, 1697. — Jh. Decressac 1698. — Brunier 1699. — Maravaud 1700, 1706. — Léonard de Maravaux 1706, 1718. — Fr. Pertat 1722, 1725. — François-Xavier Pertat 1725, mort en 1772. — Jean-Claude Dubrac, sieur des Forges 1752, mort en 1771. — Léonard Dubrac, frère du précédent, 1771-1787. — Jean-Baptiste Bigaud 1787. Après le Concordat, le 24 avril 1803, il fut nommé curé des paroisses de Cromac et Jouac réunies, et mourut en juin 1815. — On trouve plus tard : Jean-Baptiste Jabin, curé du Jouac en 1843. — Pierre Allochon en 1847. — Léonard Limousin : en 1874. — François Provost en 1891. — Martial Nadaud en 1892. — Romain Laguionie en 1895. — Joseph Berthon en 1909.
En 1752, les habitants de Jouac par acte du 1er juin, chargèrent Jean-Baptiste Dupont, maître fondeur de cloches, de refondre la grosse cloche de leur église, s’engageant à lui payer pour cela la somme de cent livres.
Le presbytère de Jouac fut vendu comme bien national, le 20 messidor an IV (8 juillet 1796), à Louis Couronnet pour la somme de 1,034 livres (Archives de la Haute-Vienne Q. 148. N°127).
En 1845, on établissait un nouveau cimetière qui est à 50 mètres de l’église.
En 1888, en pratiquant des fouilles sur la place, où était l’ancien cimetière on a mis à jour de fort belles pierres tombales.
Jouac est situé sur une hauteur dominant la Benaise.
La seigneurie, ou la Tour de Jouac appartenait dès le XIIIe siècle à la famille des La Trémoille. En 1262, Guillaume de la Trémoille était seigneur de Jouac. Les armes de cette famille sont : « d’or au chevron de gueules, accompagné de trois aiglettes d’azur, becquées et membrées de gueules ».
En 1452 on trouve Jean Mestivier, écuyer, seigneur de la Tour de Jouac qui épousa Louise de Sauzet, et en 1554, Gabriel de Sauzet est seigneur de la Tour de Jouac. Ses armes sont : « de gueule à cinq fusées d’argent en fasce, au chef d’argent chargé de cinq merlettes de sable ».
Léonard de Sauzet céda en 1634, le lieu noble de la Tour de Jouac à Léonard Guillemin. Les descendants de ce dernier ont pris le nom de seigneur du Peu, lieu où était placée la Tour.
Cette tour carrée avait 8 mètres de côté et 16 de haut ; ses angles étaient fortifiés par des tourelles pleines de 1 mètre de diamètre.
La commune de Jouac est traversée par la Benaise, qui la partage à peu près en deux parties égales. Presque tous ses villages sont groupés le long de cette rivière sur les coteaux qui limitent la vallée. Le pont qui est au bourg est mentionné dès 1580. Une délibération de l’an XII, constate que les marchands et les voyageurs, qui du Berri se rendent aux foires du Dorat, de Magnac et de Lussac, sont souvent obligés de faire un détour par Jouac, où le pont est toujours praticable, même au moment des plus grandes crues, tandis qu’à Mailhac, la route directe, la rivière est souvent infranchissable. Les deux ponts actuels ont été construits en 1876 et 1886.
Les villages de la commune de Jouac sont :
Age (L’). — Antoine Guillemin est sieur de l’Age en 1757. La famille Guillemin porte pour armes : « d’azur au chevron d’argent surmonté de deux chiens courants de même l’un sur l’autre ».
Alleux (Les).
Bastides (Les). — On signale, près du village des Bastides, un menhir brisé et connu sous le nom de Pierre-Frite. Guillo Brun, écuyer, était sieur de Bastides en 1477. On trouve ensuite Claude Giffard, sieur des Bastides en 1566. Jean Magin, sieur de Chizé, en l’élection du Blanc, acquit les Bastides vers 1682.
A la mort de son fils Pierre Magin, en 1703, les Bastides furent vendues à Jacques-Charles Surun, qui se titre sieur des Bastides en 1788.
Bernardan (Le) appartenait en 1463, à Christophe Pot, sieur de Lavaupot. Ses armes sont : « d’or à la fasce d’azur, un lambel de gueules de trois pièces en chef ».
Au XVIIIe siècle, les de Verines se qualifiaient sieur du Bernadan.
On signale au Bernardan, comme à Menussac, une ancienne voie, probablement de l’époque romaine.
Betinais. — Étienne Paultaud était sieur de Betinais en 1565 et François-César Courant en 1752.
Bottière (La). — La voie romaine franchissait la rivière près de ce village.
Cherbois (Le). — François Luquet était sieur du Cherbois en 1668.
Chez-Palant, appelé aussi Les Plaignes en 1710 et 1773.
Couture (La).
Etang (L’).
Etrille (L’).
Leuge (La). — Jean Dardre, écuyer, était sieur de La Leuge en 1612. Pierre Collin en 1625, François Delacoux en 1779.
Lhome. — Jean Delacoux était sieur de Losme en 1753.
Lieu-Marion (Le). — Village appelé Hospicium Marion en 1400. N’existe plus.
Menussac. — Il existait à Menussac, dès 1158, une préceptorerie ou prieuré régulier d’hommes, dont la fête patronale était celle de la Nativité de Saint–Jean–Baptiste.
Il dépendait de l’Artige, et l’on voit que, dès 1524, le prieur de l’Artige y nommait le titulaire. Plus tard, en 1692, ce droit de nomination passa au recteur des PP. Jésuites de Limoges, et après, 1760, à l’évêque du diocèse.
La chapelle de ce prieuré existe encore et mesure intérieurement 9 mètres 50 sur 5 mètres 80. Elle est éclairée par deux fenêtres romanes et l’on remarque dans son pavé plusieurs pierres tombales. Sa cloche porte cette inscription : « X Sancte Johannes, ora pro nobis. X M. Ja[cques] Delav[aul]t, prêtre f[it faire]. L’an 1615 ».
Cette chapelle avait été réédifiée en partie en 1579 et on tenait jadis en ce lieu une assemblée très fréquentée par les habitants de la contrée.
Les prieurs dont le nom est connu sont : Jean de Bonmois, 1433. — Jean de Vouveys, 1447. — N… de Breignac, 1466. — Blain de Montcheny, 1523-1524. — Jean de Masvalier 1524. — Guillaume du Breuil, 1567-1579. — René de Sauzet, 1585-1602. — Léonard Cuzinier, 1625. — Maurice Berneron, curé de Lussac, 1682-1692. — N… Ménard, 1703. — Louis Romanet, docteur en théologie, curé de Saint-Maurice de Limoges, 1730-1745. —– N… Dubrac 1783. — Jean-Baptiste Bigaud, 1787.
Par une charte du cartulaire de l’Artige, antérieure à 1158, on voit la donation, faite par Humbert Cortet, de tous les droits qu’il possédait à Menusac, au-dessous de la voie romaine (via ferrata). On trouve, en effet, les traces d’une ancienne voie passant la Benaise, près de ce lieu.
Moulin à l’Huile (Le). — Moulin construit, en 1456, par Martin Michaud.
Perminaud (Le).
Peu (Le). — Appelé le Puys de La Tour en 1526 ; le Peux de La Tour, en 1617, appartenait à la famille Guillemin depuis 1634 jusqu’à la Révolution. Château moderne à M.Gigaud-Lafont.
Pierrefolle. — Petrafolla en 1400.
Point-du-Jour (Le).
Redeaux (Les). — Jean de Lavergne était sieur des Redeaux en 1658 et Jean de Bony de Lavergne en 1718. Les armes de ce dernier sont : « de gueules à trois besants d’argent ».
Riboulet. — N’existe plus.
Rouilles (Les). — La Rulhe en 1457, et les Rouilhes en 1598.