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Extraits du Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne d'André LECLER

Réimpression de l'édition de Limoges, 1920-1926 - Laffite Reprints, Marseille, 1994

Date : 05/02/2023

 

            LAURIÈRE, chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Limoges, a 16 593 hectares d’étendue et 8 078 habitants. Les six communes dont se compose ce canton sont : Bersac, Jabreilles, La Jonchère, Laurière, Saint-Léger-la-Montagne et Saint-Sulpice-Laurière. La disjonction du canton de Laurière de l’arrondissement de Bellac pour être uni à l’arrondissement de Limoges, fut demandée par les communes du canton de Laurière dès 1814. Le conseil général y donna un avis favorable en 1818 et en 1820. Elle eut lieu ensuite en 1821. Le canton de Laurière s’est aussi accru en 1859 de la commune de Bersac qui précédemment faisait partie du canton de Bessines ; mais il a perdu celle de Saint-Sylvestre qui est maintenant dans le canton d’Ambazac.

            La commune de Laurière a 2 077 hectares d’étendue et 1 308 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 450 mètres, un peu au sud-est du bourg, et de 618 mètres au signal d’Aussagne.

            La paroisse de Laurière faisait partie de l’ancien archiprêtré de Rancon. On trouve ce nom écrit Laureria en 1160, Oreria et Aureria en 1189.

          L’abbaye de Saint-Martial possédait à Laurière, au XIIe siècle un petit prieuré, qui en 1160 était habité par deux moines ; il était sous le patronage de Saint-Michel archange. Par compromis du 12 juin 1271, l’abbé et le couvent de Saint-Michel céda au doyen et chapitre de la cathédrale avec tous les droits de patronage qu’ils avaient sur le prieuré et la cure de Laurière. La paroisse de Laurière avait au XVIIIe siècle 900 communiants (environ 1 523 habitants). Le chanoine aquilaire de la cathédrale y nommait les curés qui étaient présentés par le chapitre comme on le voit par les titres depuis 1408 jusqu’à la Révolution. Son patron titulaire était aussi saint Michel archange. L’église datant du XIIIe siècle était en-dehors du bourg ; elle a été reconstruite en 1833 dans le bourg même et dans les dépendances de l’ancien château ; elle est en forme de croix à bras égaux, et d’architecture romane à coupole.

            Après la construction de la nouvelle église, on fit fondre une cloche qui porte l’inscription suivante : « ✠ Bénite sous l’invocation de la Sainte-Vierge. — Parrain M. Victorin Dutheil. Marraine Mlle Victorine Thoumas. M. J.-B. Merle, curé de Laurière, M. Martial Fauveau, maire. MM. J.-B. Thoumas, J.-B. Manceaux, C. de Thouron, M. Duteil, A. Boismandé, syndics-fabriciens 1837. — Causard, fondeur ».

            Avant la Révolution, l’église de Saint-Michel de Laurière avait deux cloches, que les registres paroissiaux nous font connaître par les mentions suivantes : « le treize may an susdit (1779), a été bénite et dédiée aux Saints Martyrs, dont les reliques sont dans la châsse, par moy curé soussigné, la grosse cloche de cette paroisse, qui pèse douze cent cinquante livres, avec les six cents livres de métal qu’on y a ajoutées. Ont été parrain sieur Martial Dutheil et marraine demoiselle Marie Thoumas, épouse du sieur Lhermite, huissier royal. signé : Martin, curé de Saint-Michel-Laurière. Couillaud, vicaire de Saint-Michel ».

            « Le six juin an susdit (1779), a été bénite et dédiée à la Très Sainte-Vierge par moy soussigné la seconde cloche de cette paroisse qui pèse six cent quinze livres. Ont été parrain Me Louis Thoumas, notaire royal, et marraine demoiselle Thérèse Mignot, épouse du sieur Jean-Baptiste Fauveaud, bourgeois, sindic-fabricien de cette église. Signé : Martin, curé de Saint-Michel-Laurière. Couillaud, vicaire de Saint-Michel ».

            Les reliques dont parle le curé de Laurière dans l’inscription de la grosse cloche de 1779, étaient celles de sainte Prospère recueillies dans le cimetière de Sainte Priscille à Rome ; l’authentique qui les accompagne est signé par le cardinal Colonna, le 16 mai 1767 ; elles sont dans un reliquaire en forme de bras. Il y a aussi une grande châsse en bois où sont des ossements de saint Fauste, saint Gaudion et saint Victorien, martyrs. Une petite châsse ancienne, en cuivre émaillé, représentant saint Pierre et saint Paul, contient des reliques de saint Étienne de Muret, et des compagnes de sainte Ursule, qui viennent de l’ancienne abbaye de Grandmont. D’autres reliquaires modernes gardent des ossements de plusieurs autres saints. Il faut encore ajouter aux richesses que possède l’église de Laurière, un remarquable reliquaire ciselé, provenant de Grandmont, une custode en argent du XIIIe siècle, et un remarquable Christ en ivoire.

            Gaudetrey était prieur-curé de Laurière en 1160. — Jacques de Volondat, né au château de Volondat, fut chanoine de Limoges et curé de Laurière de 1576 à 1607. Avant la Révolution on voyait son tombeau à la cathédrale de Limoges, dans la chapelle de N.-D. des Trois-Rois (aujourd’hui du Sacré-Cœur) ; il portait cette épitaphe : « Hic jacet venerab. D. Jacob de Volundac, canonic. hui, eccle, qui migravit a vicis die 17 octob., anno Dni. 1607 ». Avec l’écusson de ses armes d’azur à trois oiseaux d’or posés 2 et 1, et une rivière en pointe, au chef d’or à trois étoiles de... — N... Dumas était curé de Laurière en 1635. — Léonard Beaugier 1666-1706. — N... Devoyon, curé de Laurière et chanoine de Saint-Junien 1707-1738. — N... Peyrichon, curé et chanoine 1749, mort en 1755. — Louis Texier, 1756-1766. — N... Martin jusqu’en 1771, mort en juin 1779. — Benoit-Joseph Martin, 1771-1789, mort en juin 1815. — Paul Catinaud nommé curé-doyen de Laurière le 24 avril 1803, mourut en 1804. — François Reculet, nommé le 24 juin 1804, mourut en 1809. — Elie Delinière, nommé le 10 novembre 1809, avait subi la déportation en Espagne, et était curé de Razès depuis le Concordat. — André Gilbert nommé le 21 février 1833. — Jean Merle, nommé le 22 mai 1833, mourut en 1891. — Jacques-Philippe Mazetier nommé le 14 mars 1891, meurt la même année. — Pierre Rouchon nommé le 10 avril 1891, meurt la même année. — Louis Eugène Vidaillat, nommé le 26 juin 1901. — Joseph Leblanc, 1912.

            L’usage d’inhumer des morts dans l’église même fut prohibé par Mgr d’Argentré en 1776. C’est au commencement de cette même année, le 8 janvier, qu’on trouve la dernière sépulture faite dans l’église de Laurière. C’est celle de Jean-Baptiste Sigaud, curé de Saint-Léger-Bridereix, âgé de 66 ans, qui y fut inhumé, au-dessous de la balustrade du côté de l’Évangile.

            Le presbytère de Laurière fut vendu comme bien national le 7 vendémiaire an V (28 septembre 1796), au sieur Martin pour la somme de 1 620 francs (Arch. de la Haute-Vienne. — Q. 151, n° 314).

           Notre-Dame, dans la paroisse de Laurière, était une chapelle rurale, ayant pour fête patronale l’Assomption de la Sainte-Vierge. Elle fut interdite en raison de son inutilité en 1744.

            Le 10 février 1749, M. Peyrichon, curé de Laurière, bénissait une chapelle du château, qui avait été élevée en l’honneur de la Sainte-Vierge.

            L’abbé de Saint-Martial de Limoges, Adémar (1063-1114), est très probablement né à Laurière, car sa sœur, Alba, y est née, comme on le voit dans le cartulaire d’Aureil où est rapportée la donation qu’elle fait entre les mains de saint Gaucher, pour le salut de son âme et de celle de ses parents.

            Les seigneurs de Laurière étaient des plus considérables, et la terre de leur nom une des plus anciennes baronnies. Son nom en latin était Aureria, et la branche aînée de cette ancienne famille s’éteignit dans la personne d’Alazis de Laurière, épouse de Pierre de Lubersac, premier du nom, qui en 1186 était titrée Domina de Aureria.

            Le premier château de Laurière qui remontait à l’époque la plus reculée fut pris par Boson, comte de la Marche en 1160 ; il fut, dit-on, ruiné une première fois en 1270. Après la funeste bataille de Poitiers en 1356, il fut pris par les anglais qui le saccagèrent. En 1590, les ligueurs y furent assiégés, et un incendie le détruisit en partie. Ce fut Geoffroy Elie de Pompadour, évêque du Puy, qui le releva de ses ruines.

            Une charte de 1311 contient le « don à Hugues de La Celle de la châtellenie de Laurière, advenue au roi de France par la mort du comte de la Marche, et tenue en hommage par l’évêque de Limoges ». Hugues de La Celle était grand sénéchal du Poitou et de la Saintonge ; il mourut sans enfants, et Laurière fit retour à l’État. Gérard Roger, évêque de Limoges, acheta cette terre, vers 1320, pour la somme de 800 livres tournois. Mais Guillaume de La Celle, neveu de Hugues, étant gouverneur de la Marche et de l’Angoumois, Charles IV dit Le Bel, pour le récompenser des services qu’il lui avait rendus, lui fit don de la seigneurie de Laurière, en 1329. D’après un manuscrit du château de Laurière, ce ne serait pas à Guillaume de La Celle que Charles IV aurait donné Laurière, mais à Jourdain de Loubert. Voici ce qu’on lit dans ce manuscrit : « Jourdain de Loubert, chevalier, avait rendu au roi Charles IV des services signalés dont il n’avait reçu aucune récompense ; ce prince, par reconnaissance, lui accorda et à ses hoirs, en 1326, la seigneurie de Laurière en Limousin. Loubert épousa en 1352 Marguerite de La Celle, dont une fille unique, Blanche, mariée avant 1381 à Alain de Montendre en Angoumois, auquel elle porta la terre de Laurière ».

            La famille de La Celle porte pour armes d’azur à l’aigle éployée au vol abaissé de sable, becquée et membrée d’or.

          On trouve cependant la famille de Chauveron en possession de Laurière vers la même époque. En 1361 Audoin de Chauveron est dit seigneur des châteaux et châtellenies de Laurière, du Dognon, du Riz et de Lamothe ; il fut prévôt de Paris, et ne laissa qu’une fille, Marguerite de Chauveron. Celle-ci épousa en premières noces messire Jean d’Aubusson, écuyer seigneur de la Borne, et en secondes noces le 13 juin 1453 Jean Hélie de Pompadour, chevalier, et lui porta les terres et seigneuries de Laurière et du Riz. Chauveron porte pour armes d’argent au pal bandé d’or et de sable.

            Jean Hélie de Pompadour, dont les armes sont d’azur à trois tours d’argent maçonnées de sable, avait pour frère Geoffroy Hélie de Pompadour, évêque du Puy. Par son testament du 15 janvier 1502, il l’établit usufruitier de tous ses biens. C’est lui qui rebâtit le château de Laurière, et mourut en 1514.

            Le château de Laurière, qui était au pouvoir des ligueurs en 1590, soutint un siège dont il eut bien à souffrir. Le vicomte de Châteauneuf, La Coste-Mézière, le sieur de Beaumont et le capitaine Raymond à la tête d’une compagnie soudoyée par les consuls de Limoges vinrent les attaquer. Après de vains efforts, ils furent obligés de capituler et de rendre le sieur de Beaupré qu’ils tenaient prisonnier. Ce siège et ensuite un incendie détériorèrent beaucoup ce château.

            La famille Hélie de Pompadour posséda cette terre près de trois siècles. Léonard de Pompadour vendit le marquisat de Pompadour en 1731 à messire Martial Blondeau, seigneur de Vantaux, trésorier de France à Limoges, qui devint marquis de Laurière. Ses armes sont d’azur au lion d’or, les pattes de devant passées en sautoir et la queue passée entre les jambes et remontant sur le dos.

            À sa mort, son fils Léonard, par cession que lui en fit son frère aîné, fut marquis de Laurière. Il était capitaine aux gardes françaises et chevalier de Saint-Louis ; il suivit les princes dans l’émigration. Alors la seigneurie de Laurière fut séquestrée et vendue nationalement ; le château fut ensuite démoli. Aujourd’hui on en retrouve à peine quelques restes au milieu du bourg de Laurière.

            Une hâche gauloise, trouvée dans la forêt de Laurière, a été donnée au musée municipal de Limoges, vers 1865.

            Près du chemin vicinal de Laurière à Saint-Goussaud, on trouve des retranchements qu’on dit gallo-romains. Ce sont peut-être des Aurières de cette époque, ou fouilles pour la recherche du minerai d’or. Une société vient d’entreprendre l’exploitation des filons aurifères qui existent dans la commune de Laurière.

            En 1913, la commune de Laurière a érigé, sur la place publique de son chef-lieu, un buste au général Thoumas, célèbre organisateur de l’armée, et écrivain militaire distingué, qui est né à Laurière le 10 juillet 1810.

 

            Les villages de la commune de Laurière sont :

 

La Bessade.

Bagnol.

Bosgriraud (Grand).

Bosgiraud (Petit).

Chabanne. — Noble Charles Pascault, seigneur de Chabanne-au-Brun, paroisse de Saint-Michel de Laurière, fut père de François, Christophe prêtre, Jean, Catherine, Julienne, Marguerite. Cette dernière épousa le 22 février 1509 noble homme Golfier des Pousses, seigneur de la Triquerie.

Jacques de Saint-Viance, seigneur de Chabannes fut tué à Nimègue, en Hollande, et son cœur fut porté à Arènes, le 29 mars 1674.

Philibert Phelip de saint-Viance, seigneur de Chabannes-Guillebaud, mourut le 26 mai 1708, à l’âge de 60 ans. Il avait servi dans le régiment de Philibert de Pompadour, marquis de Laurière, son parrain. Ses armes sont écartelé aux 1e et 4e d’azur à un cor d’argent, enguiché de même accompagné de trois étoiles aussi d’argent, 2 en chef et 1 en pointe, aux 3e et 4e d’or à la fasce d’azur.

En 1673, au mois de septembre, une mission fut prêchée à Laurière, à la suite de laquelle il y eut la plantation solennelle d’une croix à Chabannes.

La Chassagne.

Courrière.

Fosse-au-Bœuf.

Les Granges.

Mas-Croisier. — Près de ce village un beau calvaire en granit du XVe siècle.

Saint-Michel. — Village où était jadis l’église paroissiale.

La Vergne. — On voit près de ce village une très curieuse croix en granit, sculptée au XIIe ou XIIIe siècle.

    Volondat. — Lieu d’origine de la famille de ce nom, dont un membre est nommé parmi les curés de Laurière, et un autre, Joseph Volondat, né à La Souterraine, mort pour la foi, à Paris, dans les massacres du 2 septembre 1792.